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Transition écologique et résilience des territoires : il est d’abord urgent de « comprendre »

À partir du deuxième mandat de Jacques Chirac l’écologie s’impose largement à droite comme à gauche. Le discours « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » est prononcé en septembre 2002. Depuis 2002 l’association Dioise « Ecologie au Quotidien » développe les idées et pratiques de Transitons écologiques, Résiliences des territoires et  Alternatives socioéconomiques. A partir des concepts du philosophe Patrick Viveret : Résistances créatives, Expérimentations Sociales et Visions  transformatrices (REV). Vingt ans après, collectivités territoriales, administrations, entreprises et monde associatif lui emboite le pas et s’engagent dans ces mutations et bifurcations avec plus ou moins de pertinence, de compréhension et de  discernement.  Ce premier texte évoque les possibles positionnements des territoires (1/3).

« Tenir le cap de la transition écologique », pour un territoire, c’est être capable à la fois de « s’adapter aux chocs et aux épreuves liés au dérèglement climatique » et de « surmonter les crises, les tensions liées à la transformation elle-même ». Dans un épais rapport, le Shift Project donne aux collectivités des clés pour agir en faveur de la « résilience » dont vont devoir faire preuve les territoires face aux « risques en cascade » liés au changement climatique, à l’érosion de la biodiversité et à l’épuisement des ressources. Décryptage de l’étude avec Laurent Delcayrou, chef de projet sur la résilience des territoires.

Le think tank The Shift Project a récemment publié un rapport sur « La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique« , étude réalisée avec le soutien de six partenaires dont la Banque des Territoires et l’Ademe. « Les territoires vont devoir s’adapter aux chocs et aux épreuves liés au dérèglement climatique, mais ils vont devoir aussi surmonter les crises, les tensions liées à la transformation elle-même », a expliqué Laurent Delcayrou, chef de projet « Stratégie de résilience des territoires » au Shift Project. Conçu comme un « memento pour des politiques locales adaptées aux bouleversements à venir », la publication regroupe trois tomes invitant élus, agents de collectivités et autres acteurs territoriaux à « comprendre » les enjeux, à « agir » dans différents domaines (administration, alimentation, urbanisme, économie, santé) pour un territoire plus résilient et, enfin, à « organiser » une « démarche inclusive d’élaboration de stratégies de résilience du territoire ». ( photo : feu à venir dans la Drôme )

Un manque de vision systémique des enjeux et des risques

Pour le Shift Project, dans les territoires, « on est encore loin d’avoir cette vision systémique des conséquences et des implications structurelles de la crise climatique et écologique », résume Laurent Delcayrou. Selon lui, on observe aujourd’hui un « foisonnement d’expérimentations, de publications, d’expertises sur l’accompagnement de la transition, un foisonnement tel qu’il en devient illisible ». Il est donc urgent d’y voir plus clair, collectivement. Il est même recommandé aux collectivités d’investir chaque année 1% de leur budget de fonctionnement « dans la formation, l’expertise et la production de connaissances sur les conséquences des bouleversements climatiques et les enjeux de la transition écologique sur les territoires ». Et le rapport vise à contribuer à cette mise à niveau, par la sélection de « messages » destinés à « rendre les choses plus accessibles, plus lisibles », présente le chef de projet.
Le rapport s’ouvre ainsi sur une présentation synthétique de ces « risques en cascade » générés par le cumul du changement climatique, de l’érosion de la biodiversité et de l’épuisement des ressources. Les conséquences pour les territoires sont certes environnementales (incendies, inondations, etc.) et sanitaires (déshydratations et intoxications par exemple), mais aussi économiques (surcoûts, baisse de rendement des récoltes, faillites d’entreprises, etc.) et sociales (précarisation, hausse des tensions, etc.)

Le manque de compréhension partagée et le cloisonnement : deux obstacles à une action cohérente

