Jan 14 2018

« Égologie – Écologie, individualisme et course au bonheur » de Aude Vidal…

« Égologie – Écologie, individualisme et course au bonheur » de Aude Vidal

( LE MONDE A L’ENVERS sorti 15/10/2017)…

« Développement personnel, habitats groupés, jardins partagés… : face au désastre capitaliste, l’écologie se présente comme une réponse globale et positive, un changement de rapport au monde appuyé par des gestes au quotidien. Comme dans la fable du colibri, « chacun fait sa part ». Mais en considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ? »

Voila posées ces vieilles guenilles d’une pensée que l’on pensait aux oubliettes de l’histoire…mais non Aude Vidal ressort cette rengaine de l’individualisme égotique comme fondement de l’Ecologie. En plus d’être fadasse cette rengaine surannée de l’écologie solitaire ne tient pas une seconde à l’analyse tant des démarches collectives sur les territoires (Travail sur les rivières, les décherrries-TRI, les matériauthèques, etc…) que des mouvements écologique actuels ( Notre Dame des Landes, Roybon, Bure, etc…). Ce discours de Aude Vidal emboîte le pas de tous les réactionnaires qui préfèrent dénoncer les copains qui mouillent la chemise au quotidien plutôt que d’attaquer les trusts capitalistes qui détruisent la planète. Facilité et platitudes. Si la démarche individuelle existe elle vient se conforter aux démarches collectives très complémentaires. Et Marie qui fait du Yoga le lundi, stocke du matos pour la ZAD des Chambarans le mardi, fait du Tai-chi le mercredi et part pour Notre Dame des Landes ce jeudi le camion plein de bois,  échelles et outils… Sans parler de Vincent qui partant des jardins collectifs et sociaux de l’Aube, fait de la Biodanza avec de magnifiques filles tous les mardis, va au Procès  des voleurs  de chaises pour dénoncer les paradis fiscaux,  marche en solitaire car le Diois est magnifique, et se retrouve dans la Roya afin d’aider les réfugiés qui traversent les Alpes.  Et en plus,  le comble ils mangent bio, pour leur santé, les paysans du coin et se ravitaillent à la Carline la coopérative locale, éthique et solidaire qui  faute depuis 25 ans. L’écologie est bien porteuse de Projets Collectifs, mieux elle est même la seule porteuse d’alternatives collectives. Le discours sur l’individualisme ainsi touche surtout celle qui écrit ce fascicule négationniste, comme une projection de ses propres errances. Heureusement que les pratiques visibles démentent ses allégations obsolètes. Si le capitalisme distille depuis des années ses injonctions consommation–compétition–individualisation, les coller sur les alternatives relève au mieux d’une analyse scabreuse, rudimentaire et grossière, au pire de la mauvaise fois. Ce  jour les initiatives écologistes sont si nombreuses  que nous pourrions refaire le « catalogue des Roussources » en 4 tomes rien que sur la Biovallée ( encore une démarche collective ). La pessimiste de service Aude Vidal devrait s’interroger sur ses propres capacités à s’engager dans du collectif plutôt que d’écrire des pamphlets contres les militants–mutants qui changent le monde ( les coopérateurs ludiques comme les appelle Patrick Viveret ) . Nous verrons encore au Forum Social Mondial en mars au Brésil si les alternatives sont individuelles ou collectives. Si le monde se dégrade,  toujours à grande vitesse, identifions les vrais responsables.  Tous les peuples du monde ont des luttes collectives : sauvegarde de la foret en Amazonie, de la pêche au Sénégal, des semences  en Inde, des terres mapuches aux coraux australiens…toutes les luttes sont collectives. D’ ailleurs 135 écologistes ont été tués cette année en défendant le planète. Loin du confort des Café aux ennuyeuses certitudes de Grenoble, du Trièves ou de Die.  Et demain plutôt que depuis ces 70 ans de destruction inlassable du capitalisme (et du communisme ) où les pseudo révolutions n’ont engendré que des monstres,  toutes les initiatives devront marier le plaisir et les luttes. La révolution est quotidienne (Résister c’est créer de Miguel Benasayag) et les partisans du grand soir en seront encore pour leurs petits matins amers et tristes. Dans les mouvements sociaux, les luttes écologiques, les transformation personnelles ou transformation collectives, comme en pédagogie, l’exemple donne envie.  Il n’est pas le meilleur moyen de transformer les choses;  il est le seul moyen. Aude Vidal voulait donner une leçon de morale… Elle est, dans la Biovallée, tombée à coté de la plaque. Hors-sol et démentie par tous les alternatives qui fleurissent ici  et là… et comme le titre trop bien le festival de Die ce 24 janvier 2018 : « Mieux vivre ensemble …Osons la fraternité ! ». Comme démarche individualiste on peut faire mieux.

