Europe : redonner une nouvelle vision à un projet européen partagé…

Emmanuel Macron et l’Europe de la dernière chance

 

Le nouveau président français a été élu l’année anniversaire du Traité de Rome (25 mars 1957), celle qui inaugura ce que l’on devait longtemps appeler positivement la construction européenne.

Le 9 mai sera pour la France une journée de l’Europe particulière, celle de l’accession au pouvoir présidentiel d’un européen convaincu et qui le revendique face à une classe politique vieillie dont la nation, le patriotisme et le souverainisme ont été bien souvent les références majeures dans la bouche des candidats à l’Elysée.

Emmanuel Macron quant à lui se déclare profondément européen et il a sans conteste été le seul candidat à avoir désigné l’Europe comme un acquis et un avenir pour la France dans la mondialisation.

Cette attitude pro-européenne tranche avec une Europe qui n’est plus en construction mais en stagnation économique et politique et qui fait craindre sa désagrégation, son démantèlement sous la pression des peuples qui la rejettent en se laissant bercer par les illusions d’un nationalisme protecteur.

Sans vouloir en rajouter dans la litanie des diagnostics sombres sur l’Europe qui pour certains, les plus extrémistes, devraient trouver une solution miracle dans un référendum populaire simpliste sous la forme du « oui ou non à l’Europe » (nos amis anglais ont fait l’incroyable erreur de franchir ce pas), il est légitime de s’interroger sur cette vision largement positive de l’Europe dans un environnement en France qui lui est, au contraire, profondément hostile.

L’échec du Parlement européen

On peut partir sur ce sujet européen de quelques vérités simples que les dirigeants politiques actuels sont dans leur très grande majorité incapables de penser tellement ils sont accaparés par l’urgence du court terme et à nouveau par le virus du nationalisme le plus frustre et le plus stupide.

Le plus grave échec de l’Union européenne, passé sous silence, est le rôle inexistant de la seule institution élue au suffrage universel direct à savoir le Parlement européen. Celui-ci aurait dû, en réponse aux critiques persistantes formulées à l’encontre des institutions européennes jouer un rôle démocratique majeur dans la gouvernance européenne. Il serait trop long ici d’en donner les raisons mais ce Parlement européen est un véritable échec politique dont la gravité est sous-estimée.

Les Parlementaires européens enfermés dans leur bulle bruxelloise ou strasbourgeoise se sont condamnés eux-mêmes à n’être que le pâle reflet non politique du « soft power » juridique que représente la Commission européenne dans le jeu institutionnel. Incapables de se faire le relais des préoccupations ou des demandes pressantes des citoyens européens qui voulaient que l’Europe se préoccupe enfin de leurs difficultés et de leur vie concrète notamment sur le plan économique et social, ils n’ont en rien répondu à leurs attentes en participant largement à la désaffection ou au désintérêt pour un projet européen de moins en moins identifié.

Face à cette carence du Parlement européen, il faut également constater que la plupart des dirigeants politiques nationaux manquent cruellement d’une vision ou d’une pensée européenne capable de mobiliser leurs populations et tout au moins leur jeunesse.

Indigence de la pensée politique

En relisant le Manifeste de Ventotene (texte au fondement du fédéralisme européen) écrit en détention en juin 1941 par Altiero Spinelli, l’un des bâtisseurs de l’Europe avec Monnet et Schumann, on prend conscience de l’indigence de la pensée politique actuelle sur la question européenne.

L’Union européenne, quand elle n’est pas sur le banc des accusés, suscite au mieux l’indifférence et ceux qui seraient censés le mieux la défendre n’ont plus d’argument solide ou convaincant. Ils se contentent de phrases creuses et de principes généraux ou abstraits qui n’ont plus le moindre lien avec les réalités sociales et politiques auxquelles les citoyens des pays membres sont confrontés.

Et il n’en faut que pour preuve encore aujourd’hui la sempiternelle justification de l’Europe en tant que rempart contre la guerre. Cet argument n’a plus aucune force de mobilisation auprès des peuples qui aujourd’hui sont attirés par l’extrémisme nationaliste et anti européen.

Inexistence géopolitique

On oublie trop souvent que l’Europe a été « vendue » aux peuples européens comme une exigence vertueuse pour faire face à une souveraineté défaillante des Etats Nation vis-à-vis de la mondialisation. Il s’agissait de substituer une souveraineté européenne plus large, plus forte et mieux à même d’imposer ses vues et de défendre ses intérêts vis-à-vis du reste du monde.

On est hélas très loin de cette ambition et tout laisse à penser qu’on s’en éloigne lorsqu’on mesure l’inexistence géopolitique de l’Europe dans le monde.

Aujourd’hui l’anniversaire du Traité de Rome ou la journée annuelle sur l’Europe apparaissent plus comme des commémoration nostalgiques d’un ordre ancien alors que nous avons précisément à faire un effort collectif d’imagination et d’innovation pour inventer la nouvelle Europe, celle du XXIe siècle au lieu de rabâcher toujours les mêmes banalités sur un âge d’or révolu.

Un modèle à protéger

Lors du référendum de 2005 en France sur le Traité constitutionnel qui verra le non l’emporter en France, personne n’a relevé les graves erreurs politiques commises par les trois artisans de l’époque Valéry Giscard d’Estaing, Giuliano Amato et Jean-Luc Dehaene dans la préparation et la présentation des termes du débat aux peuples européens. Au lieu de faire voter ceux-ci sur leur adhésion ou non à une architecture constitutionnelle dans ses principes les plus fondamentaux, le texte mis en pâture est illisible et beaucoup trop long. De plus ce traité n’est pas soumis le même jour et sous la même forme à tous les peuples européens.

On aurait voulu enterrer un tel projet qu’on ne serait pas pris autrement.

Ceci donne la mesure de l’éloignement du projet européen vis-à-vis des préoccupations des citoyens si les leaders européens persistent dans leur incapacité à montrer et démontrer que l’Europe est notre « écosystème » notre modèle économique social et environnemental que nous devons consolider, fortifier, valoriser en commun.

Sans cette intégration régionale européenne, les Etats Nations, quoi qu’en disent les souverainistes et les nationalistes de tout poil sont condamnés ou écrasés par la dynamique de la mondialisation.

Aujourd’hui les peuples ne croient plus aux belles paroles puisqu’ils ont sous les yeux une Europe qui signifie pour eux ouverture du marché, concurrence sauvage, absence d’harmonisation sociale et fiscale, libre circulation des capitaux, émigration et immigration, creusement des inégalités et mise sous tutelle de pays comme la Grèce.

Une autre voie est à emprunter qui ne sera plus celle de « Bruxelles », des institutions et des Traités mais celle d’un projet construit pour les citoyens européens, pour répondre à leurs problèmes les plus quotidiens et pour organiser une réponse collective européenne aux défis considérables de la mondialisation.

Emmanuel Macron, le jeune Président qui vient d’être élu en France doit faire de la question européenne le pivot de ses orientations stratégiques et des politiques qui ne peuvent plus être déclinées au seul niveau national comme les questions migratoires.

Battre en brèche concrètement la montée des populismes, des souverainismes, des nationalismes exige une orientation tout à fait nouvelle des institutions et des politiques européennes.

Le temps est compté pour la France et ses partenaires historiques pour inverser les tendances aux replis nationalistes de droite comme de gauche.

La France et son nouveau Président peuvent insuffler cette nouvelle dynamique si l’on reconstruit avec les partenaires de l’Union un projet européen fondamentalement différent de celui conçu à la fin des années cinquante.

Francesco Delfini, économiste européen, citoyen européen franco-italien

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/europe-redonner-une-nouvelle-vision-a-un-projet-europeen-partage/

La douce dictature du souverainisme…

La douce dictature du souverainisme

 

Bienvenue dans le pire des mondes ; tel est le titre d’un essai publié par Natacha Polony et le Comité Orwell, selon lequel la globalisation néolibérale qui dirige et domine le monde est en train d’instaurer une forme moderne de dictature. Aux commandes de ce nouvel empire mondial, sans doute trouvera-t-on non pas des gouvernements mais les conseils d’administration de quelques compagnies surpuissantes, telles celles du fameux quatuor du GAFA (Google, Apple, FaceBook et Amazon). Cauchemar ou réalité ?

