Scandale dans les Ehpad* : Orpea, la chute de la multinationale de « l’or gris »
Le groupe de maisons de retraite fondé par Jean-Claude Marian a été à plusieurs reprises critiqué par les familles de pensionnaires qui évoquent des maltraitances.
* établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Le logo d’Orpea sur le fronton de la résidence Ehpad « Les bords de Seine », le 26 janvier 2022 à Neuillyt-sur-Seine, près de Pari
Un système que le journaliste Victor Castanet décrit de façon clinique dans son ouvrage : rationnement des fournitures médicales et de la nourriture dans des établissements aux tarifs pourtant très élevés, une maltraitance chronique des résidents, des objectifs financiers imposés à des directions contrôlées de très près par le siège. Dans son livre de 400 pages, il dépeint une entreprise qui prône des économies drastiques pour une rentabilité maximale. De son côté, le groupe réfute en bloc ces accusations. Présent dans une vingtaine de pays, Orpea est l’un des principaux acteurs mondiaux de la prise en charge de la dépendance, avec un réseau de 1 156 établissements pour personnes fragiles : maisons de retraite médicalisées, cliniques de soins, cliniques de psychiatrie. »
Depuis sa création en 1989, tout semble réussir au groupe Orpea. Coté en bourse depuis 2002, son chiffre d’affaires s’établit à 3,42 milliards d’euros en 2018. À partir de 2004, l’entreprise se tourne vers l’Europe. Insatiable, le groupe privé avale plusieurs structures de maisons de retraite en Espagne, Suisse, Allemagne… Fort de son rayonnement mondial, le groupe dont le siège est basé à Puteaux (Hauts-de-Seine) compte plus de 65 000 salariés. En plus de son implantation à l’international, l’entreprise aime mettre en avant ses « valeurs fortes » qu’elle liste avec fierté sur son site : « Loyauté, Bienveillance, Professionnalisme et Humilité. » Une flopée de valeurs qui cache une réalité plus sombre à en croire les 250 témoignages réunis dans « Les Fossoyeurs ».
Une société plusieurs fois dans le viseur de la justice
A l’origine de cette multinationale de « l’or gris », un homme : Jean-Claude Marian. Âgé de 82 ans, il a vendu ses dernières parts début 2020 et réside dorénavant en Belgique. L’homme d’affaires a bâti une immense fortune grâce aux profits réalisés dans ses maisons de retraite. La preuve : il a vendu ses actions pour 777 millions d’euros. L’octogénaire, neuropsychiatre de formation, « pèse un bon milliard » estime l’un de ses proches dans le journal Libération. Classé parmi les 500 plus grosses fortunes de France selon Challenges, Marian se distingue par un train de vie luxueux : hôtel particulier à Bruxelles, collection de tableaux prestigieux… Du haut de sa tour d’argent, il observe la tempête s’abattre sur l’ancien directeur général du groupe, remplacé par Philippe Charrier.
Depuis plusieurs jours, la machine s’emballe : les autorités ont annoncé mardi une « vaste opération de contrôle » d’Orpea, avec l’ouverture d’une « double enquête » administrative confiée aux inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF). Les établissements du groupe feront l’objet de « contrôles inopinés » diligentés par les services de l’Etat. « Je vous assure que c’est la première fois que l’on fait une inspection » de cette importance, « parce que l’on veut frapper fort, parce que l’on ne veut plus que des groupes considèrent le grand âge comme une pompe à fric. Ce n’est pas une marchandise », a martelé la ministre Brigitte Bourguignon. Si Orpea pourrait être pris la main dans le sac, ce n’est pas la première fois que la justice s’intéresse aux affaires du groupe.
Mars 2021. Une perquisition est menée au siège de Puteaux, par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans le cadre d’une enquête préliminaire pour complicité de fraude fiscale et blanchiment aggravé. A l’époque, c’est le magazine Challenges qui dévoile l’affaire. Plusieurs cadres sont entendus par les autorités. En cause : le montage financier ayant permis de racheter certaines maisons de retraite sur le territoire français. Six ans plus tôt, en 2015, c’est le parquet de Paris qui ouvre une enquête préliminaire visant les pratiques du groupe privé de gestion de cliniques et de maisons de retraite. Selon Mediapart, Orpea est soupçonné d’avoir fait appel à de faux salariés pour espionner ses collaborateurs, en particulier des représentants syndicaux.
