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Le procès d’Ales Bialiatski, prix Nobel de la paix en 2022, a débuté en Biélorussie

Le Bélarus comptait 1 448 prisonniers politiques à la date du 31 décembre, selon Viasna.

Ales Bialiatski est jugé avec Valentin Stefanovitch et Vladimir Labkovitch, ses deux collaborateurs. Les trois hommes sont détenus depuis juillet 2021.

Le procès d’Ales Bialiatski, un militant bélarusse pour la démocratie emprisonné, colauréat du prix Nobel de la paix 2022, a commencé jeudi à Minsk, a annoncé le centre Viasna qu’il a fondé, le principal groupe de défense des droits humains dans son pays.

Détenu depuis juillet 2021

M. Bialiatski ainsi que ses collaborateurs jugés avec lui Valentin Stefanovitch et Vladimir Labkovitch (BIEN Stefanovitch et Labkovitch), ont comparu dans la cage réservée aux accusés, selon des images de l’agence de presse russe RIA Novosti. Les trois hommes sont détenus depuis juillet 2021.

Ales Bialiatski, 60 ans, les cheveux blancs et portant un sweatshirt noir, était assis en première ligne, ses deux compagnons se tenant derrière lui, l’air abattu ou somnolent dans la cage entourée de quatre policiers armés.

Initialement inculpés d’évasion fiscale, il sont désormais accusés d’avoir fait entrer de grandes quantités d’argent liquide au Bélarus et d’avoir « financé des actions collectives portant gravement atteinte à l’ordre public », a expliqué Viasna en novembre, précisant qu’ils risquaient de sept à 12 ans de prison.

Tous trois ont plaidé non coupable jeudi.

Un quatrième accusé, Dmitri Soloviev, est jugé par contumace après s’être enfui en Pologne. « C’est un faux procès », a-t-il déclaré à l’AFP, « je n’ai pas confiance dans ce procès et dans ce qui va s’y passer ».

Un pays qui sert de base-arrière aux troupes russes

« Le gouvernement de Loukachenko «est particulièrement vindicatif à l’égard des militants défenseurs des droits de l’homme et l’issue du ’procès’ semble devoir être impitoyable  », a estimé Amnesty International.

Le mouvement de contestation de 2020 avait rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Minsk et d’autres villes pendant des semaines avant d’être progressivement maté à coups d’arrestations massives, d’exils forcés et d’emprisonnements d’opposants, de responsables de médias et d’ONG.

Les Occidentaux ont adopté plusieurs trains de sanctions contre le Bélarus qui jouit en revanche du soutien indéfectible de Moscou.

Ce pays a accepté en retour de servir de base arrière aux troupes russes pour leur offensive contre l’Ukraine déclenchée le 24 février 2022. Mais l’armée bélarusse n’a pas pris part jusqu’à présent aux combats sur le territoire ukrainien.

Le procès de Viasna sera suivi par ceux de journalistes indépendants et celui Svetlana Tikhanovskaïa, la figure de l’opposition bélarusse, qui vit en exil.

Le Bélarus comptait 1 448 prisonniers politiques à la date du 31 décembre, selon Viasna.

Nota  : La Biélorussie ou le Bélarus, en forme longue la république de Biélorussie ou la république du Bélarus, est un pays d’Europe orientale sans accès à la mer, bordé par la Lettonie au nord, par la Russie au nord-est et à l’est, par l’Ukraine au sud, par la Pologne à l’ouest, et par la Lituanie au nord-ouest. La Biélorussie, peuplée de 9 477 918 habitants, connaît une des densités de population les plus faibles du continent : 46 hab/km2. Les Biélorusses vivent majoritairement en milieu urbain ; les plus grandes villes du pays sont Minsk (la capitale), Homiel (anciennement Gomel), Hrodna, Mahiliow, Brest (anciennement Brest-Litovsk), Vitebsk et Babrouïsk. Les gouvernements et médias considèrent la Biélorussie comme l’un des derniers régimes autoritaires d’Europe. La vague de démocratisation des pays d’Europe centrale et orientale consécutive à la chute des régimes communistes en Europe a été réprimée dès 1992, sous la présidence de Stanislaw Chouchkievitch. Le président Loukachenko, ainsi que la majorité de ses proches collaborateurs, sont interdits de visa au sein de l’Union européenne et aux États-Unis en février 2011, en raison de pratiques politiques  dictatoriales et répressives. À partir de l’été 2020, en raison de sa réélection avec un score de 80 % entachée de lourdes fraudes, le dictateur Alexandre Loukachenko fait face au soulèvement d’une partie de sa population qui manifeste régulièrement et massivement son mécontentement.

APPIS

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