Dans une chronique publiée en octobre 2002 dans les pages (papier) de votre quotidien, je m’interrogeais sur les risques de voir advenir une telle dictature, une «  dictature utopiste  », depuis que la chute du Mur de Berlin avait entraîné le retour brutal de l’Histoire – avec sa grande hache, comme écrivait Georges Perec – et la fin de l’illusion maîtresse de la guerre froide : permettre aux citoyens de n’être plus que des consommateurs paisibles. L’Histoire avait quitté le lit du long fleuve tranquille de la Guerre froide et les plus nantis, sur les berges, se cramponnaient à leurs acquis tandis que les autres s’enfonçaient dans la boue ou sombraient dans une indifférence qui varie en fonction de la distance.

En 2002, on pouvait croire qu’il existait encore des zones sèches, à l’abri. On commençait à les entourer de barbelés. Le désordre du monde semait la panique partout. On doutait déjà des capacités de l’Amérique à mettre un terme à ces troubles autrement que par le renforcement d’un empire déjà grand. Nous étions cerclés d’urgences – sociales, économiques, politiques, écologiques – qui toutes résultaient d’une même cause : l’égoïsme des humains, leur incapacité à penser le long terme, leur recherche du profit immédiat quel qu’en soit le prix. «  À se demander, concluais-je alors, s’il sera possible d’en sortir sans une dictature “utopiste”, un pouvoir fort décidant de sauver l’homme malgré lui. Imposer ce que l’égoïsme refuse. Seulement, l’Histoire nous a appris que toutes les dictatures sont utopistes en leur genèse et meurtrières en leur terme. Pour que l’avenir soit autre chose qu’un passé qui s’oublie, il faudrait que chacun s’impose la seule dictature qui vaille : le contrôle que chacun exerce sur soi pour assumer ses responsabilités.  »

À lire les travaux du comité Orwell (dont on trouve une bonne synthèse dans cette interview), cette évolution semble inéluctable et se vérifie à plusieurs indices, dont le dévoiement de la langue est un des plus saisissants sans doute, comme le souligne également Franck Lepage dans ses causeries. Ce dernier note par exemple que le mot « hiérarchie » a disparu des manuels de management, au profit de « projet » ; et de remarquer que s’il est possible de s’opposer à une hiérarchie, il est beaucoup plus difficile de s’opposer à des projets. De la (presque) même manière, notent les journalistes du comité Orwell, «  on ne dit pas libre-échange contre protection ; on dit ouverture contre fermeture. Qui serait contre l’ouverture ?  »

Mais les journalistes du comité Orwell n’échappent pas à la logique qu’ils dénoncent chez leurs « adversaires », qu’ils diabolisent à outrance dans une logique binaire sans nuance. Natacha Polony précise leur point de vue : «  Notre rôle de citoyen est d’imposer à nos politiques une obligation de puissance. Il s’agit pour nous de choisir les politiques qui auront la volonté de lutter contre ce système. Ça s’appelle la souveraineté. Lutter contre cette globalisation qui privatise la démocratie, cela peut se faire grâce à des politiques qui sauront refuser ce qui leur semble inacceptable, par exemple refuser les traités de libre-échange dans la mesure où ceux-ci sont une renonciation totale au modèle civilisationnel européen. Et pardon, ce n’est pas si compliqué de le refuser !  » Et elle poursuit en défendant un modèle socio-économique fondé prioritairement sur le local, lequel pourrait ensuite aller en s’élargissant et en imposant un modèle social conforme au «  modèle civilisationnel européen  ».

Soyons clairs : je n’aime pas le mot «  souverain  ». Il vient du latin «  superus  » et signifie «  supérieur  ». «  Souverain  » est indissociable de la hiérarchie ; s’il y a des supérieurs, il y a des inférieurs. Parler de «  souveraineté  » dans un monde où tous les pays et tous les individus sont interconnectés est pour le moins un réflexe de dandy qui se sent noyé dans une foule trop vulgaire à son goût. Prétendre que l’on n’est subordonné à personne relève aujourd’hui de l’autisme ou de l’aveuglement. Et cette affirmation tranquille selon laquelle il faut privilégier le «  modèle civilisationnel européen  » s’inscrit dans un «  souverainisme  » historique qui a justifié les ravages du colonialisme. C’est, au vingt et unième siècle, raviver l’illusion que l’Europe est seule capable de civiliser ce monde rempli de sauvages et d’abrutis.

Bien sûr, j’adhère pleinement aux valeurs des Lumières et je pense qu’il en existe quelques-unes, fondamentales et universelles. L’argument opposé parfois par des gouvernements totalitaires, selon lequel les «  droits humains  » seraient un folklore européen qui ne s’applique pas à leur culture, cet argument n’est pas recevable ; la dignité humaine est essentielle, de même que la liberté et l’égalité. Mais ce qui me semble suspect, pour le moins, c’est considérer que seule une politique souverainiste européenne pourra, à terme, les imposer au monde, ou du moins les préserver sur l’îlot européen, condamné à devenir une forteresse assiégée.

L’opposition n’est pas entre la globalisation et le souverainisme ; le monde dans lequel nous vivons est global depuis au moins le dix-neuvième siècle (et sans doute même depuis la Renaissance), et croire que l’on pourra mettre un terme à cette globalisation en se repliant exclusivement sur le local, sans en passer par un cataclysme planétaire qui ramènerait l’humanité à la situation de l’Europe après la chute de l’empire romain (parce qu’aussi bien, on peut dire que le monde d’alors était global à l’échelle de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie), c’est promouvoir une illusion. Ce n’est pas la globalisation qui instaure la soft dictature, et ce n’est pas le retour au local qui nous permettra d’y échapper, à moins de ramener la souveraineté à la seule échelle valable : celle de l’individu.

Repenser la souveraineté

Il y a un autre mot pour la souveraineté individuelle : la responsabilité, laquelle ne peut être réelle sans l’égalité et la liberté. On en revient aux fondamentaux ; chacun d’entre nous. Et par rapport aux discours alarmistes, comme celui que je tenais en 2002 ou que reprennent aujourd’hui les membres du comité Orwell (et d’autres, dont je suis toujours), il convient aussi de se remettre en question : quinze ans plus tard, comment la situation a-t-elle évolué ?

L’emprise de la financiarisation a gagné du terrain, c’est le moins qu’on puisse dire. L’état du monde s’est aggravé, les conflits se multiplient, les écarts de richesse se creusent dramatiquement, les droits humains sont bafoués, des dictatures réelles s’installent ou menacent de le faire, y compris en Europe. Pour autant, même un Donald Trump vacille sur son trône de pacotille et Marine Le Pen n’a pas été élue, il est même probable que le Front National, ou quel que soit le nom qu’elle donnera à ce parti fasciste, ne fera pas un tabac aux prochaines législatives. Je ne suis certainement pas un fan de Macron, je pense l’avoir exprimé clairement, mais Macron ne s’est pas fait tout seul, et l’aide de certains médias ne peut pas non plus avoir été à ce point déterminante ; il incarne, imparfaitement sans doute – car jamais aucun individu ne peut pleinement incarner la volonté d’une population –, cette volonté citoyenne d’inventer une autre manière de faire de la politique, sans en passer par une révolution radicale. C’est intéressant, de ce point de vue, d’écouter des jeunes électeurs iraniens (à l’heure où j’écris, on ne connaît pas encore le résultat des élections présidentielles en Iran) : ils ont résolument opté pour la voie de la réforme plutôt que celle de la révolution. Derrière Macron, voire devant lui, il y a des citoyennes et des citoyens, pas seulement des opportunistes grotesques comme Manuel Valls. Des gens qui veulent assumer leurs responsabilités.

