Oct 16 2017

La Centrale atomique de Cruas, présente une faiblesse dangereuse au niveau des stations de pompages alimentant les dispositifs de refroidissement des réacteurs…

CNPE de Cruas : des faiblesses détectées sur des tuyauteries d’alimentation en eau exposeraient la centrale à un risque de fusion de réacteur en cas de séisme majeur
Plusieurs centrales nucléaires, dont celle de Cruas, présentent une faiblesse dangereuse au niveau des stations de pompages alimentant les dispositifs de refroidissement des réacteurs. Avec à la clef un risque de fusion d’un cœur en cas de séisme de forte magnitude.

L’ASN met sérieusement la pression à EDF, ces derniers temps. Alors que le gendarme du nucléaire vient de forcer l’exploitant de la centrale du Tricastin à arrêter ses quatre réacteurs, l’autorité a également demandé à l’électricien français, suite à une série d’incidents enregistrés en 2016, d’effectuer des contrôles supplémentaires sur les matériels assurant la fonction de sûreté de maîtrise des réactions nucléaires. En particulier les tuyauteries des stations de pompage assurant l’alimentation en eau des circuits de refroidissement des réacteurs ont été testées. Mauvaise surprise sur plusieurs CNPE, dont celui de Cruas-Meysse : «Il y a des sous-épaisseurs de métal sur certains tronçons qui pourraient causer une rupture des tuyaux en cas de fort séisme et donc un risque d’inondation de la station pompage».
Certes, le bris d’une de ces conduites ne présente pas en soi un risque nucléaire quelconque. Mais, comme le reconnaît EDF, cela pourrait rendre indisponible le circuit d’alimentation en eau du réacteur desservi et entrainer un risque de fusion du cœur. Car, en cas d’incident grave, seul le refroidissement du combustible nucléaire permet d’éviter la fusion des cœurs, comme cela s’est produit à Fukushima. Un tel accident mettrait en jeu la sécurité et la santé des habitants dans un rayon de 80km autour de la centrale – soit une population de 1,6 million.

L’ASN de plus en plus vigilante

Les réacteurs N°1et N°4 sont les deux concernés à Cruas; le N°1 étant à l’arrêt depuis juin 2017 pour maintenance, les travaux de réparation vont être réalisés immédiatement. Pour le N°4, l’exploitant va attendre le prochain arrêt de tranche, prévu courant 2018. Certains ne manqueront pas de poser la question : «Le risque zéro n’existant pas est-il bien raisonnable d’attendre?»

En matière de nucléaire civil, les normes de sécurité sont fortement à la hausse depuis la catastrophe de Fukushima. Et l’ASN semble décidée à les faire respecter, quel qu’en soit le coût. Appliquées à ses centrales vieillissantes, qu’EDF veut prolonger jusqu’à 40 ou 50 ans, ces nouvelles normes vont nécessairement entraîner une augmentation importante et régulière du prix du kilowatt pour les consommateurs.

 

LES COMMENTAIRES
 
13/10/2017
EDF et AREVA nous emmènent dans le mur et l’état,avec nos impôts, est obligé de les recapitaliser ( 5milliards rien que pour Areva) .L’énergie nucléaire est une énergie du passé et dépassée d’ailleurs depuis Fukushima le nucléaire ne progresse plus dans le Monde , les investisseurs vont vers les énergies renouvelables .
Le nucléaire n’est plus rentable ,l’éolien et le solaire ,voient leur prix considérablement baisser ,ces énergies ne font pas courir de risques aux populations voisines et elles sont inépuisables .
Enfin ouvrons les yeux , la meilleure énergie ,
la moins chère , la moins polluante est celle qu’on utilise pas .
Commençons tous par l’économiser …
13/10/2017
Ce qui fait descendre le corium, c’est la même force qui fait aller la pomme vers le sol.
On peut supposer que cette force s’exerce jusque vers le centre de la terre, mais pas, ensuite, du centre vers la périphérie. Le corium reste donc là-bas au fond avec ses nuisances, et la Chine l’échappe belle.
Du moins, tant que le corium, agrégé au magma, ne ressort pas à l’occasion d’une éruption volcanique.
Non?
Reste le trou. On le bouche comment? Avec quoi?
Avec le produit du démontage des centrales nucléaires? Avec les plastiques à la dérive sur l’océan? Avec le CO2 et autres gaz à effet de serre? Avec le glyphosate? Avec…?
12/10/2017
La fusion d’un réacteur, le scénario catastrophe
C’est Hollywood qui l’a imaginé en 1979: le réacteur nucléaire chauffe, fond, traverse la cuve qui le contient, ronge le béton du bâtiment réacteur et commence un long chemin dans le sol qui menace de le conduire jusqu’en Chine, de l’autre côté de la terre.

La succession brutale des événements qui frappent trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima ne fait que nourrir les pires inquiétudes en dépit des propos rassurants des autorités japonaises. L’éventualité d’une fusion, partielle ou totale, de l’un voire des trois cœurs de ces installations, ravive le spectre du «syndrome chinois» popularisé en mars 1979 par le film du même nom réalisé par James Bridges. Trouvé excessif par certains lors de sa sortie, ce long métrage mettait en scène un scénario imaginé huit ans plus tôt par un physicien américain: celui d’un réacteur nucléaire construit par des sociétés peu scrupuleuses présentant une série de défaillances qui conduisent au «dénoyage» de son combustible. Faute d’être correctement refroidi, celui-ci monte en température, fond, traverse la cuve qui le contient, puis ronge le béton du bâtiment réacteur et commence, tel un dard de chalumeau, un long chemin dans le sol qui menace de le conduire jusqu’en Chine de l’autre côté de la terre!
Quinze jours après sa sortie, ce film devint en partie une triste et terrible réalité. Le 28 mars 1979, vers 4 heures du matin, alors que le réacteur numéro 2 de la centrale de Three Mile Island, située près de la ville de Harrisburg en Pennsylvanie, fonctionne à 97% de sa puissance, les opérateurs de l’installation détectent une anomalie dans le circuit secondaire de refroidissement de l’installation. Celle-ci entraîne aussitôt une montée en température du circuit primaire qui refroidit les éléments combustible: des pastilles d’uranium faiblement enrichi contenus dans des gaines métalliques elles mêmes assemblées dans une cuve d’acier hermétiquement fermée.

Le cœur n’étant plus refroidi suffisamment, son combustible entre en surchauffe et une partie commence à fondre. Se forme alors un «corium», une sorte de magma bouillant – certains évoquent des températures supérieures à 2.500 degrés, voire plus – ou sont mélangés en une sorte de pâte liquide du combustible nucléaire, des gaines métallique qui le protègent et des éléments d’assemblage du cœur. La question qui se pose alors à tous les opérateurs de centrales nucléaires est de savoir si ce corium va percer la cuve, puis attaquer le béton du radier, une dalle qui supporte une partie de l’installation, dernier rempart avant le sol. Une fois ces barrières brisées, le syndrôme chinois va à son terme.
A Three Mile Island, 45% du cœur a fondu et une vingtaine de tonnes sont parvenus sous forme liquide jusqu’au fond de la cuve du réacteur sans heureusement la traverser. A Fukushima?
Jean-François Augereau —  dans SLATE(extraits)

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