Saint -Agnan-en-Vercors : séjour d’expression et création chantée du samedi 10 au vendredi 17 août 2019…

Le chant sourcier
Séjour d’expression et création chantée

Du samedi 10 au vendredi 17 aout 2019 inclus

A « L’oasis du Vercors », Saint Agnan (26)

Un grand gîte, dans le majestueux Vercors, au cœur d’une vallée harmonieuse, à 800 m

d’altitude, traversé d’une rivière, bercé par une nature sauvage…
Pour découvrir le lieu : http://www.loasisduvercors.com/

Séjour de six jours afin d’appréhender en soi l’écrivain puis l’interprète de sa chanson juste éclose… La traversée sera parsemée d’exercices vocaux, de travail sur le souffle et le
corps. Rythme d’une journée vouée à écrire, peaufiner sa voix et l’expression corporelle :
Tai-Chi dans la prairie le matin, juste après le rendez-vous rituel près d’une rivière abritant chaque jour nos pensées, nos offrandes… Chaque jour, sera proposée une découverte thématique de notre vivier précieux : cette Chanson d’auteur si peu (re)connue.Vous seront proposées aussi des « Escapades poético-créatrices», animées par Hugo et Charlène.Hugo, par son sens musical inné, concoctera de son côté quelques parures harmoniques sous forme d’orchestrations et enregistrera tout ce beau monde-là avant de repartir : chacun s’en reviendra avec le CD de toutes les chansons…

Un concert buissonnier sera offert le premier soir, le samedi 10 août, avec

Hugo et Morice Benin.

Veillée-offrande aussi le dernier soir (vendredi 17) avec tous les participants, afin de restituer toutes les œuvres crées, en avant-première mondiale…

Prix : 6 jours en pension complète (7 nuits) : 650 euros tout compris

(Places limitées à 12)

Les repas, succulents et végétariens seront concoctés par Sophie-
Dorothée Baugier, compagne de Morice et auteure du livre : « La cuisinedes épices »

Quinze jours avant le rendez-vous, chaque participant recevra une brochure « thématique »

Renseignements : morice.benin@wanadoo.fr ou 06 07 22 40 70

Pour sceller votre inscription :

Chèque d’arrhes (100 euros) à l’ordre de M.Benin,
À expédier à : M.Benin – BP 51 – 26150 – DIE

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/saint-agnan-en-vercors-sejour-dexpression-et-creation-chantee-du-samedi-10-au-vendredi-17-aout-2019/

« Un autre monde semble disparaître, cette part que nous n’avons pas créée : celui de la nature sauvage »… par Virginie Maris…

« Un autre monde semble disparaître, cette part que nous n’avons pas créée : celui de la nature sauvage »

Vivre avec la fin du monde 5/6. Un million d’espèces sont menacées, dont 6 000 en danger critique d’extinction… il est temps de « décoloniser la nature », de « suspendre notre assaut, de laisser la nature reprendre son souffle », exhorte la philosophe Virginie Maris.

Tribune. La catastrophe écologique, qu’on annonce depuis plus de quarante ans, semble ces derniers mois susciter l’émoi d’un large public qui l’avait pendant longtemps considérée avec indifférence. Les notions de crise, d’effondrement et de rupture sont entrées dans les médias généralistes. Les évocations de fin du monde, longtemps réservées aux discours millénaristes et apocalyptiques, se sont en quelque sorte naturalisées, elles ont « atterri » pour lire aujourd’hui dans les conditions biophysiques de la planète les présages funestes que l’on cherchait hier dans le vol des oiseaux ou l’interprétation des psaumes.

Et si l’idée de « collapse » s’est confortablement installée dans la conception commune des problèmes écologiques de notre temps, nous n’avons guère le choix que de vivre avec, si ce n’est la fin du monde, à tout le moins l’idée de fin du monde. Pour ma part, je discuterai d’un monde qui semble bien disparaître sous nos yeux : celui de la nature sauvage, cette part du monde que nous n’avons pas créée.

Cette année encore, scientifiques et journalistes ont égrené les chiffres tragiques de ce déclin. Un monde qui disparaît dans sa diversité : un million d’espèces menacées, dont 6 000 seraient en danger critique d’extinction, faisant de la période actuelle un nouvel épisode d’extinctions massives, seul connu de l’histoire de l’humanité et dernier depuis la crise du crétacé-tertiaire qui vit disparaître les dinosaures il y a 65 millions d’années.

Le « syndrome » des pare-brise

Un monde qui s’efface également dans sa vigueur et dans son abondance, car derrière la disparition spectaculaire des espèces se joue une agonie plus silencieuse, la « défaunation », effondrement des effectifs des populations d’animaux sauvages. On estime ainsi que le nombre de vertébrés terrestres sauvages a chuté de 60 % en quarante ans. En France métropolitaine, c’est presque un tiers des oiseaux qui ont disparu en vingt-cinq ans, sans parler des insectes dont la chute vertigineuse se manifeste aux plus vieux d’entre nous par le désormais célèbre « syndrome » des pare-brise qui demeurent obstinément propres.

Un monde sauvage enfin qui se réduit comme peau de chagrin, l’avidité humaine se payant directement par la consommation gloutonne des milieux naturels. Tantôt c’est à grande échelle que l’on détruit, rasant les montagnes comme on découperait le couvercle d’une boîte de conserve pour en extirper des minerais, brûlant des forêts immémoriales pour y faire pousser de l’huile prête à engraisser nos tartines et booster nos voitures. Tantôt le tissu vivant se mite et se fragmente par le maillage de nos routes, nos voies aériennes, maritimes et souterraines, nos rails, par lesquels transitent toujours plus loin et toujours plus vite les marchandises venues des quatre coins de la planète et les quelques humains privilégiés autorisés à la sillonner comme bon leur semble. Aujourd’hui, plus d’un tiers des surfaces terrestres sont consacrées à l’agriculture et les trois quarts de la planète sont déjà significativement modifiés par les humains. Pendant que l’on artificialise en France métropolitaine l’équivalent d’un département tous les onze ans, les forêts tropicales partent, littéralement, en fumée, se réduisant chaque année d’une surface équivalente à l’Angleterre.

Le génie du vivant, c’est qu’il résiste à toutes les tentatives d’appropriation, de domestication et de contrôle, qu’il est toujours plus inventif et plus agile que nous

En miroir de ces courbes aux pentes vertigineusement abruptes, d’autres s’élèvent et semblent vouloir toucher le ciel : PIB mondial, consommation d’énergie et de biens, production agricole, démographie humaine, concentration de CO2 dans l’atmosphère… La croissance économique n’est que l’autre face de l’effondrement écologique.

Alors que les humains, passagers tardifs de ce grand voyage de l’évolution, habitaient une Terre qu’ils avaient en partage, de plus ou moins bon gré, avec une myriade d’autres êtres totalement indépendants de leurs desseins et de leurs désirs, ils sont en passe d’occuper totalement la planète, aussi belliqueux et pugnaces que s’ils occupaient un territoire ennemi.

Voilà ce dont nous parle l’anthropocène, néologisme rapidement popularisé qui désigne le temps des humains, un temps nouveau où se réalise le vieux fantasme de la Modernité : celui, pour les hommes (riches et européens), de se faire « comme maître et possesseur de la nature ». Mais c’est d’un monde en ruine qu’ils prennent le contrôle. Ce qui leur échoit, c’est un champ de bataille miné de leurs armements (biocides, polluants, CO2), troué de part en part par leurs infrastructures mortifères.

Le vernis craquelé de la modernité

Et pourtant, le sauvage n’a pas dit son dernier mot ! Car le génie du vivant, c’est qu’il résiste à toutes les tentatives d’appropriation, de domestication et de contrôle, qu’il est toujours plus inventif et plus agile que nous dans cette bataille. Partout, la vie sauvage, impétueuse, se rebiffe. Déjà le béton des cités se fend sous la force des racines, les carcans cèdent, les rivières endiguées débordent, la terre s’échauffe. Et, dans ce cadre entièrement conçu pour maintenir l’ordre et gérer l’inertie, c’est sous des formes de plus en plus menaçantes que le monde sauvage nous rappelle la vanité de l’ingénierie humaine : antibiorésistance, invasions biologiques, maladies infectieuses, dérèglement climatique… de toutes parts on voit craqueler le vernis confortable de la modernité.

Il faut dire que le combat qui s’est engagé contre la nature était perdu d’avance. Jamais il n’aurait dû être entrepris. Et c’est peut-être pour cela qu’il convient aujourd’hui de penser que nous pourrions bientôt vivre sur une Terre dépeuplée, saturée de nous-mêmes et de nos artefacts, où les sons du dehors ne seraient plus que ceux des machines, où nous aurions pour toujours renoncé à la surprise de découvrir des êtres radicalement étrangers à notre entendement, un monde lisse où ne subsiste plus la moindre altérité. C’est pour se donner le désir et le courage de préserver la part sauvage du monde que l’on doit en imaginer la fin.

Pour se détourner de la trajectoire macabre dans laquelle nous sommes engagés, il faut accepter de décoloniser la nature. Un tel projet prendra des formes nombreuses et l’une d’entre elles, la plus radicale peut-être mais aussi la plus urgente, est de soustraire de grands espaces, terrestres et marins, à l’influence humaine.

« Préférer ne pas » : ne pas construire, ne pas développer, ne pas organiser ; chérir la gratuité et le don ; voilà bien de quoi faire trembler les patrons du CAC40

Certains chercheurs estiment que, pour éviter l’effondrement de la biodiversité, il faudrait laisser la moitié de la planète à la nature sauvage. Aujourd’hui, en France métropolitaine, nous ne protégeons véritablement que 1,3 % du territoire. Entre ce confetti et la moitié du monde, il y a probablement des mosaïques à inventer, faites de sanctuarisation, de retrait et de cohabitation pacifique.

Alors que la transition énergétique est soluble dans l’économie de croissance, qu’elle génère aisément de nouvelles marchandises, de nouvelles demandes, qu’elle réorganise avec une efficacité redoutable les rapports d’abondance et de rareté si chers aux marchés, transformant en commodités jusqu’aux souffles du vent et aux rayons du soleil, la préservation du monde sauvage porte en elle les germes d’une irréductible subversion, fondamentalement récalcitrante aux logiques de profit et de mise au travail des vivants et de la terre.

Mettre fin au pillage

« Préférer ne pas » : ne pas construire, ne pas développer, ne pas organiser ; renoncer même, se fondre humblement dans le décor du paysage pour laisser d’autres formes de vie s’épanouir et constituer leurs mondes ; chérir la gratuité et le don ; prendre soin des plantes et des bêtes sauvages ; consacrer son temps et son talent à protéger et à entretenir des milieux qui n’ont rien à offrir en retour qu’une beauté à couper le souffle, voilà bien de quoi faire trembler les patrons du CAC40.

Et ce qui est encourageant dans une telle perspective, c’est que cela marche. Le monde vivant, contrairement au climat, répond très vite aux changements. Il suffit souvent de suspendre l’assaut, de laisser la nature reprendre son souffle pour que loutres et poissons migrateurs regagnent les rivières, pour que les prédateurs que l’on cesse de persécuter reviennent tranquillement, pour que la forêt qu’on accepte de ne plus gérer repousse dans son exubérance et son désordre.

Par-delà la vitalité des écosystèmes, la société elle-même semble prête. Combien sommes-nous aujourd’hui à souhaiter cette rupture, à reconnaître et à respecter l’altérité du monde sauvage, à vouloir mettre fin au pillage qu’organise un petit nombre de puissants aux dépens de tous les autres, humains et non-humains : celles et ceux qui refusent de s’asseoir sagement sur les bancs de leur classe pendant que leurs aînés saccagent le monde dans lequel il leur faudra survivre ; qui marchent pour le climat et la justice sociale ; qui désobéissent pour éviter l’extinction ; qui acquièrent des terres dans le seul but d’en faire des réserves de vie sauvage ; qui s’opposent aux grands projets inutiles ; qui inventent des pratiques paysannes et agricoles respectueuses des milieux… Ne sommes-nous pas infiniment plus nombreux que les cyniques et les technophiles, nous qui croyons qu’un monde sans vie sauvage ne vaudrait finalement guère mieux que la fin du monde ?

Virginie Maris est chercheuse au CNRS. Elle travaille au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE – UMR 5175) à Montpellier en philosophie de l’environnement. Ses travaux portent sur les enjeux épistémologiques et éthiques de la protection de la nature. Elle est l’auteure d’une trentaine d’articles scientifiques sur la biodiversité, l’écoféminisme, les espèces non indigènes, l’économie environnementale, les services écosystémiques ou la compensation écologique. Elle a publié Nature à vendre. Les limites des services écosystémiques (Quae, 2014), Philosophie de la biodiversité. Petite éthique pour une nature en péril (2de éd. Buchet-Chastel, 2016) et La part sauvage du monde. Penser la nature dans l’anthropocène (Seuil, 2018).

