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Guerre en Ukraine

La France va «former jusqu’à 2000 soldats ukrainiens» sur son sol

La Russie a envahi l’Ukraine.

Hier, 21h14
La France va «former jusqu’à 2000 soldats ukrainiens» sur son sol

La France va former «jusqu’à 2000 soldats ukrainiens» sur son sol, a annoncé samedi le ministre français des Armées Sébastien Lecornu, dans un entretien avec le quotidien Le Parisien.

Ces militaires «seront affectés dans nos unités pour plusieurs semaines», a-t-il expliqué, soulignant que les formations porteront sur trois niveaux : «la formation généraliste du combattant», «ensuite, sur des besoins spécifiques signalés par les Ukrainiens, comme la logistique», et «un troisième niveau de formation sur les matériels fournis».

«Nous faisons cela en respectant les règles de droit, sans jamais être dans la cobelligérance car nous ne sommes pas en guerre. Nous aidons un pays qui est en guerre» après l’invasion de la Russie, fait valoir le ministre.

La France va par ailleurs livrer des systèmes de défense antiaériens Crotale à l’Ukraine, a souligné M. Lecornu, précisant une annonce faite en ce sens mercredi par le président Emmanuel Macron.

Le nombre des systèmes antiaériens de courte portée Crotale qui seront envoyés à Kiev «est en train d’être défini avec les Ukrainiens», mais «sera significatif pour leur permettre de défendre leur ciel», assure-t-il.

«Nous en possédons douze, mais c’est un dispositif qui a vocation à progressivement s’éteindre et à être remplacé par des MAMBA (systèmes de défense antiaérienne équipés de missiles Aster, d’une portée de jusqu’à 50 km voire 100 km, ndlr), donc cela ne créera pas un manque pour l’armée française», affirme-t-il, disant que «le but est de boucler cette opération dans les deux mois qui viennent».

M. Lecornu rappelle par ailleurs qu’en sus des 18 canons Caesar déjà envoyés à Kiev, «les discussions se poursuivent pour mobiliser six canons supplémentaires» et que la France étudie «la livraison de missiles sol-sol comme le LRU (lance-roquettes multiples) » pour répondre à une demande ukrainienne.

Elon Musk change d’avis et annonce qu’il continuera à financer Starlink en Ukraine

Le patron de SpaceX Elon Musk a annoncé samedi qu’il continuerait à financer le réseau internet Starlink en Ukraine, revenant sur ses appels de la veille au gouvernement américain pour qu’il prenne le relais.

«Qu’à cela ne tienne … même si Starlink perd encore de l’argent et que d’autres compagnies reçoivent des milliards de dollars du contribuable, nous allons continuer à financer le gouvernement ukrainien», a tweeté l’homme le plus riche du monde.

La Russie pourrait se servir des réfugiés en tant qu’«arme», avertit une ministre allemande

La cheffe de la diplomatie allemande a mis en garde samedi contre la guerre hybride livrée par la Russie qui pourrait chercher à diviser l’Europe en favorisant aussi un afflux de réfugiés sur son territoire.

«Il ne s’agit pas seulement d’une guerre menée avec des armes, elle est menée aussi (sur le front de) l’énergie et pour cela nous avons trouvé une réponse», a déclaré Annalena Baerbock au congrès de son parti écologiste qui se déroule à Bonn, dans l’ouest de l’Allemagne.

Mais elle s’attend à ce que la guerre soit aussi de plus en plus «menée avec la peur et la division et c’est justement ce que nous devons éviter».

La ministre redoute en particulier un afflux de réfugiés en provenance de pays autres que l’Ukraine, «car cette guerre est hybride et d’autres pays y participent», accusant la Serbie de contribuer à une forte hausse des arrivées de migrants en Europe.

Les Etats membres de l’UE dans leur ensemble reprochent à ce pays des Balkans d’être une porte d’entrée vers l’Union pour des migrants turcs, indiens, tunisiens, cubains et burundais, qui n’ont pas besoin de visa pour se s’y rendre.

Refusant une situation «où des gens sont utilisés comme une arme», l’Allemagne est en contact notamment avec la République tchèque et la Slovaquie pour trouver des solutions contre cette réactivation de facto de la «route des Balkans».

