ALPES : Montcla r, de la neige livrée par hélicoptère pour combler le manque en bas des pistes
L’enneigement existe au-dessus de 1 600 m d’altitude, mais les récentes pluies ont lessivé le bas de station. La situation d’enneigement est assez paradoxale à Montclar les 2 vallées, qui a ouvert le 21 décembre. La neige est là et bien là : sur le versant Ubaye, on compte un mètre, la quasi-totalité du domaine a recouvert son manteau blanc, à l’exception des derniers mètres de piste pour revenir sur le bas de la station.
200 m³ de neige manquaient en bas de la station : normal entre pluie et dérèglement climatique !
Depuis des jours maintenant, seuls les skieurs aguerris redescendent jusqu’en bas ski au pied dans un fin couloir de neige. Pour les autres, c’est le système D, surtout que par sa configuration, Montclar permet difficilement de redescendre en télésiège ski au pied. Du côté de MDS, qui gère les remontées mécaniques, on a pensé à plusieurs solutions. Amener les gens à ski au plus près de la gare du télésiège du Belvédère, afin d’embarquer les usagers à la descente, mais il faut encore faire quelques centaines de mètres les skis à la main ou en poussant sur les bâtons. Ou encore tracter les skieurs en scooter des neiges jusqu’à l’embarquement. « La fréquentation de la deuxième semaine des vacances de Noël ne permet plus de bidouiller notre retour. L’enjeu économique de cette deuxième semaine est d’environ 150 000 € pour MDS et de 900 000 € pour l’ensemble des socioprofessionnels », estime le président de MDS, Alain Quièvre.
Pour sauver leur fric, les grands moyens ont donc été employés, ce qui a offert un spectacle désolant dans la station.
Un hélicoptère a passé une partie de la journée de samedi à amener de la neige du plateau de la Chau jusqu’au bas de la station, pour combler les 200 m³ manquants pour que le retour en station se fasse pour les skieurs de tous niveaux.
80 rotations par hélicoptère : gaspillage et cout démesuré !
« Le coût de cette opération est estimé à 8 000 € la journée. Le bureau l’a validée à l’unanimité, après avoir pesé le pour et le contre, estimé les impacts d’image, de satisfaction client, économiques, environnementaux. » Une démarche décriée par certains observateurs, notamment pour son impact environnemental. Ainsi, près de 80 rotations ont été faites pour héliporter à chaque reprise trois mètres cubes d’or blanc. « Parallèlement, nous allons acquérir un scooter qui remontera les débutants du téléski de la combe au sommet du TSD6. Nous avons pris une mesure complémentaire en autorisant la production de neige de culture à des conditions très limites », conclut Alain Quièvre.
Environnement et sport passent à la trappe. Encore un effort et on touche le fond.
Paul Breynat