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/un-autre-monde-semble-disparaitre-cette-part-que-nous-navons-pas-creee-celui-de-la-nature-sauvage-par-virginie-maris/

Drôme : Sensibilisation au risque de feux d’espaces naturels…

Sensibilisation au risque de feux d’espaces naturels – 19.07.19

Article créé le 19/07/2019 Mis à jour le 19/07/2019  

Les conditions climatiques actuelles défavorables, notamment du fait des fortes températures prévues par Météo France pour les prochains jours, favorisent les risques de feux d’espace naturel sur tout le département de la Drôme.

Depuis la mi-juin, les sapeurs-pompiers de la Drôme restent mobilisés et ont traité plus de 130 feux d’espace naturel, soit plus de 4 incendies par jour.

La vigilance doit donc être de mise et la population est appelée à respecter les consignes de sécurité.

Consignes à respecter

Prévenir les incendies

Il s’agit d’abord d’éviter les sources de mise à feu possibles par des précautions simples. Les cigarettes sont à proscrire en forêt. Les mégots ne doivent pas être jetés en bordure des routes, des massifs forestiers, champs et broussailles.

En cas de sinistre

Si un feu survient, il convient de respecter les consignes suivantes :

 Alerter  : il s’agit de donner une localisation claire (commune, voie), de préciser l’accès si celui-ci est complexe et, dans la mesure du possible, d’indiquer l’importance du feu et sa nature (champ, broussailles, forêt). L’alerte s’effectue par téléphone en faisant le 18 ou le 112. Restez calme et répondez aux questions de l’opérateur.

 Éteindre  : dans les toutes premières minutes un petit départ de feu peut être éteint avec de l’eau, de la terre ou du sable. Mais, par sécurité, donnez toujours l’alerte. Il est préférable que les pompiers se déplacent pour rien que de courir le risque de voir le feu se propager.     Partager

Documents associés :

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/drome-sensibilisation-au-risque-de-feux-despaces-naturels/

« L’écologie extérieure est inséparable de l’écologie intérieure »… par Annick de Souzenelle…

« L’écologie extérieure est inséparable de l’écologie intérieure »…

Entretien avec Annick de Souzenelle

<img src="https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH481/arton18267-05359.jpg?1563988374" alt="«<small class="fine"> </small>L'écologie extérieure est inséparable de l'écologie intérieure<small class="fine"> 

La crise écologique est intrinsèquement liée à la transgression des lois ontologiques, assure la théologienne Annick de Souzenelle. Sans travail spirituel, pour retrouver et harmoniser racines terrestres et racines célestes de l’humain, il serait impossible de la stopper.

Après des études de mathématiques, Annick de Souzenelle, née en 1922, a été infirmière anesthésiste, puis psychothérapeute. Elle s’est convertie au christianisme orthodoxe et a étudié la théologie et l’hébreu. Elle poursuit depuis une trentaine d’années un chemin spirituel d’essence judéo-chrétienne, ouvert aux autres traditions. Elle a créé en 2016 l’association Arigah pour assurer la transmission de son travail et animer l’Institut d’anthropologie spirituelle.


Reporterre — Vous étudiez la Bible depuis plus de cinquante ans. Quel est le sens de ce travail ?

Annick de Souzenelle — Ce qui résume tout, c’est que j’ai un jour mis le nez dans la Bible hébraïque, et j’y ai lu toute autre chose que ce que disaient les traductions habituelles. Elles sont très culpabilisantes et je sentais que ce n’était pas juste.

J’ai été émerveillée par la Bible hébraïque : je me suis consacrée à écrire ce que je découvrais — des découvertes qui libèrent du poids de la culpabilisation qui a abîmé tant de générations… À partir de là, j’ai réécrit une traduction des premiers chapitres de la Bible [la Genèse], de l’histoire de l’Adam que nous sommes, Adam représentant non pas l’homme par rapport à la femme, mais l’être humain, et de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Un voile est en train de se lever sur les écritures, et cela se passe aussi avec le sanskrit, le chinois, d’autres personnes y travaillent… Il se passe quelque chose à l’heure actuelle, il faut aller plus loin dans la compréhension de l’humain, de l’Adam…



Les traductions les plus courantes de la Genèse décrivent la domination de la Terre et des espèces animales par l’Homme, et une supériorité de l’homme sur la femme… Avec votre exégèse, que peut-on entendre ?

À partir du déchiffrement symbolique de l’hébreu, on peut entendre ceci : lorsque l’Adam [l’être humain] est créé, il est différencié de son intériorité, que nous appelons aujourd’hui l’inconscient, et cet inconscient est appelé Ishah, en hébreu. Nous avons fait de Ishah la femme biologique d’Adam, qui, lui, serait l’homme biologique. Dans ma lecture, il s’agit du « féminin intérieur » à tout être humain, qui n’a rien à voir avec la femme biologique. Il s’agit de l’être humain qui découvre l’autre côté [et non la côte] de lui-même, sa part inconsciente, qui est un potentiel infini d’énergies appelées « énergies animales ». Elles sont en chacun de nous. On en retrouve le symbole au Moyen-Âge, dans les représentations sculpturales : le lion de la vanité, de l’autoritarisme, la vipère de la médisance, toutes ces caractéristiques animales extrêmement intéressantes qui renvoient à des parties de nous, que nous avons à transformer. La Bible ne parle pas du tout des animaux extérieurs, biologiques, que nous avons à aimer, à protéger. Elle parle de cette richesse d’énergie fantastique à l’intérieur de l’Homme qui, lorsqu’elle n’est pas travaillée, est plus forte que lui, et lui fait faire toutes les bêtises possibles. Ce n’est alors plus lui qui décide, qui « gouverne » en lui-même.

Il est extrêmement important de bien comprendre que cet Adam que nous sommes a en lui un potentiel qui est appelé « féminin » — que l’on va retrouver dans le mythe de la boîte de Pandore chez les Grecs et dans d’autres cultures — et que ce potentiel est d’une très grande richesse à condition que nous le connaissions, que ce ne soit plus lui qui soit le maître, mais que chaque animal soit nommé et transformé.

« L’extérieur est aussi l’expression de ce qui est à l’intérieur de l’Homme. »

Dans la Bible, tous les éléments, les règnes végétaux et minéraux sont très présents. Quelle est dans votre lecture la relation entre l’Homme et le cosmos ? Est-ce que cela décrit aussi le « cosmos intérieur » de l’Homme ?

