76 ans après les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945
A l’occasion de la commémoration des bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 Août 1945, le Mouvement de la Paix appelle la France à respecter ses engagements internationaux en matière de désarmement nucléaire.
Comme l’indiquent les Hibakusha (survivants d’Hiroshima et Nagasaki) dans leur appel international de 2016 pour l’élimination des armes nucléaires qui a recueilli des millions de signatures à travers le monde, « Aujourd’hui, l’humanité se trouve à la croisée des chemins. Ou nous sauvons notre planète bleue telle qu’elle est, avec tous ses êtres vivants, ou bien nous nous acheminons vers l’autodestruction. Les armes nucléaires pourraient éliminer l’espèce humaine, ainsi que toutes les autres créatures vivantes. Elles pourraient détruire l’environnement et transformer la terre en une planète morte. »
Partout dans le monde et en France se mettent en place des actions, dans le cadre de la vague de la paix lancée par les hibakushas (survivants d’Hiroshima) qui se déroulera entre le 6 août et le 9 août 2021.
Le Mouvement de la Paix qui est directement associé à cette vague de la paix dans le cadre d’un partenariat avec le comité japonais contre les bombes A et H (Gensuiko) participera le 6 août à la conférence mondiale contre les bombes A et H organisée depuis Hiroshima et assurera la promotion de cette vague mondiale pour la paix en développant partout en France de nombreuses actions exigeant que la France respecte ses engagements internationaux en particulier le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Le TNP stipule en effet que les Etats signataires « Désireux de promouvoir la détente internationale et le renforcement de la confiance entre États afin de faciliter la cessation de la fabrication d’armes nucléaires, la liquidation de tous les stocks existants desdites armes et l’élimination des armes nucléaires et de leurs vecteurs des arsenaux nationaux en vertu d’un traité sur le désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace », « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace (article 6 )»
La poursuite par la France de programmes de fabrication de nouvelles armes nucléaires et la poursuite d’essais nucléaires en laboratoire constituent des violations du TNP.
L’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) élaboré en application de l’article 6 du TNP (Traité de Non-Prolifération Nucléaire signé par la France) ouvre la voie vers une nouvelle période de mobilisations nécessaires pour gagner l’élimination totale et définitive de ces armes de destruction massive et pour obtenir que la France adhère au TIAN pour enfin respecter ses engagements internationaux en matière de désarmement nucléaire.
A cette occasion le Mouvement de la paix a adressé aux 925 membres du Parlement français un dossier-plaidoyer argumenté demandant aux parlementaires d’agir pour le respect des engagements de la France en matière de désarmement nucléaire.
A la rentrée en septembre 2021 le Mouvement de la paix contribuera au succès de la journée internationale de la paix et aux marches du samedi 25 septembre « pour la paix, le désarmement nucléaire et le climat, pour la justice sociale et les droits humains » organisées à l’appel du collectif national des Marches pour la Paix dans le cadre de la journée internationale des Nations Unies pour l’élimination totale des armes nucléaires.
Appel unitaire de 12 organisations “Construire la paix et la sécurité”
A l’occasion de la commémoration de fin de la seconde guerre mondiale, et dans le contexte de la crise sanitaire, 12 associations rassemblées en faveur du désarmement nucléaire lancent un appel pour construire la Paix et la sécurité.
La grave crise sanitaire et économique mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19 fait émerger une prise de conscience de l’interdépendance de nos sociétés. Les États européens qui ont tenté d’apporter une réponse individuelle à la crise n’ont eu d’autre choix que d’admettre l’urgence d’une coopération en matière de sécurité sanitaire. Seule une coopération régionale et internationale permettra une gestion effective de la pandémie.
Au-delà de la lutte sanitaire contre le Covid-19, les défis à relever sont multiples et simultanés : soutenir les plus démunis, porter secours aux populations des pays dont les systèmes de santé ne peuvent lutter contre la pandémie et dont l’économie s’effondre, porter la recherche scientifique, mais aussi transformer cette crise en opportunité de faire évoluer nos sociétés et nos économies vers des modes de développement plus écologiques.
La pandémie de coronavirus met aussi en lumière la faiblesse des États en matière de sécurité internationale et l’inadéquation des conceptions de la sécurité basée sur la force au détriment du droit et de la réalisation des droits humains. Combien paraissent scandaleux la poursuite des conflits locaux et internationaux ! Combien l’arme nucléaire, symbole ultime de la puissance étatique pour certains, apparaît vaine pour combattre les menaces du XXIe siècle !
La garantie d’une sécurité internationale ne peut être assurée sans une élimination complète et négociée des armes de destruction massive. Il ne faut pas oublier qu’en France, la Loi de Programmation Militaire a alloué 37 milliards d’euros à la modernisation de l’armement nucléaire pour les années 2019 à 2025. Serons-nous assez insensés pour poursuivre cette gabegie ?
Si l’idée qu’un “autre monde” est possible après la pandémie, ce dernier ne pourra se construire qu’en mettant fin à la course aux armements – qu’ils soient nucléaires ou conventionnels ; en réengageant un véritable processus de désarmement nucléaire multilatéral, progressif et équilibré ; en agissant pour convaincre les Etats-Unis et la Russie de proroger le Traité New START, qui avait pour but de contenir la course aux armements nucléaires entre ces deux pays et d’ouvrir la voie à de nouvelles réductions de leurs arsenaux.
Le report de l’examen du Traité de Non-Prolifération à 2021 ne doit pas non plus constituer une aubaine politique pour un désengagement des États en matière de désarmement nucléaire. Rappelons que ce traité – auquel la France est partie depuis 1992 – prévoit dans son article VI l’élimination des armes nucléaires. Cet engagement doit être mis en œuvre par les États nucléaires, tout comme la signature et la ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).
En signant puis ratifiant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, la France donnerait un signal fort en faveur du désarmement nucléaire”.
A l’heure où la pandémie est exploitée à des fins politiques par certains dirigeants pour remettre en cause le multilatéralisme, nous devons répéter qu’une solution à la crise ne pourra être trouvée que dans le cadre d’une coopération interétatique, dans le respect de la Charte des Nations Unies et s’appuyant sur les objectifs du développement durable (ODD), la culture de la paix et les accords de Paris sur le climat.
Face aux replis nationalistes, nous appelons avec gravité à la réorientation urgente des priorités nationales et internationales, afin que s’engage la construction d’une sécurité commune et que s’instaure une véritable culture de la Paix.
ORGANISATIONS SIGNATAIRES :
Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance
ACDN – Action des citoyens pour le désarmement nucléaire
AFCDRP – Maires pour la Paix, Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix
AMFPGN – IPPNW France, Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire
GRIP, Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité
ICANFrance (Campagne Internationale pour abolir les armes nucléaires)
IDN – Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
LIFPL – Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté
LE MOUVEMENT DE LA PAIX
MAN – Mouvement pour une alternative non violente
PUGWASH France (personnalités des mondes universitaire et politique)
PNND – France, Parlementaires pour le Désarmement Nucléaire.
Communiqué commun ICAN France – Abolition des armes nucléaires – Réseau « Sortir du nucléaire »
« Hiroshima… Nom sinistre à jamais inscrit dans les annales des crimes de l’homme contre l’homme… »
Du 6 au 9 août 2021, des actions et des jeûnes pour exiger le désarmement nucléaire sont organisés dans plusieurs villes de France (Dijon-Valduc, Tours, Épinal, Mont Saint-Michel et Brest-île Longue) et dans cinq autres pays (Allemagne, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni et Togo). Les participants se réunissent en solidarité avec les victimes des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki et celles des plus de 2 000 essais nucléaires.
« Hiroshima… Nom sinistre à jamais inscrit dans les annales des crimes de l’homme contre l’homme […] Fulgurant symbole de la barbarie savante, de la sauvagerie des soi-disant civilisés… Nom qui résume en ses quatre syllabes toute l’horreur que le progrès technique ajoute à l’horreur essentielle de la guerre… » comme le célèbre biologiste, Jean Rostand, membre de l’Académie française, pouvait le dénoncer en 1964 à Paris lors d’un meeting en présence de rescapés d’Hiroshima.
Alors que les armes nucléaires sont désormais illégales au regard du droit international depuis l’entrée en vigueur le 22 janvier 2021 du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), les neufs puissances nucléaires — dont tout particulièrement la France — poursuivent leur programme de modernisation et de renouvellement de leur arsenal atomique. Du 6 au 9 août, ces quatre jours d’actions seront l’occasion d’interpeller Emmanuel Macron et de mettre les élu·e·s devant leurs responsabilités : quatrième plus gros détenteur de stocks d’armes nucléaires derrière la Russie, les États-Unis et la Chine, la France doit agir de bonne foi dans le processus de désarmement international.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » avec ICAN France (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires, prix Nobel de la paix 2017) et Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance participent à ces rassemblements en solidarité avec les victimes des armes atomiques pour exiger que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, conformément à ses engagements pris notamment il y a bientôt 30 ans dans le cadre du Traité sur la non-prolifération (TNP) dont l’article VI demande aux États membres de « s’engage[r] à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire »…
CONTACTS PRESSE :
• Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance, Dominique Lalanne, 06 32 71 69 90
• ICAN France, Patrice Bouveret, 06 30 55 07 09
• Réseau Sortir du nucléaire, Anne-Lise Devaux, 06 64 66 01 23