Alors oui, il faut qu’ils réussissent, sans quoi les prochaines présidentielles françaises risquent d’être catastrophiques. Et on peut espérer qu’une opposition vigoureuse et saine sorte des législatives, au plus grand bénéfice de tous. Pendant cinq ans encore, on pourra dénoncer que nous sommes dans une soft dictature, ce qui voudra dire surtout que nous n’y sommes pas encore, ou du moins pas tout à fait. La presse n’est pas encore totalement dominée par la finance internationale, ni l’éducation par Google. Le long entretien de Natacha Polony se trouvait dans Le Figaro, pas dans L’Humanité. Les mouvements citoyens sont une réalité. Et ce qui est encore plus une réalité, c’est l’émergence d’une nouvelle génération.

Une nouvelle génération

Ceux qui enseignent l’ont sans doute remarqué avant les autres : il y a une rupture radicale qui se joue aujourd’hui entre les jeunes. Ceux qui, pour le dire de manière caricaturale, sont nés avec une tablette entre les mains, et les autres. Une différence qui se marque parfois dans une même famille, entre un enfant de plus de 25 ans et son (sa) cadet(te) de 20 ans ou moins. Ces enfants ont un cerveau qui s’est construit différemment du nôtre et l’on ne mesure pas encore ce que ce changement a et aura comme conséquences. C’est là la véritable révolution, qui imposerait déjà qu’on revoie de fond en comble tout le système éducatif (et pas à travers un «  pacte d’excellence  » qui reste bâti sur une vision dépassée de l’apprentissage). Au sein de cette génération nouvelle, comme dans toutes les classes d’âge, il y a des individus de qualités différentes, plus ou moins motivés, plus ou moins brillants, plus ou moins doués. Mais ceux qui sont bons le sont d’une manière spectaculaire, et tous ont une vision du monde qui repose sur une approche multimodale de la réalité. Les logiques binaires sont inadaptées ; ce n’est pas la globalisation contre le local, la tablette électronique contre le papyrus bio, l’Europe contre le reste du monde. Le «  contre  » et le «  ou  » sont remplacés par le «  et  ».

La soft dictature est en route, sans doute, mais elle n’est pas encore là. Elle n’arrivera que si nous l’acceptons, tout comme n’importe quelle autre dictature. Mais si nous offrons à la génération qui pointe les moyens de développer toutes les facultés inouïes que, d’une certaine manière, cette globalisation a permises, alors le monde sera différent de tous les scénarios catastrophiques que l’on accumule depuis si longtemps. Peut-on en être sûr ? Non, évidemment. Mais le pire non plus n’est pas une certitude.

Vincent Engel

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/la-douce-dictature-du-souverainisme/

Laurent Wauquiez a décidé de rester président du conseil régional… mais une alliance FN/Wauquiez serait “prématurée” …

Wauquiez reste président de région : les réactions de l’opposition

Laurent Wauquiez a décidé de rester président du conseil régional puisqu’il ne briguera pas un nouveau mandat de député en Haute-Loire. Un choix « habile » pour Corinne Morel-Darleux (RCES). « La moindre des choses » pour Jean-François Debat (PS). Et une « décision qui honore la parole donnée« , selon Christophe Boudot (FN).

Après avoir soufflé le chaud et le froid sur son avenir à la tête de la région, Laurent Wauquiez a visiblement tranché ce vendredi. Le président du conseil régional a choisi de conserver son mandat local et de ne pas se présenter en son nom aux législatives : il sera le suppléant de son ancienne suppléante, Isabelle Valentin. Un choix qui n’a pas manqué de faire réagir l’opposition locale.

“Wauquiez a trouvé une manière assez habile de rester président de région en gardant la possibilité de redevenir député”

Laurent Wauquiez a déclaré : “Lors de la campagne des élections régionales, j’ai indiqué que si j’étais élu, je resterais président de la région. Le respect de la parole donnée est sacré. Il est le ciment de la parole politique.” “Encore heureux ! a réagi Jean-François Debat, le chef de file de l’opposition PS. C’est la moindre des choses puisqu’il l’avait promis solennellement aux électeurs ! Le problème, c’est qu’il ait hésité jusqu’au bout à lâcher la région.” Selon le maire de Bourg-en-Bresse, Laurent Wauquiez “ne raisonne que vis-à-vis de son intérêt personnel de carrière : il a donc considéré que son intérêt était de rester. Ce n’est pas une preuve d’amour pour Auvergne-Rhône-Alpes ni l’attachement aux engagements pris”. Pour Jean-François Debat, la décision de l’ancien maire du Puy-en-Velay “ne change rien à notre position : dénoncer les dérives et être constructifs pour faire avancer notre région”.

Même discours du côté du groupe RCES, par la voix de la conseillère régionale Corinne Morel-Darleux : “Laurent Wauquiez a trouvé une manière assez habile de rester président de région tout en se gardant la possibilité de redevenir député. Puisqu’en tant que suppléant d’Isabelle Valentin, qui est aussi conseillère régionale, il pourra, s’il le souhaite, la nommer dans l’exécutif régional, ce qui fera tomber sa députation, comme le dispose la loi sur le cumul des mandats. Et à ce moment-là, c’est lui qui redeviendrait le titulaire.

Une alliance FN/Wauquiez serait “prématurée” selon Christophe Boudot

Au Front national, Christophe Boudot a “pris acte de cette décision qui honore la parole donnée”. Le chef de file local du FN se pose cependant “beaucoup de questions sur la majorité de Wauquiez après les législatives” : “Le parti Les Républicains sera scindé en deux groupes : les Macron-compatibles et les patriotes”.

Ce mercredi, Marion Maréchal-Le Pen a tendu la main à Laurent Wauquiez en déclarant : “Un profil comme Laurent Wauquiez change la donne. Mais il faut voir ce qu’il fera de ce pouvoir ! Si c’est pour avoir un nouveau Sarkozy, ce n’est pas utile. (…) Ce qui est sûr, c’est que, dans le paysage politique actuel à droite, il fait partie de ceux dont les déclarations laissent penser qu’on aurait des choses à se dire et à faire ensemble.” Une union entre le FN et la majorité de Laurent Wauquiez serait cependant “prématurée”, selon Christophe Boudot qui admet tout de même qu’“un moment donné, il faudra entamer des discussions, car il est vrai que Laurent Wauquiez est beaucoup plus proche de nous que de François Baroin ou Édouard Philippe. D’ailleurs, il vient sur des positions que l’on soutient depuis longtemps, comme la ruralité qui était défendue à la région depuis vingt ans par Bruno Gollnisch”.

Justin Boche

http://www.lyoncapitale.fr/

 

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/laurent-wauquiez-a-decide-de-rester-president-du-conseil-regional-mais-une-alliance-fnwauquiez-serait-prematuree/

Crest 26400 : Atelier « Incroyables Comestibles » ce mercredi 24 mai 2017 de 17h30 à 19h30…

Atelier Incroyables Comestibles

Installer des plantations comestibles en ville (devant chez soi ou sur l’espace public.)

mercredi 24 mai 2017 de 17h30 à 19h30

OBJECTIF
Installer des plantations comestibles en ville (devant chez soi ou sur l’espace public.)

Chaque participant repartira avec des bacs à installer où il le souhaite.

DEROULEMENT
Nous sèmerons des graines et repiquerons des plants.

MATERIEL à prévoir, selon les possibilités de chacun (mise en commun sur place) 

– contenants divers (pots, jardinières, seaux, toile de jute etc.)
– graines, plants
– petit matériel de jardinage
– matériel d’affichage (cagettes, marqueurs, pancartes « Nourriture à partager »…)
– appareil photo

Prochain atelier:
mercredi 31 mai 2017
horaires : 17h30-19h30
terrasse de l’Arrêt Public, Crest

 

Incroyables Comestibles
Stéphanie
Café l’Arrêt Public
1 rue de la République (place de l’église)
26400 – CREST

Charte Fondamentale I.C.

