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Par Andreannemorin02   Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=124934253

Par Andreannemorin02 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=124934253

Où sont les jeunes ?

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François Crémieux

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La jeunesse, qui « emmerdait » le Front national, vote désormais à 25 % pour l’extrême droite. L’affaiblissement des formes traditionnelles d’encadrement et de politisation de la jeunesse devraient préoccuper davantage les mondes politique et intellectuel.

Les analyses des élections européennes puis législatives de juin 2024 sont globalement concordantes, faisant état d’écarts significatifs entre les grandes métropoles, globalement à gauche, et les zones rurales (notamment la fameuse diagonale Pays basque-Alsace), avec un vote d’extrême droite à la fois fort et en progression. Le littoral atlantique résiste aux idées du Rassemblement national (RN) et conserve des couleurs républicaines et plutôt de gauche, quand le littoral méditerranéen confirme une tendance de droite avec une présence toujours forte du RN. Ce dernier conserve et même accroît son avantage chez les employés et devient majoritaire parmi les ouvriers, tout en progressant aussi parmi les cadres et les retraités, historiquement plus résistants à l’extrême droite et enclins à un « conservatisme républicain ». Enfin, le gender gap semble disparaître avec un vote féminin pour le parti d’extrême droite revigoré de dix points et désormais de seulement deux points inférieur à celui des hommes.

Quant aux jeunes, Adélaïde Zulfikarpasic et Christelle Craplet notent trois évolutions : l’abstention reste stable et élevée chez les 18-24 ans à 60 % ; le vote en faveur de La France insoumise (LFI) s’implante durablement autour de 30 %, loin devant les autres forces de gauche ; et celui en faveur du RN progresse à 25 %, jusqu’à s’approcher de son score moyen d’environ 30 %1. Des explications conjoncturelles existent : la mobilisation pour Gaza incarnée par LFI a emmené une partie de la jeunesse et Jordan Bardella a pu attirer à lui sa propre génération. Mais le vote de la jeunesse pourrait emporter, par « l’inertie des consciences », des répliques électorales déterminantes pour l’avenir, en éloignant durablement une génération de la gauche sociale-démocrate et de la droite libérale.

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Comment en est-on arrivé là ?

Si ces analyses, avec les cartes et graphiques qui en découlent, décrivent l’état électoral du pays, elles expliquent moins les évolutions structurantes de ces dernières années, qu’elles soient à lire dans les bornes du pays ou à l’échelle plus grande des démocraties européennes, à commencer par ce qui ressemble à une inexorable montée des populismes.

Des causes majeures émergent néanmoins des données descriptives du vote : premièrement, l’évolution des services publics depuis un demi-siècle, la désertification scolaire, la disparition de l’économie de proximité au profit des centres commerciaux périurbains, les difficultés de répondre à la demande de soins et de services à la personne, et tout ce qui, progressivement, fait basculer villages et petites villes dans un sentiment d’abandon. Deuxièmement, la perception des classes moyennes qui ne bénéficient ni de la richesse et du confort des uns, ni – pensent-elles – des aides sociales des autres. Troisièmement, l’évolution des partis eux-mêmes (RN en tête), capables au fil du temps d’atténuer les irritants du discours au-delà de l’impact des idées et du projet pour certaines catégories d’électeurs réfractaires, par exemple retraités « républicains conservateurs » ou femmes plus attachées aux droits et à l’égalité.

La première limite de cette sociologie électorale est d’être plus descriptive que dynamique – et de peiner ainsi à répondre à la question centrale sur la progression de l’extrême droite : comment en est-on arrivé là ? D’autant que toutes les victimes de la désertification des services publics ne votent pas à l’extrême droite, pas plus que tous les ouvriers ou toutes les femmes, donc qu’au-delà de la description par catégories et des tentatives de rattacher les votes d’aujourd’hui à des politiques publiques d’hier, la causalité est imprécise.

