Août 17 2017

Archiane (Treschenu-Creyers) : L’emblématique bouquetin des Alpes…

Les Bouquetins de la Réserve / Alpine Ibex

Guy Meauxsoone – G. Rouillon 
Les Eymes – 38112 Méaudre
0476952425 / 0607793630
Le Retour
Depuis 1989, les bouquetins peuplent à nouveau le Vercors. Plusieurs réintroductions ont stabilisé les populations sur le territoire. 300 bouquetins peupleraient actuellement le Vercors et Diois.

Le bouquetin des Alpes (capra ibex) est une espèce de la famille des ongulés. Les ongulés ont pour point commun de marcher sur le bout des doigts situés à l’extrémité avant des sabots.

Présent dès la préhistoire, le bouquetin fut représenté sur les murs de grottes habitées. L’animal est demeuré abondant jusqu’à la fin du XVIe siècle, où il vivait dans toutes les régions montagneuses d’Europe. C’est le développement des armes à feu et la chasse qui causèrent sa perte. L’animal, facile à approcher et à chasser car peu farouche, est alors consommé pour sa viande. Il est également prisé dans la médecine de l’époque : ses cornes, son sang et son estomac sont utilisés comme remèdes. L’os cruciforme situé au niveau du cœur est porté autour du cou comme talisman contre la mort subite. Si bien qu’à la fin du XVIIIe siècle, il ne reste plus que quelques individus.

L’espèce doit sa survie au roi Charles-Felix de Savoie qui, le premier, en interdit la chasse sur les terres royales du Grand Paradis, en Italie, puis sur l’ensemble des terres de la Maison de Savoie. Le roi Victor Emmanuel II fit ensuite protéger les derniers individus situés en Vallée d’Aoste (Italie) pour sa chasse personnelle, en créant la réserve royale du Grand Paradis. Il engagea même un corps de gardes-chasses afin de les protéger. En 1922, la réserve royale de chasse du Grand Paradis devient un Parc national italien et la chasse y est complètement interdite.

Dans les Alpes, selon les saisons, on peut le trouver entre 500 et 3 300 m. L’été, les animaux montent vers les cols les plus élevés, les sommets ou les crêtes pour profiter des pâturages non consommés par les autres herbivores. Mâles et femelles, accompagnés des jeunes de l’année, forment des hardes qui comptent jusqu’à 30 animaux. A l’automne, les troupeaux se séparent. En hiver, ils se rencontrent plus bas -vers 2000 m ou moins- et peuvent même descendre jusque dans les vallées pour trouver de la nourriture.

Des réintroductions successives

Grâce à différentes réintroductions, l’espèce se trouve aujourd’hui dans la quasi-totalité du massif des Alpes, mais de façon très discontinue, en petits habitats dispersés.

Dans le courant du XXe siècle, quelques animaux en provenance du Grand Paradis sont venus naturellement renforcer les populations locales en vallée de la Maurienne (Savoie), qui ont résisté -comme le groupe italien- à l’extinction du fait de leur isolement géographique. Ils étaient une soixantaine quand eut lieu, en 1963, la création du Parc national de la Vanoise qui décida de protéger intégralement l’animal et de l’adopter comme emblème. Des animaux commencent alors à sortir des frontières du parc pour recoloniser progressivement ses alentours.

Les réintroductions successives sur l’arc alpin ont permis d’améliorer l’état de conservation de l’espèce. Cette restauration a valeur d’exemple, c’est un modèle de réussite. En France et en Italie, l’espèce fait l’objet d’une protection stricte et totale. En France, le bouquetin est non chassable depuis 1962 et protégé depuis 1981.

Aujourd’hui, plus de 50 000 bouquetins (estimation 2012) sont présents sur l’ensemble des Alpes et cette population globale est désormais stable avec une légère tendance à l’augmentation, ce qui a conduit l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à considérer que le bouquetin des Alpes n’est plus une espèce en péril.

Toutefois, cet effectif désormais stable masque une diversité de situations locales, qui interroge quant aux facteurs susceptibles d’influer sur la démographie de l’espèce. En effet, la faible diversité génétique des populations est un facteur de fragilité pour le bouquetin.