L’extérieur est aussi l’expression de ce qui est à l’intérieur de l’Homme. Le monde animal, le monde végétal et le monde minéral sont trois étapes des mondes angéliques qui sont à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. L’intérieur et l’extérieur sont les deux pôles d’une même réalité. Il y a dans la Bible un très beau mythe où Jacob, en songe, a la vision d’une échelle sur laquelle les anges montent et descendent. L’échelle est véritablement le parcours que nous avons à faire dans notre vie présente, de ce que nous sommes au départ vers ce que nous devrions devenir. Nous avons à traverser les mondes angéliques, c’est-à-dire à les intégrer. Mais tout d’abord, à nous verticaliser.



Ce chemin « vertical », qu’implique-t-il dans notre rapport au monde ?

C’est tout simple : cultiver ce cosmos extérieur. Ce que nous faisons à l’extérieur a sa répercussion à l’intérieur, et vice versa, donc il est extrêmement important de cultiver ensemble le monde animal extérieur et le monde animal intérieur, et de la même manière en ce qui concerne les mondes végétaux et minéraux.



C’est-à-dire d’en prendre soin, de les faire grandir, de les enrichir ?

Oui, nous en sommes totalement responsables. La façon dont nous traitons ce monde à l’intérieur de nous va se répercuter à l’extérieur. Or, à l’intérieur de nous, nous sommes en train de tout fausser, nous n’obéissons plus aux lois qui fondent la Création. Je ne parle pas des lois morales, civiques, religieuses. Je parle des lois qui fondent le monde, que je compare au mur de soutènement d’une maison. On peut abattre toutes les cloisons d’une maison, mais pas le mur de soutènement. À l’heure actuelle, c’est ce que nous faisons. Nous transgressons les lois ontologiques [du grec ontos = être]. Elles aussi sont dites dans la Bible et on n’a pas su les lire. Nous détruisons ce monde à l’intérieur de nous comme nous sommes en train de détruire la planète. Il est difficile d’entrer dans le détail de ces lois ici, mais j’ai essayé d’exprimer cette idée dans mon livre L’Égypte intérieure ou les dix plaies de l’âme. Avant que les Hébreux quittent leur esclavage en Égypte pour partir à la recherche de la Terre promise, une série de plaies s’est abattue sur l’Égypte. Chacune de ces plaies renvoie à une loi ontologique transgressée.

« À l’heure actuelle, la Terre tremble. »

Les plaies d’Égypte font penser aux catastrophes naturelles que l’on vit aujourd’hui !

Oui, à l’heure actuelle, la Terre tremble. Cela fait quelques années que les choses tremblent de partout. Nous sommes dans les plaies d’Égypte. Nous allons faire une très belle Pâque [la fête, dans la liturgie juive, commémorant la sortie d’Égypte], une mutation importante va se jouer. Mais, actuellement, nous sommes dans les plaies d’Égypte, et on ne sait pas les lire. Nous vivons une période de chaos, prénatal, je l’espère.



Est-ce dû au fait que l’Homme ne fait plus le travail intérieur ?

Oui, exactement. Mais depuis quelque temps, ce n’est pas seulement qu’il ne fait pas le travail intérieur. C’est qu’il fait un travail contraire aux lois de la Création. On est dans le contraire de ces lois ontologiques, alors le monde tremble.

« Tout a changé après la guerre. »

Vous-mêmes, dans votre vie, avez-vous vu les choses s’empirer ?

J’ai pratiquement parcouru le siècle ! Je me souviens très bien du monde de mon enfance, des années 1920. C’était un monde figé, totalement incarcéré dans un moralisme religieux bête et insupportable. Il n’était pas question d’en sortir, et ceux qui le faisaient étaient mis au ban de la société. Je me suis très vite sentie marginalisée. Puis la guerre est venue casser tout ça. Tout a changé après la guerre. Les jeunes des années 1960 ont envoyé promener la société d’avant, avec le fameux « Il est interdit d’interdire » qui résume tout, seulement ça allait trop loin. Le « sans limite » est aussi destructeur que les limites trop étroites.



La crise écologique est beaucoup reliée à l’absence de limite au niveau de la production, de la consommation, de l’utilisation de nos ressources. Comment cela s’est-il développé après la guerre ?

L’humanité inconsciente est dans le réactionnel. Elle était complètement brimée d’un côté. En s’échappant de cette contention, elle a explosé. Elle ne sait pas trouver la juste attitude. On va à l’extrême, parce qu’on ignore les lois qui structurent. Nous avons l’habitude d’associer le mot « loi  » à l’idée de contrainte, mais les lois ontologiques, au contraire, libèrent.



Les bouleversements environnementaux n’existaient pas durant votre enfance ?

On n’en parlait pas. Chacun avait son lopin de terre. Dans les années 1970, 1980, on a commencé à en parler. Au moment même où j’ai commencé mon travail intense.



Quel est selon vous le cœur de la problématique écologique ?

Une perte totale du monde céleste, du monde divin. L’Homme est comme un arbre. Il prend ses racines dans la terre, et ses racines dans l’air, la lumière. Il a des racines terrestres et des racines célestes. L’Homme ne peut pas faire l’économie de ces deux pôles. Jusqu’à récemment, il a vécu ses racines terrestres dans des catégories de force, car il ne connaissait que la « lutte contre » quelque ennemi que ce soit (intempéries, animaux, autres humains…). Il ne sait que « lutter contre » car il est dans une logique binaire. À partir de la fin de la dernière guerre, à partir des années 1950 et 1960 en particulier, il y a eu un renversement de la vapeur. On a envoyé promener le monde religieux, qui n’apportait que des obligations, des « tu dois », des menaces de punition de la part du ciel, c’était un Dieu insupportable. Nietzsche a parlé de la mort de Dieu. Merci, que ce dieu-là meure ! Mais on n’a pas été plus loin dans la recherche. Aujourd’hui, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a un mouvement fondamental, une lame de fond qui est en train de saisir l’humanité, le cosmos tout entier, pour que l’humanité se retourne, dans une mutation qui va avoir lieu, qui ne peut plus ne pas avoir lieu, pour qu’elle retrouve ses vraies racines divines, qui sont là.



Comme si la crise avait un sens au niveau du chemin de l’Homme ?

C’est LE sens de l’Homme. Toute l’écologie est très importante, mais elle ne peut se faire que s’il y a une écologie intérieure de l’Homme. C’est le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se retourne vers ses racines divines. Cela ne veut pas dire que ses racines terrestres disparaissent, mais qu’il retrouve ses racines célestes.

« Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. »

Ne peut-il pas y avoir une écologie sans spiritualité ?

Il s’agit désormais de « lutter avec ». Je suis très respectueuse des actions qui sont faites dans le sens de l’équilibre écologique, et je pense qu’il faut les faire mais c’est une goutte d’eau dans une mer immense. Un raz-de-marée va se produire, des eaux d’en haut [le monde divin] peut-être, ou des eaux d’en bas, peut-être les deux en même temps !