La Serbie, candidate à une adhésion à l’UE depuis 2012 mais également proche de la Russie, se trouve sur cet itinéraire qui va de la Grèce à la Hongrie ou à la Croatie en passant par la Macédoine du Nord ou l’Albanie.

Des centaines de milliers de Syriens fuyant la guerre, d’Afghans ou d’Irakiens l’avaient empruntée pendant la grande crise migratoire de 2015. Depuis 2016 et la fermeture des frontières, le nombre des passages avait considérablement baissé, mais ils sont à nouveau en forte hausse cette année.

L’Allemagne avait accueilli à elle seule près d’un million de réfugiés en 2015, un afflux massif qui a aussi contribué à l’essor du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février, ce pays a déjà recensé l’entrée sur son territoire de plus d’un million de réfugiés, dans une écrasante majorité des femmes et des enfants de nationalité ukrainienne.

Hier, 15h59
Un dépôt de pétrole en feu après une frappe dans une région russe

Une frappe a touché samedi un dépôt de pétrole qui a pris feu dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a indiqué responsable local, les tirs se multipliant ces derniers jours dans cette zone.

«Encore un bombardement chez nous. L’un des projectiles a touché un dépôt de pétrole», a indiqué le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov, sur son compte Telegram. Il a publié une photo montrant une grosse fumée noire s’échappant d’une structure en flammes.

Selon lui, les secours tentent actuellement d’éteindre l’incendie. «Il y a pas de risques de propagation», a assuré M. Gladkov.

L’agence de presse publique TASS, citant une source anonyme chez les secours, a indiqué que le dépôt se situait dans la localité de Razoumnoïe-71, proche de la ville de Belgorod, capitale de la région éponyme.

La Russie a dénoncé la semaine dernière une «augmentation considérable» des tirs ukrainiens sur plusieurs régions russes frontalières, dont celle de Belgorod, mais aussi celle de Koursk et de Briansk.

Un dépôt de pétrole a pris feu après une frappe ukrainienne dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine. (Photo d'illustration)
Un dépôt de pétrole a pris feu après une frappe ukrainienne dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine.

Vendredi, une station électrique située dans la ville de Belgorod, auparavant rarement touchée par les tirs, a pris feu après une frappe venue d’Ukraine, causant une coupure de courant, selon le gouverneur.

Ce dernier a également signalé vendredi un bombardement sur un village de la région et des dégâts légers sur des infrastructures ferroviaires locales causés, toujours selon le gouverneur, par les restes de missiles ukrainiens abattus par l’armée russe.

Jeudi, une frappe ukrainienne avait déjà fait exploser un dépôt de munitions dans la région de Belgorod. Le même jour, un tir avait éventré le dernier étage d’un immeuble résidentiel dans la ville éponyme, sans faire de victimes.

Une première panne de courant s’était aussi produite mardi après une frappe ukrainienne sur un poste électrique dans la ville de Chebekino, dans la même région. Et, lundi, une femme de 74 ans avait été tuée dans un bombardement sur cette localité.

Hier, 14h08
L’Iran nie fournir des armes à Moscou pour leur «utilisation» contre Kiev

L’Iran a de nouveau nié samedi avoir fourni à la Russie des armes destinées à être utilisées dans la guerre en Ukraine, pays envahi par l’armée russe.

Kiev et ses alliés occidentaux accusent Moscou d’avoir utilisé des drones de fabrication iranienne lors d’attaques contre l’Ukraine ces dernières semaines. Le sujet devrait être abordé lundi lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) au Luxembourg.

Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a nié les accusations et affirmé que son pays n’avait «pas fourni et ne fournira aucune arme destinée à être utilisée dans la guerre en Ukraine», selon un communiqué de son ministère.

Lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que des dizaines d’attaques menées selon lui à l’aide de missiles et de drones iraniens avaient visé l’infrastructure énergétique de l’Ukraine.

«Nous pensons que la livraison d’armes à chacune des parties prenantes prolongera la guerre», a dit le ministre iranien lors d’une conversation téléphonique vendredi avec son homologue portugais Joao Gomes Cravinho, d’après le communiqué.

Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian.
Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian.

