Sep 30 2017

Die : La caravane des états généraux de l’alimentation était sur le marché ce matin….

La caravane des états généraux de l’alimentation était à Die ce matin, samedi 30 septembre.

Célia de Lavergne : « Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, vient de me confier la mission de coordinatrice des Etats Genéraux de l’Alimentation, que j’ai acceptée, en binôme avec Olivier Allain, Vice-Président du Conseil Régional de Bretagne.

C’est une grande fierté, mais aussi une lourde responsabilité. Je mesure l’importance de cette mission et les attentes que suscitent, pour tous les acteurs du monde agricole, de l’agroalimentaire, de la grande distribution, élus, associations et consommateurs, la tenue de ces Etats Généraux qui sont essentiels pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation françaises.

En effet, ils visent à relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition. Ils ont également pour ambition de permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes, d’accompagner la transformation des modèles de production afin de répondre davantage aux attentes et aux besoins des consommateurs dans le respect de l’environnement. Ils ont enfin pour objectif de promouvoir les choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre, durable et accessible pour tous.

Dans la méthode, les Etats Généraux sont le fruit de l’intelligence collective et de la concertation de tous les acteurs, que ce soit dans les ateliers nationaux entre professionnels du secteur, en régions au travers d’évènements organisés par les préfets, au niveau départemental ou local à l’initiative d’acteurs du monde agricole tels que les CCA ou d’élus, ou via la plateforme numérique https://www.egalimentation.gouv.fr

Je suis enthousiaste et déterminée à l’idée de travailler à la construction de ce grand débat public et à la recherche active de solutions viables, durables, justes et inclusives pour l’alimentation en multipliant, avec vous tous, les discussions et les réflexions.

Vous trouverez ci-dessous la lettre de mission du Ministre ».

2 septembre 2017

Célia de Lavergne

Des états généraux de l’alimentation, pour quoi faire?

Le président de la République souhaite organiser « début juillet » des États généraux de l’alimentation. Objectif: aider les agriculteurs à vivre de leur travail.

En visite dans le Limousin en compagnie du ministre de l’agriculture, Jacques Mézard, le chef de l’État a annoncé, vendredi 9 juin, la tenue des États généraux de l’alimentation « début juillet ». Emmanuel Macron concrétise ainsi l’une de ses promesses de campagne.

« La course aux prix bas », ce sont les consommateurs lésés sur la qualité et les producteurs sous-rémunérés qui en font les frais !           Les états généraux de l’alimentation tant attendus vont-ils trouver des réponses à la crise agricole et aux scandales sanitaires et environnementaux ? S’ils se bornent à rééquilibrer les relations commerciales entre producteurs, industriels et distributeurs, la montagne accoucherait d’une souris. Les acteurs d’une agriculture paysanne, de la défense de l’environnement et de la santé des citoyens réclament, eux, toute leur place à la table des discussions dès le 11 juillet. Ils tiennent à se faire entendre malgré un agenda précipité.

Nicolas Hulot voulait un Grenelle de l’alimentation, Emmanuel Macron, candidat, promettait d’agir pour « assurer un revenu décent aux agriculteurs et une alimentation de qualité tout en respectant l’environnement ». Avec Macron président, les états généraux de l’alimentation, qui débutent le 11 juillet, ont été préparés dans la précipitation et sans vraiment de concertation. Ils sont pilotés exclusivement par le ministère de l’Agriculture, au grand dam du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui voulait davantage s’en mêler. Objectif principal : réorganiser les relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs ­ de façon que le travail des agriculteurs soit plus justement rémunéré ­ et répartir les 5 milliards d’euros d’investissements promis sur cinq ans. Fin juin, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, a consulté en premier lieu les puissants : le syndicat FNSEA, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), le groupe Lactalis, ainsi que les enseignes de la grande distribution ­ Système U, Leclerc, Auchan, Intermarché ­ et ensuite, seulement parce qu’elles ont fait le forcing, la Confédération paysanne, les associations de consommateurs et les ONG environnementales.

Quel est l’objectif de ces État généraux de l’alimentation?

Ces États généraux s’annoncent comme un rendez-vous important pour la filière agroalimentaire française, tant les objectifs fixés semblent élevés, à en croire les propos tenus par Emmanuel Macron pendant la campagne.