Je respecte beaucoup les efforts actuellement déployés, mais ils sont très minimes par rapport à ce qui se joue. S’il n’y a pas en même temps que cette lame de fond un travail spirituel, cela ne suffira pas. J’espère que ce n’est pas trop difficile à entendre quand je parle ainsi, mais il me faut le dire. On ne peut pas séparer l’intérieur de l’extérieur.



Comment voir le corps dans cette perspective ?

Le corps de l’Homme est inséparable du corps du cosmos. Ce sont les deux pôles d’une même réalité. Nous ne connaissons de notre corps que ce qui est étudié en médecine, en faculté. Mais notre corps physique n’est que l’expression qu’un corps divin, profond, ontologique, et c’est celui-ci qui est malade. Lorsque l’on veut traiter un malade, la médecine officielle ne traite que l’extérieur, le côté concret. Elle est en train en ce moment d’éradiquer l’homéopathie, qui travaille au contraire sur la cause profonde, car quand un organe est malade, c’est qu’il y a un court-circuit dans la cause profonde, dans l’organe ontologique de l’Homme, dont l’organe que nous connaissons n’est que l’expression. Si l’on ne va pas toucher à ce très subtil, il n’est pas suffisant de travailler sur la seule dimension extérieure.

Il arrive que des personnes racontent leur traversée de la maladie comme une initiation. Toute épreuve peut être la source d’une évolution énorme. L’épreuve n’est pas la même chose que la souffrance.



Cela peut-il qualifier ce que la Terre vit actuellement ?

Nous l’avons rendue malade, oui. Nous avons détourné les cours d’eau, trafiqué des éléments naturels. On trafique la Terre comme si elle était une chose. On n’a plus aucune conscience qu’elle est ce corps divin de l’Homme. Le traitement qu’on fait aux arbres, à toute la culture, est diabolique dans le sens que cela « sépare ».



La surconsommation matérielle, le capitalisme, sont-ils l’expression d’une conscience qui s’est « séparée » ?

Tout à fait. Toute idéologie qui n’est pas reliée au verbe fondateur devient la peste. C’est la cinquième plaie d’Égypte. Toutes nos idéologies politiques, philosophiques, financières ne réfèrent absolument pas au verbe divin, si bien qu’elles sont vouées à l’échec. Soljenitsyne l’avait bien vu, en disant qu’il quittait une folie (l’URSS) pour en trouver une autre aux États-Unis. Tout cela doit disparaître. Tous nos politiciens sont perdus à l’heure actuelle, qu’ils soient de droite, de gauche, du milieu, de tout ce que l’on veut… Ils mettent une rustine ici, une rustine là, ils ne peuvent pas résoudre les problèmes. Parce que l’Homme a déclenché des problèmes qui ne seront solubles que par un retournement radical de son être vers les valeurs divines.

Les religions elles-mêmes, telles qu’elles sont aujourd’hui, sont vouées à une profonde mutation. Ce qui va émerger de tout cela est une conscience totalement nouvelle, d’un divin qui sera intimement lié à l’humain, qui ne viendra pas d’une volonté d’ailleurs, mais d’une présence intérieure.



Puisque selon vous le cosmos extérieur représente le cosmos intérieur, l’endroit du chemin écologique peut-il devenir un chemin spirituel ?

On ne peut pas entrer dans l’intelligence du cosmos extérieur sans entrer dans l’intelligence du cosmos intérieur. Ce n’est non plus la seule voie. Je peux aussi dire le contraire : ça peut être quelqu’un qui découvre son cosmos intérieur, et par conséquent qui va se consacrer au cosmos extérieur. On ne peut pas vivre quelque chose d’intense intérieurement sans se trouver relié au monde extérieur… Quand je suis dans mon jardin, je vois les arbres, les plantes, les oiseaux, comme des anges, qui sont là, vivants, qui respirent avec moi, qui m’appellent… Combien de fois le chant des oiseaux est mon chant…

« Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique. »

Des personnes qui se disent athées mais qui sont très reliées au monde, sont-elles aussi sur un chemin spirituel ?

Oui, nombreux sont ceux qui se disent athées parce qu’ils rejettent le dieu des églises… mais ressentent cette unité avec la nature. Le grand sujet aujourd’hui est de sortir de l’esclavage au collectif très inconscient, pour entrer, chacun et chacune, dans sa personne, dans l’expérience personnelle. On est à cet endroit de chavirement total de l’humanité.

Nous vivons une très grande épreuve, la peur règne, mais cela peut être, pour ceux qui le comprennent, un chemin initiatique magnifique.

Nous sommes dans un moment unique de l’humanité, extrêmement important, le passage de l’Homme animal à l’Homme qui se souvient de ses racines divines. Il y a un grand espoir.



L’espoir, donc, ne se situe pas seulement dans l’espoir que la crise s’arrête, mais dans l’espoir que l’Homme change à travers cette crise ?

Exactement. C’est une mutation de l’humanité. Aujourd’hui on a terriblement peur de la mort, on veut reculer la mort. Or, il faut accepter la mort, elle est une mutation. J’ai une grande confiance. C’est impressionnant, mais on n’a pas à avoir peur. La peur est un animal qui nous dévore. De cette énergie animale, nous avons à faire de l’amour.

  • Propos recueillis par Juliette Kempf pour reporterre

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/lecologie-exterieure-est-inseparable-de-lecologie-interieure-par-annick-de-souzenelle/

Valdrôme : Rencontres AstroCiel du 7 au 10 août 2019…

LES RENCONTRES ASTROCIEL

Les inscriptions aux Rencontres AstroCiel 2019 seront closes par voie postale à partir du 20 juillet. Cependant, pour les personnes qui, après cette date, souhaiteraient s’inscrire, c’est encore possible, en prenant contact par mail (astrociel@saf-astronomie.fr) avec les responsables SAF ou en se rendant sur place à Valdrôme.

La Société astronomique de France vous propose chaque été le plus grand rassemblement européen d’astronomie avec des journées spéciales jeunes (infos ici).

Les Rencontres ont lieu à la station de Valdrôme, dans un site exceptionnel à 1 300 m d’altitude, distant de plusieurs dizaines de kilomètres de toute source de pollution lumineuse. La durée de votre séjour est celle qui vous convient. En plus des observations avec votre propre instrument, des activités (conférences, ateliers, échanges) sont proposées aux participants sans coût supplémentaire. Un stage d’initiation à l’astronomie, pour des jeunes de 10 à 15 ans, est organisé parallèlement.
Cet événement est organisé par la Société astronomique de France en partenariat avec le Conseil départemental de la Drôme et la Station de Valdrôme.