Lors d’un entretien séparé avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, M. Amir-Abdollahian a réitéré la position officielle de l’Iran face à la guerre en Ukraine.

«Nous coopérons avec la Russie dans le domaine de la défense. Concernant la guerre en Ukraine, notre politique est de ne pas envoyer des armes aux parties en conflit», a-t-il déclaré.

Le 23 septembre, l’Ukraine a annoncé sa décision de vouloir «réduire significativement» la présence diplomatique de l’Iran à Kiev, en représailles aux livraisons de drones de Téhéran à Moscou.

L’Iran a rejeté cette décision considérée comme «motivée par des informations sans fondement». En septembre, les Etats-Unis ont imposé des sanctions à une entreprise iranienne impliquée dans la livraison de drones à la Russie.

Hier, 11h57
Bélarus: arrivée des premiers soldats russes du nouveau «groupement

Les premiers soldats russes du nouveau groupement militaire entre Moscou et Minsk sont arrivés au Bélarus, ont indiqué samedi les autorités bélarusses, après l’annonce cette semaine de la création de cette force censée défendre les frontières du pays face à une menace ukrainienne.

«Les premiers trains de soldats russes composant le groupement militaire régional sont arrivés au Bélarus», a déclaré le ministère bélarusse de la Défense dans un communiqué, sans préciser le nombre de militaires russes déployés dans ce cadre.

Le ministère a publié des images de trains et de camions militaires, ainsi que des soldats russes accueillis par des femmes en tenues folkloriques tenant du pain et du sel, une tradition d’hospitalité slave.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a accusé lundi la Pologne, la Lituanie et l’Ukraine de préparer des attaques «terroristes» et un «soulèvement» au Bélarus, et annoncé le déploiement de ce groupement militaire régional.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko.
Le président bélarusse Alexandre Loukachenko.

Le Bélarus assure que cette force est uniquement défensive et vise à sécuriser sa frontière, au moment où Minsk accuse Kiev de préparer une offensive, laissant craindre son intervention directe dans le conflit en Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé mardi Moscou de vouloir «entraîner le Bélarus dans la guerre» et a réclamé auprès du G7 une mission d’observation internationale à la frontière entre l’Ukraine et le Bélarus.

Le Bélarus, allié de la Russie dans son conflit avec l’Ukraine, a déjà prêté son territoire à l’armée russe pour son offensive contre l’Ukraine, mais l’armée bélarusse ne participe pas jusqu’ici aux combats sur le territoire ukrainien.

L’entrée des forces bélarusses chez son voisin marquerait une nouvelle escalade du conflit en Ukraine.

Mais Minsk assure ne pas envisager d’envoyer son armée, d’une taille bien moindre que celle de Moscou, combattre en Ukraine aux côtés des Russes.

Hier, 03h09
L’Arabie saoudite annonce 400 millions de dollars d’aide humanitaire à l’Ukraine

L’Arabie saoudite a annoncé samedi une aide humanitaire de 400 millions de dollars pour Kiev, et son prince héritier Mohammed ben Salmane a parlé au téléphone au président ukrainien Volodymyr Zelensky, a indiqué l’agence de presse officielle SPA.

Le prince a souligné «la position du royaume de soutenir tout ce qui contribuera à la désescalade, et la volonté du royaume de poursuivre les efforts de médiation», a précisé SPA.

Hier, 01h56
Washington annonce 725 millions de dollars d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine

Les Etats-Unis vont fournir 725 millions de dollars supplémentaires d’aide militaire à l’Ukraine pour sa défense face à l’invasion russe, ont annoncé le Pentagone et le département d’Etat vendredi.

Antony Blinken.
Antony Blinken.

«Ce versement portera le total de l’aide militaire américaine fournie à l’Ukraine à un montant sans précédent de plus de 18,3 milliards de dollars» depuis l’entrée en fonction de Joe Biden, a précisé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

14.10.2022, 15h29
Poutine ne prévoit pas «dans l’immédiat» de nouvelle frappes «massives» sur l’Ukraine

Le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé vendredi, ne pas prévoir de nouvelles frappes «massives» en Ukraine, après celles du début de semaine lancées en représailles de la destruction partielle du pont de Crimée qu’il impute à Kiev

«Dans l’immédiat, il n’y a pas la nécessité de frappes massives. Actuellement, il y a d’autres objectifs. Pour l’instant. Après on verra», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, après un sommet régional au Kazakhstan, assurant qu’il n’avait pas pour but «de détruire l’Ukraine».

