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L’altermondialiste François Houtart est mort…

L’altermondialiste François Houtart est mort

François Houtart (à gauche), aux côtés de l’ex-président brésilien Lula et d’un membre des travailleurs ruraux sans terre.

Surnommé le « chanoine rouge », le religieux et sociologue belge a consacré sa vie aux mouvements sociaux.

Les mouvements sociaux latino-américains sont en deuil. L’un de leurs plus fidèles alliés, le religieux et sociologue belge François Houtart, s’en est allé mardi. A 92 ans, le fondateur du Centre tricontinental de Louvain (CETRI) résidait à Quito, où il conseillait depuis sept ans les mouvements populaires locaux, notamment indigènes, en plus d’un travail académique poursuivi au sein de l’Université centrale de la capitale équatorienne. Proche de l’ex-président Rafael Correa mais critique avec sa politique, cet intellectuel tout entier consacré au changement social avait encore accepté, en mars dernier, de commenter les élections présidentielles du petit pays andin pour les lecteurs du Courrier.

Docteur en sociologie de l’Université catholique de Louvain, près de Bruxelles, François Houtart y fit l’essentiel de sa carrière académique, formant des générations de sociologues, notamment latino-américains. Avec le CETRI, fondé en 1976 aux côtés de l’Egyptien Samir Amin, il a fait rayonner Louvain comme l’un des pôles mondiaux des sciences sociales inspirées par la théologie de la libération et le marxisme. Egalement engagé au sein de l’Eglise, il participa à la préparation du concile Vatican II à la demande du célèbre «évêque rouge» du Brésil Helder Camera.

Surnommé à son tour le «chanoine rouge», M. Houtart a signé quelque 70 ouvrages, dont Le changement social en Amérique latine ou Eglise et Révolution. L’Autre Davos, publié en 1999, peut être considéré comme l’un des manifestes fondateurs du mouvement altermondialiste, dans lequel il s’est intensément engagé, malgré l’insatisfaction de voir les Forums sociaux mondiaux incapables d’unifier la lutte des mouvements sociaux et de passer de la critique à l’alternative. Cosignataire en 2005 du «Manifeste de Porto Alegre», il y appelait les altermondialistes à prendre davantage en compte la dimension politique de leurs luttes.

Bienveillant mais critique

A ceux qui l’accusaient parfois de soutenir, même de façon nuancée, des gouvernements controversés, Cuba et le Nicaragua sandiniste en particulier, François Houtart avait répondu: «Le problème des chrétiens, c’est de croire que les révolutions sont faites par des anges. Ce n’est pas le cas. Le tout, c’est de choisir ses ambiguïtés. Pour ma part, j’ai choisi celles des pauvres.»

Observateur bienveillant des «gouvernements progressistes» surgis en Amérique latine depuis une vingtaine d’années, François Houtart ne les épargnait pourtant pas de ses critiques. Malgré ses 92 ans, il s’était rendu tout récemment au Venezuela et disait alors son espoir de voir l’expérience chaviste se remettre en question. «Comme dans tous les pays post-néolibéraux d’Amérique latine, il s’agit de refonder le projet de gauche, pas seulement de l’adapter.» Et de plaider pour un modèle post-capitaliste, socialiste, mais qui intègre enfin sérieusement les questions de durabilité et de diversité humaine et culturelle.

MCD

Nous l’avons côtoyé sur  » l’alimentation et le Thiers monde » encore il y a peu où nous intervenons ensemble…

Un ami…Claude Veyret

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Médias Citoyens Diois

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