Charte-Incroyables-Comestibles_Incredible-edible-manifesto

« Ce qui appartient à tout le monde, n’appartient à personne »

Les Incroyables Comestibles est une démarche participative citoyenne et solidaire issue d’un élan volontaire de don et de partage.
Elle appartient à tous les Citoyens Jardiniers Solidaires, à leurs amis et leurs sympathisants, qui souscrivent pleinement aux valeurs et principes fondamentaux du mouvement.

LA PRESENTE CHARTE SCELLE LE BIEN COMMUN DES INCROYABLES COMESTIBLES

<   PREAMBULE   >

Le mouvement Incredible Edible est un mouvement participatif citoyen libre,  indépendant, éthique, solidaire et apolitique au sens partisan du terme. Il est non marchand et sans but lucratif, et s’inscrit dans une démarche de gratuité.
Il est mondial et autonome. Il vise l’auto-suffisance alimentaire des territoires et la nourriture saine et partagée pour tous.

Il est ouvert à toutes celles et ceux, hommes – femmes – enfants, de tous peuples et de toutes nations, de tout âge et de toute condition, simples citoyens du monde, qui se reconnaissent dans l’unité de la vie et du genre humain, et aspirent à de nouveaux rapports entre les hommes et à un mode de vie totalement transparent, éthique, solidaire et co-responsable du tout.

Il rassemble celles et ceux qui, très concrètement, veulent « faire leur part » pour accéder, par le changement de regard sur eux-mêmes et sur le monde, à une nouvelle réalité heureuse, féconde et bienveillante : celle de l’abondance partagée, fruit de la terre et de la participation consciente, libre et souveraine de celles et ceux qui veulent en faire l’expérience, individuellement et collectivement.

En se réappropriant l’espace public et en le transformant en jardin potager géant et gratuit, la nourriture à partager devient une ressource abondante alimentée par tous et offerte à chacun.

Si chacun fait sa part, on change la ville. ET SI ON S’Y MET TOUS, ON CHANGE LE MONDE ! HaricotIC

<    CONVICTIONS – VALEURS – ENGAGEMENT   >

Nous, Citoyens Jardiniers Solidaires, nos amis et nos sympathisants, qui voulons être nous-mêmes le changement que nous voulons voir dans le monde, nous fédérons autour d’actes simples, concrets et accessibles à tous :

Planter, Cultiver, Partager !

 

Nos convictions partagées

  1. Se nourrir sainement, en suffisance et dans la dignité, est aujourd’hui plus que jamais un défi majeur pour l’humanité et pour la planète, qui ne sera pas relevé sans de nouvelles perspectives portées par une force citoyenne mondiale.
  2. La reconnexion de l’homme et des sociétés modernes à la terre nourricière est essentielle pour notre évolution.
  3. De plus en plus d’êtres humains aspirent à se rapprocher et à vivre ensemble des expériences « à haute qualité d’humanité », dans le respect, la bienveillance, la rencontre et le partage.
  4. Par le changement de regard, chacun peut, très concrètement, « faire sa part » dans la construction d’une nouvelle réalité humaine, féconde et heureuse.
  5. La Terre est généreuse, l’abondance est un état naturel. Nous honorons et respectons notre terre nourricière, et célébrons l’abondance par le partage.
  6. Se réapproprier sa nourriture, accéder à une alimentation saine et construire l’autonomie alimentaire du territoire par l’implication de tous, c’est possible et ça change tout.
  7. Sur le chemin d’une nouvelle société humaine, éthique, vertueuse, solidaire, joyeuse et pacifiée, nos enfants sont nos guides.

 

Les valeurs qui nous unissent

  • Le respect de chacun, la solidarité et l’entraide
  • L’humilité, la simplicité et l’authenticité
  • La responsabilité, l’intégrité et l’éthique
  • La gratuité, le don et le partage
  • La convivialité, la joie, la confiance en la vie

 

Nos engagements  

  • Planter partout là où c’est possible, avec bon sens et dans le respect des lieux et des personnes, et mettre en partage nos actions et nos récoltes.
  • Accueillir et accepter l’autre tel qu’il est, sans imposer ou chercher à convaincre, et ensemble, cheminer pour démontrer, par notre intention et nos actes concrets, qu’une autre voie d’humanité est possible.
  • Promouvoir le don, le partage et la gratuité comme le socle fondateur d’une nouvelle expérience humaine permettant d’accéder à l’unité et la reconnexion des gens entre eux et avec la terre nourricière.
  • Respecter la terre, respecter le vivant et les cycles naturels,  protéger et prendre soin des sols, œuvrer à protéger et développer la biodiversité par le recours à des techniques de culture bio-naturelle : agroécologie, permaculture, biodynamie, …
  • Reconnaitre le caractère sacré de la semence comme patrimoine commun, libre et inaliénable de l’humanité.

 

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/crest-26400-atelier-incroyables-comestibles-ce-mercredi-24-mai-2017-de-17h30-a-19h30/

La Suisse décide par référendum de sortir du nucléaire…

La Suisse décide par référendum de sortir du nucléaire
58% des Suisses se sont prononcés pour favoriser les énergies renouvelables, selon une première estimation.

Un panneau à Genève, en Suisse, contre la centrale nucléaire du Bugey en mars 2016

SUISSE – Les électeurs helvètes ont décidé ce dimanche 21 mai par référendum à 58%, selon une première estimation chiffrée au niveau national, de tourner progressivement le dos au nucléaire et favoriser à sa place les énergies renouvelables, a indiqué l’institut de sondages gfs.bern.

Ce chiffre est légèrement supérieur à celui du sondage réalisé il y a près de deux semaines (56%), selon l’institut.

Les premiers dépouillements montrent que seuls trois cantons sur les 26 que compte la Suisse ont dit « non » à la nouvelle loi sur l’énergie, soutenue par le gouvernement et le Parlement. A Zurich, canton le plus peuplé de Suisse, le « oui » atteindrait presque 60% et à Genève il dépasserait les 70%.

« Un jour historique dans le pays »

« Pour tous les écologistes, qu’ils soient politisés ou non, c’est un jour historique dans le pays », a déclaré la députée des Verts, Adèle Thorens Goumaz, à la télévision suisse publique RTS. « La Suisse va entrer dans le 21e siècle énergétique, ce sera un signal fort », a-t-elle dit.

Tous les partis avaient apporté leur soutien à la nouvelle loi à l’exception du premier parti de Suisse, l’UDC (Union démocratique du centre), parti populiste anti-européen et anti-immigration.

Le politologue Pascal Sciarini ne s’est pas montré surpris par le résultat. « C’est vraiment rare qu’un seul parti arrive à avoir une majorité », a-t-il dit à la RTS.

Cette nouvelle loi est le résultat d’un long processus engagé après l’accident nucléaire de Fukushima au Japon, provoqué par un gigantesque tsunami en mars 2011. La loi vise à promouvoir les énergies renouvelables comme l’hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.

« La majorité des votants a aujourd’hui scellé la sortie du nucléaire en Suisse », a déclaré le directeur général pour la Suisse de l’organisation de défense de l’environnement WWF, Thomas Vellacott, dans un communiqué.

Plus de nouvelles centrales

Quelques semaines après la catastrophe de Fukushima, la Suisse, qui compte cinq réacteurs nucléaires produisant environ un tiers de l’électricité du pays, avait décidé de sortir du nucléaire vers 2034, tout en indiquant que cette date restait théorique. Les autorités avaient précisé que les centrales devraient vraisemblablement être débranchées après environ 50 ans, voire 60 ans, d’exploitation.

Depuis cette décision, le gouvernement suisse (qui fonctionne sur le principe du consensus et est formé de sept ministres représentant les quatre grands partis) a travaillé à l’élaboration de la stratégie énergétique, dont la mise en oeuvre est prévue par étapes d’ici 2050.

Le premier volet de cette stratégie, sur lequel les Suisses se prononçaient dimanche, vise notamment à réduire la consommation d’énergie. Elle fixe entre autres des valeurs indicatives de consommation énergétique moyenne par personne et par année: à savoir, par rapport au niveau de l’an 2000, une réduction de 16% d’ici à 2020 et de 43% d’ici à 2035.