L’autre limite de ces analyses est de considérer sans discernement que ces catégories existent effectivement dans la réalité sociale, en tant que déterminants du vote. Vivre en zone peu dense ou le long du littéral s’objective indiscutablement. Appartenir à la classe moyenne beaucoup moins, le critère du revenu mesurable étant certainement très insuffisant pour décrire une réalité faite aussi d’accès à l’éducation, de culture, de situation des parents, des enfants et des proches. Les analyses statistiques comprennent un biais majeur, celui de mesurer ce qui est mesurable, de s’intéresser dans le temps aux données qui résistent au changement et de progressivement donc se focaliser sur quelques critères simples : lieu d’habitation, revenu, catégorie socioprofessionnelle, genre, âge. Et sur ces bases, la progression du RN a laissé les analystes presque sans voix puisque, sur la plupart de ces indicateurs, elle était à la fois forte, relativement homogène et inédite.

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Le passage des générations

Depuis les années 1980 et la lente progression du parti lepéniste, les jeunes ont constitué le gros des troupes de la résistance aux idées d’extrême droite. En 2002, 34 % des jeunes restent fidèles à une certaine tradition abstentionniste (six points de plus que l’abstention globale), mais ils se mobilisent toujours pour le second tour et ne votent pour Jean-Marie Le Pen qu’à 12 % (six points de moins que son score de 18 %). La jeunesse « emmerde » alors encore le Front national. En 2007, 7 % des jeunes votent Jean-Marie Le Pen, trois points seulement en dessous de son résultat national. En 2012, la bascule s’opère : Marine Le Pen recueille 18 % des suffrages chez les 18-24 ans. On peut désormais être jeune et frontiste. Au premier tour des présidentielles en 2022, 35 % des jeunes votent Marine Le Pen : la jeunesse n’emmerde plus du tout le Front national.

L’intensité des mouvements de jeunesse contribue à la persistance des valeurs de ces mobilisations lycéennes ou étudiantes dans la durée.

Comprendre ces évolutions politiques oblige à des hypothèses dynamiques sur les causes du changement des habitudes de vote, au-delà de corrélations instantanées. Et faute de mieux expliquer le présent, comprendre les ressorts du vote d’extrême droite et du vote pour LFI – sans les confondre – pourrait aider à anticiper la poursuite de la dégradation du climat politique ou, au contraire, engager l’inversion. Nous formulons ici l’hypothèse que l’intensité des mouvements de jeunesse, au-delà de sa participation à la formation intellectuelle d’une génération, contribue aussi, au fur et à mesure que celle-ci vieillit, à la persistance des valeurs de ces mobilisations lycéennes ou étudiantes dans la durée.

La génération du mouvement de 1968, étendu jusqu’aux grandes manifestations de 1973 contre la loi Debré et son projet de suspension des sursis militaires, trentenaire en 1981, a largement participé à la bascule du 10 mai 1981 d’une France certes modernisée et plus avant-gardiste socialement sous Giscard. La vague des grands mouvements antiracistes des années 1983-1990 (la Marche pour l’égalité et contre le racisme ou « Marche des beurs » en 1983, SOS Racisme créée en 1984, la lutte contre l’apartheid jusqu’à la libération de Mandela en février 1990), également portés par de grands mouvements étudiants contre la loi Devaquet (1986), a sans doute marqué la cohorte des trentenaires des années 2000, période de retour au pouvoir de la gauche avec le gouvernement Jospin (1997-2002). Ces acmés de mobilisation – venues défier le pouvoir aux âges où se forgent des convictions fortes, avant qu’elles ne soient encore renforcées ou, au contraire, atténuées par une existence sociale faite de relations professionnelles, de revenus issus d’une réussite économique ou au contraire de précarité, qu’on vive en zone rurale ou en cœur de métropole, et qu’on soit homme ou femme – peuvent donc expliquer qu’à conditions équivalentes, on résiste ou non aux réponses faciles et populistes aux problèmes complexes de la vie.

