Nov 21 2017

Le Conseil Municipal votait l’implantation de la maison de santé au Quartier de Chanqeyras…

Le Conseil Municipal votait l’implantation de la maison de santé au Quartier de Chanqeyras

Le mardi soir 14 novembre le choix de l’implantation de la maison de santé a été voté en conseil municipal. Plusieurs options se faisaient jour. Certains la voudraient en centre-ville. C’était d’ailleurs la position défendue lors des précédentes campagnes municipales de 2014 par deux listes : « Futur@Die » et « Pour Die Naturellement ». De nombreux commerçants (qui ont d’ailleurs monté une pétition qui a recueilli 806 signatures) défendent aussi le centre-ville quand d’autres souhaitent revenir au quartier de Chanqueyras, sur le nouveau quartier en cours d’aménagement. Chanqueyras est aussi la position soutenue à l`époque par la municipalité de 2008 à 2014 par la liste du maire Georges Berginiat ainsi que l’opposition communiste et sa liste « Une gauche citoyenne pour Die ». Choix désormais porté par l’actuel exécutif de la mairie de Die et assumé depuis le printemps 2017. Après plusieurs échanges très vifs lors des précédents conseils municipaux ou la question était étudiée en point divers, elle a été inscrite comme premier point à l’ordre du jour. L’exécutif avait invité le Dr Villerabel. La longue discussion à permis à chacun de s’exprimer et d’échanger sur le fond.

Décision contrainte

Maison de santé pluridisciplinaire : localisation de l’équipement

Marion Perrier (adjointe en charge du dossier depuis deux ans) exposait le projet de la maison de santé : « elle constitue un équipement indispensable pour la ville de Die afin de préserver l’offre de soins libérale dans l’avenir.

Des médecins généralistes vont bientôt arrêter leur activité dans les prochaines années. La demande de la nouvelle génération de médecin se porte vers des espaces mutualisés de travail.  Ce constat est très largement partagé par toutes les institutions qui accompagnent fortement actuellement les projets de maison de santé (Etat, Région, Département) dans les territoires ruraux.

La ville de Die a en ce moment une opportunité de mener à bien ce projet avec un soutien financier. Or, la municipalité souhaite que ce programme soit réalisé dans un cadre financier qui ne coûte rien aux contribuables locaux. Ainsi, la part de financement de la ville de Die est destinée à être assurée par l’emprunt, lui-même remboursé par les loyers que verseront les professionnels de santé.

Un tel équipement est issu d’un partenariat financier. Il est aussi issu impérativement d’un partenariat entre la collectivité et ses occupants libéraux qui en paieront l’occupation. L’équipe municipale a fait le choix d’une implantation en cœur de ville en 2014. Des efforts ont été consentis par la ville qui a mené après l’achat d’un bâtiment, de nombreux échanges et études avec les professionnels de santé et l’appui d’un architecte. Hormis l’acquisition du bâtiment, aucuns frais n’ont été engagés par la ville. Toutefois, il est apparu au terme de deux années que les conditions ne sont pas réunies pour l’implantation d’une maison de santé en cœur de ville, notamment en termes de stationnement pour l’activité. Afin de répondre au risque de désertification médicale qui nuirait à l’attractivité de Die et tenir compte des opportunités de financement, la ville souhaite mettre en œuvre ce projet sans tarder. La localisation de celui-ci sur la ZAC de Chanqueyras, dans un quartier d’habitation en développement qui reste proche du centre ville constitue le meilleur compromis d’implantation.  La ZAC de Chanqueyras reste pour autant fermée à l’implantation de commerces. Par ailleurs, la ville de Die conserve la propriété du bâtiment désaffecté qu’elle a acquis pour lui redonner vie à terme en y implantant une autre activité, et contribuer ainsi d’une autre façon à animer le cœur de ville.  Il est proposé au conseil municipal de se prononcer sur ce choix de localisation sur la ZAC de Chanqueyras ».

Une médecin libérale à la rescousse

Le Dr Villabel expose son point de vue et revient sur l’arrêt du projet Chanqueyras, l’échec du projet du bâtiment Reynaud. Pour la première fois, un des protagonistes du projet s’était déplacé pour faire entendre sa voix. Si elle avoue ne pas être la porte-parole du groupe de médecins libéraux, la médecin amène sa contribution au débat. Le Dr Villerabel apportera de l’eau au moulin de ceux qui sont favorables au projet. « Il n’y a pas de problème de démocratie médicale dans le Diois ». La maison de santé apporte elle réellement une attractivité au centre-ville. « Je n’en suis pas sûre » dira le Docteur Villerabel qui a fait un pseudo-sondage auprès de sa clientèle pour conclure que finalement « les gens qui viennent la voir consomment peu en centre-ville. Ils sont souvent malades, et après la consultation veulent rentrer chez eux se soigner ». « 40 places de parking ne suffisent pas ». «  Le bâtiment n’est pas lumineux ! » Elle dit aussi entendre les remarques des commerçants. Pour elle il faut réfléchir à d’autres solutions et rappelle que la maison médicale est seulement garante de l’offre de soins. C’est aussi un projet co-construit avec des libéraux et qui ont leur mot à dire et ce n`est a ce titre pas un projet uniquement public, mais une action aussi privée avec le soutien de financement public. « Nous n’avons pas à écouter les préconisations de l’ARS qui ne finance pas ce projet ! Et l’argent de l’Ars ne nous intéresse pas !»