Elle interdit également la construction de nouvelles centrales nucléaires. Les centrales existantes pourront toutefois rester en service aussi longtemps que leur sûreté sera garantie.

Ce programme a été accepté par le Parlement l’automne passé, mais l’UDC a lancé avec succès un référendum contre la nouvelle loi, estimant que la mise en oeuvre du texte entraînerait des coûts élevés, menacerait l’approvisionnement énergétique et défigurerait le paysage avec la multiplication des éoliennes et les panneaux solaires.

Un coût de 200 milliards de francs suisses pour le pays?

D’après l’UDC, la transformation de l’ensemble du système énergétique inscrite dans la nouvelle loi va coûter quelque 200 milliards de francs suisses (183 milliards d’euros) jusqu’en 2050. Pour un ménage de quatre personnes, cela représente, selon ce même parti, 3200 francs suisses (2900 euros) par an de frais et d’impôts supplémentaires.

« Payer 3200 francs de plus … pour une douche froide? » a ironisé ainsi l’UDC dans ses affiches électorales que l’on pouvait voir dans les rues et gares de la Confédération.

Le gouvernement estime de son côté qu’un ménage de quatre personnes ayant une consommation électrique moyenne devra payer 40 francs suisses (36,5 euros) par an de plus qu’aujourd’hui. Il souligne par ailleurs que ce surcoût pourra être compensé par une meilleure efficacité énergétique, avec par exemple une réduction des frais de chauffage.

Il considère aussi que le développement des énergies renouvelables permettra de soutenir l’économie et l’emploi en Suisse.

« Je reste inquiète pour l’avenir, il faudra se battre pour que les 40 francs annoncés soient respectés », a déclaré à la RTS la députée UDC, Céline Amaudruz.

MCD avec l’APL

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/la-suisse-decide-par-referendum-de-sortir-du-nucleaire/

Die 26150 : « Et si vous touchiez un Revenu de Base Inconditionnel d’Existence »…

Toujours dans le cadre de notre exploration du revenu de base:
« et si demain tu recevais 1000 € par mois, sans condition, qu’est ce que ça changerait dans ta vie?
Aujourd’hui, la réponse de Virginie, enseignante et thérapeute yoga!
Bien le bonjour de la part de
Anna Blum

Vieux village d’Aix en Diois
26150 Solaure en Diois
France
Tel fixe: 0475/ 211 208
Portable: 0679/ 21 21 30

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/die-26150-et-si-vous-touchiez-un-revenu-de-base-inconditionnel-dexistence/

Nouvelles (très) fraiches de l’agriculture paysanne en Région Auvergne Rhône Alpes…

Nouvelles (très) fraiches de l’agriculture paysanne en Région Auvergne Rhone Alpes

 

Un billet écrit à la mitraillette, sans poésie. Juste de l’info brute et du ressenti.

Je siège à la commission agriculture à la Région Auvergne Rhône Alpes. Je m’en fais régulièrement le relais ici. Malheureusement je dois dire qu’on y parle peu d’agriculture et surtout de tuyaux, de fonds européens, de dispositifs et de paperasse. A la Brazil. Mais qu’à cela ne tienne : on s’y met, on décortique des dossiers parfois très techniques, et s’il le faut je me fais éclairer certains points par les acteurs sur le terrain. Depuis le début du mandat, un petit groupe s’est constitué dans les réseaux de l’agriculture paysanne et bio, dont la confiance et le respect se gagnent à force de bosser les dossiers, de consulter et de rendre compte. Parfois, ce sont eux qui m’alertent, vu le peu d’infos dont on dispose dans l’institution en tant qu’élus d’opposition, ou me demandent de vérifier si une demande est bien soumise au vote, ou de poser une question en commission. On bosse, quoi.

C’est ainsi que j’ai été interpellée sur les nouvelles aides régionales à l’installation et à la transmission d’ « exploitations » agricoles (comme on dit, même si je n’aime pas cette expression). Sur le principe, les aides baissent sur l’accueil (mieux financé par l’Etat)  pour être augmentées sur l’accompagnement et le suivi, l’aide à l’installation qui n’existait pas en Auvergne fait son apparition, les montants sont jugés raisonnables, la prospection doit être accentuée pour repérer ceux qui veulent devenir agriculteurs et ceux qui vont bientôt arrêter. Pourquoi pas. Et pourtant, nous allons voter contre ce rapport.

Pourquoi ?

D’abord, parce que ce changement de politique aurait nécessité de passer en assemblée plénière, où tous les élus sont présents, peuvent débattre pubiquement et déposer des amendements. Là elle ne va passer qu’en commission permanente ce 18 mai, à huis-clos, avec une partie des élus seulement, sans débat ni amendements. Ensuite, parce que les aides à la trésorerie sont désormais réservées aux jeunes agriculteurs de moins de 40 ans. Et aussi parce que le Comité régional en charge de ces questions (le CRIT) n’a pas été réuni depuis le mois de janvier et ne s’est donc pas exprimé sur ces nouvelles orientations. Ou encore parce qu’il n’y a rien sur le foncier, l’accès aux terres agricoles, qui est pourtant un des freins majeurs à l’installation de nouveaux paysans avec des terres arables qui se réduisent comme peau de chagrin, notamment à cause de projets de béton financés par la Région (A45, Lyon-Turin, gare TGV d’Allan…) sans parler de la coupe des subventions à des organismes comme Terre de Liens.

Et surtout, parce que tous ces dispositifs vont être une fois de plus confiés aux chambres départementales d’agriculture, qui sont toutes – à l’exception notable du Puy de Dôme – présidées par la FDSEA. Au-delà même des soupçons de pratiques qui à elles seules devraient interroger la Région comme l’a souligné l’émission Pièces à conviction, les orientations du syndicat en matière d’agriculture privilégient un modèle productiviste, libéral et concurrentiel. En gros, on pourrait donc cautionner une « exploitation » (pour le coup, le terme convient dans ce cas) qui fontionnerait avec un seul agriculteur, sans salariés, à la rigueur quelques saisonniers pas chers pour la récolte, des tracteurs pilotés par GPS (ça existe), à grands coups de pesticides et d’intrants chimiques, et qui serait rentable grâce aux aides à l’hectare de la PAC européenne. Quitte à appauvrir les sols, à tuer la biodiversité, à nuire à la santé à la fois des producteurs (premiers touchés par la multiplication des maladies liées à l’utilisation de substances toxiques en agriculture abusivement dite « conventionnelle ») et des consommateurs, à produire des aliments sans jus ni saveur. Une vision de court-terme, capitaliste au sens littéral du terme. J’exagère hélas à peine pour les besoins de la démonstration. Bref, pas franchement le modèle que nous défendons.

Et puis, mettre plus sur l’accompagnement c’est bien, mais mais sans les structures qui accompagnaient jusqu’à présent, ça l’est moins. Faut-il rappeler que toutes les structures qui assuraient un suivi historique sur le terrain en agriculture paysanne et bio ont été sabrées depuis plus d’un an avec l’arrivée de Laurent Wauquiez à la Région ?