Cette compréhension partagée des enjeux est indispensable pour dépasser les contradictions auxquelles font face nombre d’élus aujourd’hui – soucieux d’atteindre des objectifs de développement durable, mais aussi de créer de l’activité pour répondre aux besoins d’emploi. Selon Laurent Delcayrou, c’est à la lumière de cette connaissance qu’un élu peut s’interroger sur la réalité de son propre territoire. « À quel point l’économie de mon territoire est-elle vulnérable ? Si les emplois de mon territoire sont dépendants des énergies fossiles, ils vont être les premières ‘victimes’ de la transition écologique. L’inévitable décarbonation va toucher en premier lieu ces territoires », rappelle-t-il.
Autre facteur de confusion et de contradiction : le cloisonnement sur un territoire et au sein même d’une collectivité, avec par exemple, au niveau de la région, un vice-président chargé du schéma régional de développement économique d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) et un autre responsable du schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (Sraddet). Pour « en finir avec l’incohérence », le Shift Project a plusieurs idées en matière de gouvernance : placer ces enjeux de résilience et de transition écologique sous la responsabilité du directeur général des services, ou encore créer une instance de dialogue SNBC (stratégie nationale bas carbone) / Sraddet entre les régions et l’État. Sur la durée des mandats ou le nombre d’échelons territoriaux, le Shift Project ne se prononce pas. « On a plutôt insisté sur l’urgence et la nécessité d’agir avec les outils existants, maintenant, dans ce mandat-là », précise Laurent Delcayrou.

Coopération : un territoire a tout à gagner à « choisir ses interdépendances »

La vision systémique, « c’est en train de venir, cela viendra aussi de la base », veut-il croire. « Plus la population et l’ensemble des acteurs territoriaux seront eux-mêmes conscients de la situation, plus ils verront à quel point cela touche leur territoire, plus les collectivités et les élus seront soutenus pour faire de vrais choix ». Des choix, en particulier, de « renoncement » : il s’agit d’être capable, pour un élu, de « renoncer à une entreprise de plus, fusse-t-elle absolument climatocompatible ». Cela renvoie, pour le chef de projet du Shift Project, à la notion de « compétition » entre territoires et à l’intérieur d’un même territoire. « La résilience, c’est au contraire la capacité à coopérer », estime-t-il, un territoire ayant selon lui tout à gagner à « bien connaître ses interdépendances et à les choisir, autant que possible ». Choisir, par exemple, « d’être dépendant de son voisin immédiat pour son alimentation plutôt que de l’autre bout du monde et d’un approvisionnement par avion ».
Dans le tome 3 du rapport, un chapitre est ainsi dédié aux coopérations et aux solidarités, avec notamment la recommandation d’ »intégrer systématiquement une analyse d’impact des projets du territoire sur les territoires voisins ». Il est également préconisé dans ce volume d’impliquer les citoyens dans la définition des orientations de la politique territoriale, de réaliser un diagnostic sur les « acteurs de la résilience », d’encourager et soutenir les initiatives citoyennes en la matière, ou encore de réviser les plans d’action en cours de route lors de « COP territoriales annuelles ». Figurent également des pistes de financement de la transition écologique, dont plusieurs consistent à s’appuyer sur la fiscalité pour réduire l’artificialisation des sols. Autres idées : « prévoir que chaque grande collectivité́ lauréate d’un appel à projet soutienne une collectivité́ plus petite », ou encore « analyser l’impact climatique du budget prévisionnel de sa collectivité́ ».

Bientôt des « cahiers de résilience » par type de territoire

Les trois volumes de l’étude fourmillent d’exemples d’initiatives et de pratiques jugées souhaitables en matière de résilience territoriale face aux enjeux de la transition écologique. On y trouve aussi sept « péchés territoriaux » en la matière, dont l’ignorance, le « techno-solutionnisme » et l’irresponsabilité ; des comportements « qu’on observe malheureusement un peu partout sur les territoires français, dans les collectivités mais aussi dans les entreprises », précise Laurent Delcayrou.
Le Shift Project poursuivra ces travaux jusqu’à début 2022 en déclinant cette étude par type de territoire, selon des critères démographiques et socio-économiques – métropoles, villes moyennes, petites villes et territoires ruraux – et géographiques – territoires de montagne, de littoral et d’outre-mer. Déjà partenaire de l’ADCF-Intercommunalités de France sur l’étude générale, le think tank s’attache actuellement à nouer des partenariats avec d’autres associations d’élus pour réaliser ces six « cahiers de résilience » par type de territoire.

Caroline Megglé

Ecologie au Quotidien Rhône-Alpes (2001)

26150 DIE, France

Tel : +33.(0)4.75.21.00.56    

Courriel : ecologieauquotidien.die@gmail.com

Sites : www.ecologieauquotidien.fr

Face book : https://www.facebook.com/profile.php?id=100015091231306

https://sentipensants.org/2018/02/15/journal-vivant-les-rencontres-de-die-un-laboratoire-vivant-et-une-resilience-de-territoire/

 

Membre du réseau CENTRE : European Network of Bio-Districts (adhésion 2016)

http://www.progettocentre.it/

https://fr-fr.facebook.com/Centre-European-Network-of-Bio-Districts-571648259650277/

 

Membre de « Biovallée »

Association des acteurs de Biovallée (2010)

Ecosite – Hôtel d’entreprises- Place Michel PAULUS – 26400 EURRE
Tél : 04.26.52.11.22 Port : 06.78.86.23.28

communication@biovallee.fr

https://biovallee.net/

 

Membre de IN.N.E.R. International Network of Eco Regions. (2014)

Registered Office: Largo Dino Frisullo snc – CAE – Città dell’Altra Economia – 00153 Rome – Italy.