Des signaux d’alerte multiples
A la même époque, plusieurs personnes alertent sur leurs pratiques. Toujours en 2015, vingt-huit familles de pensionnaires de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) « Le Village » de Boissise-le-Roi (Seine-et-Marne) écrivent à la ministre de la Santé de l’époque, Marisol Touraine. Dans leur courrier, ils pointent du doigt le « manque de personnel » qui « met en jeu la sécurité des pensionnaires. » Déjà, de graves dysfonctionnements sont décrits du côté des soins à la personne : non-distribution de médicaments à plusieurs reprises ou les toilettes tardives. Leur courrier reste sans réponse de la part des autorités compétentes. Des inquiétudes qui se répètent en décembre 2016. Des membres du personnel et des familles dénoncent aussi le manque de personnel dans la maison de retraite de l’Aar, située à Schiltigheim.
Dans un témoignage relayé par France 3 régions, une femme raconte par exemple que certains résidents « étaient changés une fois par jour pour économiser les couches ». Face à ces accusations de maltraitance, l’établissement nie en bloc. Désormais, l’entreprise est dans la tourmente. Que ce soit en France ou chez nos voisins puisque le scandale a également des répercussions à l’étranger. En Belgique francophone, le gouvernement régional de Wallonie a ordonné la semaine dernière des visites de contrôle inopinées dans les 18 établissements gérés par Orpea dans la région. Sur douze Ehpad déjà inspectés, un a fait l’objet d' »un avis très préoccupant ». Les cinq lettres bleutées sont aujourd’hui écornées.
Audrey Parmentier dans L’Express
« Si je la laisse ici, elle va crever » : écœurés, ils ont retiré leurs parents d’Ehpad
Choqués par la violence physique ou psychologique subie par leur proche, certains Français ont décidé d’exfiltrer leurs parents d’établissements maltraitants.

Choqués par la violence physique ou psychologique subie par leur proche, certains Français ont décidé d’exfiltrer leurs parents d’établissements maltraitants.
Placée dans la structure en octobre 2019, la mère d’Adrienne commence par perdre du poids. Beaucoup. « A chaque fois que je lui rendais visite, elle réclamait à manger. Elle avait toujours faim », raconte sa fille, qui lui apporte alors des gâteaux, des grappes de raisin ou du pain aux noix. Dès son arrivée, d’autres résidents envient ce goûter de fête, réclamant d’y participer. « Ils avaient tous faim, ça me brisait le coeur », souffle Adrienne, encore émue à l’évocation de ce souvenir. Après la pandémie, les signes alarmants se multiplient : confinée seule dans sa chambre pendant soixante jours, l’octogénaire est retrouvée encore plus amaigrie par sa famille, à laquelle elle raconte les traitements subis. « Elle était réveillée vers 6h30 du matin, pour être descendue à 7 heures. Ensuite, ils la laissaient toute la journée dans la salle commune, jusqu’à 19 heures », relate Adrienne. Plus tard, sa mère lui confiera qu’elle a parfois été douchée à l’eau froide, et même frappée par certains soignants. Un matin de juin, la vieille femme chute, mais l’Ehpad ne juge pas bon de prévenir la famille. Les soeurs d’Adrienne ne se rendront compte de l’événement que plusieurs heures plus tard, en découvrant leur mère couverte d’hématomes, la clavicule fracturée.
Quelques jours plus tard, Adrienne retrouve à son tour sa parente en plein délire. « Ils lui avaient donné des médicaments qui la droguaient, elle ne nous reconnaissait même plus. » Ce matin-là, la résidente a été attachée de force sur son fauteuil, et refuse de manger. C’en est trop pour sa fille, qui décide de la ramener chez elle. « Vous avez raison, prenez-la », lui aurait répondu la directrice de l’établissement. En quelques jours chez Adrienne, l’octogénaire retrouve l’appétit, cesse de délirer dès l’arrêt des médicaments, et, surtout, témoigne. « Je n’y retourne plus jamais, hein ? Ils m’ont fait subir l’enfer », confie-t-elle à ses proches. Deux mois après avoir quitté l’Ehpad, elle décède d’un cancer du foie diagnostiqué sur le tard. « Alors qu’elle était victime d’une insuffisance rénale importante, ils ne lui avaient jamais fait faire une seule échographie », déplore sa fille. Écoeurée, elle a depuis décidé de porter plainte.
Effarant, le récit d’Adrienne est pourtant loin d’être unique. Après un appel à témoignage diffusé sur les réseaux sociaux, L’Express a reçu des dizaines de messages provenant de proches désabusés, racontant des histoires similaires. Partout en France, tous ont décidé de sortir leurs parents d’Ehpad privés ou publics, après avoir soupçonné de graves maltraitances physiques ou psychologiques. « Ce n’est pas un phénomène majoritaire, mais cela reste régulier, notamment depuis la pandémie de Covid », analyse Claudette Brialix, présidente de la Fédération nationale des associations et amis de personnes âgées et de leurs familles (FNAPAEF). Durant le pic de la crise sanitaire, la militante rappelle que certains résidents ont été livrés à eux-mêmes, manquant parfois de soins médicaux, de contact humain et de considération. « Je vous laisse imaginer l’ampleur des dégâts. Entre la restriction de liberté durable, la gestion parfois déplorable de certains établissements et le prix moyen de ces structures, beaucoup de familles ont décidé de ramener leurs proches chez elles », indique-t-elle, rappelant au passage que le prix moyen d’une résidence en Ehpad s’élève à environ 2000 euros par mois.