Au-delà des mouvements de revendication, l’évolution du cadre intellectuel de la jeunesse peut s’expliquer également par l’influence déclinante des grandes organisations de jeunesse. La jeunesse communiste, par exemple, déclarait 70 000 adhérents en 1970, une remontée à 100 000 à la fin de la décennie et environ 15 000 depuis les années 2000. La Jeunesse ouvrière chrétienne, avec près de 400 000 membres au sortir de la guerre, en compte environ 10 000 aujourd’hui. Et le « scoutisme français », fort de 200 000 membres après-guerre, n’en a plus que 150 000 dans les années 1970, 70 000 dans les années 2000 et environ 100 000 aujourd’hui. Rien ne s’additionne aisément, mais si on considère que ces nombres recouvrent des classes d’âges d’environ dix ans (15-25 ans), ils sont à rapporter à environ 10 millions de jeunes. Un travail académique précis permettrait de confirmer cet ordre de grandeur : de l’après-guerre à 1970, ce sont peut-être 10 % de la jeunesse qui se trouvaient impliqués dans ces grands mouvements (près d’un million) et probablement moins de 1 % (moins de 100 000 personnes) après l’an 2000. Cette analyse trop rapide ne résume certainement pas l’impact social et donc aussi électoral d’une jeunesse marquée par ces mouvements, qui militaient sous des formes très diverses pour un certain sens de la collectivité, du vivre ensemble et de la solidarité. L’hypothèse est donc que l’affaiblissement des engagements de jeunesse, qui étaient aussi caractérisés par une opposition à la génération précédente, participe de la perte des repères politiques aujourd’hui.

C’est la génération des « millénials » qui fait basculer la jeunesse dans la moyenne du vote d’extrême droite : premier coup de semonce en approchant la moyenne nationale en 2012 pour Marine Le Pen avec les jeunes nés autour de la décennie 1990 et confirmation dix ans après en 2024 pour Jordan Bardella avec les jeunes nés autour de 2000. Au-delà de la bascule de siècle, c’est aussi la queue de comète des grandes mobilisations de l’après-1970 : militantisme anticolonialiste, engagement humanitaire, luttes antiracistes. Le champ des mobilisations de la jeunesse se resserre progressivement sur des enjeux plus limités, autour de questions notamment universitaires (sélection et droit d’inscription) et du monde du travail. Ces jeunes nés au tournant du siècle sont pourtant engagés sur plusieurs fronts, contre la précarité du travail (contrat première embauche de 2006), pour la liberté d’expression (attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015), puis dans les mouvements citoyens pour l’environnement (marches pour le climat en 2018 et actions régulières du mouvement Extinction Rebellion) et sous de multiples formes en appui des mouvements féministes. Mais ces mobilisations, contrairement à celles des décennies précédentes, peinent à trouver leur relais électoral. La faible structure politique des mouvements de ces vingt dernières années rend plus incertaine la tenue dans le temps des digues intellectuelles les plus fondamentales. Pour les uns, le vote pour un parti raciste et xénophobe reste impensable, quand, pour d’autres, il peut se négocier à l’aune des difficultés du moment.

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Jeunesse(s) de Marseille

Dans l’entre-deux tours des législatives 2024, le groupe Esprit de Marseille a organisé une soirée de débat et de mobilisation au théâtre de La Criée avec Les Voix de Marseille, un collectif citoyen engagé contre l’extrême droite. Durant cette période, associations et collectifs ont agi lors de rassemblements et sur les réseaux sociaux pour, selon les cas, mobiliser contre l’abstention, faire barrage à l’extrême droite ou appeler à voter pour le Nouveau Front populaire (NFP).

Pas plus qu’au niveau national, les enjeux électoraux marseillais ne peuvent se résumer à une seule explication. Qu’il s’agisse d’identifier les causes de l’abstention ou celles du vote pour le RN, Marseille concentre potentiellement la preuve qu’elles sont toutes pertinentes. Les inégalités sociales sont ici grandes entre la bourgeoisie des quartiers sud et la précarité des quartiers nord ; les accès au logement, aux services publics, aux transports sont des marqueurs d’inégalités forts selon qu’on naît et grandit d’un côté ou de l’autre de la Canebière. On parle ici d’assignation à résidence pour les habitants éloignés du centre-ville. Quant à la violence, qu’elle soit vécue au quotidien ou ressentie comme un risque possible, elle se matérialise à Marseille par des zones interdites d’accès, des chicanes à l’entrée de certaines cités, la crainte de voir une arme de guerre jaillir de nulle part et un record de près de cinquante morts dans les règlements de comptes liés au trafic de drogues en 2023.