Ecologie

Le Bouquetin des Alpes est un animal de haute montagne, peut être l’ancêtre de la chèvre domestique. Il vit dans les zones rocheuses. Le mâle du Bouquetin des Alpes (Capra hircus ibex L.) se reconnaît à des grandes cornes, qui atteignent 15 kg, mesurent 70 cm (parfois 90 cm), avec lesquelles il peut se gratter le dos. Appelé bouc, le mâle pèse de 75 à 120 kg, mesure 140 à 155 cm pour une hauteur au garrot de 67 à 85 cm. Les cornes du bouquetin ne tombent jamais.d’altitude. La femelle, ou étagne, est plus petite que le mâle. Elle pèse environ 50 kg. On la reconnaît à ses cornes beaucoup plus courtes (moins de 25 cm), très fines et sans bosses. Plus pointues, elles sont aussi plus dangereuses. Elle est plus difficile à approcher que le mâle. Le jeune bouquetin a la taille d’un petit mouton et des cornes très courtes. Il suit habituellement sa mère de près.
L’ongle des sabots est formé de corne très dure, tandis que le coussinet de la plante est à la fois antidérapant et amortisseur. Des ergots saillants et « caoutchouteux » près des talons facilitent l’accroche en descente. Le Bouquetin peut écarter les doigts, puisqu’il n’y a pas de cloison interdigitale (membrane extensible,  comme chez le sabot du chamois). Ceci lui permet de tenir les prises rocheuses. Les sabots antérieurs sont plus nettement développés que les sabots postérieurs. Le Bouquetin est ainsi parfaitement adapté au rocher. Il évite les névés car il s’enfonce beaucoup dans la neige où les déplacements sont trop épuisants. Les Bouquetins font donc des détours en passant par les rochers et falaises pour éviter les couloirs enneigés. Sinon, ils traversent un par un, pour éviter les risques d’avalanche, en formant une seule piste caractéristique. Il passe la nuit dans des endroits couverts, secs en protégés du vent, comme les grottes et replis de terrain.
Le Bouquetin peut sauter plus de 6 mètres de longeur, et galoper à plus de 70 km/h sur terrain plat. Apparu il y a 14 000 ans, le Bouquetin est dessiné dans 47 grottes paléolithiques rien qu’en Dordogne!Autrefois très courant dans les Alpes françaises, le Bouquetin abondait jusqu’au XVIème siècle. Mais il a été trop fortement chassé et braconné, à partir de 1550 environ. Peu méfiant, il faisait une cible trop facile, et les cornes des mâles étaient très recherchées comme trophées de chasse. L’espèce a failli bien disparaître vers 1820, il ne restait alors qu’une centaine de bêtes. Ainsi, il ne restait que 7 Bouquetins dans le Massif du Mont-Blanc en 1866, où il disparut en 1870.
Heureusement, le roi Victor-Emmanuel II (en Italie) fit protéger les derniers individus dans une réserve privée près de Valsavaranche. Cette dernière population relictuelle, dans le Val d’Aoste en Italie, a permis de repeupler les Alpes. Ils sont plus de 7000 aujourd’hui.
Le Bouquetin a ainsi été réintroduit en Suisse en 1906, puis en France dans les Alpes (réserve de la Vanoise dans un premier temps) et les Pyrénées. Il ne s’installe pas forcément sur le lieu de lâcher, mais choisit lui même un endroit rocheux qui lui convient, où il reste. Le Bouquetin est un ongulé indolent et calme, donc facile à chasser. Il craint fortement les chiens. L’espèce est aujourd’hui protégée. La distance de fuite du Bouquetin est assez faible (50 mètres, parfois moins), il est donc plus facile à approcher que le Chamois (toujours très vif et méfiant) donc un mauvais fusil pourrait  l’atteindre beaucoup plus facilement.
Bien qu’il soit maintenant protégé partout en France, le Bouquetin ne cherche pas un habitat à plus faible altitude.

