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La France des « îlots » de résistance intellectuelle, politique et spirituelle

Penser sa vie, mais aussi vivre sa pensée. Investir collectivement des lieux afin de mener des vies accordées à ses idées. Réaliser en pratique ce que l’on défend en théorie. Partout en France s’inventent des formes de vie qui cherchent à échapper à l’individualisme, au consumérisme et à résister au fatalisme. De Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) au plateau de Millevaches, de la commune de Trémargat (Côtes-d’Armor) à la communauté de Longo Maï, des catholiques décroissants de La Bénisson-Dieu (Loire) aux « ingouvernables » de Tarnac (Corrèze) et d’Eymoutiers (Haute-Vienne), un archipel d’oasis dessine une France des contre-sociétés.

De Tera à Malhaussette, en passant par le quartier des Lentillères à Dijon, des hameaux, des villages, des jardins sont investis, créés, occupés ou régénérés par une frange grandissante de la société. « Tous les jeunes que je rencontre souhaitent vivre une telle expérience de vie », observe le philosophe Dominique Bourg, directeur de la rédaction de La Pensée écologique. « C’est un mouvement profond, une manière d’inventer collectivement d’autres manières de vivre dans un monde abîmé », constate l’essayiste Marielle Macé, auteure de Nos cabanes (Verdier, 128 pages, 6,50 euros).

« Avant, c’était dur mais “facile” : il fallait s’opposer à la bétonisation et à la destruction du bocage. C’est aujourd’hui que l’on construit », indique Alessandro Pignocchi

La Zone à défendre (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes est, bien sûr, l’un des emblèmes de ces nouveaux territoires occupés. Deux ans après l’abandon du projet d’aéroport, il ne s’agit plus d’être contre, mais pour. Et d’inventer un avenir dans un dispositif désormais encadré par l’Etat, « sans pour autant être récupéré », explique Antonin, architecte et zadiste installé près de la bibliothèque écolo-libertaire de la Rolandière. « Avant, c’était dur mais “facile” : il fallait s’opposer à la bétonisation et à la destruction du bocage. C’est aujourd’hui que l’on construit », abonde Alessandro Pignocchi, chercheur en sciences cognitives et auteur de La Recomposition des mondes (Seuil, 128 pages, 15 euros), BD en forme d’« ethnologie [de la ZAD] à fleur de pinceau », comme le dit l’écrivain Alain Damasio.

Mais tous affirment que l’opposition était déjà une proposition. « On s’est opposé à un projet aberrant pour défendre d’autres formes de vie », explique Nicolas, installé dans la ZAD depuis dix ans. Une vie « soustraite au règne de l’économie », dit-on ici. Une vie qui ne séparerait plus nature et culture. « Un univers unique, un cosmos local », où l’on se retrouve « très vite maillé aux luttes et au territoire parce que tout y est horizontal, sans hiérarchie, ouvert à la contribution de quiconque veut donner la main », poursuit Damasio. Non pas une communauté, explique Antonin, mais un maillage de collectifs « de paysans et d’anarchistes, de viandards et de militants antispécistes, d’éleveurs et de squatteurs, de décroissants et de néoruraux ».

Il ne faudra pourtant pas transformer Notre-Dame-des-Landes en wonderful land. En raison de la précarité d’installations toujours menacées de destruction, la vie y est souvent âpre. Et les débats font rage. La ZAD est à un tournant. D’autant que la rédaction du prochain Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUI) focalise l’attention. L’idée consiste donc à gagner, sur le terrain juridique, le droit de construire de l’habitat léger sur des terres agricoles, de préserver des communs, malgré l’accès à la propriété d’une partie des zadistes sortis de l’illégalité. « La ZAD est une terre de conflictualité », résume Antonin.