Le sentiment d’abandon des pouvoirs publics pour les uns, l’injustice ressentie par d’autres des inégalités de richesse, des espoirs dérisoires de parents pour l’ascension sociale de leurs enfants voire l’inéluctabilité d’un déclassement sont, ici comme ailleurs, le terreau propice à un à-quoi-bon électoral qui mène à l’abstention, à un mélange de peur et de jalousie, et à l’illusion qu’un discours populiste puisse répondre aux difficultés du quotidien. Dans les cinq circonscriptions des quartiers nord, l’abstention est supérieure aux 33 % nationaux, jusqu’à 47 % pour les circonscriptions les plus marquées par la précarité économique et « résidentielle ». Le RN a par ailleurs réalisé des scores élevés, avec deux sièges remportés dans les première (Monique Griseti) et troisième (Gisèle Lelouis) circonscriptions et des sièges largement conservés par LFI dès le premier tour (Manuel Bompard) dans la quatrième circonscription ou au second tour dans la septième (Sébastien Delogu). Les quartiers populaires de Marseille sont représentés à l’Assemblée nationale par LFI ou le RN.

Métropole universitaire, scindée en deux campus en raison de la répartition des étudiants entre Marseille (médecine, sciences de l’ingénieur, sciences sociales) et Aix-en-Provence (droit, lettres, langues, économie, sciences politiques), Marseille n’a jamais été un centre névralgique des mouvements contestataires estudiantins. Mais après la série de crimes racistes de la décennie 1973-1983, c’est du quartier marseillais de la Cayolle que part la Marche des beurs le 15 octobre 1983. En mars de la même année, le Front national avait remporté un premier coup d’éclat électoral avec 16 % des voix aux municipales de Dreux, soit environ la moitié du score du RN à Marseille en 2024. La réaction aux crimes racistes de la décennie 1970 et l’enthousiasme soulevé par la Marche des beurs (100 000 personnes à l’arrivée à Paris) a formé une génération de jeunes, qu’on retrouve aujourd’hui, cinquantenaires et plus, dans les réseaux associatifs.

En 2013, Libération reprenait l’histoire d’Hanifa Taguelmint, une des leaders marseillaises de la marche de 1983 qui, trente ans après, se mobilisait à nouveau après la mort d’un neveu, tué par un policier ivre. Elle découvre alors les copains du neveu « perdus, totalement dépolitisés2 ». En 2024, dix ans après, c’est avec des militants formés dans les mouvements de jeunesse d’il y a trente ans que la soirée à La Criée a rapidement pris forme.

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Et demain ?

Notre hypothèse engage un travail pour l’avenir. Que votera la génération des 15-25 ans d’aujourd’hui aux élections de 2030 et après ? Cette jeunesse aura un poids déterminant dans l’évolution de l’électorat français, pour son million de voix mais aussi pour son influence sur la génération de ses parents et sur la génération primo-votante qui les suivra. Or que vaut aujourd’hui l’addition des membres actifs des grands mouvements de jeunesse, dans un monde où ni les partis politiques, ni le monde associatif, ni les mondes ruraux, ouvriers, chrétiens ou plus largement d’inspiration religieuse ne paraissent en mesure de susciter une construction intellectuelle de la jeunesse reposant sur quelques grands principes fondateurs de notre vie en démocratie et à ce titre remparts du risque populiste ?

