BIOVIVIALISME… à gauche ?
2022 : nouvel échec de la gauche, nouvelle performance de l’extrême droite, nouveau sursis pour le libéralisme ? C’est probable.
Probable et sidérant alors qu’une large majorité de citoyennes et de citoyens devrait se reconnaitre dans le « biovivialisme » ou « biodiversialisme » qui, certes, reste à définir. Mais dont je suggère qu’il se réfère à des valeurs de simplicité, de sobriété, de justice sociale, de solidarité, d’appartenance à la nature (à la biodiversité, ce bien si précieux en péril), de coopération, impliquant responsabilité et rigueur… On peut le définir aussi en ce qu’il s’oppose au matérialisme, au consumérisme, au productivisme, à l’individualisme, au dirigisme, à la compétition et à la loi du plus fort, au communautarisme, au sectarisme… Une certaine gauche en quelque sorte ?
Car la gauche est « plurielle » !
Il y a différentes gauches, productivistes, matérialistes, consuméristes, faiblement environnementalistes si ce n’est pro nucléaire, corporatistes, dogmatiques, promptes à la confrontation… quand d’autres sont anarchistes, libertaires, permissives, absolutistes, idéalistes… ou encore d’autres, pragmatiques, conscientes que la complexité s’accommode moins que jamais aux simplismes de tous bords ! Il y a des engagés et des enragés ! Il y a des mauvaises green et des écolos exemplaires ! Il y a les pros de l’inquisition et de l’accusation. Il y a les purs et les durs. Il y d’authentiques humanistes mais aussi d’authentiques ambitieux…
Et tout ça devrait faire « La Gauche » ?
Donc pour 2022 c’est mal parti. Surtout qu’une partie de l’électorat « Les Républicains » lorgne de moins en moins discrètement en direction de Le Pen. Et certains électeurs de Macron, déçus à juste titre, ne renouvelleront pas leur vote de 2017. Alors, lâché par les électeurs de gauche, Macron risque de trébucher sinon chuter devant Le Pen.
Dans l’état actuel de « la » gauche, le moins pire pour elle sera peut-être de négocier un soutien de dernière minute contre quelques engagements forts qui unirait les gauches sur des fondamentaux partagés. Malgré les tromperies du passé. J’en suis là. J’en suis à me dire que les valeurs d’avenir sont bien à chercher malgré tout du côté gauche. J’en suis à me dire que ces valeurs finiront tôt ou tard par émerger après les soubresauts inévitables et peut-être chaotiques que je redoute. La gauche est riche de visionnaires, mais pas de gestionnaires. Il lui manque ces pilotes de projets efficaces pour les mettre en œuvre, contrainte de s’abandonner habituellement à la bureaucratie et à la technocratie.
Bref la gauche est incapable de présenter un projet commun, fédérant les gauches sur des fondamentaux partagés. A fortiori avec une équipe crédible, une équipe de figures emblématiques.
Tout ou presque tout reste à faire.
Partons du principe que 2022 n’apportera rien de bon et mettons-nous au travail pour imaginer le nouveau récit auquel une majorité de citoyennes et de citoyens devrait s’identifier. Avec une certaine flamme. Une certaine ferveur.
En contrepoint du libéralisme et du populisme, je propose un néologisme pour leur opposer les valeurs convivialistes, signifiant qu’une vie « authentiquement » bonne dépend à la fois de notre appartenance à la biodiversité, des liens d’altruisme, d’entraide et de solidarité, des possibilités d’individuation, de responsabilité, de liberté, impliquant modération, bienveillance et désaccords féconds…
Pour ce faire il nous faut des femmes et des hommes jeunes et exemplaires, engagé(e)s et transparent(e)s, plein d’ambition pour notre monde et beaucoup de modestie pour leur personne…
Autant dire qu’on ne fait pas du neuf avec du vieux.
Pour le Laboratoire de la Transition

Jean-Louis Virat
26150 Die
Jean-Louis Virat est signataire du « second manifeste convivialiste-pour un monde post-néolibéral », Actes Sud, 103 pages, 9.80 €
Jean-Louis Virat est l’auteur de « Nantis sceptiques devenez écolos, et changez le monde vous aussi », autoédition du Laboratoire de la Transition, 2020 www.amadeor.fr