Hommage des militants ATS –PSU à Serge DEPAQUIT
Serge,
A l’orée de ton ultime voyage, les camarades du PSU dont tu as été le Secrétaire

National rendent hommage à ton action et assurent ta famille de leur
indéfectible soutien et amitié.
Communiste par conviction et tradition familiale, ton engagement t’amène à
Prague en 1955 au sein de l’Union Internationale des étudiants. Dénonçant le
stalinisme, tu es à l’initiative de la création du courant communiste qui se définit
« libéral ou encore italien ». De 1957 à 1964, tu t’investis dans l’UEC – Union des
Etudiants Communistes- que tu diriges de fait avec Philippe ROBRIEUX, dans un
esprit peu orthodoxe pour les caciques du PCF. Très rapidement, ton
attachement à la démocratie et à l’expression directe des citoyens te conduit à
participer activement à des combats qui sont également essentiels pour le PSU :
contre la guerre en Algérie, pour la paix au sein du Comité Vietnam. Tes
mauvaises fréquentations (Alain KRIVINE, Daniel COHN-BENDIT, Jacques
SAUVAGEOT) et ton soutien aux luttes étudiantes et ouvrières de Mai 1968 te
font exclure du PCF. Ton compagnonnage avec le PSU s’en trouve consolidé et
tu rejoins notre Parti en 1973 avec Victor LEDUC et d’autres militants issus des
CIC. Avec Michel MOUSEL, Charles PIAGET, Huguette BOUCHARDEAU,
Geneviève PETIOT et bien d’autres militants, vous menez avec succès la bataille
contre la ligne de Michel ROCARD et tu entres au Bureau National au congrès
d’Amiens en décembre 1974.
Partisan de l’Autogestion Socialiste qui est pour toi la pierre angulaire de
l’alternative politique au régime gaulliste, tu t’investis dans toutes les luttes du
PSU de cette période (LIP dont nous fêterons le cinquantenaire en 2023, Creys-
Malville et tant d’autres), tu es un des acteurs de la victoire de la Gauche en 1981
et au congrès de Vénissieux en Juin 1983, tu deviens notre Secrétaire National,
prenant le relai de Huguette BOUCHARDEAU entrée au Gouvernement.
Si la durée de ton mandat est brève – jusqu’au congrès de Bourges en décembre
1984, elle n’en est pas moins dense et ton mandat a marqué durablement
l’Histoire de notre Parti tiraillé –exceptionnellement dirions-nous avec une
pointe d’humour – entre plusieurs orientations favorables ou non à la
participation gouvernementale. Ton choix est alors celui du soutien critique.
Constant dans ta volonté de faire vivre nos idéaux au plus près du terrain, tu
t’inscris dans la continuité de nos combats communs : ainsi tu entraines
Huguette dans le soutien à la marche des beurs, marche que vous accueillerez
tous deux à Amiens en novembre 1983, au grand dam du Gouvernement, déjà
agacé par notre action collective contre les euros-missiles.
Tu aurais pu choisir le confort du soutien moutonnier ou le chaos de la rupture
brutale, mais tu as préféré le chemin plus exigeant du pragmatisme, du dialogue
et du débat sans concession sur le fond.
Le congrès de Bourges en décembre 1984, a finalement opté pour une autre
voie : en respectant ce choix et en te retirant du Parti, tu as posé un acte fort,
mais tu as continué à mener les mêmes combats avec d’autres armes.
Homme aux convictions bien ancrées, tu es resté engagé dans de multiples
associations et tes analyses, toujours pertinentes, ont irriguées les forces
progressistes au travers de tes écrits sur la démocratie.
Pour tout ce que tu as apporté, les militants du PSU et des ATS te remercient et
ne t’oublieront pas : au revoir Camarade …
Nous l’avons rencontré dans le Diois en travaillant avec l’ADELS (Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) dont il est vice-président. Et sa revue Territoires, C.V.
Territoires le mensuel de la démocratie locale est une revue mensuelle française créée en 1959 par l’Association pour la démocratie et l’éducation locale et solidaire (Adels). Jusqu’en 1998, elle se nommait Correspondances municipales. Elle traite de la question de la participation des citoyens à leur cadre de vie, mais aussi de toutes les formes contemporaines de renouvellement de la démocratie1.
Le lectorat s’est renouvelé au long de ces 50 années : au départ soutien technique aux élus (minoritaires) de gauche, le lectorat s’étend aux techniciens municipaux, aux administrateurs et directeurs de Maisons des jeunes et de la culture, de Foyers de jeunes travailleurs et de centres sociaux. Puis les élus ont été remplacés par des militants de mouvements sociaux et des professionnels de divers secteurs.
Tirée à 400 exemplaires, Correspondance Municipale était une production largement artisanale. La qualité éditoriale de la revue s’améliore au fil des années, parallèlement à la diversification des activités de l’association.
Chaque numéro, d’une soixantaine de pages, traite un sujet plus spécifiquement pour en faire en dossier central de 14 pages coréalisé par des élus, des membres du secteurs associatifs, des universitaires, des journalistes…
Autres rubriques : initiatives locales, actualités nationales, international, reportage, fiches de lecture, revue de presse des journaux satiriques locaux, chroniques…
L’ours de la revue au 1er janvier 2012 : directeur de la publication : Pascal Aubert rédacteur en chef : Nicolas Leblanc rédactrice en chef adjointe : Sabrina Costanzo journalistes : Blanche Caussanel, Andrea Parracchini
Territoires a fermé ses portes définitivement le 31 janvier 2012, à la suite de la décision du tribunal de grande instance de Paris de liquider l’Adels, association éditrice de Territoires.