Des mouvements existent, pour la planète et pour dénoncer l’action insuffisante des États contre le réchauffement climatique, des féministes défendent les droits non seulement des femmes et des communautés LGBT, mais plus largement dénoncent un ordre établi inégalitaire voire oppresseur, en soutien aux migrants pour affirmer la persistance d’une solidarité universelle, dans le monde rural pour réinventer des équilibres de vie entre ruralité et mondialisation urbaine, pour défendre les services publics, militer pour l’âge de la retraite ou s’engager pour des causes à l’international, de l’oppression contre les Ouighours au soutien aux Palestiniens dans le drame de Gaza.

Ces nouvelles formes de mobilisation passent souvent par les modes de vie (manières d’habiter, de consommer, de se nourrir, de produire son énergie ou de gérer ses déchets), l’utilisation du corps pour dénoncer et revendiquer (mode d’action du mouvement Femen) ou le renouveau d’actions de désobéissance civile (occupations d’immeubles de Droit au logement, blocages urbains d’Extinction Rebellion, rassemblements anti-bassines, actions « coup de poing » de Greenpeace, Sea Shepherd et autres). Mais ces mouvements marquent-ils une génération jusqu’à fixer les limites d’un vote possible à la fois « pour » et le cas échéant « contre », dans l’esprit du front républicain ? Ils se fédèrent autour d’actions ponctuelles et ont plus vocation à mobiliser les jeunes qu’à les accompagner dans un parcours de militantisme. Ils sont, enfin, peu articulés avec les formes diverses de militantismes plus traditionnels (lycéen, étudiant, syndical ou politique).

Une des leçons des élections européennes et législatives de 2024 pourrait donc être que des politiques publiques volontaristes, mais aussi des initiatives de la société civile comme celles qui structurèrent l’engagement de la jeunesse de l’après-guerre aux années 2000, convergent vers une volonté forte d’accompagner la jeunesse qui fera les forces vives de la démocratie de demain.

L’écart perçu entre le dynamisme des mouvements ruralistes, de la vie associative dans les quartiers dits prioritaires de la ville (QPV), dans le monde étudiant ou parmi les engagés des mouvements pour le climat pourrait donner de l’optimisme : un gros tiers d’électeurs qui votent RN aux européennes mais se dédisent partiellement aux législatives pour finalement faire trembler la démocratie sans la démolir laisse à penser que ce travail auprès de la jeunesse est possible. Preuve aussi que la jeunesse est mobilisable politiquement. Une autre leçon de cette séquence électorale étant que LFI et le RN, bénéficiaires du vote jeune, sont les deux seules forces politiques à avoir à la fois structuré des mouvements de jeunesse en leur sein et articulé des sujets de mobilisation citoyenne de la jeunesse avec une expression politique. LFI fait le lien entre la mobilisation internationale pour Gaza, l’engagement pour le climat ou les militantismes antiracistes ou féministes. Le RN tente d’attirer et d’organiser la jeunesse conservatrice, issue notamment des rangs de la Manif pour tous.

La première priorité serait à cet égard de ne plus fragiliser, mais au contraire de stabiliser et de renforcer le mouvement associatif lié à l’éducation populaire, aux actions d’engagement dans les collèges et les lycées, au soutien aux associations de quartier ou au mouvement rural. La deuxième serait de reconsidérer ces corps intermédiaires qui se mobilisèrent massivement après les européennes et plus encore entre les deux tours des législatives pour appeler à voter le plus massivement possible et faire leur part d’éducation politique, en rappelant ce qu’avait été le mouvement d’extrême droite en France et ce qu’il restait aujourd’hui malgré toutes les tentatives de reconstruction de façade.

Le monde intellectuel doit ici prendre sa part. C’est en restant à l’écoute de cette « nébuleuse jeune » et de ses propres modalités d’engagement qu’il pourra contribuer à les renforcer.

François Crémieux

  • 1. Christelle Craplet et Adélaïde Zulfikarpasic, « Les jeunes “emmerdent”-ils le Rassemblement national ? » [en ligne], Fondation Jean Jaurès, 19 juin 2024.
  • 2. Olivier Bertrand, « Hanifa Taguelmint, pas à pas pour l’égalité à Marseille », Libération, 22 octobre 2013.

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