Déc 01 2017

Die : Manifestation contre la fermeture de la maternité et la chirurgie… ce 2 décembre 2017 à 10h…

LE COUP DE GUEULE DE JEAN PIERRE RAMBAUD
Hôpital de Die : Du jamais vu !

 

Interrogée le 29 septembre 2017 par Radio France Bleu Drome-Ardèche, il est indiqué sur le site : « Célia de Lavergne ne défendra pas bec et ongles la maternité de Die. La députée La République en Marche de cette circonscription de la Drôme, était interpellée par le collectif de défense de l’hôpital de Die. Le service est menacé de fermeture à la fin de l’année, puisque le directeur n’a pas demandé le renouvellement de l’autorisation de fonctionnement ».
Ainsi, pour la première fois, une députée ne défendrait pas la maternité, contrairement à ce qu’ont fait les élus de la République (députés, sénateurs, maires, conseillers généraux, conseillers régionaux…) successifs de toutes tendances et depuis toujours !
Elle reprend même les arguments des préfet, ARH et ARS successifs depuis plus de trente ans dont celui de la sécurité.
Pour son information, au cas où elle n’aurait pas lu la brochure du Collectif de Défense de l’Hôpital de Die (1987-2017 trente ans de luttes fructueuses) qui a été remise à son attachée parlementaire le 8 septembre, voici ce qu’écrivait notamment le préfet de la Drôme dans une lettre de trois pages, adressée au président du Conseil d’Administration de l’hôpital (Marcel Bonniot, Maire de Die), le 23 décembre 1986, s ‘appuyant sur les dires d’un certain professeur qui « estime que les risques de maintien d’une maternité à très faible activité (1) sont plus grands que l’absence de maternité, donnant à la population une fausse sécurité ». Et le préfet ajoutait : « Dans ces conditions, il n’est plus possible de maintenir ce service. C’est pourquoi je vous demande de prendre les mesures nécessaires pour faire fermer les quatre lits de maternité de l’établissement d’ici au 1er mai 1987 ».
La suite on la connaît mais, depuis, les ARH et ARS n’ont eu de cesse de reprendre les mêmes argument pour condamner, sans succès, la maternité et donc la chirurgie (2).
Et voilà que la députée LRM – je le répète c’est une première – reprend et appuie cet argument fallacieux .
En effet, comme nous l’a précisé Mme Evelyne Combier, chercheur au CREGAS-ISERM, (3) venue à Die pour une réunion publique en avril 2009, « Il n’est pas prouvé que les petites maternités soient plus dangereuses que les grandes ». Sinon, pourquoi des femmes enceintes de la région de Crest, plus proche de Valence, viendraient à la maternité de Die ?
Madame la députée n’a pas encore compris l’utilité des hôpitaux de proximité, avec tous leurs services (maternité, chirurgie, etc…), pour la population, pour un risque vital et pour l’aménagement du territoire. Elle peut aussi consulter sur notre blog la carte des « zones blanches », sachant qu’une maternité et une chirurgie ne peuvent se trouver à plus de 30 à 45 minutes ! Que se passerait-il en cas d’urgence vitale ? Qui dans un tel « désert inhospitalier » en prendrait la responsabilité ?
Il faut être bien crédule ou ne pas connaître le dossier, pour se fier aux ARS !

(1) 80 accouchements/an à l’époque.
(2) Après le seuil de 300 accouchements, on ferme des maternités de plus de 1000
(3) Elle a co-réalisé un rapport, avec trois autres chercheurs, sur « Les disparités interrégionales de l’offre de soins et le cas de la périnatalité »

 

Jean-Pierre RAMBAUD
Président honoraire du Collectif de Défense de l’Hôpital de Die,
Ancien maire de Die,
Conseiller général honoraire.

Pétition collectif hôpital Die

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le lien pour signer et faire signer la nouvelle pétition:

 https://www.mesopinions.com/petition/sante/fermeture-maternite-chirurgie-die/36612