Paul Breynat

châteauravel@gmail.com

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(4 commentaires)

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  1. On a vu la soirée à Andarta, Brocoli était dans les choux.
    Je vais faire un papier sur cette soirée où la mauvaise fois de Aude Vidal n’avait d’égal que le l’incompétence de l’animatrice.
    Et on a vu un militant très pédagogique et factuel (Claude je crois) qui depuis 50 ans connait la réalité des luttes dans la Drôme et plus largement. Sans faille.
    Je rêve de le rencontrer…
    Eva Idelon
    La Chapelle en Vercors

      • Bricolis on 26 janvier 2018 at 15 h 27 min
      • Répondre

      Décidément, il faut croire que le propos du livre fait mouche.
      Je n’ai pas vu de mauvaise foi dans le propos de l’auteure, qui se contente d’un appel à la vigilance dans nos propres pratiques, sur les convergences possibles entre « alternatives » et libéralisme. Une remise en question de nos pratiques qui ne peut que nous permettre d’avancer.
      Le propos de ce Formidable Claude Sans Faille était de dire que l’écologie, c’est forcément des pratiques collectives, et de nier en bloc qu’il existe aussi un versant individualiste à l’écologie.
      Bien sûr qu’il y a des histoires collectives, et des luttes, et c’est heureux!
      Maintenant, il faut accepter d’entendre que l’individualisme, l’atomisation et le libéralisme de notre société traversent aussi les alternatives écolos – comme les autres champs de la société.
      C’est justement si on se voile les yeux sur cet aspect, sur la dépolitisation, sur le tropisme de classe, sur les racines historiques d’une certaine écologie, que ça devient dangereux. L’écologie n’est pas un domaine à part, où tout serait rose, et c’est hélas le discours de ce Formidable Claude Sans Faille.
      J’espère ceci dit que vous aurez la chance de Le rencontrer.

    • Bricolis on 25 janvier 2018 at 14 h 14 min
    • Répondre

    Bonjour « Paul ».
    Merci pour cette chronique.

    C’est dommage néanmoins que vous ayez lu uniquement la quatrième de couverture sans ouvrir le livre avant d’écrire votre billet. La prochaine fois prenez peut-être ce temps-là, ça vous permettra peut-être de parler du propos de l’auteure sans rester bloqué sur vous-même. Peut-être même que vous pourriez trouver des convergences entre ce que vous pensez et le livre?! C’est vertigineux, alors j’envie le confort de vos certitudes.

    Je vous précise également que le terme de « négationniste » que vous employez désigne les personnes qui nient qu’il y ait eu un projet concerté d’élimination des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. Merci donc de ne pas tout mélanger.

    Les mots ont un sens, c’est pour ça aussi que des gens écrivent des livres argumentés et pas seulement des billets de blogs mensongers.

    Sur ce, belle journée et bon festival à vous.

    • Jouve on 14 janvier 2018 at 15 h 57 min
    • Répondre

    MERCI pour cette maginifique réponse !

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