J’ai reçu ce jour en core le message suivant d’une de ces structures : « Bonjour, Merci pour ces informations et pour votre implication dans ce contexte difficile face au monarque régional. Nous n’avons pas renouvelé notre demande de subvention à la Région ; subventions qui ont été coûteuses en temps et en stress du fait des coups bas de la nouvelle majorité ! Cette boîte mail ne sera plus relevé : c’était celui de notre animateur, poste financé par une subvention régionale. Notre structure a perdu 1 ETP, nous tentons tant bien que mal à garder 1 poste à temps partiel. Le combat continue… Salutations paysannes ». Franchement, j’en pleurerais. Je ne compte plus les maraichers en difficulté, les suppressions de postes qui étaient jusqu’ici dédiés aux missions d’accompagnement juridique, d’aides pour l’accès au foncier, d’information et de conseil sur la conversion en agriculture biologique, d’appui et de sensibilisation…

Et ça continue. Le plan d’actions du nouveau « plan régional pour l’agriculture bio », sur lequel je m’étais déjà battue en session, est pire qu’annoncé. Il va lui aussi être soumis au vote de cette commission permanente. J’ai du y passer des heures pour reconstituer les lignes du tableau qui naturellement avaient changé, vérifier chaque axe un par un, pour finalement constater que les réseaux régionaux de l’agriculture biologique avaient encore été amputés d’une action, celle qui consistait à répondre aux sollicitations liées aux modalités de production en bio, pour un montant de 65.125 euros. A ma question en commission sur ce sujet, il m’a été sobrement répondu « Nous assumons ». Net, sans bavures. Ils assument, donc, la destruction des réseaux au seul profit des Chambres d’agriculture et l’extinction de la diversité des acteurs, les suppressions de poste, les paysans qui ne sauront plus vers qui se tourner, l’absence de prise en compte de la santé et du climat dans chacune de leurs délibérations, la monoculture. Dans tous les sens du terme.

Des sous, il y en a pourtant. Quand la Région donne 120.000 euros, le maximum légal, à une entreprise de patisserie industrielle, Patiprestige, rachetée par le groupe Hafner, qui licencie en Côte d’Or pour mieux rapatrier en Savoie, sur la circonscription de la Vice-Présidente à l’Agriculture Emilie Bonnivard.

Et pendant ce temps, entre deux épluchages de dossiers je récupère une note, datée du 10 mai, qui émane de la Région et du Préfet. Je suis alertée sur le fait que les aides issus de l’Union européenne de soutien à l’agriculture biologique indiquent un plafonnement très bas dans notre Région sur la conversion : 12.000 euros, alors que la plupart des autres Régions sont entre 20 et 30.000 euros. Que les aides aux maintiens, elles, sont carrément menacées de disparition suite aux propos de l’ARF, l’association des régions de France, confirmés en commission. Pourquoi la Région ne demande-t-elle pas une harmonisation nationale de ces aides, au nom de l’égalité des territoires chère à tous les « républicains » ? Je ne le saurai pas, malgré ma question. On me répond qu’il faut « dépassionner le débat ». Mais je ne demande qu’à le rationnaliser moi !

Je ne comprends pas.

Je ne comprends pas que sur des sujets comme l’alimentation et la santé on n’arrive pas davantage à travailler au-delà des idéologies.

Je ne comprends pas qu’on n’introduise pas des produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines des lycées.

Je ne comprends pas qu’on ne voit pas bon sang qu’il n’y a pas de paysans sans terres !

Je ne comprends pas qu’on continue à tuer ces réseaux qui font la vitalité de nos campagnes.

Je ne comprends pas.

Mais on se bat.

Corinne Morel Darleux, élue régionale aux élections régionales de 2015 et porte-parole du Rassemblement,  nom de la liste qui réunit « Europe Écologie-Les Verts » et le « Parti de gauche » en Auvergne-Rhône-Alpes .

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/nouvelles-tres-fraiches-de-lagriculture-paysanne-en-region-auvergne-rhone-alpes/

Eurre et Die : Le « Laboratoire de la Transition » a tenu son premier colloque…4 jours de réflexion et dialogue !

Le Laboratoire de la Transition a tenu son premier colloque

Le monde change de plus en plus vite et l’inconnu peut tout autant inquiéter que rendre curieux.

C’est ainsi que 70 participants se sont réunis en Biovallée (Ecosite d’Eurre et centre le Martouret de Die) pour réfléchir à un avenir rassurant et attractif. Pendant quatre jours, universitaires et chercheurs, responsables d’entreprises et d’associations, enseignants et responsables éducatifs ont partagés leurs connaissances et leurs expériences.

A l’heure de la démocratie dévoyée, de l’épuisement des salariés et des entrepreneurs, de l’éducation en question et des incertitudes de l’avenir, ces quatre journées ont été consacrées successivement à la démocratie, à l’entreprise petite ou moyenne, à l’éducation à la citoyenneté et à l’économie de demain.

Ce premier colloque a été un succès car il a permis de réels échanges entre des personnes de disciplines et d’horizons très différents. Un succès aussi par la créativité du travail collectif. Un succès tout autant par la présence d’éminentes personnalités. Un succès enfin par la chaleur, la simplicité et l’enthousiasme de ces quatre jours.

Ce premier colloque aura permis à bien des participants (de la Biovallée ou venus de toute la France, de Belgique et de Suisse) de découvrir un « pays » qui les a émerveillés avec cette envie d’y revenir. Ce qui est bon pour l’économie !

Pour autant le travail n’est pas terminé. Car pour que ce colloque soit utile un rapport va être rédigé, afin de publier des actes pour les mettre à disposition du public dans les prochains mois.

Le travail ne fait que commencer aussi. Car des travaux « pratiques » et expérimentaux vont prendre le relai en prévision du colloque 2018.

Il est aussi important de souligner que ce colloque a pu voir le jour grâce à la « notoriété » du Professeur Olivier DE SCHUTTER, Président du Laboratoire, ancien Rapporteur Spécial aux Nations Unies pour le droit à l’alimentation, et membre actuel du Comité des droits économiques, sociaux et culturels (ONU).

Enfin, il est agréable de rendre hommage aux soutiens financiers, logistiques et intellectuels dont a bénéficié le Laboratoire, en particulier :

  • La communauté de communes du Val de Drôme et de son Campus au cœur de l’Ecosite et de la Biovallée
  • Les chefs d’entreprises du Diois qui ont apporté leur soutien financier
  • Le centre le Martouret de Die pour la qualité du site et de son accueil
  • Les associations Ecologie au Quotidien et Les Amis de Circée, très actives grâce à Claude Veyret et Jacqueline Charron
  • Les chercheurs et doctorants de l’Université Catholique de Louvain La neuve
  • Les universitaires, enseignants et animateurs venus de Montpellier, Avignon, Grenoble, Lyon, Lausanne, Nantes…
  • Les responsables de petites et moyennes entreprises et organisations qui voulaient prendre un peu de hauteur, de réfléchir et d’agir ensemble de façon « mutualisée »

Au delà de la « question écologique », c’est bien celle d’un avenir meilleur dans un monde en évolution rapide qui aura été au cœur de ces riches échanges, espérant apporter ainsi une pierre solide à un édifice nouveau.

Jean-Louis Virat

Secrétaire. Le Laboratoire de la Transition

 

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/eurre-et-die-le-laboratoire-de-la-transition-a-tenu-son-premier-colloque-4-jours-de-reflexion-et-dialogue/

Patrick Viveret : Et si nous commencions nous mêmes sans attendre à « Vivre des jours heureux » ?

Et si nous commencions nous mêmes sans attendre à « Vivre des jours heureux » ?

Le « Bien Vivre », le « Buen Vivir » ne deviendra un véritable projet de société que s’il est incarné par un mouvement qui le prend suffisamment au sérieux pour s’organiser en conséquence autour de cet axe. Il nous faut en faire un enjeu d’expérience et pas seulement d’espérance. Pour qu’une transition vers des sociétés du bien vivre soit possible il faut qu’il soit désirable. C’est parce qu’une anticipation par un nouveau type de mouvement social et citoyen de formes d’organisations politiques économiques éducatives, etc… aura créé à la fois ce désir et la démonstration qu’il est réalisable que des forces beaucoup plus nombreuses pourront en faire eux mêmes un projet. L’ambition de projets aussi ambitieux et radicaux que celui de la Sécurité sociale porté par le CNR – 0 –  n’aurait pas été concevable si le mouvement ouvrier n’avait pas commencé à faire des caisses de secours mutuel non seulement un enjeu de résistance mais aussi d’expérimentation anticipatrice. C’est donc la stratégie du REVE –1–  proposée par les états généraux de l’économie sociale et solidaire qu’il nous faut mettre en œuvre avec le V de la vision transformatrice qui débloque l’imaginaire, le E de l’expérimentation anticipatrice qui l’incarne, qui donne au R de la résistance un caractère créatif (sans quoi elle peut tourner à la révolte désespérée). Et, en facteur commun, le dernier E celui de l’évaluation démocratique entendue au sens fort d’organisation de la délibération citoyenne sur ce qui fait valeur, valeur au sens originel fort de  de force de vie. On peut même y ajouter un second R celui de la Résilience refondatrice si nous sommes conduits, comme on peut le craindre, à affronter des situations d’effondrements provoqués par les années d’irresponsabilité écologique, sociale et financière de l’hypercapitalisme. Auquel cas notre projet devient REVER ce qui n’est pas inutile dans des temps qui peuvent être cauchemardesques (cf l’édito d’Hugues Sibille président du labo de l’Ess).