Au programme cette année, plusieurs conférences par des intervenants prestigieux : Nicolas Biver, Roger Ferlet, Fabrice Mottez, Jean-Luc Colas, Edgar Soulié, Marie-Claude Paskoff, Brigitte Alix, Francis Auger.

  • 1 300 m d’altitudedans une région spécialement accessible aux astronomes amateurs
  • Une qualité de ciel exceptionnelleloin de toute pollution lumineuse
  • De nombreux participants130 personnes en 2018
  • Des ateliers variésd’apprentissage de techniques
  • Des conférences tout publicpar des intervenants réputés
  • Une Base de loisirs où vous trouverez une large palette d’activités

De multiples instruments

Un panorama grandiose

Une qualité de ciel exceptionnelle

Des journées jeunesse

Des conférences et des ateliers

Des observations pour tous

Informations
Secrétariat SAF : 01 42 24 13 74

Contact
Francis Oger
observatoires@saf-astronomie.fr

Adresse station
Rencontres AstroCiel 2019
Station de Valdrôme
Plaine Laups, 26310 Valdrôme
tel. 04 75 21 47 24

Accès à la station de Valdrôme par les transports en commun

Si vous arrivez à Die ou à Luc-en-Diois par le train ou le car TER, un service de transport à la demande organisé par le Conseil départemental de la Drôme vous permet de vous rendre à la station ou au village de Valdrôme pour un prix modique (5€ à partir de Luc-en-Diois et 10€ à partir de Die). Ce service, valable pour l’aller et le retour, fonctionne du lundi au samedi de 6H00 à 21H00 pour un trajet en correspondance avec le réseau départemental de transports publics ou le réseau ferré.

La réservation doit être faite plus de 24 heures à l’avance au 0 810 26 26 07 (centrale de réservation ouverte du lundi au vendredi de 8h à 18h et le samedi de 8h30 à 16h30).

Conditions d’inscription

Vous souhaitez participer. Lisez attentivement ce document.

Je m’inscris à AstroCiel

Remplissez ce bulletin et réservez votre hébergement.

Réservation des repas

Pour s’inscrire aux repas au restaurant de la station.

Plan Parking

Aide au choix des emplacements.

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/valdrome-rencontres-astrociel-du-7-au-10-aout-2019/

Fête Romaine à Die du 26 au 28 juillet 2019…

Fête Romaine à Die

26 au 28 juillet 2019

Faites un bond dans le passé et découvrez la vie de nos ancêtres celtes et romains. Combats, défilés et de nombreuses autres surprises vous attendent tout au long de ce week-end antique !

En savoir plus…

Durant ce long week-end, vous pourrez venir découvrir la Vie de nos Ancêtres Celts et Romains.
Vie Civile et Militaires, Masculine et Féminine.
Ateliers et Animations Gratuites.
Repas payant du samedi soir, jambons et cochons à la broche, repas réalisé avec la Cochon d’Ausson.
Embrasement de la Porte de Saint Marcel Gratuit.
Bals Gratuits le vendredi soir (sur la place Saint Marcel) et le samedi soir (sur le stade de Chabestan).
Combats, défilés en Ville et de nombreuses autres surprises vous attendent tout au long de ce week-end Antique.

https://www.facebook.com/events/187043868524773/

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/fete-romaine-a-die-du-26-au-28-juillet-2019/

« L’internationale », le chant des opprimés…

L’internationale chanté pour la première fois le 23 juillet 1888

L’internationale, poème d’Eugène Pottier, écrit en juin 1871 pendant la terrible répression de la Commune de Paris. Il ne fut publié qu’en 1887 et chanté pour la première fois le 23 juillet 1888 à Lille par la Lyre des Travailleurs. Devenu l’hymne des révolutionnaires, il sera complètement illégal durant des années dans de nombreux pays d’Europe. Ce chant de révolte fut également porté par une musique désormais bien connue…, composée par Pierre Degeyter, en 1888. Apprenons donc l’ensemble des couplets…

L’internationale, poème d’Eugène Pottier, écrit en juin 1871 pendant la terrible répression de la Commune de Paris, il était dédié à Gustave Lefrançais, membre de la Commune. Il ne fut publié qu’en 1887 et chanté pour la première fois le 23 juillet 1888 à Lille par la Lyre des Travailleurs. À partir de 1904, L’Internationale, après avoir été utilisée pour le congrès d’Amsterdam de la IIe Internationale, devient l’hymne des révolutionnaires. Il est alors complètement illégal durant des années dans de nombreux pays d’Europe. Ce sera l’hymne national de l’URSS jusqu’en 1944 (dans une version expurgée de son très antimilitariste cinquième couplet). Ce fut même l’hymne de ralliement de la révolte des étudiants et des travailleurs chinois sur la place Tian’anmen en 1989. Ce chant de révolte fut également porté par une musique désormais bien connue…, composée par Pierre Degeyter, en 1888. Apprenons donc l’ensemble des couplets…

 Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre
Debout ! les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère :
C’est l’éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous et demain
L’Internationale
Sera le genre humain.

 Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni césar, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer tant qu’il est chaud !

Refrain

 Couplet 3 :
L’État comprime et la loi triche ;
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois ;
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

 Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

 Couplet 5 :
Les Rois nous saoulaient de fumées.
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

 Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
Le riche ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les requins, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

…et Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous et demain
L’Internationale
Sera le genre humain.

JPEG - 192.9 ko
JPEG - 212.8 ko

MCD

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/linternationale-le-chant-des-opprimes/

« Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle »…

« Face à l’effondrement, il faut mettre en œuvre une nouvelle organisation sociale et culturelle »

Vivre avec la fin du monde 1/6. Trois membres de l’Institut Momentum appellent à assumer l’effondrement systémique global qui vient pour préparer l’avènement d’une société « résiliente ».

La fin de notre monde est proche. Une ou deux décennies, tout au plus. Cette certitude qui nous habite désormais, et qui a bouleversé nos croyances et nos comportements, est le résultat d’observations scientifiques nombreuses et variées sur l’évolution du système Terre, mais aussi de l’expression de caractéristiques banales de l’espèce humaine lorsqu’un événement extraordinaire s’annonce.

Depuis une trentaine d’années, les études et les rapports scientifiques ne cessent d’augmenter la plausibilité d’un seuil climatique planétaire qui fera basculer le système Terre dans un état inconnu, nanti de températures moyennes plus hautes que depuis un million d’années. La probabilité d’un tel futur proche est aujourd’hui plus élevée que celle de tout autre scénario prospectif.