14.10.2022, 15h29
La Russie fait «tout comme il faut» en Ukraine, dit Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a assuré vendredi faire «tout comme il faut» en Ukraine après bientôt huit mois de combats et au moment où les forces russes ont essuyé de nombreux revers.

«Ce n’est pas agréable ce qui se passe maintenant, mais (si la Russie n’avait pas attaqué l’Ukraine le 24 février), on aurait été dans la même situation un peu plus tard, juste les conditions auraient été plus mauvaises pour nous. Donc, nous faisons tout comme il faut» a-t-il déclaré à la presse, à l’issue d’un sommet régional au Kazakhstan.

14.10.2022, 14h17
Le jeu dangereux du tonitruant Ramzan Kadyrov

Celui qui se présente comme le «meilleur fantassin de Poutine» a des raisons de craindre la tournure des événements en Ukraine.

«Pour Kadyrov, la participation à l’opération en Ukraine, c’est de la publicité personnelle», relève le politologue russe Konstantin Kalatchev.
«Pour Kadyrov, la participation à l’opération en Ukraine, c’est de la publicité personnelle», relève le politologue russe Konstantin Kalatchev.
14.10.2022, 13h33
Berlin affirme avoir atteint son objectif de remplissage à 95% de ses réserves de gaz

Le gouvernement allemand a annoncé vendredi avoir atteint, plus tôt que prévu, son objectif de 95% de remplissage des réserves de gaz du pays, malgré l’arrêt total des livraisons russes via Nord Stream début septembre.

«Les réserves ont dépassé aujourd’hui le cap des 95%. Elles s’établissent à 95,14%», s’est félicité le ministère allemand de l’Economie dans un communiqué. Face aux risques de pénuries, Berlin avait fixé début juillet un objectif de 95% de remplissage pour le 1er novembre.

14.10.2022, 12h28
L’Ukraine célèbre la fête de son armée

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a promis la victoire sur la Russie vendredi, à l’occasion de la Journée des défenseurs du pays, célébrée pour la première fois depuis le début de l’invasion russe il y a presque huit mois.

«Le 14 octobre on remercie (…) tous ceux qui ont se sont battus pour l’Ukraine dans le passé et tous ceux qui se battent pour elle maintenant, ceux qui ont gagné à l’époque et ceux qui vont sans aucun doute gagner maintenant», a déclaré Volodymyr Zelensky dans une adresse vidéo.

Volodymyr Zelensky à Kiev. (Photo publiée le 10 octobre 2022 par le service de presse de la présidence ukrainienne)
Volodymyr Zelensky à Kiev.

Il a déposé une gerbe devant un mémorial à Kiev consacré aux militaires tués sur le front depuis 2014, date du début dans l’Est d’une guerre avec des séparatistes, soutenus par Moscou, et qui s’est généralisée au pays avec l’invasion de l’Ukraine en février.

«Notre peuple (…) se bat pour son droit à la vie» et pour son «indépendance» de la Russie, a-t-il souligné. «Le monde est avec nous, plus que jamais. Cela nous rend plus forts que jamais dans l’histoire», a-t-il ajouté en référence à l’aide occidentale sans précédent.

«Ensemble vers la victoire»

Le commandant en chef de l’armée ukrainienne Valery Zaloujny a de son côté remercié ses troupes pour leur «service». «Nous avons stoppé l’invasion et enterré le mythe de l’invincibilité de l’armée russe», a-t-il estimé dans son adresse. «Ensemble vers la victoire», a-t-il lancé.

À Kiev, des services religieux et expositions étaient prévus à l’occasion de la fête. La poste nationale a annoncé la sortie de plusieurs timbres représentant des militaires.

La Journée «des défenseurs et défenseuses» de l’Ukraine a été instauré le 14 octobre en 2014, en remplacement du 23 février, date héritée de l’époque soviétique et encore célébrée en Russie.