« Ma mère revit »
Valérie en fait partie. Doucement, elle prend le temps de raconter les violences subies par sa mère, placée dans deux Ehpad franciliens qu’elle juge désormais « maltraitants ». « Je me suis dit : si je la laisse ici, elle va crever », commence cette ingénieure, qui indique avoir retrouvé plusieurs fois sa mère dans des conditions déplorables. Dans la première structure, la vieille femme est d’abord victime d’hématomes sur le cou, « comme si quelqu’un avait essayé de l’étrangler ». Valérie la découvre plusieurs fois allongée sur le sol de sa chambre – chauffée à 29 degrés pendant des semaines, sans que le problème ne puisse être résolu – ou souillée de ses propres excréments. Choquée, elle la déplace alors dans un centre Orpea, groupe dernièrement mis en cause dans le livre-enquête Les Fossoyeurs du journaliste Victor Castanet – qui y épingle les graves manquements au sein de certains établissements.
« Ça a été catastrophique pendant trois ans », résume Valérie. À plusieurs reprises, sa mère lui confie avoir été frappée par des soignants. La vieille femme est encore retrouvée souillée dans son lit, et maigrit rapidement : pendant la crise du Covid, elle perd dix kilos. « Quand j’allais la voir, elle ne tenait plus debout, elle était absolument affamée. Quand je mettais ma main devant son visage, elle essayait de la manger », décrit sa fille, la gorge serrée. Dans les couloirs, Valérie se dit stupéfaite par les scènes auxquelles elle assiste. « Les résidents qui n’avaient pas de famille ont été abandonnés à la pire maltraitance que l’on puisse imaginer. J’ai vu des femmes laissées dans leurs lits avec des escarres, ça puait, elles n’étaient pas lavées. On les laissait pourrir, littéralement », affirme-t-elle. Malgré ses demandes répétées, la direction ne bouge pas, remettant sans cesse en cause ses accusations et celles d’autres familles de pensionnaires.
Il y a quelques mois, l’ingénieure décide alors de ramener sa parente chez elle, et de travailler à temps partiel pour en prendre soin. Accompagnée d’infirmières à domicile, elle assure s’en sortir « pour environ 6000 euros par mois, contre 4500 euros d’Ehpad ». Mais la vie personnelle de Valérie en a « pris un coup », et est désormais rythmée par les soins à prodiguer. « Finalement, ça n’a pas d’importance. Parce que ma mère revit », souligne la Francilienne. En deux semaines, l’ancienne résidente a repris les dix kilos perdus durant le Covid, et n’est plus aussi courbée qu’auparavant. « On me disait qu’elle n’était plus capable d’aller uriner seule. Maintenant, elle va aux toilettes par elle-même », tacle Valérie, furieuse.
« Son regard est redevenu vivant »
Résidents amaigris, hygiène déplorable, suivi médical inexistant… Les récits confiés à L’Express se suivent et se ressemblent, témoignant de manquements impressionnants au sein de certains établissements. « On a arraché deux ongles aux pieds de ma mère par manque de soins de pédicure. La direction a ensuite attendu vingt-quatre heures avant de lui donner un antidouleur, et personne ne m’a avertie de cette opération », raconte Périne depuis le Gard. En Ile-de-France, Delphine abonde. « On a traité maman, atteinte de la maladie à corps de Lewy, comme un objet. Sans se rendre compte que son état psychologique empirait, on la laissait errer toute la journée dans les couloirs. Quand je l’ai fait remarquer, on m’a dit qu’au moins ici, ma mère était propre, et que ça ne sentait pas l’urine », se souvient-elle, outrée.
« Dans les Ehpad, les gens perdent leur dignité en silence », accuse Francesca. Dans une structure du Sud de la France, cette enseignante de 47 ans a retrouvé sa mère édentée après plusieurs semaines sans visite, sans que personne ne l’ait prévenue. « Dans sa chambre, il y avait une odeur d’urine à vomir. Ma mère était cadavérique, complètement éteinte, et elle ne parlait plus. Elle gémissait », raconte Francesca, qui décide immédiatement de ramener sa mère chez elle. En quelques semaines, cette dernière reprend trois kilos. « Son regard est redevenu vivant », souffle l’enseignante, qui indique pourtant ne pas avoir porté plainte. « J’ai fait comme beaucoup d’autres avant moi. Je me suis tue. J’avais envie de m’occuper d’elle, et pas d’eux. Et de toute façon, je n’aurais pas fait le poids », conclut-elle.
