La réforme des retraites vue de l’étranger…
La presse étrangère n’est pas toujours tendre avec le chef de l’Etat. « La légalité est une chose, la légitimité une autre », constate, par exemple, le New York Times (NYT). « Soudain, les doutes de l’empereur ont été révélés » avec le passage en force à l’Assemblée, selon le journal américain, d’après lequel après six années au pouvoir « entouré de brillants technocrates », le chef de l’Etat fait désormais « cavalier seul ».
Les chiffres concernant l’équilibre financier du système de retraites sont en faveur de la réforme portée par le chef de l’Etat, juge le NYT ; cependant, « dans une France anxieuse, avec bien des gens luttant pour payer leurs factures, il n’a pas su convaincre. En fait, il a à peine semblé essayer ».
Le Washington Post est plus indulgent, semblant dédouaner le président et rejeter la faute sur l’opinion et les oppositions. « Il est dommage que M. Macron ait dû imposer sa réforme sans en passer par un vote parlementaire », car les « évolutions majeures des programmes sociaux réussissent mieux quand elles sont validées par les législatures », estime le journal des élites américaines. Cela n’enlève rien à la nécessité de la réforme des retraites, selon lui, qui devrait même inspirer des homologues de M. Macron à l’étranger.
« La République bloquée », a titré l’allemand Die Zeit, selon qui « il y a des réformes dont un gouvernement ne se relève jamais ». « La confiance dans le président et le Parlement, déjà en berne, a subi un coup supplémentaire. Emmanuel Macron en est le premier responsable », juge l’hebdomadaire.
L’utilisation du 49.3 symbolise « l’échec de la politique et une crise institutionnelle profonde », estime Ana Fuentes dans El Pais. Pour cette ancienne correspondante à Paris du quotidien espagnol, « Macron, dont la popularité est au plus bas, [est] toujours remis en question pour son caractère hautain et déconnecté de la rue ». « Que cela plaise ou non, il a fait ce qu’il avait annoncé », remarque-t-elle, mais « la question est de savoir s’il a dilapidé tout son capital politique ».
APPIS