La nouvelle date a été fixée au jour de la fondation de l’armée nationaliste ukrainienne (UPA) ayant combattu dans les années 1940 et 1950 contre l’armée soviétique et les nazis après avoir dans un premier temps collaboré avec l’Allemagne nazie. Cette armée est honnie par la Russie qui la considère comme nazie.

14.10.2022, 12h12
Le CICR veut visiter des «milliers» de prisonniers de guerre

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) veut voir des «milliers» de prisonniers de guerre ukrainiens et russes et partage la «frustration» sur ce manque d’accès. «Nous ne pouvons entrer par la force», a dit vendredi à Genève son porte-parole Ewan Watson.

Depuis le début de la guerre en Ukraine en février, l’organisation a pu rendre visite à des centaines de détenus. Mais ceux-ci sont beaucoup plus nombreux.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n’a pas pu voir depuis des mois les détenus du site bombardé d’Olevnika en Ukraine.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n’a pas pu voir depuis des mois les détenus du site bombardé d’Olevnika en Ukraine.

«Nos équipes sont prêtes depuis des mois», a ajouté Ewan Watson. Il relève l’«urgence» de l’appel lancé à nouveau vendredi. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a semblé récemment reproché au CICR ce manque d’accès.

«Nous avons besoin d’arrangements pratiques» avec les parties, a affirmé Ewan Watson qui ajoute partager la «frustration» de ceux qui souhaiteraient davantage d’indication sur la situation des prisonniers de guerre. «Nous sommes inquiets», selon lui.

Et d’appeler à honorer les Conventions de Genève pour faciliter ces visites. Le CICR n’a notamment pas pu voir de détenus à Olevnika depuis des mois. Fin juillet, des dizaines de détenus ukrainiens étaient décédés dans un bombardement dans ce site contrôlé par les pro-Russes.

14.10.2022, 11h41
Les viols par les forces russes sont «une stratégie militaire», selon l’ONU

Les viols et agressions sexuelles attribués aux forces russes en Ukraine constituent clairement «une stratégie militaire» et «une tactique délibérée pour déshumaniser les victimes», estime la représentante spéciale de l’ONU Pramila Patten, dénonçant «des cas horribles et des violences très brutales».

«Toutes les indications sont là», répond Pramila Patten, interrogée par l’AFP à Paris sur le viol comme arme de guerre en Ukraine.

«Quand des femmes et des filles sont séquestrées pendant des jours et violées, quand vous commencez à violer des petits garçons et des hommes, quand on voit une série de cas de mutilations d’organes génitaux, quand vous entendez les témoignages de femmes évoquant des soldats russes équipés de viagra, c’est clairement une stratégie militaire. Et quand les victimes évoquent ce qui a été dit pendant les viols, il est clair que c’est une tactique délibérée pour déshumaniser les victimes» dit l’avocate mauricienne.

Elle relève que les premiers cas de violences sexuelles ont fait surface «trois jours après le début de l’invasion de l’Ukraine», le 24 février dernier.

Une manifestation contre les viols commis durant la guerre en Ukraine. New York, le 28 mai 2022.
Une manifestation contre les viols commis durant la guerre en Ukraine. New York, le 28 mai 2022.

Représentante spéciale depuis 2017 du secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, Pramila Patten était de passage à Paris jeudi pour signer un accord de partenariat avec l’ONG Bibliothèques Sans Frontières afin de soutenir les victimes de violences sexuelles en période de conflit.

Nations Unies (ONU)
Les violences sexuelles dans les conflits sont inacceptables et sont un affront à l’humanité. Découvrez l’action de la représentant spéciale d’@antonioguterres chargée de la question des violences sexuelles en conflit, Pramila Patten : bit.ly/2PBaiFC @endrapeinwar
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L’ONU a vérifié «plus d’une centaine de cas» de viols et agressions sexuelles en Ukraine depuis le début de la guerre, mais «ce n’est pas une question de chiffres», insiste Pramila Patten. «Il est très compliqué d’avoir des statistiques fiables pendant un conflit actif, et les chiffres ne vont jamais refléter la réalité, parce que les violences sexuelles sont un crime silencieux, le moins signalé et le moins condamné», souligne-t-elle, évoquant la peur des représailles et de la stigmatisation. «Les cas signalés ne représentent que le sommet de l’iceberg», lance Pramila Patten.