Intervention de Bernard Grinfeld pour rendre hommage à Serge DEPAQUIT au
nom de l’Institut Tribune Socialiste, et en son nom personnel comme ancien
membre du Comité Vietnam National (CVN).
C’est au Comité Vietnam National (CVN) que j’ai rencontré Serge Depaquit en 1966.
C’est lui qui, avec Laurent Schwartz et d’autres intellectuels de gauche, avait créé cette
organisation.
Il en était la cheville ouvrière, le véritable chef d’orchestre.
Il était déjà un militant expérimenté, un homme rigoureux qui savait toujours aller à l’essentiel.
Comme il l’a dit lui-même, nous étions alors dans une période charnière entre la guerre d’Algérie et
les événements de 1968. Le monde du 19ième et de la première moitié du 20ième siècle s’achevait.
Celui que nous connaissons aujourd’hui commençait à peine à s’ébaucher.
La composition du bureau national du CVN traduisait bien cette situation. Il rassemblait en effet des
courants les plus divers de la gauche alternative de l’époque : Chrétiens de gauche , exclus de
l’UEC, « italiens », trotskistes de la JCR, Pablistes… Il s’appuyait sur le PSU, la JCR, l’UNEF et les
comités d’action lycéens.
Nous nous réunissions chaque semaine aux Halles de Paris, rue Étienne Marcel pour faire le point
des actions passées et préparer les campagnes futures.
Souvent ces actions étaient peu conventionnelles comme:
– débaptiser des rues en honneur au peuple Vietnamien,
– 6 heures pour le Vietnam à la mutualité ,
– 100 artistes pour le Vietnam au Palais de Chaillot,
– meeting de Stokely Carmichael à la mutualité,
– opérations contre l’American Express et l’ambassade des Etats-Unis au cours desquelles certains
camarades furent arrêtés. Ce qui provoqua deux jours plus tard, a Nanterre, la création du
«mouvement du 22mars», annonciateur des événements de 1968.
De plus, sous l’impulsion de Serge, le CVN n’oublia pas la solidarité concrète avec le peuple
vietnamien en participant, avec le PCF et les mouvements pacifistes, à la campagne « un bateau
pour le Vietnam ».
A cette occasion, un compte commun au PSU et au CVN fut ouvert. Il rapporta 100 000F de
l’époque contre 500 000F au PCF.
Serge Depaquit restera dans nos mémoires comme un militant de premier plan, toujours lucide et
réaliste. Nous sommes fiers d’avoir participé à cette lutte et aux autres qui suivirent.
Nous sommes tristes aujourd’hui. Nous partageons la peine de sa famille et nous lui présentons nos
plus sincères condoléances.
Salut Serge.
Bernard Grinfeld
Le Parti socialiste unifié (PSU) est un ancien parti politique français. Lors de son congrès de fondation, le PSU aurait rassemblé jusqu’à 30 000 adhérents.
Le PSU naît le 3 avril 1960 d’un double mouvement d’opposition : opposition à la guerre d’Algérie et refus du soutien de la SFIO au « coup d’État » gaulliste de 1958, ce qui avait conduit à la constitution du cartel de l’Union des forces démocratiques rassemblant en particulier le Parti socialiste autonome (PSA) et l’Union de la gauche socialiste, les deux composantes principales du futur PSU. Représentant à sa fondation ce que l’on nomme alors la deuxième gauche, qui se situait politiquement entre la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), d’inspiration socialiste, et le Parti communiste français (PCF), le PSU était proche politiquement du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES), fondé en 1966 et représentant l’aile gauche du Parti socialiste (PS) dans les années 1970, tout en accueillant diverses minorités d’obédience trotskiste ou post-maoïste.
Le 26 avril 1981, Huguette Bouchardeau obtient 1,11 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle, remportée au second tour par François Mitterrand (PS). Le 24 mars 1983, elle entre dans le gouvernement Mauroy. Cette participation est vivement combattue à l’intérieur de son parti et ses adversaires deviennent majoritaires en décembre 1984 au Congrès de Bourges. Certains militants (Jean-Pierre Lemaire) participent alors à la Fédération pour une gauche alternative (FGA), qui contribue à la recomposition de la gauche après le « tournant de la rigueur » de 1983, travaillant notamment avec l’aile gauche des Verts.
Lors de l’élection présidentielle du 25 avril 1988, le PSU soutient la candidature communiste dissidente de Pierre Juquin, également appuyé par la LCR et certains trotskistes. Celui-ci obtient 2,10 % des voix au premier tour.
Le PSU se scinde en novembre 1989, une partie de ses membres fusionne avec la Nouvelle gauche issue des comités de soutien à Pierre Juquin pour fonder l’Alternative rouge et verte (AREV), qui fusionne une nouvelle fois en 1998 avec une minorité de la Convention pour une alternative progressiste (CAP) pour devenir « les Alternatifs », tandis qu’une autre partie rejoint Les Verts où sont déjà entrés de nombreux anciens animateurs de la GOP (Gauche ouvrière et paysanne). À part ces derniers, ces mouvements n’ont jamais atteint la taille critique nécessaire pour peser sur le débat à gauche comme avait pu le faire le PSU entre 1960 et 1969.
Après plusieurs scissions et tentatives d’union peu fructueuses avec d’autres petites forces de la gauche alternative, le PSU s’auto-dissout en novembre 1989.Le PSU est formellement dissous le 7 avril 1990 par 91 % des militants.