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Des trains de nuit plus nombreux et bien remplis : un nouveau départ réussi malgré quelques couacs

Les quatre lignes de trains de nuit de la SNCF affichent une fréquentation au-dessus des objectifs. Un plan d’action doit permettre de corriger plusieurs dysfonctionnements récents liés au manque de personnel et à la météo.

La liaison Paris-Nice a repris du service en 2021, après son interruption en 2017

« La fréquentation du Paris – Nice dépasse nos prévisions, celle du Paris – Lourdes est très bonne également. » Interrogé par Ouest-France sur la relance des trains de nuit par le gouvernement, Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, ne cache pas sa satisfaction. Les quatre lignes nocturnes au départ de Paris vers Briançon (Hautes-Alpes), Albi (Tarn), Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), Ax-les-Thermes (Ariège), Cannes (Alpes-Maritimes), Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Nice (Alpes-Maritimes) font le plein.

En 2021, le taux de remplissage était en moyenne de 80 %. Au total, près de 100 000 voyageurs ont emprunté les trains de nuit entre octobre 2021 et janvier 2022 selon le ministère des Transports. Pour les vacances d’hiver, de nombreux trains de nuit affichent complet.

Investir massivement

Vitrine de la relance du transport ferroviaire par le gouvernement, ce réseau fait l’objet d’un investissement de plus de 100 millions d’euros. Au moins 800 millions d’euros supplémentaires sont prévus entre 2026 et 2030 pour remplacer les voitures Corail, qui datent de plus de quarante ans, et porter le réseau à une dizaine de lignes.

Mais plusieurs incidents sont venus ternir la relance. Absences de cheminots en raison du Covid-19, terminus forcé à Toulouse (Haute-Garonne) pour les liaisons vers les Pyrénées à cause de la météo : des voyageurs se plaignent d’un service en deçà des attentes.

« Ces dysfonctionnements sont inacceptables, assure Jean-Baptiste Djebbari. J’ai demandé à la SNCF un plan d’action pour les corriger. » L’entreprise nationale minimise, évoquant de « légers dysfonctionnements rencontrés lors des fêtes de fin d’année par certains voyageurs ». Plusieurs mesures de prévention vont être prises, comme l’utilisation d’un produit antigel sur les fils caténaires pour éviter l’arrêt des circulations par grand froid.

S’inspirer de l’Autriche

Aujourd’hui, déficitaires, les lignes de trains de nuit ont d’abord vocation à désenclaver des régions qui ne bénéficient pas de liaisons à grande vitesse vers Paris. À terme, l’État compte sur le nombre croissant de lignes rouvertes pour parvenir à un modèle économique viable. « Il faut que l’on puisse mutualiser les coûts entre les nouvelles lignes et celles qui existent déjà, poursuit Jean-Baptiste Djebbari. On estime que l’on pourrait multiplier par deux le nombre de lignes de nuit pour un effort financier à peu près équivalent pour l’État. »

Un constat partagé par le collectif Oui au train de nuit ! qui milite depuis 2016 pour le développement de ce mode de transport comme alternative à l’avion ou à la voiture. « On prend exemple sur ce qui se fait en Autriche, observe Iwan Le Clec’h, l’un de ses membres. Le train de nuit ne doit pas être que touristique. Il doit être un train du quotidien pour aller travailler tôt ou rentrer tard chez soi. »

Pas de ligne au départ de l’Ouest

En attendant les 300 voitures neuves, dont la commande pourrait être annoncée fin février, l’État a demandé à la SNCF de faire du neuf avec de l’ancien. Promises à la destruction, les voitures Corail – dont 257 avaient été rénovées entre 2004 et 2007 – reprennent du service. Les technicentres de Périgueux (Dordogne) et Tergnier (Aisne) sont en train de rénover 150 d’entre elles, pièce par pièce, pour leur redonner une seconde jeunesse.

À terme, une dizaine de lignes doivent être recréées d’ici à 2030. Même si la liste des gares concernées par le passage des trains de nuit peut encore évoluer, l’Ouest de la France devra continuer à prendre son mal en patience. Aucune ligne au départ de la Bretagne, des Pays de la Loire ou de la Normandie n’est prévue pour l’instant. Une situation que veut faire évoluer Oui au train de nuit ! pour qui les liaisons entre régions sont pertinentes. « La clientèle existe, assure Iwan Le Clec’h. Les villes de l’Ouest sont en pleine croissance démographique. Nous avons des modélisations qui montrent qu’une partie de la clientèle prenant l’avion au départ de la Bretagne pourrait choisir le train de nuit si des liaisons existaient. »

Ouest-France Thibaut CHÉREAU

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