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Dans la Drôme, les producteurs inquiets posent des panneaux « Lavandes en danger » au bord des champs

Des panneaux « Lavandes en danger » ont été posés au bord des champs dans la Drôme. Les producteurs sont inquiets : leurs huiles essentielles pourraient se retrouver classées dans la catégorie « produits chimiques », dans le cadre d’une réglementation européenne qui devrait être votée en fin d’année.

L'un des panneaux que l'on peut voir au bord des champs de lavandes

L’un des panneaux que l’on peut voir au bord des champs de lavandes – Alain Aubanel

« Lavandes en danger – cessation d’activité » : le message s’affiche en rouge sur de grands panneaux le long des champs de lavande dans la Drôme. Les lavandiculteurs sont inquiets. Une nouvelle réglementation européenne qui doit être votée en fin d’année pourrait classer leurs huiles essentielles dans la catégorie « produits chimiques« . Il leur deviendrait impossible de commercialiser leur production, utilisée dans les cosmétiques notamment.

Pour Alain Aubanel, président du syndicat des Plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France et producteur de lavandes dans le Vercors, impossible d’évaluer les produits chimiques et les huiles essentielles de la même manière. « Ils veulent que toutes les molécules soient analysées avant d’être mises sur le marché pour vérifier qu’elle ne sont pas allergènes, cancérigènes, ou qu’elles ne sont pas des perturbateurs endocriniens. Mais le problème, c’est qu’ils réfléchissent molécule par molécule, alors que dans les huiles essentielles de lavande par exemple, il y a plus de 600 molécules ! Mais ils refusent de considérer les huiles essentielles comme une substance globale« , se désole-t-il.

« Si on ne peut pas faire de lavande, qu’est-ce qu’on va faire d’autre ? »

« On a l’impression de devenir des assassins avec notre production, alors qu’on s’est toujours soignés avec ça« , s’attriste Eliane Bres, productrice à Montguers et présidente de la coopérative France Lavande. « Si on ne peut pas faire de lavande qu’est-ce qu’on va faire d’autre ? Nous, les lavandiculteurs de montagne, on a de petites parcelles pentues, si on ne peut pas faire de lavande, je ne vois pas ce qu’on va pouvoir faire d’autre. »

Interpellée par les producteurs de lavande, Marie-Pierre Mouton, la présidente du département, s’engage à les soutenir. « Nous sommes totalement solidaires des producteurs, c’est une économie très forte, ici dans la Drôme, avec 5.000 hectares cultivés. Nous allons mobiliser les députés européens pour les sensibiliser et moi, je vais aller sur le terrain », déclare-t-elle.

« Ici, il y a au moins 2.000 producteurs de plantes, plus de 60 entreprises qui emploient des centaines de salariés et qui font de la cosmétique, de la parfumerie, de l’aromathérapie. Ils vont mettre la clé sous la porte », s’alarme Alain Aubanel.

Les lavandiculteurs comptent sur les élus, mais aussi sur le grand public, qui verra les panneaux, pour se mobiliser.

Lundi 26 juillet 2021-

Maya Baldoureaux Fredon, France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

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