L’anuimal est essentiellement diurne. Il s’active durant deux périoides par jour, avant le lever du soleil et les premières heures du jour, et le soir avant la tombée de la nuit. Il se repose et rumine le reste du temps.Le Bouquetin mange jusqu’à 20 kg par jour, de préférence des Fétuques de montagne (Fétuque ovine), ou diverses Graminées, mais aussi des lichens, des rameaux de Genévrier ou certains Chardons. Il recherche le sel, comme les chamois, mais boit très peu, dans des flaques ou des petits ruisseaux calmes, rarement dans des torrents. La rosée sur les feuilles lui suffit en général. La neige d’automne incite les animaux à descendre, mais ils le font le moins possible, en restant dans les pentes raides où la neige ne tient pas et où subsiste une herbe rase, ou une rare végétation accessible: lichens, mousses. Il peut aussi gratter la neige pour se nourrir. On rencontre parfois le Bouquetin avec des moutons.Le bouquetin aime se prélasser sur des terrasses herbeuses bien exposées au soleil. Les emplacements de sieste sont choisis en position bien dégagée et dominante pour pouvoir surveiller le terrain en aval (éperon rocheux, corniche). Le Bouquetin s’agenouille pour ruminer, et semble alors méditer avec indolence.Le bouquetin est polygame. Il y a un mâle dominant par groupe, qui s’impose après un combat de coups de cornes. Ces combats sont discrets et rarement violents, et s’échelonnent toute l’année. Les vieux individus sont souvent les dominants.Le rut a lieu de début Décembre à mi-Janvier. Les animaux se regroupent alors en grandes bandes. Le bouc poursuit alors l’étagne durant de longues heures, langue pendante et les cornes rejetées en arrière. La monte est probablement nocturne.
La mise bas a lieu vers mi-Juin, après 170 de gestation, dans un endroit inaccessible. Il naît un petit à la fois, très rarement deux. (Il n’y aurait une naissance qu’une année sur deux). L’étagne chasse alors le cabri de l’année précédente. Le jeune cabri est une proie facile de l’aigle. Il marche et saute quelques heures après sa naissance. Il piaule quand il a faim, et sera sevré mi-Septembre.
La maturité sexuelle des boucs est atteinte vers 18 mois, 2 ans pour les étagnes, avant les premières joutes nuptiales qui débutent vers l’âge de 3 ans. Le Bouquetin est un expert en terrain rocheux, où il grimpe malgré ses 100 kg. Il s’y cantonne entre 2700 m et 3300 mètres d’altitude (record d’altitude: 3500 mètres). Les Bouquetins adorent jouer, sauter et gambader avec agilité dans des couloirs raides.
Par temps de pluie ou de neige, le Bouquetin s’abrite au sec sous un rocher.
Les femelles et les jeunes sont les plus matinaux en hiver. Au printemps, les Bouquetins affamés peuvent descendre près des cultures, puis ils remontent en suivant la fonte des neiges.
Les troupeaux peuvent parfois compter une centaine de boucs. Les hardes de femelles sont conduites par une étagne de 10 à 15 ans. Chaque femelle a deux petits, celui de l’année et le cabri de l’année précédente. Les jeunes bouquetins sont abandonnés à leur sort vers 7 ou 8 mois par les étagnes, avant l’hiver. Femelles et jeunes sont plus farouches que les mâles, et les très vieux Bouquetins vivent en solitaires. Le Bouquetin se gratte souvent le dos avec ses cornes, les yeux mi-clos, dans une position cocasse. Il fait la sieste, vautré dans l’herbe comme un roi paresseux… Les tuberosités des cornes des Bouquetins ne permettent pas de compter leur âge. Ce sont les stries de croissance de l’encornure qu’il faut compter pour cela, car la corne est formée d’une suite d’étuis emboités. Le Bouquetin peut atteindre 20 ans. Les cornes peuvent mesurer 1 mètre chez le mâle, moins de 25 cm chez les femelles.

Paul Breynat

Bibliographie:

  • FICHESSER Bernard (1992). La vie de la montagne. Ed. Chêne-Hachette, 260 p.
  • HUTTER Pierre, GLAUSER Michel. (1974). Les Chamois et les Bouquetins. Série « Comment vivent-ils? » Volume 1, Atlas Visuels Payot, Lausanne. 76 p. (pp 41-76).
  • HUTTER Pierre (1989). Chamois et Bouquetins. Ed: Payot.
  • POUYE Martine. Connaissance de la faune de montagne : Bouquetins et Chamois. Ed: Glénat.
  • Site internet Volcelest: http://volcelest.chez.tiscali.fr/bouqueti.htm

 

 

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