Déjà  8 000 signatures

Merci. Bonne soirée,

Jean-Pierre RAMBAUD, ancien maire de Die  et conseiller départemental

La fermeture de la maternité de Die
Célia de Lavergne mercredi 29 novembre 2017
La Ministre de la Santé, Agnès Buzyn, nous a reçus vendredi dernier pour évoquer l’avenir de l’hôpital et de la maternité de Die. Nous étions 7 élus du territoire, 7 élus d’échelles différentes et complémentaires (Maire, Président d’intercommunalité, Département, Sénateur et Députée), 7 élus responsables et engagés pour la ruralité de manière transpartisane. La Ministre nous a fait part des décisions de l’Etat pour notre hôpital.
La Ministre a rappelé en préambule la gravité d’une décision de non-certification de l’hôpital, intervenue le 25/10 dernier pour l’établissement de Die. Cette décision a notamment été prise au vu de l’absence de déclaration des évènements graves indésirables, signifiant ainsi l’insuffisance de transparence sur les situations médicales vécues par l’établissement ces dernières années. De plus, des réseaux de surveillance indépendants ont été consultés, révélant de sérieuses difficultés rencontrés par les patients. La qualité du personnel n’est pas en cause, mais l’absence de visibilité de l’établissement et de capacité à se projeter dans la durée, la multiplication des intérimaires et la dégradation des locaux ont suscité des situations dangereuses. Ainsi, la Ministre nous a annoncé sa décision de la transformation de la maternité en centre de périnatalité, qui prend en charge le suivi des femmes enceintes avant l’accouchement et le suivi des mères et nourrissons après l’accouchement. Mais accoucher à la maternité de Die ne sera plus possible. Si cette nouvelle m’attriste, je peux la comprendre, par souci de sécurité de la prise en charge des femmes accouchantes, la Ministre engageant sa responsabilité. Les attentes sociétales vis-à-vis du système de santé ont changé. Nous exigeons de plus en plus une sécurité maximale tout à fait légitime, dans la prise en charge des patients. Cela est vrai pour les accouchements comme pour tous les actes de santé. Or, pour assurer la qualité des césariennes opérées et la prise en charge des évènements graves dans un cadre sûr, les praticiens doivent en pratiquer hebdomadairement, voire quotidiennement. Les équipes doivent avoir l’habitude de travailler ensemble et pouvoir recourir facilement à des analyses complémentaires, à des spécialistes de toutes disciplines rapidement et en fonction des complications observées. De nos jours, parce que les habitants veulent être soignés au mieux, nous sommes donc dans une logique prépondérante de sécurité dans le système de santé actuel. Or, ce que nous dit la Ministre qui a travaillé 25 ans dans les hôpitaux, et en qui j’ai toute confiance, c’est que la sécurité ne passe plus par un seul critère de proximité, mais de plus en plus par la qualité et la rapidité de la prise en charge, par l’évacuation des patients vers un pôle organisé, avec des médecins et spécialistes bien formés, bien équipés et entourés d’équipes avec lesquelles ils ont l’habitude de travailler, à un rythme de pratique soutenu. Cela, chacun peut l’entendre, même si cela implique la fermeture de la maternité et du pôle chirurgie de Die. Pour ces raisons, l’Etat a choisi de renforcer les moyens de l’évacuation des malades et des femmes accouchantes : équipement de l’hélicoptère pour l’habiliter à voler dans des conditions difficiles et de nuit, renforcement des équipes d’urgence au 01/01/2018, mobilisation d’une sage-femme 24h/24 et 7j/7 à Die pour accompagner les parturientes pour le transfert vers la maternité, formation des 8 médecins correspondants SAMU à l’accouchement, etc. Pour ce qui est de la chirurgie, la logique du système de santé et des attentes des patients a évolué. Pour les opérations programmables (prothèse de hanche, etc.), nous ne nous tournons plus vers notre hôpital de proximité, et un chirurgien généraliste. La professionnalisation des équipes médicales fait que nous allons spontanément chercher un spécialiste de l’opération dont nous avons besoin (de la hanche par exemple). La chirurgie généraliste n’est plus globalement dans nos habitudes, même si d’excellents chirurgiens généralistes existent encore, comme nous en avons à Die. Pour les cas d’urgence grave, les patients sont déjà aujourd’hui, autant que possible, évacués sur Valence car la prise en charge y est plus complète. Ce qui nous est proposé c’est d’améliorer leur évacuation, notamment en équipant l’hélicoptère pour voler la nuit et dans des conditions difficiles, et permettre ensuite au patient d’être pris en charge dans un établissement intégrant plusieurs chirurgiens, des spécialistes et des équipes organisées pour répondre à toutes les complications possibles, et avec possibilités de faire les analyses sur place rapidement. Ainsi, on ne naitra plus dans le Diois. Alors, certes, théoriquement, les sages femmes pourront assurer des naissances à domicile, mais nous savons bien qu’elles ne le feront pas, compte tenu du risque et de la responsabilité qui leur incomberaient. Et je les comprends. Mais je suis tout à fait consciente que notre société a évolué, et que la plupart d’entre nous souhaitons porter pour la naissance de nos enfants des projets de naissance, que la fermeture de la maternité de Die peut contrarier. Nous devrions toutes pouvoir organiser ce projet de naissance, et je veillerai à ce que cela soit possible dans les nouvelles conditions proposées par l’Etat. Ainsi, effectivement la maternité et la chirurgie vont fermer au 31/12/2017. Pour autant, l’Etat ne renonce pas à notre hôpital, je ne peux pas laisser dire cela ! La Ministre a annoncé très clairement la création d’un nouvel hôpital de taille au moins égale à l’actuel, le préfet est mobilisé pour lancer et accélérer d’ores et déjà les procédures d’urbanisme en ce sens. Les crédits pour le bâtiment de 12 millions d’euros ont été dégagés. Dans l’attente du nouvel hôpital, dès 2018, l’existant sera aménagé, équipé, notamment d’un scanner. Le centre de périnatalité sera rénové. Les urgences seront renforcées. Notre hôpital est central, pour les habitants du Diois. Le projet d’offre de soins aux habitants du Diois sera discuté et travaillé avec un correspondant de l’Agence Régionale de Santé, que le directeur régional doit nommer dès le 01/01/2018. En conclusion, je tiens à souligner que les décisions de fermeture de la maternité et du pôle chirurgie, si elles sont marquantes et viennent s’ajouter aux autres décisions de l’Etat des dernières années de fermeture et de réduction de certains services publics, ont été opérées par l’Etat comme choix de santé publique, mais nullement comme un choix contre la ruralité. L’hôpital de Die reste dans notre paysage un équipement structurant, qui assurera des soins de qualité aux habitants du Diois quel que soit leur âge. Et je veillerai sans relâche, à ce que les nouveaux équipements soient au rendez-vous.
Célia de Lavergne, députée de la Drôme.

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/12/die-manifestation-contre-la-fermeture-de-la-maternite-et-la-chirurgie-ce-2-decembre-2017-a-10h/

Laisser un commentaire