Ce n’est plus une question de « si », c’est une question de « quand ». En examinant les centaines de travaux afférents, depuis le premier rapport du Club de Rome – Les Limites à la croissance – en 1972, jusqu’au récent rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) – « Rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C » –, en octobre 2018, on peut estimer la date de passage de ce seuil planétaire entre 2020 et 2040.

Trajectoire chaotique

Ce seuil critique global est la conséquence de multiples boucles de rétroaction autorenforçantes entre éléments du système Terre, dévasté par un siècle de libéral-productivisme. Ainsi, pour le seul cycle du carbone, la fonte du permafrost sibérien, l’affaiblissement du pouvoir de séquestration du carbone par les terres et les océans, la déforestation de l’Amazonie et celle des forêts boréales constituent des boucles de rétroaction qui accélèrent le dérèglement climatique.

Ces rétroactions s’étendent à tous les sous-systèmes de la Terre, intensifiant ainsi l’érosion de la biodiversité, et réciproquement. Cette trajectoire chaotique du système Terre conduit les sociétés humaines vers un effondrement systémique global : passé ce seuil de bascule, le chaos sera tel qu’aucun Etat ne sera plus capable de faire respecter la loi, de contrôler les armes, de lever des impôts.

L’imminence et l’ampleur de la catastrophe « éco-anthropologique » sont telles qu’elles excèdent nos capacités de compréhension, aussi bien de perception que d’imagination

Cependant, ce basculement n’est que la composante objective de l’effondrement. Deux caractéristiques cognitives de l’espèce humaine transforment la plausibilité géobiophysique de l’effondrement en une certitude politique. La première s’énonce comme suit : l’immensité (c’est-à-dire l’imminence et l’ampleur) de la catastrophe « éco-anthropologique » est telle qu’elle excède nos capacités de compréhension, aussi bien de perception que d’imagination. Elle est irreprésentable, démesurée, supraliminaire, comme dit le philosophe Günther Anders. La seconde relève de la spécularité des croyances et des comportements : une personne informée de l’effondrement rapproché ne se demande pas si elle veut changer sa vie – c’est-à-dire diminuer drastiquement son empreinte écologique –, mais seulement si elle le ferait au cas où un certain nombre d’autres le feraient aussi.

Ainsi, l’effondrement est inévitable non parce que la connaissance scientifique de son advenue est trop incertaine, mais parce que la psychologie sociale qui habite les humains ne leur permettra probablement pas de prendre les bonnes décisions, au bon moment. Il existe souvent plusieurs manières de résoudre un problème local ou circonscrit, mais affronter tous les problèmes ensemble et globalement rend le coût d’éventuelles solutions si élevé que seul le déni s’avère être la réponse adaptée. C’est ce déni de masse qui garantit que l’effondrement est certain.

Stress prétraumatique

De nombreuses populations subissent déjà les conséquences des catastrophes globales, des dérèglements écosystémiques et des pollutions diverses. Les classes sociales vulnérables et les pays pauvres (et on ne parle même pas des organismes non humains) subissent déjà des traumatismes qui commencent à être connus (stress, dépression, démence, suicides, maladies, etc.) et qui annoncent tout simplement notre avenir psychique à nous, les privilégiés.

La prédiction même d’une catastrophe peut faire souffrir. On sait que l’annonce de dégradations à venir provoque déjà ce que les psychologues appellent le stress prétraumatique, autrement dit les effets néfastes de la peur du futur. Ainsi sommes-nous confrontés à un dilemme : comment annoncer que la maison brûle — et qu’elle sera détruite — sans faire peur à ses habitants ? Si vous étiez pompiers, que feriez-vous ? Il faut le dire, bien sûr, le crier haut et fort, avec fermeté et bienveillance. Puis, tout en se concentrant sur l’incendie, prendre soin de certains habitants traumatisés, et motiver tout le monde à sauver ce qui doit l’être.

Prendre soin. Voilà ce qui manque cruellement à notre époque, et cela constitue une bonne partie de la réponse à la question : comment vivre la fin du monde ? Prendre soin de nous-mêmes, des autres, des non-humains. Prendre soin de notre psyché, des émotions que tout ce chaos génère, c’est-à-dire accueillir par l’écoute : tristesse et désespoir, colère et rage, inquiétude et peur. Tous ces affects sont parfaitement normaux. Pire, ils vont s’intensifier ! Il ne s’agit nullement de se complaire dans ces marais émotionnels, mais d’apprendre à les traverser individuellement et collectivement, à les côtoyer, afin de ne pas se laisser emporter, et trouver les ressources pour organiser la suite, pour résister.

La permaculture devient plus qu’une technique agricole : c’est une autre façon de concevoir le monde, un changement philosophique et matériel global

Mais comment résister à la fin du monde ? Ou plutôt, comment faire émerger un autre monde possible à partir de celui-ci ? La première piste est à rechercher du côté de la permaculture en tant que vision du monde et science pragmatique des sols et des paysages. Le néologisme « permaculture » a été forgé en Australie par Bill Mollison et David Holmgren, à partir de la contraction de deux termes : « permanent » et « agriculture », mais aussi « permanent » et « culture ». Depuis la Tasmanie, berceau de leur prise de conscience, ils formulent l’hypothèse d’un effondrement des subsides énergétiques injectés dans le système agro-industriel. Dès lors, la permaculture devient plus qu’une technique agricole : c’est une autre façon de concevoir le monde, un changement philosophique et matériel global. C’est une vision éthique des sociétés futures, qui seront confrontées à l’évolution des régimes énergétique et climatique.

Aujourd’hui plus que jamais, il s’agit de rejeter les leurres de la croissance verte afin de revenir à une juste mesure en réduisant considérablement notre empreinte sur le monde. Ce qui veut dire mettre en œuvre immédiatement une nouvelle organisation sociale et culturelle, qui valorise la lenteur et enseigne les boucles de rétroactions, les liens de cause à effet, les mutualismes, la complexité. Dans la société permaculturelle, les réseaux ne sont plus invisibilisés, la frontière entre producteur et consommateur s’estompe dans un contexte de simplification progressive des mégasystèmes. Aussi bien par nécessité de résilience (dans la perspective d’un effondrement des sociétés industrielles) que par éthique des ressources, il s’agit de boucler les cycles, de passer d’une économie extractiviste de stocks à une économie renouvelable de flux. Le nouveau paysage permaculturel se veut directement comestible, au plus proche des habitants, qui eux-mêmes deviennent acteurs de ces nouveaux diagrammes alimentaires et énergétiques. Les paysages se déspécialisent, les fonctions se diversifient.