Dans son programme, le candidat Macron s’est engagé (objectif 1 du chapitre Agriculture) à « garantir des prix justes pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail ». « Les agriculteurs ne demandent rien d’autre que de pouvoir vivre de leur travail par un juste prix payé. Pour y parvenir, il faut changer de méthode: rémunérer le travail des agriculteurs et les libérer de la dépendance aux aides publiques », est-il écrit.

Pour atteindre l’objectif d’un meilleur partage de la valeur ajoutée, le chef de l’État a notamment précisé qu’il comptait encourager « le développement de véritables organisations de producteurs, avec des capacités de négociations renforcées pour peser plus dans les négociations commerciales avec les centrales d’achat de la grande distribution ». « Nous allons inciter les producteurs à se regrouper pour vendre ensemble » et pour que, « filière par filière, on trouve l’organisation qui permette à chacun d’avoir un vrai partage de la valeur ajoutée », a-t-il expliqué vendredi. La distribution doit « arrêter la préférence absolue pour le prix le plus bas », a-t-il ajouté. Autre objectif, Emmanuel Macron a annoncé son intention d’« accompagner la transformation d’un modèle productif », afin de « répondre davantage aux attentes des consommateurs », a-t-il déclaré lors de ce déplacement dans le Limousin. Selon lui, l’agriculture diversifiée française (intensive, agroécologie, AOC…) le restera, mais certains modèles sont « perdus d’avance ». Car « une agriculture intensive qui n’arrive pas à exporter » et « qui ne va pas vers la qualité », a-t-il ajouté, « n’a pas d’avenir ».

Comment vont s’organiser ces État généraux?

En déplacement vendredi 9 juin, le chef de l’État a confirmé ces objectifs. Ces États généraux doivent permettre « d’améliorer la valeur ajoutée reçue par les agriculteurs sur la vente de leurs produits », a-t-il annoncé à Verneuil-sur-Vienne, près de Limoges.

Concrètement, ce « grenelle » devrait donc être piloté par le ministre de l’agriculture, Jacques Mézard. Il réunira l’ensemble de la filière agroalimentaire: représentants des agriculteurs, des industries de transformation et de la distribution, mais aussi associations de consommateurs. Emmanuel Macron a précisé que les ministères de l’environnement, de la santé, des affaires européennes, ainsi que les collectivités locales y seront associés.

À la clé, le président de la République a annoncé un plan d’investissement dans l’agriculture de 5 milliards sur 5 ans. Ce plan serait lancé « à l’issue » des états généraux.

Quelles assises pour ces assises ?

Les états généraux se dérouleront en deux temps. De juillet à septembre, les questions économiques et commerciales réuniront les filières agricole et alimentaire. En automne, place aux enjeux de santé et d’environnement avec les associations citoyennes.

Au menu de la première séquence, jusqu’à fin septembre, la création et la répartition de la valeur, et donc quel prix payé aux producteurs. Elle réunira dans huit ateliers syndicats agricoles, coopératives, industriels, grande distribution.

À la rentrée, du 1er septembre au 30 octobre, une deuxième séquence, sociétale, précédée d’une consultation publique, abordera la question de l’alimentation, de la santé et de l’environnement. Peut être sera t elle copilotée, au moins, par les ministères de la Santé et de la Transition écologique ? Associations de consommateurs, de défense de la santé et de l’environnement y prendront part. Préoccupées par le poids des lobbies industriels et professionnels dans ces états généraux, elles regrettent d’avoir été écartées du premier volet et tentent encore d’y être conviées. « Le tour de table ne peut se limiter à un tête àt ête entre producteurs et distributeurs. La question de l’alimentation est transversale, elle ne peut être séparée de celle sur la production et la valeur ajoutée. Elle doit être traitée dans tous les ateliers », affirme Nicolas Giraud, de la Confédération paysanne.

Quelles sont les questions que pose cette démarche?

Emmanuel Macron n’est pas le premier à dresser ce constat d’un partage déséquilibré de la valeur ajoutée. Il n’est pas non plus le seul à vouloir renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs face aux industriels et aux centrales d’achat des grandes surfaces, alors que les exploitants agricoles ne cessent de dénoncer une course aux prix toujours plus bas.

Mais jusqu’à présent, les solutions apportées par l’État n’ont jamais fait l’unanimité, même quand les pouvoirs publics ont cherché à apporter des réponses non pas générales mais à une filière donnée (notamment le porc). L’une des questions sera de savoir s’il est prêt à remplacer la loi LME, adoptée en août 2008 au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ce texte, qui a depuis été réaménagé, fixe les grands principes de négociation des prix et est parfois accusé d’avoir favorisé les baisses de tarifs dans le but de favoriser le pouvoir d’achat des consommateurs.