L’ONU a vérifié «plus d’une centaine de cas» de viols et agressions sexuelles en Ukraine depuis le début de la guerre, mais «ce n’est pas une question de chiffres», insiste Mme Patten. «Il est très compliqué d’avoir des statistiques fiables pendant un conflit actif, et les chiffres ne vont jamais refléter la réalité, parce que les violences sexuelles sont un crime silencieux, le moins signalé et le moins condamné», souligne-t-elle, évoquant la peur des représailles et de la stigmatisation. «Les cas signalés ne représentent que le sommet de l’iceberg».

Les victimes sont prioritairement des femmes et des filles, mais aussi des garçons et des hommes, indique la responsable onusienne, citant le rapport fin septembre de la commission d’enquête internationale indépendante (créée par une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu). Ce rapport «a confirmé des crimes contre l’humanité commis par les forces russes, et selon des témoignages recueillis, l’âge des victimes de violences sexuelles varie de 4 ans à 82 ans. Il y a beaucoup de cas de violences sexuelles sur des enfants, qui sont violés, torturés et séquestrés», souligne-t-elle.

Prise de conscience internationale

«Mon combat contre les violences sexuelles, c’est vraiment un combat contre l’impunité», répète Pramila Patten, et «c’est la raison pour laquelle je me suis rendue en Ukraine (en mai dernier, ndlr): envoyer un signal fort aux victimes, leur dire que nous sommes avec elles et leur demander de briser le silence. Mais aussi envoyer un signal fort aux violeurs, le monde est en train de les regarder, et ce ne sera pas sans conséquences de violer une femme ou une fille, un homme ou un garçon».

Le viol comme arme de guerre existe dans tous les conflits, de la Bosnie à la Guinée ou la République démocratique du Congo (RDC) mais selon Pramila Patten, la guerre en Ukraine marque une «prise de conscience» internationale. «Il y a désormais une volonté politique pour combattre l’impunité, et un consensus aujourd’hui sur le fait que les viols sont utilisés comme tactique militaire, une tactique de terreur», analyse-t-elle.

«Est-ce que c’est parce que ca se passe au coeur de l’Europe? La réponse se situe peut être là», ajoute-t-elle, en espérant que l’Ukraine n’éclipsera pas les autres conflits. «Je trouve très positif cette attention portée sur la question des violences sexuelles liées aux conflits, qui d’habitude ont toujours été considérées comme inévitable, comme un dommage collatéral, une question culturelle… Mais non, c’est criminel», assène-t-elle.

Traite des personnes

Un autre grand sujet d’inquiétude, pour la représentante de l’ONU, est le risque de traite des personnes.

«Les femmes, les filles et les enfants qui ont fui l’Ukraine sont très très vulnérables, et pour les prédateurs, ce n’est pas une tragédie ce qui se passe dans ce pays, c’est une opportunité. La traite des personnes est un crime invisible, mais c’est une crise majeure», prévient-elle.

Depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle de l’Ukraine le 24 février, plus de 7,6 millions de réfugiés ukrainiens ont été enregistrés comme réfugiés à travers l’Europe.

14.10.2022, 11h29
Erdogan ordonne au gouvernement turc de commencer à travailler sur un hub gazier

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ordonné à son gouvernement de commencer à travailler sur le «hub gazier» en Turquie proposé par son homologue russe Vladimir Poutine pour exporter le gaz russe vers l’Europe, ont rapporté vendredi les médias turcs.

«Nous avons donné, avec Monsieur Poutine, à notre ministère de l’Énergie et à l’institution concernée en Russie, l’ordre de mener un travail en commun», a affirmé Recep Tayyip Erdogan à propos d’un éventuel hub gazier en Turquie lors d’une interview avec les journalistes à bord de son vol de retour d’Astana, en Kazakhstan, où il a rencontré jeudi le président russe.

Le chef de l’État turc a aussi affirmé que les travaux commenceraient immédiatement. «Il n’y aura pas d’attente à ce sujet», a-t-il ajouté, précisant que l’éventuel hub pourrait être construit dans la région de Thrace, dans le nord-ouest de la Turquie.