Head Office – Presidency: 169 Tasso street – 80127 Naples – Italy Phone: +39 0817613830 – Fax: +39 0817612734

E-mail: info@ecoregions.eu

web IT: www.biodistretto.net

web EN: www.ecoregion.info

Président: Salvatore BASILE, presidente@ecoregions.eu

 

Membre de la Fabrique des Transitions (2020)

http://fabriquedestransitions.net/

la-fabrique-dromoise-des-transitions@mailo.com

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Nota, qu’est « The Shift Project » : Ralentir

Cette plateforme vous aide à trouver un emploi respectueux de la planète

Comment décrocher un emploi qui a un impact positif sur la planète ? La plateforme Shift Your Job répertorie les organisations les plus engagées contre le réchauffement climatique.

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La plateforme participative Shift Your Job a sélectionné plus de 1000 organisations qui répondent aux enjeux de la crise climatique. (Crédit : Shift Your Job)

Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreux Français aspirent à changer de vie. Et s’il était temps de trouver un travail plus en cohérence avec les enjeux climatiques ?

En 2018, des étudiants avaient déjà lancé le manifeste Pour un réveil écologique, appelant au boycott des entreprises polluantes et aidant les jeunes diplômés à choisir un employeur engagé.

La nouvelle plateforme Shift Your Job, lancée en décembre 2020, aide également à sauter le pas.

Ici, pas d’offres d’emploi, mais un catalogue qui répertorie secteur par secteur les organisations les plus engagées contre le réchauffement. Elle en recense 1230, 70 % d’entreprises privées et 30 % d’associations.

Une plateforme créée par des bénévoles du think tank The Shift Project, “qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone”. Les entreprises répertoriées contribuent à la transition dans 12 secteurs : énergie, alimentation, bâtiment, formation, recherche, média (secteur dans lequel WE DEMAIN a été identifié), transport… Ces catégories sont ensuite divisées avec plus de 300 sous-secteurs, de quoi mieux affiner sa recherche.

“Son ambition est d’inspirer et orienter celles et ceux qui souhaitent aligner leur engagement professionnel avec la lutte contre le dérèglement climatique”, écrivent les fondateurs sur le site.

À lire aussi : Transition écologique, un million d’emplois à la clé

Un catalogue d’entreprises engagées

Pour être sélectionnée, chaque organisation doit avoir activé “au moins un des 6 leviers d’impact” que sont la sobriété, l’efficacité énergétique, la décarbonation de l’énergie, le stockage de CO2, l’adaptation au changement ou encore le soutien à la transition.

Pour chaque secteur, la plateforme donne des chiffres et information clés. Par exemple, concernant l’énergie, il est notifié que “l’approvisionnement d’énergie primaire en France est assuré à 54 % par des ressources fossiles”.

À lire aussi : Mobilité, énergie… 6 secteurs qui vont créer de l’emploi d’ici 2030

Attention toutefois, il ne s’agit pas d’une base exhaustive. La plateforme étant participative, les visiteurs sont invités à proposer des modifications sur les pages des entreprises ou à en enregistrer de nouvelles.

Autre précision importante : les bénévoles se sont focalisés sur les enjeux énergie-climat, les enjeux sociaux ou plus largement environnementaux, eux, n’entrent pas en ligne de compte.

Aussi, les bénévoles invitent-ils à “faire preuve d’esprit critique” et à mener des recherches complémentaires au moment de choisir son prochain employeur. Les fondateurs précisent également que les entreprises présentes sur la plateforme n’ont pas été auditées, mais sélectionnées grâce aux informations disponibles publiquement. Enfin, les entreprises ne sont pas hiérarchisées en fonction de leur impact.

La base n’en reste pas moins un outil de plus pour orienter ses recherches et trouver un travail plus cohérent avec ses convictions. Et une façon aussi d’encourager les entreprises à adopter des pratiques plus écologiques !

Retrouvez notre grand dossier sur les emplois verts dans WE DEMAIN n°32, disponible sur notre boutique en ligne

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