L’agriculture comme l’alimentation ne peuvent être laissées « à la main invisible du Marché »

La clôture est fixée au 13 novembre, au moment même où démarrent les négociations commerciales annuelles qui fixent le prix des produits dans la grande distribution, donnant lieu à une véritable guerre au détriment des producteurs. Cadre de cette négociation : la loi de modernisation économique (LME) de 2008, qui réglemente les négociations entre distributeurs et fournisseurs. Pour rappel, la LME est inspirée du rapport de la commission Attali « pour la libération de la croissance française », destiné à Nicolas Sarkozy et François Fillon et en bonne partie rédigé par Emmanuel Macron…

La LME a instauré la liberté de négociation des prix entre les centrales d’achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs pour « augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs en favorisant des baisses de tarifs ». Les agriculteurs, dont le revenu s’est, de fait, considérablement érodé, n’ont cessé de dénoncer une « course aux prix toujours plus bas » et ils demandent un rééquilibrage des relations en leur faveur. Un producteur de lait sur deux gagne moins de 350 euros par mois. La loi Sapin 2 a tenté d’y répondre en aménageant des « clauses de renégociation » qui intègrent l’évolution des coûts de production dépendant des fluctuations du marché des matières premières. Mais, depuis, la filière agricole déplore le non-respect du dispositif par les distributeurs, qui conservent l’avantage dans les négociations.

La LME va donc se retrouver au coeur de ces états généraux, du moins de leur premier volet. Il est probable qu’elle soit amendée avant la négociation commerciale annuelle. C’est ce que souhaite la FNSEA, premier syndicat agricole, qui demande sa révision « afin de sortir du dogme du prix bas et récupérer de la valeur ajoutée ». Comment y parvenir ? « En développant de véritables organisations de producteurs avec des capacités de négociations renforcées pour peser dans les négociations », indique le programme électoral de l’actuel chef de l’État. En d’autres termes, encourager le regroupement et la concentration de filières au détriment des circuits courts et des petites exploitations. Un modèle à contre-courant d’une agriculture raisonnée et des objectifs initiaux d’un Grenelle de l’alimentation.

Pour un périmètre élargie face aux lobbies, les citoyens s’invitent à table

La Confédération paysanne revendique la « complète remise en cause » de la loi de modernisation économique. Elle plaide pour « une rémunération juste des paysans qui produisent une alimentation qui correspond à l’attente des citoyens ». La FNSEA, elle, ne veut pas « s’encombrer d’autres considérations que de retrouver un rapport de forces équilibré », a déclaré sa présidente, Christiane Lambert, à la fin de son entretien avec le ministre Stéphane Travert. « Le risque est que l’on fasse un Grenelle fourre-tout qui ne mène nulle part et qui pourrait décevoir les agriculteurs », a-t-elle ajouté, s’adressant ainsi à tous ceux qui demandent une approche globale de la concertation et une place plus forte des citoyens. « L’ensemble des acteurs de la fourche à la fourchette », confiait Nicolas Hulot au journal « le Monde » du 29 juin.

ONG et associations mettent la pression. Parmi elles, CCFD Terre solidaire, WWF, Greenpeace, Oxfam, Réseau Action Climat, la Fondation pour la nature et l’homme (ex-Fondation NicolasHulot) et France Nature Environnement (FNE). Elles ont interpellé le président de la République pour « un périmètre plus large » de ces états généraux.

« Les négociations sur le partage de la valeur ne peuvent être déconnectées d’enjeux globaux », souligne Michel Dubromel, président de FNE, réseau qui fédère 3 500 associations. « Alimentation et environnement sont indissociables. Il y a eu une fuite en avant vers de l’alimentation à bas coût et de mauvaise qualité et dont on paie ensuite, nous collectivement, les conséquences sanitaires. Consommateurs et agriculteurs en sont victimes tous les jours. C’est tout le modèle avec ses impacts environnementaux et de santé qui doit être discuté. Il faut un nouveau modèle dans lequel les agriculteurs doivent se retrouver. »

Association Plaidoyer pour la terre

26150 Die-Saillans-Vercheny-Crest

plaidoyerpourlaterre@gmail.com

plaidoyerpourlaterre.blogspot.fr

 

 

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/09/die-la-caravane-des-etats-generaux-de-lalimentation-etait-sur-le-marche-ce-matin/

Laisser un commentaire