Oct 10 2017

SNCF Réseau s’acharne contre la gare de Lus-la-Croix-Haute…

Bonjour,

L’équipe de la Voix ferrée des Alpes est heureuse de vous annoncer la sortie de son numéro 3, cette fois-ci consacré à la fréquentation de la ligne Grenoble-Gap. Dossier statistique complet, explications, et surtout un chiffre à retenir : 1000 personnes voyagent chaque jour en moyenne sur cette ligne !

 
Vous retrouverez également un article mis à jour sur les conséquences de la fermeture du croisement en gare de Lus-la-Croix-haute.
C’est à lire ici. Bonne lecture !
Et comme d’habitude : nos moyens de distribution sont limités : merci dans la mesure de vos moyens de l’imprimer pour le distribuer et le mettre à dispo dans les gares de l’étoile ferroviaire de Veynes, voire à bord des trains ! 
L’équipe du journal.

Train-des-alpes@poivron.org
https://listes.poivron.org/listinfo/train-des-alpes

SNCF Réseau s’acharne contre la gare de Lus-la-Croix-Haute

La société en charge du réseau n’arrive déjà pas à entretenir la voie, multipliant les ralentissements.

Comme si ça ne suffisait pas, elle envisage désormais de dégrader la ponctualité des trains et la sécurité sur la voie. Elle invoque des économies, mais s’avère incapable de les chiffrer.

Alorsqu’il avait fallu plusieurs mois de mobilisation pour obtenir le maintien du croisement des trains en 2014, l’entreprise récidive : elle projette d’ici le printemps 2018 de fermer le croisement en gare de Lus pendant le service dit « d’été » (d’avril à décembre), avec à la clef la suppression de 3 postes. Un document interne daté de juin 2017 indique que cette fermeture est envisagée « car il n’y a pas de croisement prévu » dans cette gare. En théorie, c’est vrai. Mais en pratique, ils sont nombreux. Pour bien comprendre, il faut se rappeler que la ligne Grenoble-Veynes est à voie unique. Par conséquent les croisements ne peuvent avoir lieu que dans les gares pourvues de personnels affectés à la circulation, qui aiguillent manuellement les trains.

Retards multipliés

Les cheminots eux-même ont fait le compte dans un document remis à la direction : entre avril 2016 et mars 2017, 22 « reports de croisement » ont eu lieu en gare de Lus. Ils ont évité en tout 15 heures de retard cumulés, sans compter tous les retards secondaires qui en auraient découlé (réutilisations de matériel et de personnel, conflits de circulations à cause du débordement des horaires prévus, etc.). Actuellement, explique un cheminot, les cantons, c’est-à-dire les portions de voie où seul un train peut se trouver à la fois, sont de « 20 minutes environ entre Clelles et Lus, et entre Lus et Aspres. Donc dès qu’un train a 40 minutes de retard, on peut faire un report de croisement dans la gare suivante pour que le train croiseur ne soit pas impacté. Avec la fermeture de Lus, le canton sera de presque 45 minutes, donc il faudra attendre des retards d’environ 1 heure et demie pour pouvoir faire un report de croisement. C’est énorme ».

Cahier des charges non respecté

De manière générale, la suppression d’un croisement affaiblit fortement la fluidité de la ligne. Entre 1973 et 1997, la SNCF a fermé sept gares entre Grenoble et Veynes. « On a gagné un peu de temps », raconte Robert Cuchet, membre du collectif de défense du train. « Mais ensuite, comme il y avait moins de croisements à cause des fermetures de gares, le respect des horaires était plus difficile. Donc la SNCF a rallongé à nouveau les temps de parcours, justement à cause des fermetures » ! En 1973, les trains mettaient un peu moins de 2 heures pour faire Grenoble-Veynes. Avec la prochaine grille horaire, il faudra prévoir au moins 2h15, et la moitié des gares a disparu. C’est qu’à cause du non entretien de la voie, les ralentissements mis en place à compter de la fin 2017 seront sans précédent : 8 minutes de parcours en plus et deux trains supprimés entre Clelles et Gap. En clair, la SNCF n’arrive plus à répondre au cahier des charges de la Région qui la finance.

Sécurité affaiblie

Mais ce n’est pas tout : entre Vif et Veynes, c’est le système « CAPI » (cantonnement assisté par informatique) qui garantit qu’un seul train circule sur chaque canton de voie. Il avait été mis en place suite à une collision entre deux trains qui avait coûté la vie à 35 personnes en 1985 à Flaujac (46). Il relie chaque gare par un signal informatique. « Comme le signal perd en intensité le long de la ligne, il est réalimenté dans chaque gare » raconte un cheminot. « Mais à Lus, il y a beaucoup d’orages qui font sauter l’électricité. Si un agent est sur place pour la remettre, le problème est résolu, mais s’il n’y a plus personne en gare, il faut trouver quelqu’un pour s’y rendre et faire le nécessaire, ça va être long et entre-temps CAPI tombe en dérangement ». Problème : dans ce cas, c’est le cantonnement téléphonique qui prend le relais, le même système qu’à Flaujac. « Et là, il n’y a plus de boucle de sécurité : tout repose sur l’agent qui ne doit pas faire la moindre erreur ». Le risque n’est pas théorique : Lus a disjoncté 5 fois depuis la seule fin du mois de juin.

Travaux compliqués, humains supprimés

En outre, la gare de Lus permet de concilier travaux (plus de 200 opérations sur la seule année écoulée) et circulations voyageurs. Ce sera bien plus difficile avec un canton doublé.

Enfin, comme le remarquent les cheminots, il y a « aussi des groupes, des malaises, des arrêts toilettes, des personnes à mobilité réduite » qu’il faut aider à monter ou à descendre. Bref, des vrais services et des vrais contacts humains comme autant de petites touches de bonne humeur dans la vie des voyageurs. Mais « la recherche de pistes de productivité » a ses raisons qui ignorent le coeur. De l’aveu même de la direction, c’est elle qui commande le projet de fermeture de la gare. Pourtant, d’après les syndicats, « le coût des détachements (pour assurer le service en hiver quand les postes auront été supprimés), des retards, de la remise en état à la réouverture (…) rend cette opération peu rentable ». En juin dernier, la direction avouait ne pas avoir encore fait ses calculs.

Trois mois plus tard, rien de neuf : questionnée sur les dégradations qu’elle s’apprête à commettre, elle s’est contentée de répondre que « pour l’heure, aucune décision n’est prise ». De fait, il y a de quoi hésiter !

LA VOIX FERRÉE DES ALPES remercie mille fois toutes celles et ceux qui lui ont fourni documents, témoignages, billets d’humeur, informations, explications de toutes sortes. Et toutes les personnes qui participent à la faire connaître : impression, diffusion, distribution dans les trains, les gares et les manifestations diverses. Continuez comme ça ! Pour que nos trains continuent à donner de la voie…

Voix ferrée des Alpes = numéro 3 = octobre 2017

Pour tout contact : lavoixferreedesalpes@orange.fr

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