REFLEXIONS POUR DEMAIN
Avec l’espoir que cette bouteille à la mer échoue sur un rivage accueillant…
Rôle des citoyens:
La prise de conscience actuelle des citoyennes et des citoyens doit conduire à une prise de responsabilités.
Personne ne peut s’exonérer, moi le premier, de son manque d’intervention devant le constat d’un certains nombres de dérives et d’atteintes aux libertés.
On a les dirigeants que l’on mérite. Leur évolution vers plus de concertation, de
participation, d’écoute des problèmes du terrain et de la souffrance de beaucoup d’entre nous passe par l’affirmation forte et responsable de notre rôle de citoyens.
Besoins essentiels de citoyens:
Les besoins des citoyens d’une société solidaire sont la sécurité, la justice allant jusqu’à l’équité, la confiance en ceux qui les représentent. Or, les fonctions régaliennes sont actuellement défaillantes.
La sécurité intérieure est très inégalement assurée; elle est même très précaire dans les zones de non-droit. La sécurité extérieure, armée, cybersécurité, renseignements manquent de moyens face aux menaces. La justice se rend avec des délais excessifs et dans des conditions d’équité ressenties comme contestables. La méfiance des citoyennes et des citoyens à l’égard de leurs dirigeants nationaux atteint des niveaux exceptionnels.
Si l’on souhaite que notre société ne dégénère pas en un “chacun pour soi“ délétère, il est vital que l’état se concentre sur ces fonctions régaliennes au lieu de se disperser dans des problèmes sociétaux et normatifs imposés sous la pression de lobbies divers.
Articulation entre le rôle de l’état et les besoins des citoyens:
Sans confiance des citoyens, l’état a certes le pouvoir, mais pas l’autorité suffisante pour convaincre et faire converger les efforts vers un objectif partagé: la prospérité de la nation et les moyens de vivre décemment pour les citoyens.
Si l’on souhaite redonner aux citoyennes et aux citoyens leur rôle et les impliquer dans les décisions il convient d’appliquer sérieusement le principe de subsidiarité. Par exemple, toute décision qui peut être prise sur le terrain communal avec les citoyennes et les citoyens ne doit pas être tributaire d’un échelon plus élevé sauf en ce qui concerne l’information. En effet, comment se sentir responsable si l’on ne participe pas aux décisions? Dans les situations critiques ou complexes on voit bien le rôle joué par les Maires auxquels les citoyens font confiance.
Dans un monde où les connaissances, les techniques, les échanges, les cultures évoluent à un rythme rapide, la faculté d’adaptation des systèmes centralisé est faible. L’information montante du terrain est incomplète et longue à parvenir aux décisionnaires, ce qui conduit à une réactivité faible. Par analogie avec l’humain, on voit que sans l’existence de réflexes ne passant pas par le cerveau, l’homme n’est pas assez réactif face au danger.
Il est important que l’information montante du terrain et l’information descendante de l’état se rencontrent à un niveau de décision pertinent qui peut être la Région et dans beaucoup de cas le Département. On peut noter qu’en France il n’y a pas eu une décentralisation comme en Allemagne, en Belgique, en Suisse ou en d’autres pays mais une déconcentration: le pouvoir reste centralisé dans la tradition jacobine.
Pourquoi ne serait-il pas possible que des hauts fonctionnaires soient en poste dans les régions ou les départements pour se rapprocher des problèmes du terrain et des citoyens plutôt que de rester dans un entre-soi parisien à concocter normes et directives dont l’application soulève problèmes?
Rôle des élus départementaux, régionaux, nationaux:
Ils sont les représentants des citoyennes et des citoyens et dans leur grande majorité, leur dévouement à la chose publique ne fait pas de doute. Quelle est leur marge d’autonomie et leur audience quand une règlementation excessive encadre la plupart des champs d’activité et stérilise les innovations et les évolutions indispensables ? Quand une normalisation sans contrôle
démocratique et influencée par les groupes de pressions devient un quatrième pouvoir?
On parle depuis des années d’une simplification administrative. Il serait souhaitable que ceux qui en sont convaincus passe une semaine avec une secrétaire de mairie. Leur point de vue en serait certainement modifié.
