Nov 03 2017

Die : « Le progrès social est une création continue » ce vendredi 3 novembre 2017 à 20 heures à la salle communautaire du Palais Social, place de l’Evêché…

« Le progrès social est une création continue » ce soir après le film « La Sociale ».

Le documentaire/débat «la Sociale» de Gilles Perret ce vendredi 3 novembre 2017 à 20 heures à la salle Communautaire du Palais Social, place de l’Evêché, 26150 Die  (préparation de la salle et présentation à 19h30). Soirée en coopération ESCDD et Ecologie au Quotidien, (soutenu par  les Fédération des Oeuvres laïques  et Fédération des Centres Sociaux).

Le débat animé/modéré  par Ecologie au Quotidien et l’ESCDD invite deux responsables CGT du Diois et de la Drôme.

Ambroise Croizat est un homme politique français, né le à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) et mort le à l’hôpital Foch de Suresnes. Il fut l’un des fondateurs de la Sécurité sociale et du système des retraites en France. Il fut également secrétaire général de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT et ministre du Travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947.

Croizat est ministre du Travail du général de Gaulle du 21 novembre 1945 au 26 janvier 1946, puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 26 janvier au 16 décembre 1946 (gouvernements Gouin et Bidault) et du 22 janvier au 4 mai 1947 (gouvernement Paul Ramadier, fin de la participation communiste au gouvernement). C’est à ce poste qu’il dirige la mise en place du système de protection sociale : assurance maladie, système de retraites, allocations familiales, et amélioration du droit du travail français, avec les comités d’entreprise, la médecine du travail, la réglementation des heures supplémentaires, le statut des mineurs.

Surnommé le « ministre des travailleurs », le nom d’Ambroise Croizat reste attaché aux grandes lois relatives à la Sécurité sociale : mise en place de celle-ci, organisation administrative des caisses et des élections aux conseils d’administration des caisses et régimes des fonctionnaires.

Son influence s’exerce aussi sur les projets concernant les comités d’entreprise, le statut des délégués du personnel, les conventions collectives, la prévention et la réparation des accidents du travail, le régime des prestations familiales. En vingt-huit mois, il accomplit ainsi une œuvre considérable.

« Jamais nous ne tolérerons que ne soit renié un seul des avantages de la sécurité sociale. Nous défendrons à en mourir et avec la dernière énergie, cette loi humaine et de progrès… »

— Dernier discours d’Ambroise Croizat à la tribune de l’Assemblée nationale, en octobre 1950.

 

Le coût, les charges. Le coût du travail, les charges sociales.

Non ! Les cotisations sociales ne sont pas des charges.
Non ! Le travail n’est pas un coût pour l’employeur.

Oui ! Les cotisations sociales sont des salaires différés dans le temps.
Oui ! Le travail est générateur de biens, de services qui contribuent au métabolisme de la société et qui sont en plus sources de profits selon le principe marxiste de la plus-value (basé sur une idée de John Francis Bray).

La question n’est pas combien coûte le travail, mais combien il rapporte !

Alors quand j’entends des concitoyens se réjouir de la possible suppression des cotisations sociales pour les heures supplémentaires, je repense à Antonio Gramsci : « L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est le boulet de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte où se noient souvent les enthousiasmes les plus resplendissants, c’est l’étang qui entoure la vieille ville et la défend mieux que les murs les plus solides » (1).

Puis je me ressaisis, pense à toutes ces consciences qui ont œuvré, non pas pour la réussite de leur minable ambition personnelle, non, mais pour la réussite d’Idéaux par altruisme.

Avec tous ces personnes qui sont obnubilés par l’argent, par les coûts, qui croient détenir un pouvoir d’achat quand ils n’ont aucun pouvoir sur leur pauvre existence, que restera-t-il des « conquis sociaux » ?

« Pourquoi cotiser autant ? Hein ! On n’est pas malades ! »

Bien sûr mon jugement péremptoire serait autre si les individus interrogés par les médias avaient suggéré de taxer l’argent et ses profits injustifiés pour participer aux financements de la Sécu. Au fait, quel est le coût réel de l’argent ? Cher, de plus en plus cher !

L’argent, un moyen ou une finalité ? Vous avez quatre heures, et je ramasse les copies : les citations de Pierre de Boisguilbert seront appréciées…

Intéressons-nous plutôt à Ambroise Croizat et relisons son discours à l’Assemblée Nationale, du 8 août 1946 (2) :

« Nul ne saurait ignorer que l’un des facteurs essentiels du problème social en France, comme dans presque tous les pays du monde, se trouve dans ce complexe d’infériorité que crée chez le travailleur le sentiment de son insécurité, l’incertitude du lendemain qui pèse sur tous ceux qui vivent de leur travail. Le problème qui se pose aujourd’hui aux hommes qui veulent apporter une solution durable au problème social est de faire disparaître cette insécurité. Il est de garantir à tous les éléments de la population qu’en toute circonstance ils jouiront de revenus suffisants pour assurer leur subsistance familiale. C’est ainsi seulement, en libérant les travailleurs de l’obsession permanente de la misère, qu’on permettra à tous les hommes et à toutes les femmes de développer pleinement leurs possibilités, leur personnalité, dans toute la mesure compatible avec le régime social en vigueur.