Vladimir Poutine avait proposé jeudi de créer un hub gazier en Turquie alors que les livraisons du gaz russe vers l’Europe sont fortement affectées par les sanctions occidentales imposées à la Russie, l’UE réfléchissant à un plafonnement des prix du gaz face à la hausse des factures énergétiques provoquée par l’offensive russe en Ukraine.

Le «hub gazier» vers l’Europe proposé par Poutine n’a «aucun sens», alors que les Européens veulent réduire leur dépendance aux hydrocarbures venant de Russie, a de son côté réagi Paris jeudi soir.

«Il n’y a pour nous aucun sens à créer de nouvelles infrastructures qui permettraient d’importer davantage de gaz russe», a souligné l’Élysée.

14.10.2022, 10h09
La Russie ordonne la réparation du pont de Crimée avant juillet 2023

La Russie a annoncé vendredi, ordonner la réparation avant le 1er juillet 2023, du pont de Crimée, partiellement détruit lors d’une explosion, samedi dernier, que Moscou impute à Kiev.

Une vue satellite du pont de Crimée, le 12 octobre 2022.
Une vue satellite du pont de Crimée, le 12 octobre 2022.

Le gouvernement «détermine la date limite pour la fin des contrats d’État pour l’exécution des travaux au 1er juillet 2023», peut-on lire dans un arrêté signé par le Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine.

Mikhaïl Michoustine à Moscou, le 10 octobre 2022.
Mikhaïl Michoustine à Moscou, le 10 octobre 2022.

Le pont de Crimée, symbole de l’annexion de la péninsule ukrainienne éponyme, est crucial pour le ravitaillement des troupes russes engagées en Ukraine et été partiellement détruit par une attaque au camion piégé, selon Moscou.

Les services de sécurité russes (FSB) ont affirmé que cette «attaque terroriste» a été organisée par les renseignements militaires ukrainiens, assurant qu’un agent de Kiev avait coordonné le transit des explosifs à travers plusieurs pays et avait été en contact avec différents intermédiaires.

En réponse, la Russie a mené lundi et mardi, des bombardements massifs à travers l’Ukraine, visant notamment des infrastructures énergétiques civiles qui ont provoqué de nombreuses coupures d’électricité et d’eau.

Mercredi, le FSB a dit avoir arrêté huit personnes – cinq Russes et «trois citoyens ukrainiens et arméniens» – suspectées de participation dans cette attaque.

La circulation routière et ferroviaire a toutefois repris partiellement, depuis plusieurs jours, sur le pont.

14.10.2022, 09h02
Les drones iraniens pour Poutine sont petits, bon marché et mortels

Dans la guerre contre l’Ukraine, la Russie utilise, depuis peu, surtout des drones iraniens. Ils représentent une menace pour le pays attaqué. Lire notre article.

Les drones Shahed-136, utilisés par la Russie sous le nom de Geran-2, ont une portée de plus de 2000 kilomètres.
Les drones Shahed-136, utilisés par la Russie sous le nom de Geran-2, ont une portée de plus de 2000 kilomètres.
14.10.2022, 08h34
Danone compte se désengager de certaines de ses activités en Russie

Le géant français de l’agroalimentaire Danone a annoncé vendredi qu’il prévoyait de se désengager de son unité «produits laitiers et d’origine végétale» en Russie, qui constitue la majeure partie de son activité dans le pays, ne conservant à terme que sa branche nutrition infantile.

«Danone annonce aujourd’hui sa décision de lancer le processus de transfert du contrôle de son activité Essential Dairy and Plant-based (EDP) en Russie», a indiqué le groupe, l’une des quelques multinationales à être restée en Russie depuis le début de la guerre en Ukraine en février.

Une usine de Danone près de Tchekhov, dans l'oblast de Moscou, le 22 juillet 2017.
Une usine de Danone près de Tchekhov, dans l’oblast de Moscou, le 22 juillet 2017.

Le groupe n’a pas annoncé qui pourrait reprendre à terme ses usines et activités russes, sur cette branche de produits laitiers et végétaux, ni quand exactement. L’opération sera soumise à l’approbation des autorités compétentes, a précisé le groupe.

Conditions «extrêmement tendues»

Danone conservera en revanche les activités de sa branche «nutrition spécialisée», qui produit en particulier du lait infantile (Blédina, Aptamil).