« Une école de la vie »

Installé dans la ferme des Fosses noires, Baptiste refuse d’opposer « les méchants zadistes légalistes aux gentils anarchistes victimisés ». Lui a rempli le formulaire qui permet d’être déclaré à la préfecture et, comme beaucoup, « couvre » des constructions illégales d’autres zadistes, mais estime que « tout le monde ne joue pas le jeu de la coopération ». Cela dit, reconnaît-il, la ZAD est « une école de la vie. C’est plus compliqué de vivre en collectif, mais plus excitant aussi ». Comme le résument les Considérations sur la victoire (et ses conséquences) depuis la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, une brochure diffusée dans le bocage à l’été 2019, « il s’agit désormais de ne pas perdre la victoire ».

D’autant que les intellectuels anticapitalistes s’écharpent sur la pertinence du zadisme. « Grand soir » contre « archipels », « salaire à vie » contre « oasis » ; « communisme » contre « communalisme », « néoléninisme » contre « gauchisme » : le clivage est profond entre ceux qui rêvent d’un soulèvement de masse, comme l’acte IV du mouvement des « gilets jaunes », le 8 décembre 2018, a pu le laisser entrevoir, et ceux qui parient sur la prolifération des communes autogérées.

Ce débat eut lieu notamment cet été à Eymoutiers, lors d’un échange entre l’écrivain Alain Damasio et le philosophe Frédéric Lordon. Dans le cadre du festival Les Ecrits d’août, créé à l’initiative du romancier, traducteur et éditeur Serge Quadruppani, l’auteur des Furtifs (La Volte, 704 pages, 25 euros) plaida pour la stratégie des « îlots » de résistance, alors que le contributeur du Monde diplomatique refusait de reléguer le grand soir « dans les tombeaux de l’histoire ». Le premier défendant le principe des ZAD, le second lui préférant l’expérience de Lip, l’usine horlogère occupée et autogérée par ses salariés en 1973.

Dans Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent… (La Fabrique, 304 pages, 14 euros), Frédéric Lordon enfonce le clou. Car tout anticapitaliste peut-il être zadiste ? Confronté au même dilemme que George Orwell qui, dans Le Quai de Wigan (1937), reconnaissait n’avoir « pas envie de revenir à un mode de vie plus simple, plus dur, plus fruste et probablement fondé sur le travail de la terre », mais qui, dans le même temps, désirait l’avènement d’« une civilisation où le “progrès” ne se définirait pas par la création d’un monde douillet à l’usage de petits hommes grassouillets », Frédéric Lordon estime qu’avec un goût du confort largement diffusé dans les corps, « le capitalisme nous a attrapés en nous dorlotant ». Ainsi, poursuit-il, « si la seule proposition désirante en face est de type ZAD généralisée, ça ne va pas être facile… »

Ici, on invente des rituels, on ne fait pas fi de la question du spirituel. A la manière de ces « offrandes » faites aux arbres

Alessandro Pignocchi refuse cette « vision caricaturale » de la ZAD selon laquelle ses habitants ne feraient que « patauger dans la boue ». Et fustige « l’économisme » d’une partie de la gauche radicale. Car ici, on invente des rituels, on ne fait pas fi de la question du spirituel. A la manière de ces « offrandes » faites aux arbres, inspirées du modèle animiste des Indiens d’Amazonie pour qui les animaux et les plantes sont des sujets, avec lesquels on interagit, et non des objets, que l’on protège ou exploite, comme c’est le cas chez nous. Des cérémonies conduites « au second degré, sans verser dans aucune forme de mysticisme », précise Alessandro Pignocchi.

Le « désert de l’individualisme contemporain »

Conjuguer le naturel et le spirituel, l’esprit des lieux et le religieux, les membres de l’éco-hameau de La Bénisson-Dieu en ont fait leur profession de foi. Installés depuis l’été 2019 avec deux autres couples dans la Ferme des anges, reliée au réseau Colibris de Pierre Rabhi, la philosophe Marianne Durano et l’essayiste Gaultier Bès, tous deux mariés et membres de la revue Limite, ont choisi d’échapper au « désert de l’individualisme contemporain ».

