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« Pourquoi nous serons aux côtés de Bernard Cazeneuve le 10 juin à Créteil »

Plusieurs ex-députés et élus issus du PS, électeurs d’Emmanuel Macron en 2017et 2022, apportent leur soutien à La Convention, le mouvement initié par Bernard Cazeneuve, qui tiendra sa première réunion publique nationale, samedi 10 juin à Créteil.

Bernard Cazeneuve, le 5 février 2022.
Bernard Cazeneuve, le 5 février 2022. 

 

Voici leur tribune : « Élus ou militants de gauche de toujours, nous avons apporté notre soutien à Emmanuel Macron en 2017 et la plupart d’entre nous le lui ont renouvelé, parfois par défaut, en mai 2022.

Notre sensibilité sociale-démocrate se retrouvait dans son engagement européen, dans la réhabilitation du mérite et du travail, et celle des savoirs fondamentaux à l’école, dans la revalorisation de l’apprentissage et de l’enseignement technique, dans la redynamisation de notre économie et la réduction du chômage tout juste engagées sous François Hollande, dans la PMA pour toutes, comme dans la protection des populations et des entreprises lors de la crise sanitaire et depuis l’invasion de l’Ukraine.

Face à la marée montante des populismes et des nationalismes illibéraux, nous ne sommes pas radicalement hostiles au principe d’un « dépassement » entre droites et gauches démocratiques et républicaines, mais par un contrat de programme si la situation du pays l’exige, plutôt que par dilution dans un fourre-tout césariste.

Mais force est de constater que le macronisme « apolitique » n’a pas tenu sa promesse cardinale d’endiguer la progression de l’extrême droite qui est aujourd’hui au seuil du pouvoir. En refusant que se structure, au sein de sa majorité, un parti de gauche porté par les deux tiers de l’électorat socialiste qui l’ont rallié en 2017, le Président de la République et quelques transfuges zélés ont condamné sa majorité à pencher à droite et la gauche à se perdre dans un populisme séditieux, qui outrage la République.

Les Français ne peuvent se résigner à ce spectacle qui aboutit à une fracturation de la société française

Ce faisant, une grande partie de la gauche est aujourd’hui invisible, désemparée et orpheline d’une offre politique dans la lignée historique des partis de Jaurès, Blum, Mitterrand, Rocard, Clémenceau, Briand et Mendes-France. 

Nous ne croyons pas, pour la politique, comme pour la société, à la vertu d’une rupture générationnelle, communautariste, sans mémoire, sans histoire et sans identité politique.  

Nous nous inscrivons dans la nécessité de refonder une offre politique de gauche pleinement assumée face à une droite écartelée entre un centrisme sans chair et la tentation électoraliste régressive d’une union avec l’extrême droite. 

Pour l’échéance de 2027, nous aspirons à conjurer le choix déchirant entre deux extrémismes qui se nourrissent l’un l’autre, de leur commune aversion pour la construction européenne, de leur nationalisme de repli et de leurs penchants corporatistes et communautaristes.

Les vociférations obscènes de la NUPES, jusqu’à la tribune de l’Assemblée nationale ne font pas avancer la cause des moins favorisés et des classes moyennes. La droitisation du discours politique et économique de la majorité relative qui soutient l’exécutif, non plus. L’appareil du Parti socialiste, dans un réflexe de sauve-qui-peut, s’est enterré en se soumettant à LFI. Les responsables de Renaissance se sont largement mis à la remorque des humeurs changeantes des Républicains. Les Français ne peuvent se résigner à ce spectacle qui aboutit à une fracturation de la société française et exacerbe la violence politique et civile.

Il faut retrouver une véritable Gauche de gouvernement, généreuse dans ses ambitions, responsable dans sa gestion et pro-européenne dans son projet

Le temps nous semble révolu de la « jupitérisation » de notre République, laquelle doit mieux s’appuyer sur les forces syndicales, associatives et politiques qui font, dans la profondeur du pays, la cohésion de notre Nation.

Notre conviction est qu’il faut, désormais, retrouver une véritable « Gauche de gouvernement », généreuse dans ses ambitions, responsable dans sa gestion et pro-européenne dans son projet. Cette Gauche de gouvernement, cette nouvelle social-démocratie, modernisée et adaptée aux attentes et aux défis de la Société d’aujourd’hui, lève enfin la tête.

La Convention initiée par Bernard Cazeneuve offre cette possibilité d’un espace politique nouveau, d’une ouverture qui redonne de l’espoir aux citoyens. Elle nous semble la seule opportunité crédible de recréer une gauche pro européenne, sociale-démocrate et libérale, laïque, universaliste et fermement attachée aux principes républicains qui sont profondément inscrits dans notre histoire sociale et politique.

C’est pourquoi, aujourd’hui, nous répondons à l’appel lancé par Bernard Cazeneuve et serons avec lui, par la pensée ou à ses côtés, en témoignage à la fois de notre soutien et de notre espoir, le 10 juin après-midi à Créteil. »

Les signataires :