Le groupe français, qui évoquait en juillet des conditions opérationnelles «extrêmement tendues en Russie et en Ukraine», estime qu’il s’agit de la «meilleure option pour assurer la continuité» de cette activité auprès de ses salariés et de ses consommateurs.

Depuis janvier 2022, l’activité EDP en Russie «a représenté environ 5% du chiffre d’affaires consolidé de Danone». L’opération pourrait «entraîner une dépréciation allant jusqu’à 1 milliard d’euros», dans ses comptes, selon le groupe.

En mars, Danone avait annoncé le maintien de ses activités en Russie, où il emploie 8000 personnes, tout en suspendant ses investissements dans le pays.

14.10.2022, 08h00
TotalEnergies visé par une plainte pour complicité de crimes de guerre

Deux associations ont porté plainte à Paris pour complicité de crimes de guerre contre le groupe français TotalEnergies, accusé d’avoir continué à exploiter un gisement en Russie et permis de fabriquer du carburant utilisé par des avions russes dans le conflit en Ukraine, a appris vendredi l’AFP de source proche du dossier.

Cette plainte a été déposée jeudi auprès du procureur national antiterroriste, compétent pour les crimes de guerre, par l’association basée en France Darwin Climax Coalition et l’association ukrainienne Razom We Stand, qui appelle à imposer un embargo sur les importations d’énergie fossile de Russie.

Sollicité par l’AFP, le groupe français a dénoncé des accusations «outrancières», «diffamatoires» et «infondées».

La plainte, dont l’AFP a eu connaissance, rappelle que TotalEnergies détenait jusqu’à septembre 49% de la coentreprise Terneftegaz, qui exploite le gisement de Termokarstovoïe, dans le Grand Nord russe. Les 51% restants étaient détenus par le groupe russe Novatek, dont TotalEnergies est par ailleurs actionnaire à hauteur de 19,4%.

Le logo de TotalEnergies à La Défense, près de Paris, le 24 septembre 2022.
Le logo de TotalEnergies à La Défense, près de Paris, le 24 septembre 2022.

Or, selon un article du «Monde» paru le 24 août qui se basait sur plusieurs documents et une enquête de l’ONG Global Witness, le champ gazier de Termokarstovoïe a fourni du condensat de gaz à une raffinerie proche d’Omsk en Sibérie, qui en a fait du carburant, lequel a ensuite été expédié pour alimenter les avions russes engagés dans le conflit en Ukraine au moins jusqu’en juillet dernier.

«Pas de kérosène pour l’armée russe»

Après la publication de l’article du «Monde», le géant français de l’énergie avait assuré qu’il ne produisait «pas de kérosène pour l’armée russe». Deux jours plus tard, il avait indiqué s’être accordé le 18 juillet pour céder ses 49% dans Terneftegaz à Novatek. Cette vente a été finalisée en septembre.

Selon les plaignants, «en continuant d’exploiter le gisement de Termokarstovoïe» après l’invasion russe en Ukraine, lancée le 24 février, TotalEnergies a «contribué à fournir au gouvernement russe les moyens nécessaires à la commission des crimes de guerre» dans ce pays, où l’armée russe a notamment lancé des frappes aériennes contre des civils.

«TotalEnergies réfute catégoriquement l’ensemble des allégations infondées de Global Witness, publiées par le journal «Le Monde» en août dernier», a rappelé vendredi le groupe, affirmant que les condensats instables produits par Terneftegaz avaient été «exportés à l’étranger» et n’avaient donc pas pu être utilisés par l’armée russe comme carburant pour ses avions.

«La justice ne peut plus être aveugle face au concours indirect mais essentiel que des multinationales apportent à l’effort de guerre ou aux bénéfices considérables que continuent à tirer des multinationales après l’invasion de l’Ukraine», ont de leur côté commenté auprès de l’AFP les avocats des associations, Mes William Bourdon, Vincent Brengarth et Henri Thuilliez.

«La France ne peut à la fois condamner l’invasion et rester inactive face aux comportements qui l’entretiennent», ont-ils ajouté.

Auriane Page, Sonia Imseng, Arnaud Mittempergher, Etonam Ahianyo, ATS/APPIS
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