Les biorégions permettront d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération

Il en résulte une deuxième piste d’action, autour de nouvelles formes politiques territoriales ancrées dans le soin des paysages, œuvrant à la résilience des établissements humains face au nouveau régime climatique. Ces nouveaux territoires prennent le nom de « biorégions » et se substituent aux découpages administratifs actuels grâce à un changement général d’échelle et à une politique de décroissance. Les biorégions permettront, avant, pendant et peut-être après l’effondrement, d’organiser des systèmes économiques locaux territoriaux où les habitants, les manufactures et la Terre travailleront en coopération. La dynamique biorégionale stimulera le passage d’un système hyperefficient et centralisé à une organisation forgée par la diminution des besoins de mobilité, la coopération, le ralentissement, composée d’une multitude de dispositifs et de sources d’énergie. La civilisation automobile et l’agriculture intensive n’auront plus leur place dans cette nouvelle configuration. Les biorégions seront les territoires du ressaisissement.

Des sociétés conviviales et de proximité

La troisième voie de la résistance est celle d’un imaginaire social libéré des illusions de la croissance verte, du productivisme et de la vitesse, actionnées par les entreprises transnationales. La ville connectée, emblème d’une techno-euphorie totalement hors-sol, laissera la place à des bourgs et des quartiers off the grid (« hors réseau ») autoproducteurs d’énergie. Le nombre de véhicules sera réduit au strict minimum, les flottes seront administrées par les communes (libres !), tandis que les champs redessinés en polyculture pourront être traversés à pied. Des axes végétaux résorberont les infrastructures de la vitesse ainsi que les friches industrielles. Qui dit sociétés résilientes dit sociétés conviviales et de proximité. Aujourd’hui, chaque métropole occidentale requiert pour son fonctionnement une vaste partie de la planète. Demain, il en sera autrement, en raison de l’effondrement inéluctable des grands réseaux et de l’économie mondialisée, sur fond de bouleversements climatiques.

Voilà trois pistes, mais il y en aura d’autres. Vivre avec la fin du monde passe nécessairement par un constant effort d’imagination pour arriver à dégager de nouveaux horizons, à les inventer, afin derefermer le couvercle du nihilisme, du mal absolu, du « tout est foutu ». Ce chantier politique ne peut être que collectif. Il faut un récit commun pour rester soudés. Certes, le récit de l’effondrement comporte des risques et des écueils, comme tout récit, mais il est puissant et a plusieurs mérites : il évite le catéchisme de la croissance, il réactive une vision cyclique des choses en appelant une renaissance, et surtout il dit que c’est maintenant ou jamais. Il nous rapproche de l’idée de la mort. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que la philosophie nous enseigne depuis des siècles ? Apprendre à bien vivre, c’est apprendre à bien mourir, à prendre conscience de notre statut de mortel, radicalement vulnérable, humble, interdépendant des autres êtres vivants et de notre milieu de vie.

Agnès Sinaï est journaliste environnementale. Chargée de cours à Sciences Po, elle a fondé l’Institut Momentum en 2011, laboratoire d’idées dont elle a dirigé les trois tomes des Politiques de l’anthropocène (parus aux Presses de Sciences Po).

Pablo Servigne a une formation d’agronome et d’éthologue. Chercheur « in-terre-dépendant », auteur et conférencier, il est coauteur de plusieurs livres, dont Une autre fin du monde est possible (Seuil, 2018).

Yves Cochet, militant écologiste depuis quarante ans, a été député de 1997 à 2011, ancien ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement (2001-202) puis député européen jusqu’en 2014. Depuis lors, il préside l’Institut Momentum.

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/face-a-leffondrement-il-faut-mettre-en-oeuvre-une-nouvelle-organisation-sociale-et-culturelle/

Die 26150 : ABBAYE DE VALCROISSANT CONCERT LUNDI 29 JUILLET 18H30…

ABBAYE DE VALCROISSANT
CONCERT
LUNDI 29 JUILLET 18H30

MADAMICELLA, Polyphonies corses au féminin Création 2019 « SANTA »

 
 
 
Un quatuor vocal féminin dans un nouveau programme « SANTA », Polyphonies corses sacrées à capella d’hier à aujourd’hui, depuis les pièces traditionnelles ancestrales de transmission orale ou issues de manuscrits, jusqu’aux pièces contemporaines, créations inspirées du patrimoine sacré (versi, lamentis…).
4 chanteuses pour rendre hommage aux femmes dans la tradition liturgique corse où les chants sacrés, si proches des chants profanes, rythmaient et rythment encore la vie quotidienne

Eloïse Chadourne, Caroline Champy, Joëlle Gay au chant Nadine Rossello, chant et direction artistique
   
Il est possible de réserver sur le site abbayedevalcroissant.eu dans la rubrique animation concert.
   
  Abbaye de Valcroissant L’Abbaye, 26150 Die
abbayedevalcroissant@free.fr

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/die-26150-abbaye-de-valcroissant-concert-lundi-29-juillet-18h30/

Chabeuil : les acteurs économiques de la Drôme pour un temps fort autour du quotidien le jeudi 5 septembre 2019 à 18h !

Bonjour,

Pour la rentrée de septembre 2019, Célia de Lavergne souhaite réunir les acteurs économiques de la Drôme pour un temps fort autour du quotidien des entreprises : qu’a apporté la loi PACTE aux entreprises ?  Comment aller plus loin ?

Pour débattre de ces enjeux essentiels, nous vous convions à une soirée débat le jeudi 5 septembre 2019 au Centre culturel de Chabeuil (1, chemin du Pré aux Dames, 26 120 Chabeuil).

A cette occasion, Célia de Lavergne sera accompagnée de :

· Roland Lescure, Président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale et rapporteur général de la loi PACTE

·   Marie Lebec, rapporteure thématique de la loi PACTE

· Nadia Hai, responsable pour le groupe La République en Marche de la loi PACTE

Nous serions ravis de vous accueillir à cet évènement.

Inscription souhaitée à l’adresse : contact2603@assemblee-nationale.fr

Pour tout renseignement : 01.40.63.69.78

My-Lan Nguyen

Attachée parlementaire

Célia de Lavergne

Députée de la 3ème circonscription de la Drôme

my-lan.nguyen@clb-an.fr

01 40 63 69 78

________________________________________________________________

Lien Permanent pour cet article : https://mediascitoyens-diois.info/2019/07/chabeuil-les-acteurs-economiques-de-la-drome-pour-un-temps-fort-autour-du-quotidien-le-jeudi-5-septembre-2019-a-18h/

Load more