« On sait que dans certains cas, il y a des manquements, voire de la maltraitance systémique. Il faut pouvoir témoigner de cela, et rendre ces histoires visibles », souligne Patrick Collardot, fondateur du site Touche pas mes vieux, qui vise à protéger les droits des résidents d’Ehpad. Début janvier, l’homme a lancé avec 16 autres collectifs et associations de familles la plateforme Pour des résidents toujours citoyens en Ehpad, afin de sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle à la situation des pensionnaires de ces établissements. « C’était nécessaire : tous les témoignages que nous recevons vont dans le même sens. Il faut rendre normale la vie en Ehpad ! », plaide-t-il.
« Dès que tu montes dans les étages, ça se gâte »
Car au fil des témoignages, d’autres types de violences, plus insidieuses encore, se dessinent. Jacqueline, qui a placé son époux dans un établissement spécialisé Alzheimer à Rueil-Malmaison, a ainsi assisté à ce qu’elle appelle « la version moderne du supplice de Tantale ». Alors que son mari ne peut se déplacer seul, elle découvre un jour que son plateau du petit-déjeuner a été déposé sur une table à plusieurs mètres du lit – inaccessible. L’écriteau rédigé par ses soins, qui recommande du pain de mie, plus facile à mâcher, est ignoré : les soignants continuent de servir à l’homme de la baguette – immangeable. Dans des locaux dégradés, où la vitre de l’ascenseur est fendue, les bols éméchés et les prises électriques laissées à l’air libre dans le jardin, son époux est souvent laissé seul, isolé du reste du groupe durant des journées entières. « Un matin, il s’est taché au petit déjeuner, et a renversé tout son bol de café sur son bermuda. Il n’a pas été changé de la journée », souffle Jacqueline. Un dimanche de janvier, la septuagénaire décide de sortir son mari de l’établissement, pour le déplacer dans une autre structure de la région. « Son état s’est amélioré en vingt-quatre heures », témoigne-t-elle. Alors qu’il ne parlait plus depuis trois mois, l’homme recommence désormais à échanger.
« Ces établissements tentent d’impressionner les familles avec un beau bâtiment, un mec qui prend des notes quand tu t’inscris, un accueil formidable au premier abord. Mais dès que tu montes dans les étages, ça se gâte », témoigne de son côté Axel, dont la mère a été placée pendant plusieurs mois dans un Ehpad de la région parisienne. Malgré un joli parc, une vue sur Paris et un prélèvement mensuel d’environ 4000 euros, le soin accordé aux résidents laisse à désirer. « Il n’y avait aucune humanité, aucune gentillesse, le personnel n’était pas formé », se souvient ce journaliste, qui constate, lui aussi, de cruels manquements. Lors d’une de ses premières visites, l’homme surprend une résidente dans l’ascenseur, dans un fauteuil placé face au mur. « Elle montait et descendait. Ils l’avaient oubliée. »
L’infrastructure elle-même ne correspond pas aux promesses des prospectus. « Rien n’était bien pensé, on ne pouvait pas circuler dans la chambre en fauteuil, une marche de 25 centimètres séparait la terrasse du reste de la pièce, le fauteuil roulant ne tournait pas sur lui-même… », énumère Axel, dépité. Atteinte de sclérose en plaques, la résidente attend régulièrement de 7h à 11h du matin avant qu’un soignant ne vienne s’occuper d’elle : comme pour Jacqueline, l’un d’entre eux a même, un matin, placé le journal à plusieurs mètres de la patiente – qui ne peut se déplacer pour l’attraper. « Le soir, ils éteignaient la lumière sans rien demander, comme des sortes d’animateurs de colo un peu sadiques », illustre Axel, qui décide finalement de ramener sa mère à son domicile et de s’en occuper lui-même, aidé par des soignants à domicile. « Je suis très content de cette décision : c’est en fait ce qu’il y avait de mieux à faire », conclut-il.
« Malheureusement, toutes les familles ne peuvent se le permettre », regrette Patrick Collardot, qui rappelle que certains proches n’ont pas les moyens de se procurer des aides-soignants ou infirmiers à domicile, ni la disponibilité de s’occuper de leurs parents. « Pour nous, c’est une peine infinie. Il y a un désespoir total, et cette sensation que personne ne peut nous venir en aide », tient à témoigner Charlotte*, dans l’incapacité financière de sortir sa mère de l’Ehpad dans lequel cette dernière subit une « grande maltraitance physique et psychologique ». « Il faudrait que je trouve quelqu’un disponible 7j/7 et 24h/24, mais ce n’est pas possible. Alors j’attends », résume-t-elle, appelant le gouvernement à « prendre ses responsabilités ».
Céline Delbecque dans L’Express
*Le prénom a été modifié à la demande de la personne concernée.