Huit familles catholiques et décroissantes ont investi ce village, dominé par une abbaye cistercienne à l’éclatante toiture bourguignonne et baigné par les eaux fraîches de la Teyssonne. Une volonté de « changer la société par le bas », explique François Nolle, l’un des pionniers, installé depuis 2016. Une aspiration à « vivre une vie réconciliée », observe Marianne Durano. Réconciliée avec la nature, le partage des savoirs et des histoires, la sobriété, l’échange de bons procédés, la mise en commun des outils du quotidien. Une volonté de « vivre une fraternité concrète, aussi ».

Dans un hameau largement composé d’adultes appartenant à la sphère professionnelle intellectuelle, à tel point qu’il s’agit peut-être du village « le plus philosophique de France », s’amuse Marianne Durano, l’idée de repartir de la pratique vise aussi à « désintellectualiser le débat » qui commençait à s’enliser dans d’interminables joutes théoriques. La conjonction de l’essor de ces « oasis » du mouvement Colibris et de l’encyclique du pape intitulée Laudato Si’ (2015) ont suscité de nombreuses vocations. Des désirs de départ pour mieux se retrouver et vivre en cohérence avec une nouvelle forme de transcendance.

L’encyclique « Laudato Si’» propose « une renaissance du christianisme à travers l’écologie », selon Dominique Bourg

Car cette lettre aux évêques est le socle théologique de la conversion écologique d’une partie des catholiques. « Tout est lié » en est la phrase-clé. Tout est lié, l’homme et la nature, la création et les créatures, le social et l’environnemental : « les pauvres et la terre implorent », écrit François. A « l’écologie humaine » de Jean-Paul II et de Benoît XVI, qui place l’homme au sommet de la création et qui fut largement revendiquée lors de la Manif pour tous, le pape François préfère la notion d’« écologie intégrale ».

Cette écologie plus radicale remet en cause « la culture du déchet », critique sévèrement l’« écologie superficielle » qui « consolide (…) une joyeuse irresponsabilité », et remet en cause ces « justes milieux » qui « retardent seulement un peu l’effondrement ». Une doctrine qui fédère le groupe de La Bénisson-Dieu. « C’est une encyclique décroissante » confirme Arnaud du Crest, économiste et membre du groupe Ecologie, paroles de chrétiens du diocèse de Nantes.

Ce texte révolutionnaire propose « une renaissance du christianisme à travers l’écologie », poursuit Dominique Bourg, et soutient en outre que « la conversion écologique requise pour créer un dynamisme de changement durable est aussi une conversion communautaire ». C’est pourquoi lieux associatifs et communautés – comme celle de La Bénisson-Dieu – ont prospéré.

« Un retour au village »

Dans les années 1970, « c’était l’utopie du retour à la terre qui dominait. Aujourd’hui, on observe un retour au village », analyse Gaultier Bès. A ceci près qu’il s’agit pour lui de « remettre l’église au centre » de celui-ci. C’est pourquoi, avec ses amis, ils y récitent des laudes, chaque matin, à l’aube. Les frictions, pourtant, ne manquent pas. Les problèmes ne sont pas les mêmes qu’à la ZAD. Aucun souci d’expropriation ici, d’autant que le diocèse possède également quelques bâtiments souvent mis à leur disposition ; mais un différend avec la mairie et une partie de la population locale, notamment anticléricale.

« Nos convictions sont une critique latente de leur mode de vie, largement consumériste et basé sur l’agriculture productiviste », reconnaît Gaultier Bès

« Nos convictions sont une critique latente de leur mode de vie, largement consumériste et basé sur l’agriculture productiviste », reconnaît Gaultier Bès. Sans compter que ces représentants de la génération Laudato Si’ n’ont pas, à une exception près, scolarisé leurs enfants à la communale, mais ont ouvert une école privée Montessori dans le village le plus proche, à Briennon. Une manière d’opter pour une pédagogie sensorielle tournée vers l’expérimentation et les promenades en forêt, plutôt que « de mettre 10 000 euros dans des tablettes numériques », comme l’a fait l’école publique, observe l’essayiste.

