La filière de la lavande française ébranlée par la réglementation européenne
9 000 emplois directs de la filière ainsi que 17 000 emplois indirects, issus notamment du tourisme, seraient menacés…

La filière de la lavande en danger. Un projet de réglementation de la Commission européenne souhaite revoir la classification de certains produits et pourrait par conséquent classer les huiles essentielles de lavande et de lavandin parmi les produits dangereux d’ici à 2025, bouleversant ainsi le secteur en France. Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, s’est rendu ce jeudi 26 août à Valensole, pour soutenir les producteurs.
Des molécules présentes dans la lavande pourraient en effet provoquer des allergies chez les consommateurs, mais aussi contenir des perturbateurs endocriniens. La Commission européenne a indiqué sur Twitter que « tous les acteurs de la filière seront largement consultés avant la présentation de nos propositions », assurant toutefois que « la législation sera révisée afin de mieux protéger les consommateurs et l’environnement ».
« Ce serait la mort de nos lavandiculteurs entre autres, et de nos coopératives »
Renaud Muselier a, quant à lui, défendu, ce jeudi, le secteur, indiquant que ces huiles essentielles étaient des produits « qui, à travers les millénaires », ont prouvé leur « efficacité ». La France est par ailleurs le premier producteur d’huiles essentielles de lavandin et le deuxième de lavande. Cette décision de la Commission européenne pourrait ainsi engendrer des pertes conséquentes pour les producteurs, tout particulièrement en Provence-Alpes-Côte d’Azur où la vente de ces huiles est un véritable moteur de l’économie. 9 000 emplois directs seraient menacés, mais aussi 17 000 emplois indirects issus du tourisme et de la production de miel. « Si une telle directive était adoptée, ce serait la mort de nos lavandiculteurs entre autres, et de nos coopératives », regrette Éliane Barreille, la présidente du conseil départemental des Alpes-de-Haute-Provence.
La réglementation pourrait également ébranler la moitié des distilleries d’huiles essentielles en France, rapporte le syndicat des Plantes à parfum, aromatiques et médicinales de France. Une pétition « contre la disparition des huiles essentielles et des produits naturels » a été lancée en ligne par les agriculteurs ainsi que par les distillateurs de la filière. Pour l’heure, près de 135 000 signatures ont été récoltées.
MCD