Sélectionner une page

Sophie Binet (CGT) s’adresse au NFP : « Que chacun laisse de côté ses intérêts partisans et personnels ! »

Invitée d’« À l’air libre », la secrétaire générale du syndicat exhorte les partis de gauche à s’accorder sur le nom d’un premier ministre après cinq jours de discussions infructueuses.

« C’est l’avenir du pays qui se joue. […] Si le NFP [Nouveau Front populaire] n’est pas à la hauteur de la situation, les choses peuvent se renverser très, très vite. Si le NFP n’est même pas capable de proposer un gouvernement, une trajectoire rapidement, tout ce qu’on a toutes et tous fait va tomber comme un château de cartes. » 

Invitée de Mediapart jeudi 11 juillet, la secrétaire générale de la CGT a exhorté les dirigeantes et dirigeants des partis de gauche à proposer « un nouveau gouvernement […] sur une politique de rupture à la politique économique et sociale d’Emmanuel Macron ».

« La nuit porte conseil, ajoute-t-elle, espérant un nom de premier ministre d’ici la fin de la semaine. Il faut que chacun y mette du sien pour trouver des solutions qui rassemblent. »

« Que chacune et chacun laisse de côté ses intérêts partisans et personnels, exhorte la dirigeante syndicale. Ça joue dans tous les sens au sein de la gauche, à droite, au centre, mais les électeurs n’iront pas dans le détail. Ils vont tous se faire balayer par l’extrême droite s’il n’y a pas là un nouveau gouvernement qui sort sur une politique de rupture à la politique économique et sociale d’Emmanuel Macron. »

« On ne se laissera pas voler la victoire de dimanche soir », a-t-elle rappelé, appelant à une mobilisation le 18 juillet devant les préfectures et l’Assemblée nationale à Paris.

Mercredi 10 juillet, dans une « Lettre aux Français », Emmanuel Macron a estimé que « personne ne l’a emporté » aux législatives, malgré la victoire du NFP en nombre de sièges, semblant ainsi balayer l’hypothèse de nommer un premier ministre issu des rangs de la gauche.

Législatives: après la lettre aux Français de Macron, Sophie Binet (CGT) lui demande «de sortir du déni»

 « Il a perdu. Il a perdu les élections », a tenu à souligner la syndicaliste, jeudi 11 juillet. Elle a appelé le président de la République à « nommer le Premier ministre qui sera proposé par le Nouveau Front populaire »
.
AFP - Sophie Binet.jpg

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, lors d’un rassemblement à Cordemais en Loire-Atlantique, le 17 avril 2024  

.

« Je suis très inquiète parce que je crois qu’Emmanuel Macron n’a toujours pas compris qu’il est président de la République et que quand on est président de la République, on doit être garant du respect des institutions », a complété Mme Binet.

Sortant de son silence trois jours après le second tour des législatives, le président s’est adressé mercredi aux Français dans une lettre en demandant aux « forces politiques républicaines » de « bâtir une majorité solide » pour gouverner. « Personne ne l’a emporté dimanche », a-t-il déclaré, scandalisant la gauche qui continue de revendiquer le gouvernement.

isque de « chaos ». « Il faut qu’il entende le résultat des urnes », a estimé Sophie Binet. « Emmanuel Macron doit prendre acte du fait qu’il a perdu, doit nommer le Premier ministre qui sera proposé par le Nouveau Front populaire et laisser le Nouveau Front populaire travailler avec l’Assemblée pour construire des majorités », a-t-elle ajouté.

« S’il ne respecte pas le résultat des urnes, il risque encore une fois de plonger le pays dans le chaos », s’est inquiétée la numéro 1 de la CGT. « On a l’impression d’avoir Louis XVI qui s’enferme à Versailles », a-t-elle encore déploré.

Rassemblements. Sophie Binet a rappelé que la priorité pour son syndicat était d’« avoir un gouvernement, quel qu’il soit, qui abroge la réforme des retraites, qui augmente les salaires et qui donne de l’argent pour nos services publics ». Le 18 juillet, la fédération CGT des cheminots appelle ses syndicats à organiser des rassemblements partout en France et à proximité de l’Assemblée nationale à Paris.

Estimant que les relations avec la CFDT étaient toujours « excellentes », elle a promis une communication « dans les prochains jours » sur des « revendications sociales » communes.

Invitée de France Inter, la numéro un de la CFDT, Marylise Léon, a de son côté regretté qu’Emmanuel Macron dans sa lettre « ne parle pas vraiment aux Français ». « Les attentes des travailleurs et des travailleuses autour du pouvoir d’achat, des conditions de travail, elles ne se sont pas dissoutes avec les élections législatives », a-t-elle rappelé. Elle a aussi jugé « légitime » que ce soit le « bloc qui arrive en tête » qui « pose les conditions et qu’on parte de leur programme ».

.

APPIS

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *