Oct 18 2017

Nucléaire : des circuits de refroidissement de 29 réacteurs atteints par une corrosion importante…

Nucléaire : des circuits de refroidissement de 29 réacteurs atteints par une corrosion importante

L’Autorité de sûreté nucléaire annonce que certains circuits de refroidissement de 29 réacteurs répartis sur 10 centrales EDF sont atteints de corrosion importante. L’ASN classe l’événement au niveau 2 de l’échelle Ines.

Lundi 16 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé que 29 réacteurs nucléaires de 900 et 1.300 mégawatts (MW), répartis sur dix centrales, sont affectés par un risque de perte de la source froide. Plusieurs portions d’un circuit de refroidissement essentiel pour la sûreté des installations sont rouillées. Cette corrosion est à l’origine d’« un état dégradé avec des épaisseurs inférieures à l’épaisseur minimale requise pour assurer leur résistance au séisme », explique l’ASN.

L’ASN classe l’incident au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (Ines) qui compte huit niveaux (de 0 à 7). En cas de séisme important, l’ensemble des parades ne pourraient pas être mises en œuvre pour ces 20 réacteurs, « alors la fusion du cœur ne pourrait pas être évitée à terme », explique l’avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) pour justifier ce classement Ines élevé. Par ailleurs, l’ASN ajoute que neuf autres réacteurs répartis sur quatre centrales (Il s’agit des centrales de Cruas, Paluel, Saint-Alban et Tricastin.) sont aussi concernés dans une moindre mesure (incident classé niveau 0 de l’échelle Ines).

C’est la troisième fois cette année que l’autorité classe à un tel niveau un incident concernant les réacteurs d’EDF. En juin, elle avait annoncé qu’un incident générique affectait les groupes électrogènes de secours à moteur diesel des 20 réacteurs de 1.300 MW implantés sur 8 centrales nucléaires. Fin septembre, elle a imposé à EDF de mettre à l’arrêt « dans les délais les plus courts » les quatre réacteurs de la centrale de Tricastin (Drôme). Cet arrêt a été décidé en prévention du risque de rupture d’une partie de la digue du canal de Donzère-Mondragon en cas de fort séisme.

 
Incident générique revu à la hausse Ce mardi, EDF annonce que l’incident générique qui affecte les groupes électrogènes de secours des réacteurs de 1.300 MW est étendu à certains réacteurs de 900 MW. Les réacteurs concernés sont les unités 2 et 5 du Bugey (Ain) et 1 et 2 de Fessenheim (Haut-Rhin). L’analyse des réacteurs 3 et 4 du Bugey est en cours.
EDF indique que les travaux de mise en conformité des équipements ont été réalisés ou le seront d’ici fin novembre.
 

Réparations en coursLe nouvel incident annoncé ce mardi concerne le circuit de refroidissement des réacteurs. En cas de séisme, les tuyauteries des systèmes d’alimentation en eau du réseau de protection contre l’incendie et de filtration d’eau brute pourraient rompre et entraîner une inondation des centrales concernées. Les pompes du circuit d’eau brutes secourues seraient alors indisponibles. Ce circuit, constitué de deux lignes redondantes, sert à refroidir le circuit de refroidissement intermédiaire qui assure le refroidissement de l’ensemble des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur. Il est censé fonctionner en permanence, y compris lorsque le réacteur est à l’arrêt, afin d’assurer, entre autres, le refroidissement de la piscine de stockage du combustible.

Le problème a été initialement détecté par EDF dans la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher). Les inspections complémentaires, réalisées par EDF à la demande de l’ASN, ont mis en évidence des défauts similaires sur neuf autres centrales.

L’avis de l’ASN précise que dix des 29 réacteurs concernés ont fait l’objet d’une réparation provisoire ou définitive. Neuf autres sont en situation d’arrêt et font l’objet de réparations qui seront finalisées avant leur redémarrage. Les dix derniers fonctionnent actuellement. Ils disposent d’au moins une voie du circuit d’eau brute de refroidissement résistant au séisme et la deuxième voie est en cours de réparation.

Réacteur EPR de Flamanville : l’ASN rend son avis

Le 10 octobre 2017, l’ASN a rendu son avis relatif à l’anomalie de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. L’ASN considère que cette anomalie n’est pas de nature à remettre en cause la mise en service de la cuve sous réserve de la réalisation de contrôles spécifiques lors de l’exploitation de l’installation. La faisabilité de ces contrôles n’étant aujourd’hui pas acquise pour le couvercle, l’ASN considère que le couvercle actuel ne peut être utilisé au-delà de 2024.

Autorité de sûreté nucléaire
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CS 70013

92541 Montrouge cedex
Tél. : +33 (0)1 46 16 40 00

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Tél. : +33 (0)1 46 16 40 16

https://www.asn.fr/

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(1 commentaire)

    • Didier JOUVE on 18 octobre 2017 at 22 h 44 min
    • Répondre

    Comme prévu, l’ASN n’a pas pu résister aux pressions énormes exercées par les intérêts nucléaires d’AREVA et de creusot loire et accepte un matériel essentiel ( le couvercle et la CUVE !) qui sont hors des spécifications au niveau de la qualité des aciers , au point qu’il ne l’accepte « que » pour six ans. (!)
    Rappelons que l’ASN n’aurait tout simplement même pas dù étudier une acceptation éventuelle de matériel gravement non conforme et devait le rejeter .
    Rappelons aussi que c’est AREVA et ses équipes techniques qui téléguide la procédure d’exception , comme cela est très apparent dans le rapport de l’ASN qui ne cache rien, et que les équipes d’AREVA produisent une grande partie des études techniques…
    On comprend mieux la subite activité de l’ASN sur les centrales existantes, comme si il s’agissait de noyer la trahison majeure des populations que constitue l’énorme prise de risque sur Flamanville.
    Une telle irresponsabilité est terrible , effrayante, les mots manquent pour expliquer comment des gens aussi informés peuvent à ce point nier la réalité ; Tout aussi effrayante est l’attitude des acteurs politiques de tous bords (sauf les écolos et FI) , qui font semblant de « faire confiance aux spécialistes ». Alors qu’un accident nucléaire est certainement ce qui peut arriver de pire à un pays en paix.

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