 Nous devons donc construire une véritable « alliance des forces de vie » capable non seulement de résister aux logiques mortifères mais aussi de promouvoir cette grande Transition vers des sociétés du Buen VIVIR, du bien Vivre dans la lignée des appels d’Edgar Morin, de Nicolas Hulot, des Colibris , du manifeste convivialiste, de films comme « Demain » , « Sacrée croissance » ou « En quête  de sens » et de toutes les initiatives qui manifestent dans le monde entier une formidable créativité culturelle, écologique, sociétale et citoyenne.

Au cœur de ce Projet de Transition vers une société du bien vivre il y a cependant un point aveugle important qui faute d’être compris et pris en compte pleinement conduit nombre de projets transformateurs à l’échec ou à voir limitée leur Puissance créatrice. Ce point aveugle c’est que nombre de projets alternatifs dans l’histoire ont fini par échouer, non par la force de leurs adversaires (le capitalisme, le despotisme par exemple) mais par insuffisance d’énergie créatrice intérieure. Le communisme par exemple s’est détruit de l’intérieur et a  produit ces caricatures mortifères de régimes totalitaires qui finissaient par rendre par comparaison le capitalisme désirable pour les populations qui en subissaient l’oppression. La magnifique vision du socialisme jauressien a été détruite beaucoup plus par la perte de vision transformatrice des partis qui s’en réclamaient (nous en avons une triste démonstration en Europe) que par un rapport de force défavorable. Plus près de nous les échecs de tentatives de « politiques autrement » telles celles proposées par l’écologie politique ont là aussi échoué de l’intérieur pour l’essentiel. Toujours on retrouve, si on analyse les causes de ces échecs, le fait que des formes de mal de vivre, de mal être, voire de maltraitance étaient fortement présents au cœur de ces mouvements. Or tout mal de vivre collectif ou individuel se traduit par un déficit d’énergie intérieure qui conduit à rechercher à l’extérieur l’énergie manquante. Cela se traduit par la rivalité dans les rapports avec autrui, la prédation dans les rapports à la nature et par la dépression dans les rapports à soi même. A ce titre il n’est pas sans intérêt de voir comment des problèmes dits « personnels » ont joué un rôle décisif dans des bifurcations négatives de forces transformatrices : Qu’il s’agisse de Danton et de Robespierre, de Marx et de Proudhon, de Lénine et de Trotsky de Castro et de Mao etc. la liste est longue de ces influences négatives de manque de sagesse et de bien vivre intérieurs qui se traduisent par des formes brutales dans les modes d’organisation et de leadership. On peut sans difficulté en trouver de nombreux exemples dans l’actualité des organisations auxquelles nous appartenons les uns et les autres

C’est dans cette perspective qu’au Forum social mondial de Porto Alegre nous avions proposé à plusieurs « l’axe TP/TS » –2 c’est à dire la nécessité d’avancer simultanément sur le terrain de la transformation personnelle et sur celui de la transformation sociétale. Le déficit énergétique provoqué par l’insuffisance de joie intérieure débouche sur la compensation de ce que le philosophe Spinoza nommait les passions tristes. Si, en termes écologiques, le mal-être est aussi a l’origine des formes boulimiques de productivisme et d’extractivisme,  seule une sobriété heureuse,  (à condition d’insister sur ce second terme), est de nature à inverser ce processus délétère.

Prenons un exemple rarement évoqué dans nos milieux,  celui de ce que l’on peut appeler le défi de l’ABS c’est à dire le triple rapport à l’Amour, au Bonheur et au Sens qui est au cœur des grandes questions humaines qu’elles soient personnelles ou sociétales. Si, à l’image des expressions populaires, ces trois recherches fondamentales d’amour, de bonheur et de Sens qui meuvent les êtres humains sont vécues comme interdites, inaccessibles ou, pire, dangereuses, aucune alternative profonde n’est réellement possible. Si l’amour est intrinsèquement  associé à la chute (tomber amoureux, tomber enceinte etc.), le bonheur à l’ennui (les peuples heureux n’ont pas d’histoire) et le Sens à la guerre, alors la perspective d’une société du bien vivre s’éloigne ou devient purement idéologique. Pourtant rien ne justifie cette vision sinistre. On peut s´élever en qualité d’amour, vivre intensément « à la bonne heure » dans une qualité de présence à la vie et considérer la pluralité des traditions de Sens comme une chance pour l’humanité à condition de ne pas s’enfermer dans des logiques dogmatiques. Mais ceci n’est possible que si la qualité de conscience et de présence à la Vie nous permet cette progression. La Joie de Vivre au cœur du Bien Vivre constitue l’alternative individuelle et sociétale aux économies du mal-être et de la maltraitance. Ainsi, selon les Nations unies, les dépenses annuelles de drogue et de stupéfiants représentent dix fois les sommes qui permettraient la satisfaction des besoins vitaux de l’humanité et les dépenses d’armement vingt fois ! Ajoutons que la publicité qui participe de cette économie du mal-être en vendant des promesses dans l’ordre de l’ETRE (beauté, bonheur…) pour mieux alimenter la course à l’AVOIR est évaluée elle aussi a plus de dix fois les sommes requises pour éradiquer la faim, permettre l’accès à l’eau potable ou  aux soins de base.

Ainsi il est impératif d’œuvrer dans le sens de notre propre transformation en nous posant laquestion : comment commençons nous nous mêmes à vivre ces jours heureux dont nous proclamons la nécessité ? Comment construisons nous un écosystème permettant l’accès de ses membres aux biens et services fondamentaux en mutualisant aussi bien les nouveaux outils que sont les nouveaux indicateurs de richesse, les nouvelles formes d’échange (monnaies citoyennes, SEL, réseaux d’échange réciproques de savoirs,  etc…), les leviers de l’épargne solidaire et de la banque éthique, les formes de mutation du travail et de l’emploi (ex territoires zéro chômeurs).

 Comment construisons nous des formes de coopératives politiques qui rompent avec les formes de la politique compétitive et égotique qui a conduit les courants de gauche et d’écologie à l’échec encore récemment ? Comment nous approprions nous les nouvelles approches éducatives de mouvements comme le Printemps de l’éducation ? comment expérimentons nous des formes de spiritualité laïque permettant que les questions du sens soient présentes dans nos échanges mais sous des formes alternatives aux fondamentalismes religieux ? Comment nous intéressons nous aux nouvelles formes de l’art d’aimer, aux nouveaux rapports entre hommes et femmes entre adultes et enfants, en nous souvenant que des anticipateurs comme Charles Fourier, Rosa Luxembourg ou Marcel Mauss considéraient qu’il n’y  a a pas de transformation sociale possible sans mobilisation de l’énergie amoureuse ?