Gilles Savary, ancien député français (Gironde) et européen

Yves Durand, ancien député du Nord et maire de Lomme

Jean-Louis Gagnaire, ancien député de la Loire

Francis Chouat, ancien député de l’Essonne et maire d’Évry

Anne-Yvonne Le Dain, ancienne députée de l’Hérault

Catherine Quéré, ancienne députée de Charente-Maritime

Alain Calmette, ancien député-maire d’Aurillac

Jean-Pierre Masseret, ancien ministre et sénateur de Moselle

Roland Ries, ancien sénateur et maire de Strasbourg

Jean Besson, ancien sénateur de la Drôme

Yannick Villain, maire de la Celle-St-Cyr

Jeoffrey Ruiz, adjoint au maire de Lormont

Vincent Béguier, maire adjoint Valence-en-Poitou

Sophie Segond, conseillère municipale à Paris

Ludovic Hernandez, conseiller municipal de Lyon

Didier Vullierme, conseiller métropolitain de Lyon

Emmanuel Provin, conseiller municipal de Bar-sur-Aube

Marie-Annick Barthe, ancienne conseillère de Paris

Pierre Bourdereau, ancien délégué national PS

Fabrice Huret, ancien vice-président d’agglomération

Françoise Casalino, ancienne conseillère régionale AuRA

François Ruhlmann-Fournier, ancien maire-adjoint d’Erstein

Christian Brisset, ancien élu régional et municipal nantais

Françoise Méteyer Zeldine

Denis Soubeyran

Jean-Paul Tran-Thiet, avocat

Marina Tymen, consultante

Bernard Cazeneuve assure que la gauche anti-Nupes a devant elle « un boulevard »

L’ancien premier ministre de François Hollande organisait samedi la première réunion publique de son mouvement La Convention. Il a une nouvelle fois critiqué la stratégie de la Nupes, à qui il oppose une « gauche de gouvernement qui change la vie ».

 

 Bernard Cazeneuve s’apprête à monter sur scène lors de la réunion de lancement de son mouvement « La Convention », au Palais des sports Robert Oudron, Créteil (Val-de-Marne), le 10 juin 2023.

Il a souhaité renouer avec une « gauche sans décibel mais avec des solutions ». L’ancien premier ministre socialiste, Bernard Cazeneuve, a voulu ouvrir samedi 10 juin « un chemin d’espérance », semblant faire un pas de plus vers une possible candidature à la présidentielle de 2027.

L’ex-ministre de l’intérieur a démenti une nouvelle fois toute ambition personnelle devant la presse mais, dans le palais des sports de Créteil, son discours a pris des accents de candidat, pour le plus grand bonheur des militants.

L’ancien maire de Cherbourg a quitté le Parti socialiste (PS) après l’accord de la Nupes conclu il y a plus d’un an avec La France insoumise, Europe écologie les Verts, communistes et socialistes. Avec son mouvement La Convention, lancé en mars dernier, il entend fédérer les tendances de gauche hostiles à cette alliance pour éviter l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

« C’est la gauche de gouvernement qui change la vie que vous cherchez à faire revivre », a-t-il déclaré devant environ 2 000 personnes, dans une chaleur étouffante. Et face à « ceux qui semblent redouter » qu’il soit candidat, de lancer : « quand on a été candidat 12 fois à une élection, rien n’empêche qu’on le soit une 13e fois ».

 François Hollande et Bernard Cazeneuve, au Palais des sports Robert Oudron, Créteil (Val-de-Marne), le 10 juin 2023.   

Alors qu’Olivier Faure, le patron du PS, a estimé dans la semaine que cette gauche anti-Nupes était une impasse, Bernard Cazeneuve a rétorqué voir plutôt « une avenue large, pour ne pas dire un boulevard ».

Il a assuré la salle de sa « volonté », son « opiniâtreté » et sa « détermination » car « la nation aspire à un autre chemin ». Mais « c’est une affaire qui appelle beaucoup d’énergie. On est un peu comme si on devait franchir l’Himalaya sans les moufles », a-t-il reconnu devant la presse un peu plus tard.

Très sévère sur la « stratégie de la confrontation » développée par La France insoumise depuis six ans, il a taclé : « non, le bruit et la fureur ne sont pas une option pour les Français ». Il a aussi critiqué Olivier Faure : « je n’ai jamais pensé que dans PS, le S signifie sectaire ».

Toute la gauche anti-Mélenchon s’était donné rendez-vous pour cette première réunion publique de son mouvement qui compte désormais 7 000 adhérents.

Vers une « force politique »

Avant un débat sur l’Europe avec notamment l’ancien premier ministre belge Elio Di Rupo, l’ancien président du conseil italien Enrico Letta ou l’ex-président du Parlement européen Martin Schulz, François Hollande a justifié sa présence. L’enjeu est de pouvoir « reconstituer la grande force de gauche dont le pays a besoin » mais « il n’y a pas de victoire à gauche si ce n’est pas cette force-là qui est la première à gauche », a-t-il affirmé.

Pour les élections européennes de 2024, Bernard Cazeneuve a plaidé, comme l’ancien chef de l’Etat, pour une liste de gauche « résolument européenne, qui ne confond pas les dictateurs avec les représentants du monde libre ».

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Dans le public, majoritairement composé de têtes blanches, se trouvaient notamment les représentants locaux de La Convention, de nombreuses personnalités socialistes comme l’ancien premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis ou l’ancien président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone, mais aussi des représentants de la gauche de la Macronie, comme Gilles Savary.

Les représentants du mouvement Refondations – la ligne anti-Nupes à l’intérieur du PS – qui tentent eux aussi de fédérer cette gauche de gouvernement, étaient pour la plupart en vidéo. « Ensemble, réunis, nous sommes la gauche », s’est écrié Guillaume Lacroix, le président du Parti radical de gauche, qui soutient l’initiative de Bernard Cazeneuve.

La social-démocratie, « c’est un mouvement en gestation qui commence à redevenir à la mode », salue Jean-Christophe Cambadélis, qui a lui aussi organisé un rassemblement mi-mai.

Bernard Cazeneuve se dit persuadé qu’à la fin, toutes ces initiatives se rassembleront. « Il faut qu’on crée les conditions de grandes assises de la gauche de gouvernement pour qu’il y ait une force politique dans la perspective des échéances qui s’annoncent », a-t-il expliqué à l’Agence France-Presse.

APPIS

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