La Bénisson-Dieu est-elle une ZAD de droite ? Pas si simple, répondent Marianne Durano et Gaultier Bès, qui ont pourtant fait partie des Veilleurs, ces participants à des sit-in sur la voie publique, lors de la Manif pour tous et restent opposés à la PMA et à la GPA. Car la philosophe, comme une partie de la gauche radicale, n’hésite pas à s’inspirer de la notion de « biopouvoir » forgée par Michel Foucault, et l’essayiste, à déclarer se sentir aujourd’hui « plus proche de François Ruffin que de François-Xavier Bellamy ». D’autant que l’écologie, qui relie toutes ces expériences, permet de dépasser les clivages entre la droite et la gauche afin d’opposer la préservation de la vie à l’artificialisation du vivant.

« On vit de peu, ici »

Non pas tant le regain des communautés que le retour au village, donc. Telle la municipalité de Trémargat, qui n’a pas attendu la prise de conscience du réchauffement climatique pour y développer l’agriculture paysanne et biologique. Et, surtout, inventer d’autres pratiques démocratiques. Dans un paysage où des blocs de granit arrondis par le temps parsèment des champs où pourraient apparaître sans mal fées, elfes et korrigans, Trémargat tranche radicalement. Oasis dans une campagne bretonne arraisonnée par l’agriculture intensive, la pauvreté et l’acidité de ses terres l’ont paradoxalement sauvée.

Boudée par les grands céréaliers car trop accidentée, elle fut, petit à petit, investie par les permaculteurs et les décroissants. Tout d’abord grâce aux enfants d’agriculteurs qui, dans les années 1970, reprirent les fermes de leurs parents. Un territoire qu’ils ont décidé de gérer collectivement, grâce à leur communauté de pensée et à un pouvoir municipal tournant. En effet, chaque maire ne fait qu’un mandat et il n’y a qu’une seule liste à chaque élection. Ici, « on fonctionne à l’envers, c’est-à-dire qu’on met le monde à l’endroit », dit un Trémargatois.

Le maire ne soumet pas ses projets au vote, mais fait appel aux idées de ses administrés. Puis il demande à ceux qui sont intéressés de les mettre en œuvre. C’est ainsi qu’ils font parfois des économies. A l’image de l’aménagement du bourg en espace verts et festifs, qui aurait dû coûter 120 000 euros si la mairie avait contracté avec des prestataires de service, mais qui en coûta dix fois moins parce que tout le monde mit la main à la pâte.

Attablée à La Coriandre, le restaurant bio et bondé de cette commune de 200 habitants, Yvette Clément, maire du village depuis 2014, se dit heureuse d’avoir finalement « réussi son pari ». Considérés « comme des hippies » il y a quarante ans, les fermiers trémargatois sont aujourd’hui « respectés ». La production est de qualité, la vie, accueillante, et les chantiers participatifs, pléthoriques. Avec quinze associations, c’est peu dire que le collectif porte. S’y installent de nouveaux arrivants « en quête de sens », intéressés par ce village où la nature comme les hommes sont respectés – « c’est l’une des communes les plus jeunes du département », se réjouit-elle – mais aussi des « réfugiés » de la ZAD ou des migrants. Surtout parce qu’on y trouve une solidarité, une modestie, une sobriété – « on vit de peu, ici » – et une fraternité.

« Jamais de ma vie je n’aurais imaginé connaître une vie aussi riche », confie Yvette Clément. Car tous sont unanimes à louer « le bonheur du partage » et « la joie communicative de l’entraide ». « C’est probablement ce qui m’a le plus touché à Trémargat, confirme Mathieu Rivat, auteur de Ces maires qui changent tout. Le Génie créatif des communes (Actes Sud, 2017) : cette vitalité, cette joie d’être ensemble et le goût des rapports humains. » Un esprit perceptible au Trémargad Kafé, bar associatif devenu le véritable poumon du village où l’on vient boire, jouer, discuter, débattre, se cultiver et parfois même dormir dans le gîte bon marché situé à l’étage, auquel est adossée une épicerie associative, Epice et tout, approvisionnée par les maraîchers environnants.