 Il nous faut donc aussi ouvrir ce débat,  recenser les expérimentations qui peuvent alimenter cette capacité à  vivre individuellement et collectivement en conjuguant le sens et la joie à repérer toutes les innovations et expérimentations du bien Vivre, du bien communiquer, du bien décider ensemble, en se basant sur les valeurs de bienveillance, au sein de l’écosystème global que constituent les acteurs qui œuvrent pour  » la Grande Transition”. Par exemple comment pouvons nous résiter à ces nouvelles «cadences infernales » que produisent les sociétés de flux tendus et nous organisons nous de manière à coopérer pour ralentir grace à notre convergence « arc en ciel » où nous avons la possibilité d’arrêter de vouloir faire tout tout le temps puisque pratiquement chaque mois , un projet, un événement de notre grande famille potentielle du bien vivre est organisé en jouant de la biodiversité de nos couleurs et en réservant les temps de co construction communs à des projets ou des évenements à co construire ensemble tels par exemple les Journées de la Transition ? et le fait qu’une université ou une campagne d’Attac ait une couleur différente que celles des colibris ou de l’appel des solidarités initiée par la fondation Nicolas Hulot et Emmaüs, ou le mois de l’économie sociale et solidaire  est alors une chance et non une limite tout comme la possibilité de construire une reliance entre des monnaies locales et citoyennes comme le propose le mouvement Sol. Simplement il est important comme l’avait proposé l’initiative « osons demain » de rendre alors visible cette grande famille par des signes symboliques (logos, labels, outils communs de communication etc… ) afin de la rendre visible et que par exemple les deux millions de personnes qui se reconnaissent dans des films comme Demain ou Qu’attendons nous ? Puissent se dire : oui nous avons la possibilité de vivre dans la durée ce qui nous a fait vibrer le temps d’une séance !

Patrick VIVERET

10 mai 2017

 Nota :

0 – C.N.R. : Conseil National de la Résistance

1 – R.E.V.

Résistances créatrices

Expérimentations  sociales

Visions transformatrices

2–  http://www.interactions-tpts.net/

 

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/patrick-viveret-et-si-nous-commencions-nous-memes-sans-attendre-a-vivre-des-jours-heureux/

A Athènes, mourir dans le dénuement…

A Athènes, mourir dans le dénuement

Vendredi 19 mai 2017

Les allocations de retraite ont déjà été réduites de 40% en moyenne depuis le début de la crise.

Près de la moitié des retraités grecs vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Les nouvelles mesures d’austérité les ciblent pourtant une nouvelle fois. Reportage.

Un vieillard en survêtement s’approche d’un pas mal assuré d’une benne à ordures. D’un bras, il soulève avec peine le couvercle bleu. De l’autre, il sonde les détritus autant qu’il peut. Son butin: une boîte à chaussures et un cintre en plastique. Il referme le conteneur, se retourne et traverse lentement la route, en direction de la poubelle d’en face. La scène se passe à Athènes, dans un quartier résidentiel. Elle est presque devenue banale dans la capitale grecque.

Les 2,7 millions de retraités que compte la Grèce – sur 11 millions d’habitants – sont en première ligne des mesures d’austérité mises en œuvre dans le pays depuis 2010 pour tenter de réduire le déficit budgétaire. Les nouvelles coupes dans les pensions imposées au parlement hellénique par les créanciers internationaux s’ajoutent à treize autres réformes en sept ans. Ces dernières, appliquées de manière graduelle, ont notamment rehaussé l’âge de la retraite, relevé les cotisations et supprimé certaines aides.

Sous le seuil de pauvreté
Les allocations, qui avec la nouvelle loi devraient diminuer de 9% à l’horizon 2019 pour économiser 1,8 milliard d’euros, ont déjà été réduites de 40% en moyenne. A l’heure actuelle, la retraite standard est d’un peu plus de 800 euros par mois, selon les autorités, et 43% des pensionnaires reçoivent moins de 660 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté. Or la plupart ne perçoivent aucun autre argent et les pensions constituent le revenu principal d’un ménage sur deux. Elles se substituent en outre à d’autres prestations sociales, faibles en Grèce. Enfin, les retraités doivent faire face comme tout le monde à la hausse des taxes en tous genres.

«Que vont-ils enlever à ceux qui n’ont déjà plus rien?» s’inquiète Teresa, une rousse de 67 ans active dans le réseau de solidarité Mirmigi («la fourmi»), situé à Kypseli, un quartier central d’Athènes qui s’est paupérisé ces dernières années. L’association fondée en 2012 fournit des vivres et des produits de base à environ 400 familles nécessiteuses, grecques et étrangères, deux fois par mois. Un bénéficiaire sur dix est retraité, indique Kostas, 26 ans, l’un des piliers de Mirmigi. «Ils sont toujours plus nombreux, observe-t-il. Certains touchent 500, 300 euros, voire rien du tout si ce n’est l’assistance sociale. Comment voulez-vous qu’ils vivent?»

Retraite divisée par deux
Au sein même de Mirmigi, environ la moitié de la trentaine de bénévoles actifs sont des retraités. Il y a par exemple Margarita, 69 ans, une ex-fonctionnaire qui percevait 900 euros ainsi qu’une aide de 100 euros en 2010 et qui n’en reçoit plus que 700 aujourd’hui. Il y a aussi Ioannis, 71 ans, qui travaillait dans les télécommunications et qui a vu sa pension être coupée en deux. De 2600 euros versés quatorze fois par an, elle est passée à 1500 fois douze, les 13e et 14e «salaires» ayant été supprimés.

Les tailles n’ont épargné aucune catégorie de retraités mais les pensions les plus hautes ont été les plus fortement élaguées.

Anthi Nikiforakis, une architecte, s’est retirée de la vie active en 2012. Elle aurait dû obtenir 2000 euros. Elle doit finalement se contenter de 1300. «J’ai travaillé dur et je touche 40% de moins que prévu», se plaint-elle. Une fois à la retraite, elle prévoyait de construire une maison et d’aider son fils. Désormais, elle parvient tout juste à régler ses factures: «Une fois, je suis allée au tribunal parce que je ne pouvais pas payer. On m’a répondu que je n’avais pas le choix!»

Indispensable ou impasse?
Les retraités sont descendus dans la rue pour protester contre cet énième tour de vis et une cour étatique l’a déclaré anticonstitutionnel. Rien n’y a fait. «Ces coupes étaient inévitables, juge Yannis Koutsomitis, un économiste indépendant. Il y a un vrai problème au niveau du système de pension grec, qui n’est pas du tout soutenable.»  La Grèce est le pays d’Europe qui consacre la plus grande part de son budget aux retraites, indique le spécialiste de la zone euro, qui enchaîne: «Le salaire moyen est plus bas que la pension moyenne.

Trop de gens ont aussi pu recevoir des retraites confortables sans avoir payé l’entier de leurs contributions.» Des salaires de plus en plus bas, un chômage élevé (50% chez les jeunes) et une population vieillissante complètent le tableau. Pour l’économiste, «il faut entièrement repenser le filet social, pour pouvoir venir en aide à ceux qui ont été durement affectés par la crise».

Plus confiance en Tsipras

Le premier ministre Alexis Tsipras, du parti de gauche Syriza, a promis aux Grecs que cet effort serait le dernier avant un redémarrage de l’économie. Mais beaucoup ont perdu foi en sa parole. Kostas, de Mirmigi, en fait partie. Lui a arrêté de voter pour ce qu’il considère comme un «parti libéral» après le référendum de 2015 sur la poursuite des programmes de rigueur dictés par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), auquel il avait dit «non» comme 61,3% des Grecs.

«Tsipras et les autres ont tourné ce ‘non’ en ‘oui’ et maintenant nous vivons la même chose qu’auparavant, dénonce-t-il. Il faut une nouvelle gouvernance car ce chemin est toxique. La dépression dure depuis sept ans et les gens continuent de souffrir. Nous sommes dans une impasse.»

Benjamin Keller

L’austérité votée

Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles mesures d’austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d’une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l’adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu’Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d’euros d’aide et un nouvel allégement de sa dette.

En début de soirée, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots « Non aux plans d’aide! Non à l’austérité! ». Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d’individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

Pas tous égaux devant l’austérité

Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver. BPZ

Lien Permanent pour cet article : http://mediascitoyens-diois.info/2017/05/a-athenes-mourir-dans-le-denuement/

Page 1 sur 41712345102030Dernière page »

Voir plus d’éléments