Voilà qui suffit à démontrer l’ampleur du contenu de la notion de sécurité sociale. Celle-ci implique d’abord une organisation économique qui fournisse à tous les hommes et à toutes les femmes en état de travailler une activité rémunératrice. (…) Il faut, en second lieu, que l’activité ainsi garantie à tous les hommes et à toutes les femmes leur apporte les ressources suffisantes pour satisfaire à leurs besoins personnels et pour couvrir leurs charges familiales. (…) D’autre part, le travailleur ne peut maintenir son activité qu’en conservant sa capacité de travail. Par suite, la sécurité sociale se trouve étroitement liée à tout le problème de l’organisation médicale, au problème des soins d’abord, au problème de la prévention de la maladie et de l’invalidité, au problème de l’hygiène et de la sécurité du travail, au problème de la prévention et de la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Enfin, et c’est le dernier chapitre de la sécurité sociale, il faut parer aux conséquences de la perte possible, par le travailleur, de son activité rémunératrice. (…)

La sécurité sociale est une. (…) Quel que soit le but particulier auquel peuvent tendre les diverses institutions, qu’elles aient pour objet de couvrir les charges de la maladie, de fournir des retraites de vieillesse ou des pensions d’invalidité professionnelle, ou d’alléger les charges de familles nombreuses, il s’agit toujours d’opérer un prélèvement sur les revenus de la masse pour couvrir l’insuffisance des ressources de certains. L’unité de la sécurité sociale n’est à cet égard que l’affirmation d’une solidarité nationale indiscutable. (…) Il s’agit toujours soit de garantir des soins, soit de répartir des revenus.

Enfin et peut-être surtout, l’unité de la sécurité sociale s’affirme sur le plan social. Il s’agit toujours, en effet, d’apporter des moyens d’existence à des familles manquant de ressources, de sauvegarder le capital humain du pays [ hum ! pas très humaniste comme formule aujourd’hui] par la prévention de la maladie et de l’invalidité, de permettre à tous les individus de développer au maximum leurs moyens propres. (…)

L’organisation de la sécurité française, telle qu’elle a été conçue et réalisée dans le cadre des principes que je viens d’exposer, repose encore sur une règle fondamentale, qui est celle de la gestion des caisses par les intéressés eux-mêmes. C’est là certainement l’innovation la plus profonde qui ait été apportée dans toute l’organisation nouvelle. Le plan français de sécurité sociale, en effet, à la différence de la plupart des plans étrangers, est inspiré du souci de confier à la masse des travailleurs, à la masse des intéressés la gestion de leur propre institution, de manière que la sécurité sociale soit le fait non d’une tutelle paternaliste ou étatiste, mais de l’effort conscient des bénéficiaires eux-mêmes. (…)

L’organisation de la sécurité sociale (…) peut maintenant vous apparaître comme tendant avant tout à regrouper, en un ensemble cohérent et logique, des institutions qui, jusqu’à ce jour, étaient dispersées : assurances sociales, allocations familiales, accidents du travail. Mais si c’est là le premier résultat de l’organisation nouvelle de la sécurité sociale, il faut y voir, non pas le terme, mais le point de départ de cette organisation. Le but qu’il convient d’atteindre, en effet, c’est de généraliser la sécurité sociale. (…) Cette organisation nous fournit ainsi l’instrument de tous les progrès sociaux qui doivent, dans l’avenir, se réaliser, tant il est vrai que le progrès social est une création continue. » 

P.de R.
« Pessimiste par la raison et optimiste par la volonté » Antonio Gramsci

16 vendémiaire an 226

Notes

(1) Antonio Gramsci, Je hais les indifférents : http://dormirajamais.org/gramsci/
Texte que j’ai complété [je sais, je sais : « les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît » (Audiard)].

(2) Discours reproduit par l’Humanité du 18 août 2017.

Espace Social et Culturel Du Diois
Place de l’Evêché 26150 DIE
Tel : 04.75.22.20.45 / 04.75.22.47.24

Mobile : 06.23.26.24.75
Fax : 04.75.22.28.06
olivier.royer@escdd.fr

http://www.escdd.fr

Ecologie au Quotidien Rhône-Alpes

Le Chastel 26150 DIE, France

Tel : 04 75 21 00 56       

ecologieauquotidien.die@gmail.com

www.ecologieauquotidien.fr

Bibliographie

  • Michel Étiévent, Ambroise Croizat, ou l’invention sociale : suivi de lettres de prisons, 1939-1941, Gap, La Ravoire, 1999, 184 p.
  • Michel Étiévent, Marcel Paul, Ambroise Croizat : chemins croisés d’innovation sociale, Éd. Gap, Challes-les-Eaux, 2008, 181 p.
  • Pierre Gastineau, « Ambroise Croizat », dans « Double mètre » : vie et mort d’un syndicaliste : Alfred Lemaire, 1901-1945, Publibook, Paris, 2005, p. 173-174 
  • « Ambroise Croizat », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 
  • Bernard Friot et Christine Jackse, « Une autre histoire de la Sécurité sociale : Un levier de pouvoir peu à peu confisqué aux salariés », Le Monde diplomatique, vol. 62, no 741,‎ , p. 3 

 

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