Emmanuel Macron élu président de la république française…

Résultats Election Présidentielle 2017 – 2ème tour

Emmanuel Macron a obtenu la majorité des suffrages dans 26 044 communes, Marine Le Pen dans 9 194. Les deux candidats sont à égalité dans 311 communes.

 

Au soir du second tour de la présidentielle 2017, Emmanuel Macron est arrivé en tête face à Marine Le Pen. Avec un score de 66,1 % des voix, selon les résultats quasi définitifs du ministère de l’intérieur, le candidat d’En marche ! est élu président de la République. Il obtient la majorité des suffrages dans tous les départements français, à l’exception du Pas-de-Calais et de l’Aisne.

 
 
MACRON 66,06 %                              20 753 797 votes
LE PEN 33,94 %                             10 644 118 votes

Votes blancs  8,51 %                  3 019 735 votes

Votes nuls 2,96 %                       1 049 522 votes

 

Population 65 350 000 habitants   

  • Inscrits          72,79 %                47 568 588
  • Votants          74,56 %                35 467 172
  • Abstention    25,44 %               12 101 416
  • Exprimés      66,01 %                31 397 915

Macron élu président : les premiers enseignements d’une victoire

Il remporte environ 20 millions de voix. Le niveau  de l’abstention (25,3 %) et des votes blancs et nuls (12 %).

Sur l'esplanade du Louvre avec les soutiens d'Emmanuel Macron, à l'annonce des résultats, le 7 mai 2017.

Sur l’esplanade du Louvre avec les soutiens d’Emmanuel Macron, à l’annonce des résultats, le 7 mai 2017.
 

Cette présidentielle restera vertigineuse à de multiples égards. A 39 ans, Emmanuel Macron devient le huitième président élu de la VRépublique. Jamais visage aussi jeune ne s’était affiché à 20 heures sur les écrans de télévision français, un soir de second tour. Il devance largement Marine Le Pen, avec 66,06 % des voix contre 33,94%, selon les dernières estimations d’Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde et France Télévisions. Il succédera à François Hollande aux plus hautes fonctions de l’Etat à l’issue de la passation des pouvoirs, dimanche 14 mai.

S’il n’y a pas eu d’ultime rebondissement dans cette campagne, qui aura pourtant usé jusqu’à la corde le champ lexical de la surprise, ce second tour comportait tout de même une part d’incertitude. A commencer par le score réalisé par Emmanuel Macron. Avec 66,06 % des voix, il réalise un résultat supérieur à ce que lui promettaient les instituts de sondage il y a quinze jours. Il sort donc gagnant d’un entre-deux tours pourtant bien mal embarqué.

Nombreuses sont les raisons de relativiser ce succès. Le scénario alambiqué de cette campagne en évidemment une. Il faut aussi souligner le niveau d’abstention (autour de 25 %), au plus haut depuis 1969. A cela s’ajoute le message de ces quelque 8 % des inscrits, soit 12 % des Français qui sont venus voter dimanche, et ont glissé un bulletin blanc ou nul dans l’urne – un record. Ou plutôt « les » messages, tant cette cohorte de mécontents porte des revendications diverses.

Enfin, comment ne pas mentionner la particularité de l’affiche du second tour. Pour la deuxième fois en quinze ans, une grande partie des Français n’a pas voté « pour » un candidat mais « contre » l’extrême droite. Cela laisse des traces dans une démocratie. Les électeurs pourraient finir par se lasser de faire des choix par défaut.

Obligation de succès

Légitimité  oui  mais lourde responsabilité. Tel est le mandat du nouveau président de la République. Car son élection a des allures de dernière station avant le désert pour le camp des républicains. Le nouveau chef de l’Etat arrive à l’Elysée avec une obligation de succès, l’échec – notamment économique et social – de ses prédécesseurs étant le principal ferment du populisme en France.

L’équation est complexe tant cette notion de « réussite » est difficile à cerner. L’électeur de Jean-Luc Mélenchon et celui de François Fillon, qui tous deux ont glissé un bulletin Macron dans l’urne, n’y mettent pas le même sens. L’un demandera que la voix des millions d’« insoumis » soit respectée. L’autre arguera que la droite est moralement majoritaire dans ce pays et qu’il faut donc gouverner en conséquence. Le défi paraît immense. Elu par une majorité disparate, Emmanuel Macron doit prouver que le compromis n’exclut pas l’action, que la conciliation n’est pas une trahison.

Le FN fort

Face à lui, il trouvera un Front national  fort. Certes, le score de Marine Le Pen a presque des allures de contre-performance. En recul par rapport à ce que lui accordaient les sondages (autour de 40 %), elle boucle une présidentielle en demi-teinte. Elle ne peut plus se targuer, comme au sortir des dernières élections, de représenter le premier parti de France. Mais cela ne saurait masquer la percée inédite que réalise l’extrême droite en France.

L’analyse des pourcentages est toujours un trompe-l’œil, celle du nombre de voix récoltées livre une autre vérité. Avec près de 11 millions d’électeurs qui ont choisi un bulletin Marine Le Pen, la candidate emmène son parti dans des sphères nouvelles. Il faut aussi observer l’évolution sur le long terme.

Elle a également prouvé que désormais le FN progresse un peu dans l’entre-deux tours. Alors que son père n’avait agrégé que 700 000 voix en plus au second tour en 2002, elle enregistre, elle, une poussée de plus de 3,5 millions de voix. Elle s’est en outre trouvé un allié, en la personne de Nicolas Dupont-Aignan, propulsé premier ministrable. L’autoproclamé « gaulliste », venu du RPR, achève ainsi sa lente et inexorable transition vers l’extrême droite.

Recomposition du paysage politique

Ce ralliement, critiqué de toutes parts, mais qui porte en lui une forme de logique programmatique et personnelle, dit quelque chose de cet entre-deux tours, qui à bien des égards aura davantage modifié le paysage politique français que l’ensemble de la campagne. Marine Le Pen, au cours d’un débat raté, a montré que le populisme agressif et l’utilisation décomplexée du mensonge n’était pas l’apanage des autres pays. Ses proches, en relayant délibérément des fausses informations jusqu’à la dernière heure de la campagne, ont donné un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le débat politique avec un groupe FN puissant à l’Assemblée.

Car l’extrême droite a bien l’intention de se nourrir de la faiblesse des autres. Les Républicains, conscients qu’ils vivent des heures décisives, ont reporté à plus tard le grand règlement de comptes, mais tous les éléments de la crise à venir ont émergé depuis le premier tour. A gauche, les « pudeurs de gazelle » de Mélenchon face au FN, combinées à l’explosion en cours au Parti socialiste, rendent la situation particulièrement instable.

Et le rythme de la recomposition ne risque pas de se ralentir, tant les élections législatives, qui arrivent les 11 et 18 juin, sont les plus ouvertes qu’on ait vu depuis longtemps. Certains Français ressentent avec une forme de soulagement le fait que le tourbillon présidentiel prenne fin. Au risque de les contrarier, il faut leur dire la vérité : cela ne fait que commencer.

France

 

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