Nuage radioactif détecté en France : un accident nucléaire russe
L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a publié les conclusions de son enquête jeudi.

Entre fin septembre et mi-octobre, un nuage radioactif avait été détecté en France et dans plusieurs pays européens. 

Il s’agissait de ruthénium-106, un produit de fission issu de l’industrie nucléaire par ailleurs utilisé dans le domaine médical. Des traces avaient notamment été relevées par des stations de surveillance du sud de la France, à la Seyne-sur-Mer, Nice et Ajaccio. 

« Entre la Volga et l’Oural »

L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a mené des investigations pour en déterminer la provenance. Selon ses conclusions publiées jeudi, ce nuage pourrait résulter d’un accident nucléaire survenu en Russie.

« La zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet », indique précisément le communiqué de l’IRSN. L’institut estime en outre, qu’en raison de la quantité importante du rejet, il s’agirait bien d’un accident.

« Les autorités russes ont dit ne pas être au courant d’un accident sur leur territoire », a précisé le directeur général adjoint de l’IRSN en charge de la santé et de l’environnement.

Conséquence pour la santé humaine

Dans son communiqué, l’IRSN se veut rassurant : « Les niveaux de concentration dans l’air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et a fortiori en France sont sans conséquence tant pour la santé humaine que pour l’environnement ».

En outre, depuis le 13 octobre 2017, le produit radioactif n’a plus été détecté en France.

«Les entreprises de Rosatom n’ont rien à voir avec la fuite du ruthénium-106» détectée en Europe, a de son côté affirmé le service de presse de la société d’État russe, qui gère l’activité de toutes les entreprises du secteur nucléaire –militaires et civiles– en Russie.
La société kazakhe Kazatomprom, opérateur national chargé de la production du combustible nucléaire, a également démenti être à l’origine de la fuite.
«Il n’y a pas de sites au Kazakhstan d’où une éventuelle fuite de cette substance pourrait se produire», a assuré le service de presse de Kazatomprom.

IRSN

(Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire)