La mort d’André Aschieri, ancien maire de Mouans-Sartoux et député
Premier magistrat de cette commune des Alpes-Maritimes pendant quarante ans, il s’était fortement investi dans l’écologie. Au plan national, il a été à l’origine de la création de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement. Il est décédé le 6 décembre, à l’âge de 84 ans.

le 25 mai 2002 à Nice d’André Aschieri, député-maire (Vert) de Mouans-Sartoux
Maire à la longévité exceptionnelle, député écologiste, homme de terrain à l’origine d’initiatives modèles dans le domaine de l’environnement, André Aschieri est mort le 6 décembre à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), la ville où il était né le 8 mars 1937. Il avait 84 ans.
Elu maire de cette commune rurale de 10 000 habitants en 1974, ce professeur de mathématiques est resté en fonction pendant quatre décennies. Sept réélections successives au premier tour témoignent de sa popularité, avant qu’il ne se mette en retrait en 2015 pour raison de santé et ne laisse son fauteuil à son fils Pierre, largement réélu en 2020.
Enfant d’agriculteur, André Aschieri entre en politique pour combattre un projet immobilier qui menace les terres agricoles du village. Il doit alors sa notoriété locale à son statut d’enseignant et à son parcours d’entraîneur de l’équipe de handball de Cannes, qu’il mène jusqu’en Nationale 1.
Sans étiquette mais se définissant lui-même comme « homme de gauche » et « écologiste humaniste », ses initiatives laissent un solide héritage dans sa commune, régulièrement citée en exemple de développement durable. A Mouans-Sartoux, dans un département dominé par les partis libéraux, André Aschieri a piloté la création d’une régie communale de l’eau, pour laquelle il a repoussé les approches des grands groupes du secteur, et d’une régie municipale des pompes funèbres, qui offre aujourd’hui ses services quasi gratuitement aux habitants. Il a développé un musée d’art concret et un festival du livre. Mais, « sa plus grande réussite », expliquait-il au journal Nice-Matin en 2015, reste la mise en place de cantines scolaires 100 % bio, s’appuyant sur les produits d’une ferme communale.
« André s’est d’abord engagé pour préserver son village, mais quand il a compris qu’il ne pourrait pas le sauver sans sauver la planète, il s’est investi plus largement dans l’écologie », se remémore Serge Rodrigues, son collaborateur parlementaire et directeur de cabinet. « Il était précurseur sur ce qu’un maire peut faire à l’échelle de sa commune en matière d’environnement », salue le conseiller régional marseillais Christophe Madrolle (UCE) qui l’a connu chez les Verts. Alors que le maire (LR) de Cannes, David Lisnard, salue sa « vision d’une écologie concrète ».
Dans les années 1980, André Aschieri mène la fronde contre le projet de doublement de l’autoroute A8 défendu par le maire de Nice, Jacques Médecin. Puis, il soutient la ligne de train régional Cannes-Grasse. Deux combats victorieux qui renforcent sa popularité au-delà de Mouans-Sartoux. En 1997, aux législatives dans la 9e circonscription des Alpes-Maritimes, les dissensions à droite lui offrent l’opportunité d’un duel au deuxième tour face au Front national. Il rejoint ainsi la cohorte des nouveaux députés écologistes aux côtés de Noël Mamère, Dominique Voynet ou Yves Cochet. Proche des Verts sans en être adhérent et siège dans le groupe Radical, citoyen et verts. « André n’était pas intéressé par les jeux d’appareil qui pourtant étaient nombreux chez nous à l’époque », se souvient Jean-Luc Bennahmias, alors secrétaire national du parti écologiste.
André Aschieri ne fera qu’un mandat à l’Assemblée, battu de justesse en 2002 par une droite cette fois réunie. Son histoire parlementaire reste toutefois marquée par son activisme dans le domaine de la sécurité sanitaire. Il est à l’origine de la loi du 9 mai 2001 qui crée l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), future agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dont il sera un des administrateurs. Mais aussi de la création de l’établissement français du sang (EFS). André Aschieri saura, dans ces combats, gagner le soutien de députés d’autres formations, comme le futur ministre de la santé, Jean-François Mattei (UDF). Maud Lelièvre, son attachée parlementaire, dresse le portrait d’un homme qui « lisait beaucoup, extrêmement cultivé et travailleur, qui aimait le contact des intellectuels ».
De 2004 à 2015, vice-président du conseil régional présidé par le socialiste Michel Vauzelle en Provence-Alpes-Côte d’Azur, André Aschieri porte aussi la création du parc naturel des Préalpes du Sud. S’appuyant sur son expérience à Mouans-Sartoux, il poussera aussi une stratégie d’acquisition de terres agricoles pour les sanctuariser et les mettre à la disposition des communes.
8 mars 1937 Naissance à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes)
1974-2015 Maire de Mouans-Sartoux
1997-2002 Député des Alpes-Maritimes
2001 Création de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
6 décembre 2021 Mort à Mouans-Sartoux