L’annonce du décès de deux figures du Diois, Jean Paul Eymard, maire de Marignac et de Kate Savalle-Henry, directrice pendant 27 ans du Cinéma municipal « Le Pestel », et la minute de silence, n’aura pas apaisé les esprits. La maire suspendait la séance pour une heure et demi de débat avec l’opposition et une trentaine d’opposants venu protester contre l’implantation du nouvel hôpital à Chanqueyras.
La maire Isabelle Bizouard, droite dans ses bottes, expliquait la décision et le vote du Conseil municipal du 6 juillet : « la préfecture a exigé une décision de la mairie de Die à la mi-décembre. Un tableau comparatif a été fait incluant 2 autres sites : ‘Chamages–Cougnes-2’ et le ‘camping de Chamarges’. Ce travail approfondi et détaillé, a été fait avec les services communaux et les services de l’hôpital en coopération. Les sites ont été abandonnés car c’est un « Site Patrimonial Remarquable », des terres agricoles protégées, et des procédures de déclassements (PLU et PLUI), archéologiques à n’en plus finir. La seule solution rapide, adaptée et opérationnelle est Chanqueyras. Ce site est propriété de la municipalité et tous les travaux préventifs ont été réalisés, fouilles, constructibilité, réseaux, voieries, etc… Personne ne souhaite de nuisances. Mais tous nous voulons un hôpital le mieux intégré possible. »
L’ancien maire Gilbert Trémolet a fait de cet emplacement le « combat du siècle (dixit) », mais surtout une opportunité de mettre la nouvelle municipalité en difficulté. Rappelons qu’il a perdu cette élection municipale de 28 voix : « Vous décidez en petit comité alors qu’il s’agit d’un choix pour tous les Diois, alors que vous parliez de démocratie participative, de consultation citoyenne »
Thomas Bechet, ancien adjoint au sport de l’ancienne équipe montait au créneau sur la perte de logement potentielle : « En effet 270 logements étaient prévu initialement sur le site de Chanqueyras et l’empiétement de l’hôpital (12 000m2 ) pourrait enlever quelques hectares à l’urbanisation. Les prix du foncier et du locatif deviennent fous. Nous ne pouvons pas compromettre la construction de logements. »
Eric Sicard actuel adjoint à l’urbanisme et au foncier pointait aussi cette inflation qui ne date pas d’hier : « nous construirons ces logements mais pas sur du foncier agricole »
Marylène Moucheron, bras doit de Gilbert Trémolet demandait « des précisions sur les services : Les besoins d’extensions, la circulation automobile sont-ils pris en compte ? ». Tandis que sa collègue Laetitia Orand rappelait les suppléments de pollution et de bruits, embouteillages qu’entrainera ce choix à l’opposé de l’arrivée des soignants venant de la vallée (on évalue à 80 %, les salariés des qui viendraient du bas de la vallée, chiffres à confirmer)». Enfin Christian Rey demandait des explications « sur les surcouts de l’Héliport donc déplacé, des voieries négociées ou pas (en particulier un futur rond-point à l’embranchement de la route de l’Abbaye de Valcroissant) avec le conseil départemental, les positions de l’aviation civile, pour un projet qui va impacter le Diois pour 50 ans ».
Jean Pierre Bertrand, adjoint au maire, lui pointait les dossiers quasi-vides de l’ancienne municipalité, leur absence de consultation et leur « Schéma des Mobilités Douces » bâclé.
Il ne manquait plus que le vieux serpent de mer de la reconstruction sur site, totalement évacué par l’Agence Régionale de la Santé et la direction de l’hôpital. « Jamais chiffrée, cette option pour des raisons de surcouts, de parking et de désirs des soignants a systématiquement été évacuée » rappelait Philipe Leewenberg, ancien élu.
Il en fallait ainsi peu pour qu’une syndicaliste des salariées raille cette proposition : « Les Urgences se s’étaient 2 ans de travaux pour 150m2. Deux ans de fermeture, l’EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) coupé en deux… la rénovation sur site c’est la mort définitive de l’Hôpital ! ». Le débat et le conflit commençaient entre opposants.
Ambiance surchauffée, les opposants lançant moult quolibets, invectives, voir attaques.
Alain Matheron, Président de la Communauté de Communes du Diois, qui suit ce dossier depuis 2017 concluait : « je ne veux pas arbitrer entre la municipalité et son opposition. Mais remettre la décision à la municipalité de de Die est absurde. Ce n’est pas de sa compétence. Mais la Communauté des Communes et les maires du Diois sont unanimes pour faire vite, avec une maitrise du foncier et sur un terrain constructible. Vite ».
Cette injonction de l’état, sous peine de perdre les Financements annoncés au « Ségur de la Santé » sonnait comme un chantage, mais aussi une trop belle occasion de mettre la municipalité de Die à l’épreuve.
Le conseil municipal reprenait son cours… sur les modifications budgétaires…
Claude Veyret
Ce texte a été publié dans le Dauphiné Libéré, fondu dans un historique, en partenariat avec Julien Combelles