Fidélité aux engagements

Du côté des opposants la localisation à Chanqueyras » et qui défendent le choix du centre-ville, Céline Reynaud rappelle que ce changement de localisation est l’une des raisons de son départ de l’exécutif a la fin de l’été 2017 : « C’est un projet important structurant pour la ville ». « Je suis à l’écoute de ces arguments (de la médecin), mais on n’a pas consulté les citoyens, n’oublions pas les 800 signatures pour rester en centre ville » introduisait Céline Reynaud. On ne remet pas en question le travail de Marion, on se positionne par rapport à l’avis de nos concitoyens. Je rappelle qu’en 2014, nous n’avions pas proposé ce projet aux élections, et nous n’avons pas été élu pour cela ! ». Une concertation publique serait une bonne chose, car c’est un problème politique qui engage de l’argent public.

Elle précise « qu”en 2014, l’équipe a été élue sur ce projet d”une maison médicale en centre-ville. Nos électeurs se sentent en partir trompés ». « Pourquoi un tel revirement, les électeurs peuvent se sentir trompés ! ». Elle demande au maire une consultation sur ce sujet auprès des Diois pour clarifier la situation.

J’assurerais mes responsabilités

«A un moment il faut prendre une décision car le temps presse›› dira le maire qui fait remarquer que le conseil s’est déjà largement exprimé sur le sujet ».

Le maire conclura le débat en réaffirmant qu’il est temps de mener à bien ce projet.

« J’avais dans la campagne municipale porté le principe d`une maison médicale en centre-ville » expliquera-t-il en avouant avoir été rattrape par “le principe de réalité ». “Une maison

médicale sans médecins, je sais pas faire ». « J’ai changé d’avis, c’est vrai dira-t-il en reprenant lui aussi l’expression il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Je suis convaincu qu’il faut une maison médicale à Die ».

Et à l’adresse de Céline Reynaud, il dira aussi assumer ses responsabilités. Je croise aussi beaucoup de gens en ville qui sont d’accord pour la maison médicale à Chanqueyras.

« Moi aussi, j’ai connu un adjoint qui n’était pas d’accord avec la municipalité avec laquelle il était et puis il est parti. Il a attendu le vote des citoyens pour revenir s’opposer avec

l’équipe avec qui il était. Autre temps. Autres mœurs ». Concernant la proposition de consultation de la population sur le choix de la localisation qu’a demandé Céline Reynaud, le maire ne donnera pas suite expliquant : “on sait bien que faire voter la population sur un projet, c’est mettre le projet aux oubliettes ». Enfin il conclura après avoir répondu aux différentes interrogations des élus, sur le fait que le nouveau quartier de Chanqueyras ne sera pas ouvert aux activités commerciales. Finalement ce quartier est proche de la ville et grâce aux déplacements doux sera accessible. Il reste des médecins en centre-ville.

Il proposera donc au conseil de se prononcer sur le choix de Chanqueyras. 

Vision globale

Didier Jouve (Pour Die Naturellement) pointait le sens de ce choix : « Mr le Maire, Dans votre programme pour les municipales figurait une proposition importante : la création d’une maison de santé au centre ville. Nous soutenions ce même projet.  Depuis, vous avez pris deux décisions qui sont deux renoncements :

D’abord, ce n’est plus une maison de santé. Une vraie maison de santé, c’est très précis, défini par une loi de 2009 et des textes qui ont suivi :

L’objet est d’assurer l’accès aux soins de la population. Il faut , pour la penser, conduire d’abord un diagnostic des besoins de la population. On construit alors un projet de santé qui répond à ces besoins. Ce projet contient à la fois des actions de prévention, de la prise en charge coordonnée des patients par les différents praticiens, et une véritable continuité des soins, notamment avec des amplitudes horaires suffisantes. C’est pour ce projet de santé que l’on construit alors l’équipement nécessaire. A noter qu’une maison de santé pluridisciplinaire , au sens de l’Agence Régionale de Santé, ne nécessite même pas de locaux communs car c’est le projet de santé auquel adhèrent les praticiens qui compte, pas l’immobilier.  Ce que vous imaginez maintenant n’est pas une maison de santé : c’est juste une opération immobilière qui va loger quelques praticiens locataires.  Mais en réalisant cette opération, vous rendez d’autant plus difficile la réalisation d’une vraie maison de santé. Parce qu’une partie des crédits dédiés à ce type d’opération aura été consommé.

Le deuxième renoncement est celui de la localisation.

J’en ai déjà largement parlé : Au moment précis ou il ne faudrait rater aucune occasion de relancer l’activité, au moment aussi ou les terrains de Cocause sont vendus non pas pour des emplois nouveaux, mais pour des délocalisations du centre ville, vous ajoutez la délocalisation de praticiens et du laboratoire qui va évidemment suivre, malgré vos dénégations antérieures.

Je réitère mon avis sur ce point : ce choix est un signal grave de l’abandon par votre municipalité d’une volonté de défendre l’activité dans le centre ville.

En résumé : vous aviez promis une maison de santé au centre ville, ce n’est plus une maison de santé, mais une simple opération immobilière, et elle n’est pas au centre ville. Quant au désert médical sur lequel vous justifiez votre renoncement, il n’existe pas. Les médecins sont là, et on peut compter davantage sur l’attractivité du territoire que sur une petite construction pour en accueillir de nouveaux.

Votes sur 25 présents : 21 pour (17 élus de la majorité + M-F. Virat et J.Pelestor, P. Gautronneau et Ph. Leeuwenberg), 3 abstentions (N.Guéno, G. Delimal, C. Reynaud) et un contre (D. Jouve).

Claude Veyret

claude.veyret26@gamil.com

 

 

 

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