« Il n’y a pas de leader et peu de gens avec des ego démesurés, ici », explique Yvette Clément, la maire de Trémargat

Il faut dire qu’« il n’y a pas de leader et peu de gens avec des ego démesurés ici », poursuit Yvette Clément. Ça aide, tout comme cette « culture égalitariste », abonde Eric Bréhin, ancien maire et professeur de sciences économiques, doublée d’une « solidarité paysanne sans doute liée à la pauvreté des terres », ajoute Baptiste Gilbert, qui a quitté son commerce urbain et les campagnes polluées par les pesticides pour devenir maraîcher, cultiver tomates et fenouils en permaculture, avec une véritable passion et science de la nature. « Cela fait chaud au cœur de voir toutes ces personnes qui, ensemble, cherchent à ne pas être bouffées par le capitalisme et le productivisme », conclut Yvette Clément.

« Réparer la terre »

Mais pour d’autres, la nouvelle économie peut rimer avec l’écologie. Cofondée par Walter Bouvais, ancien directeur de la publication du magazine Terra Eco, la « communauté » Open Lande réunit entrepreneurs, agriculteurs, hackers et designers pour « réparer la terre ». L’idée ? Créer une « fabrique » et un lieu de formation pour tous ceux – entreprise ou particulier – qui opèrent leur transition écologique. Le principe ? « Passer d’une société qui détruit à une société qui répare, et créer une économie qui entre en collaboration avec le vivant », explique Walter Bouvais.

Installée sur le domaine de Land Rohan, propriété du groupe Brémond, partenaire de ce projet indépendant, Open Lande est situé à deux pas de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Alors qu’à la ZAD, on rêve d’une société anticapitaliste, ici on « prototype » les projets qui reposent sur l’exploitation du « capital invisible », tels que l’agroécologie ou l’écopâturage. Qui fait partie de la communauté ? Des néopaysans, comme Régis, ex-commercial à Londres devenu maraîcher. Des anciens cadres ou dessinateurs d’entreprise qui souhaitent « se racheter » d’avoir collaboré à des grands groupes peu soucieux de leur empreinte écologique. Ou encore Lionel Fournier, président de Dirigeants responsables de l’Ouest. Leur leitmotiv ? Ici encore, la « quête de sens » et le souci de « vivre en cohérence ».

Libertaires, religieuses, municipales ou entrepreneuriales, les « oasis » gagnent du terrain en France. Assiste-t-on au retour des communautés ? Pas tout à fait. Car, dans les années 1970, tout était mis en commun. Alors qu’aujourd’hui, chacun possède sa maison, son appartement, sa cabane ou sa caravane, et détermine collectivement les espaces partagés. Les leçons des années 1970 ont été tirées. Localistes et écologistes, ces lieux de vie sont également parfois des hauts lieux de pensée. D’invention et de subversion, aussi. « Il s’agit de corroder la centralité de Paris », explique un « ingouvernable » installé à Eymoutiers, sur le plateau de Millevaches, où certains, attablés à la terrasse du Magasin général de Tarnac, rêvent de « transformer le plateau en un Chiapas français ».

« Il ne s’agit pas d’espaces marginaux, estime Marielle Macé. Ce qui se vit dans ces zones à défendre devrait valoir pour tout le monde »

Comme le dit Jacques Rancière dans En quel temps vivons-nous ? (La Fabrique, 2017), « une place occupée dans une métropole, une ZAD, ce sont des oasis ». Mais « il ne s’agit pas d’espaces marginaux, poursuit Marielle Macé. Ce qui se vit dans ces zones à défendre devrait valoir pour tout le monde ».

Au sens propre, l’oasis est une zone de végétation au milieu d’un désert, entretenue par l’homme. Mais ces espaces ne sont plus isolés, ils sont ouverts et connectés. C’est ainsi que tout est lié : ces lieux de vie où la relation à la nature change la nature des relations sont devenus des fabriques de nouveaux mondes.

Nicolas Truong

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