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Très heureuse d’avoir conduit les échanges hier après-midi du Congrès des Maires ruraux de France sur « La Femme, la Commune, la République ».

Quelques extraits de mon discours d’ouverture :
« Je suis Fanny Lacroix, 36 ans, maman solo de 2 enfants de 7 ans et 9 ans, originaire du milieu ouvrier et petit commerçant. J’ai grandi en ville. Annemasse, en zone frontalière de Genève. Puis j’ai fait des études à Lyon et Paris. Un premier poste décroché à Paris puis je suis venue à Grenoble pour suivre mon compagnon lui originaire du milieu rural. Une transhumance de Mérens sur les plateaux du Vercors a suffi à me faire tout abandonner. Et j’ai découvert mon village : St Sébastien, 250 habitants, devenu ensuite Châtel-en-Trièves. D’abord recrutée en tant que secrétaire de Mairie. Insignifiante en ville, sans avoir le sentiment d’avoir la moindre incidence sur le cours de l’histoire, je me suis mise à exister à la campagne. Les habitants m’ont reconnue, dans mes valeurs, dans mes qualités. Je suis devenue quelqu’un, osant construire ce que sera ma vie que je vois grande aujourd’hui, sans n’avoir plus peur de le dire. J’ai osé divorcer grâce à mon village, j’ai osé changer de travail, j’ai osé m’engager dans les associations, j’ai osé me laisser porter à la fonction de Maire. Cette commune m’a adoptée et m’a révélée.
La République est venue à moi dans ces chemins de traverses de ces petits pays oubliés. Parfois on se demande si cette vielle dame est encore en bonne santé. Moi j’ai senti son pouls battre fort dans mon village.
Quel que sera mon parcours de vie, je n’oublierai jamais d’où je viens et que la commune m’a permis d’enfin exister pleinement dans un écho exceptionnel entre accomplissement personnel et collectif, me donnant la force de déplacer des montagnes.
Notre France aujourd’hui qui traverse tant de moments incertains a besoin de cette énergie. Cette énergie est en nous, là, ici et maintenant, sur les places de nos villages si nous cultivons le terreau de la citoyenneté et de l’engagement.
Enfant du vide hier, aujourd’hui mon engagement est total. Pour faire reconnaitre nos Communes et leur importance fondamentale, pour permettre de faire vivre notre République et notre démocratie. »
« Penser la place des femmes en politique a une vocation universelle. Les femmes condensent, notamment en milieu rural, les freins d’engagement à la fonction. Penser la place des femmes pour nous est une voie pour penser l’implication de tous ceux en dessous du plafond de verre. Lever les freins à l’engagement des femmes participera à lever les freins à tous les invisibles et les empêchés. Femmes et hommes, plus forts ensembles, sans gardiens du Temple ou chasse gardée.
L’accès à la politique est la mère des victoires de l’accès aux droits. Le pouvoir politique étant considéré dans notre Pays comme le premier des pouvoirs. »
Fanny Lacroix, maire de Châtel en Trièves – 38

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