L’éducation nationale:
L’étymologie de éduquer est tirer vers le haut. Cette ambition dont les parents partagent la responsabilité est-elle encore d’actualité pour certains élèves de milieux défavorisés ou difficiles? La bonne volonté et le dévouement du corps enseignant n’est pas en cause ; toutefois quand, dans beaucoup d’endroits le temps passé à faire régner un certain respect des conditions d’un apprentissage correct est équivalent au temps passé à enseigner on peut douter de l’efficacité du résultat obtenu. Le rôle de l’éducateur n’est pas de gérer une garderie.
Le découragement du personnel enseignant se traduit par des démissions et des
difficultés de recrutement à des niveaux satisfaisants et notre pays est largement distancé dans les classements internationaux où il occupait jadis les premières places. Ne s’achemine-t-on pas vers un élitisme qui laisse à leur sort ceux qui ne sont pas accompagnés par un entourage instruit et bienveillant?
Les jeunes ont une aptitude à se dépasser dès lors qu’on leur propose des objectifs ambitieux. Ne les contraignons pas à la médiocrité d’une société qui leur propose, pour la plupart, emplois précaires, chômage partiel ou total, formations sans débouchés, logique financière implacable. La plupart méritent beaucoup mieux et ils le prouvent dans les mouvements humanitaires et le bénévolat.
Ne peut-on imaginer un système moins centralisé tenant compte des situations locales et des aptitudes des élèves? Une organisation qui personnalise davantage les transmissions de savoirs, de comportements et d’insertion dans la société. L’avenir de nos sociétés en dépend.
Le vivre ensemble:
Un certain nombre d’attitudes qui facilitent les relations entre citoyens semblent tomber en désuétude: la politesse, la courtoisie, la civilité, le respect de l’altérité entre concitoyens…
Dans les anciens manuels de l’instruction publique, cela était enseigné dès le plus jeune âge dans les écoles primaires. Les parents réagissaient également aux dérives éventuelles. Pourquoi ces notions de base de la vie en commun ne sont-elles plus enseignées?
Ne parlons pas d’une morale ou d’une éthique devenues des mots proscrits. La violence et la pornographie accessibles dès le plus jeune âge dans les bandes dessinées, les films et les réseaux sociaux sont-ils devenus une école des comportements?
Alors que notre époque bouscule les repères, il semble urgent de retrouver des racines pour ne pas dériver au gré des modes et de la publicité. Quand on veut obtenir ces petits arbres que les Japonais appellent bonsaï on leur coupe une partie des racines. Voulons-nous devenir des humains bonsaïs, uniformes et mûrs pour “ le meilleur des mondes“ là où un état tutélaire nous maternera au prix de notre liberté. Nos anciens ont versé leur sang pour la liberté, ne leur faisons pas honte.
L’entraide, les liens entre citoyens, le respect mutuel, l’ingéniosité collective sont les comportements qui seront indispensables dans les tourmentes qui s’annoncent. A toutes les associations et les structures qui promeuvent ces valeurs devraient être données les moyens de mettre en applications ces valeurs primordiales.
Conclusion:
Je n’ai pas la prétention de détenir la solution aux problèmes évoqués ci-dessus. Mais puisque ma parole a été sollicitée, je donne mon avis de citoyen parmi d’autres. Ce dont je suis sûr en tout cas, d’après les contacts que je peux avoir, c’est qu’une solution proposée sans participation des citoyens est vouée à l‘échec ou à une malsaine résistance passive.
Il convient que les pouvoirs publics se rendent compte, au mieux, du mécontentement, au pire, du “je m’en foutisme “, de trop de nos concitoyens et que les graves décisions à prendre en cette période ne seront suivies d’effet que si les citoyens et les élus qui les représentent pèsent de tout leur poids dans leur préparation.
Gérard DELLINGER
26150 Saint Julien en Quint
Ancien Maire de Saint Julien en Quint, fier de la confiance que lui ont accordée ses concitoyens et toujours à leur service.
Belle conclusion au moment où les Diois risquent de s’affronter faute du dialogue approprié au sujet de l’hôpital.