Oct 01 2017

Suppression des contrats aidés : le monde rural en pleine détresse !

La fronde des collectivités territoriales, des associations, des écoles, contre la suppression des contrats aidés

Du maire de Valence à celui de Sainte-Croix, des élus en colère qui s’insurgent contre une décision « brutale » et clament leur sentiment d’être « des mal-aimés ».

De droite comme de gauche, de petites communes comme de grandes, de Valence comme de Sainte-Croix, les maires de la Drôme sont en colère et le disent.

Ils n’ont carrément pas digéré l’annonce par le gouvernement de la suppression des contrats aidés. Ces petits boulots d’insertion, aidés par l’État, qui leur permettent de faire tourner qui, une cantine, une activité périscolaire ou des activités d’administration et qui permettent à leurs associations d’assurer des missions bien souvent à vocation sociale.

« Un millier d’emplois touchés dans la Drôme »

Hier, à Bourg-lès-Valence, lors d’une conférence de presse commune, le président de l’association des maires, Michel Grégoire, et son secrétaire, le sénateur Gilbert Bouchet, ainsi que le président de l’association des maires ruraux, Aurélien Ferlay, ont uni leurs voix pour dénoncer une situation jugée « inique ».

La veille, ils étaient allés défendre leurs arguments et tenter d’en savoir un peu plus auprès du préfet, Éric Spitz. Las, celui-ci n’a pas pu leur préciser l’enveloppe budgétaire globale dont les maires vont devoir se contenter. Une seule précision sur la hiérarchisation des contrats conservés : les Atsem, les employés des cantines, ceux du périscolaire au cas par cas mais certainement pas ceux des services administratifs. Et pas question non plus de pouvoir faire un correctif budgétaire permettant d’amortir la mesure, celle-ci s’applique immédiatement.

« Encore une fois, l’État a choisi de renvoyer la “patate chaude” des restrictions budgétaires aux collectivités », dénonce Michel Grégoire. Et de rappeler que les collectivités locales qui représentent 20 % de la dépense publique ont déjà été capables de réaliser plus de 50 % d’économies. Pas l’État ! La mesure, brutale, a empêché certains maires d’assurer la rentrée scolaire comme à Sainte-Croix ou Mérindol. Elle toucherait pas moins de 1 000 emplois dans la Drôme. « Des emplois utiles, qui ont permis de remettre le pied à l’étrier à des gens sans emploi, et qui constituent un vivier de recrutement. »

« Flattés dans les discours et méprisés dans les décisions »

Et quid de ces contrats signés et qu’il va falloir interrompre puisque les budgets des petites communes ne peuvent pas les supporter, seuls ? « Pour nous, le coût c’est plus 14 000 € » se plaint le maire de Beaufort-sur-Gervanne.

Mais plus encore, tous dénoncent « l’anathème » jeté sur les élus. « Ras-le-bol d’être flattés dans les discours et méprisés dans les décisions. »

Même les plus “macronistes”, Michel Grégoire et Pascal Pertusa, rappellent que la mesure ne figurait pas dans le programme du candidat à la présidentielle. Le maire de Valence, lui, n’a pas oublié le projet de réduction du nombre d’élus et voit, dans ces façons de faire, « la mainmise de la technocratie ».

Les maires (on a aussi remarqué la sénatrice PS Marie-Pierre Monier) ne sont pas prêts à relâcher la pression. D’ici deux ou trois jours, ils connaîtront l’enveloppe globale dont ils disposeront. D’ores et déjà, ils réclament unanimement un moratoire jusqu’en 2018 pour préparer « les nouvelles règles du jeu ». D’ici là, ils tiennent à informer leurs administrés et à mobiliser. Il devrait y avoir de l’ambiance au prochain congrès des maires d’octobre prochain…

Contrats aidés : les élus régionaux montent au créneau

En Auvergne Rhône-Alpes, 32 000 contrats aidés ont été signés en 2016. En 2017, seulement 20 500 le seront. Cette baisse de 40% n’est qu’un début. Le Gouvernement a annoncé le gel des contrats aidés le 9 août dernier. Edouard Philippe a tranché : « Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu » (sic).

Or, les contrats aidés font partie de l’arsenal de la politique de l’emploi depuis plus de trente ans maintenant. Une telle longévité serait surprenante s’ils étaient vraiment inefficaces.  Les contrats aidés rapprochent les personnes éloignées de l’emploi d’une vie professionnelle et permettent aux associations et collectivités de mener à bien leurs activités.

Cette annonce brutale a eu des effets dévastateurs dans notre région : les 23 emplois aidés d’Emmaüs Malby dans la Loire sont menacés, les enfants de Saint Jeure d’Ay en Ardèche n’ont plus de cantine ni de garderie, le collège du Vercors à Grenoble a perdu 3 surveillants alors qu’il se situe en zone prioritaire, l’espace social et culturel du diois accueillera moins d’enfants, le lycée professionnel Bouvet à Romans sur Isère a vu la disparition de 3 contrats aidés, Écologie au Quotidien qui organise le Rencontres de Die depuis 17 ans ( 11 jours,  150 rendez vous, 300 invités et 10 000 participants ) après avoir perdu ses financements régionaux, perd sa seule issue: un contrat aidé  … Ces exemples se multiplient et les effets sont dramatiques.

Les élus régionaux du groupe du « Rassemblement citoyen, écologiste et solidaire » ainsi que ceux du groupe du « Parti Radical de Gauche » vont monter au créneau ce vendredi au sein du Conseil Régional. Ils ont déposé un vœu afin que la Région intervienne auprès du Gouvernement pour stopper cette hémorragie.

Andréa Kotarac, élu RCES signataire du vœu s’explique : « C’est le plus grand plan social en France annoncé du jour au lendemain. C’est très brutal pour les associations et les collectivités. L’effet a été immédiat. De nombreux enfants dans la région sont sans mode de garde, tandis que les EPHAD manquent de personnel. Nous ne pouvons pas rester sans réagir. J’enjoins tous mes collègues élus régionaux à voter notre vœu. »

Monique Cosson, présidente du groupe RCES: « Derrière ces acronymes de type CUI-CAE, il y a des hommes et des femmes pour qui ces contrats représentent non seulement un revenu mais aussi une source de lien social et d’épanouissement. Cet arrêt brutal n’est pas digne. Le Conseil Régional, et son Président Laurent Wauquiez, doivent demander au Gouvernement de revoir sa copie. »

Est-ce que ce cri d’alarme sera entendu par les autres groupes du Conseil Régional ? Réponse vendredi soir …

MCD

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