Guerre en Ukraine : Macron opposé à une escalade après les propos de Biden sur Poutine
La Russie envahit l’Ukraine. L’actualité de ce nouveau bras de fer en Europe.
Plus de 10 jours après le bombardement du théâtre de Marioupol, on ignore toujours le sort des centaines de civils qui y avaient trouvé refuge: des communications défaillantes et l’absence d’autorités locales rendent la mission quasi-impossible, a expliqué à l’AFP une élue municipale de ce port du sud-est de l’Ukraine assiégé par les forces russes.
Katerina Soukhomlynova, qui a réussi à fuir la ville le jour même de ce bombardement, le 16 mars, a aussi estimé que la ville aurait dû mieux se préparer à la guerre, dans un entretien téléphonique depuis Ivano-Frankivsk, dans l’ouest de l’Ukraine, où elle s’est réfugiée avec sa fille et ses deux nièces.

La mairie de Marioupol, citant des témoins, a dit vendredi redouter qu’environ 300.::personnes soient mortes dans le bombardement du théâtre où des centaines de personnes s’étaient abritées. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui déclaré le 18 mars que plus de 130 personnes avaient pu être sauvées, sans estimer le nombre de morts.
Mme Soukhomlynova, qui était à Marioupol engagée volontaire comme secouriste, souligne cependant qu’il est «très difficile de compter les morts» et rappelle qu’on ignore également le sort des 400 civils qui se trouvaient dans une école d’art bombardée le 20 mars.
Selon elle, il est certain que le bilan global des morts dans sa ville, assiégée par les forces russes depuis fin février, est bien supérieur au chiffre de plus de 2000 tués donné jusqu’ici par la mairie.
Le territoire séparatiste de Lougansk, dont Moscou a reconnu l’indépendance, pourrait bientôt organiser un référendum pour rejoindre la Russie, a déclaré dimanche le leader de ce territoire, Léonid Passetchnik.
«Je pense que dans un avenir proche, un référendum aura lieu sur le territoire de la république (autoproclamée de Lougansk, ndlr), au cours duquel le peuple exercera son droit constitutionnel absolu et exprimera son opinion sur l’adhésion à la Fédération de Russie», a-t-il déclaré, cité par les agences russes.
«Je ne sais pas pourquoi, je suis sûr que cela sera le cas», a-t-il ajouté, sans donner de détails sur une date possible. «Tous les faux référendums dans les territoires occupés temporairement sont nuls et non avenus et n’auront aucune légitimité», a réagi sur Twitter Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.
«Aucun pays au monde ne reconnaîtra la modification sous la contrainte des frontières de l’Ukraine, reconnues internationalement», a-t-il ajouté. «Au contraire, la Russie sera confrontée à une réponse encore plus ferme de la communauté internationale, ce qui intensifiera encore plus son isolement sur la scène mondiale».
Les républiques séparatistes prorusses de Donetsk et Lougansk, dont Moscou a reconnu l’indépendance, sont situées dans le bassin minier russophone du Donbass (est de l’Ukraine) et échappent depuis 2014 au contrôle de Kiev. La guerre qui oppose depuis cette date les séparatistes aux autorités de Kiev a fait plus de 14’000 morts.
Les réfugiés ukrainiens arrivés en Suisse bénéficient d’une chaîne de télévision. Diaspora TV Suisse a ouvert dimanche sa nouvelle antenne avec un talk-show télévisé interactif mettant en contact Ukrainiens vivant en Suisse depuis longtemps et réfugiés.
L’émission était précédée d’une vidéo à l’attention des réfugiés ukrainiens réalisée par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), qui a mandaté Diaspora TV pour la réalisation de cette chaîne. Cette dernière partagera les informations à la communauté et prévoit de proposer de nouveaux programmes en ukrainien chaque dernier dimanche du mois, a précisé Diaspora TV dimanche dans un communiqué
Elle doit permettre aux gens de participer à ce qui se passe en Suisse, a indiqué à Keystone-ATS Mark Bamidele Emmanuel, de Diaspora TV. L’accent est mis sur les informations relatives à l’intégration, à la santé et au système politique suisse, a-t-il expliqué.
Le projet de réaliser une chaîne pour les Ukrainiens étaient depuis longtemps dans les cartons, a ajouté Bamidele Emmanuel. La guerre en Ukraine a été l’élément décisif pour concrétiser ce projet. Diaspora TV diffusait déjà des informations en 16 langues, principalement à l’intention des migrants vivant en Suisse.
L’équipe est composée de 6 à 10 Ukrainiens, certains vivant depuis 20 ans en Suisse, d’autres depuis quelques jours. Parmi eux, des journalistes, des présentateurs de journaux télévisés, des médecins et des administrateurs.
Diaspora TV devra informer un flux de réfugiés ukrainiens qui ne cesse de s’accroître. Jusqu’à dimanche et depuis le début du conflit, 16’520 ont été enregistrés dans les centres d’asile fédéraux, ce qui correspond à une augmentation de 1132 personnes par rapport à la veille, a indiqué le SEM. Le statut de protection S a été accordé à 9982 réfugiés de guerre, soit 347 de plus que la veille.
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien a appelé dimanche à boycotter les magasins Auchan, après que le groupe français a annoncé maintenir ses activités en Russie, arguant notamment de la nécessité de soutenir le pouvoir d’achat des Russes.
«Apparemment, les pertes d’emploi en Russie sont plus importantes que les morts en Ukraine», a écrit Dmytro Kouleba sur Twitter. «Si Auchan ignore les 139 enfants ukrainiens assassinés pendant ce mois d’invasion russe, ignorons Auchan et tous ses produits», a-t-il ajouté, appelant à «boycotter» les magasins Auchan, Leroy-Merlin et Decathlon, tous détenus par l’Association familiale Mulliez.
Mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dans un message au Parlement français, avait exhorté les entreprises françaises implantées en Russie à cesser de soutenir «la machine de guerre» russe et à quitter ce pays, citant Renault, Auchan et Leroy Merlin.
Dans une interview au Journal du Dimanche, le PDG d’Auchan Retail International, Yves Claude, a annoncé que la chaîne avait décidé de se maintenir en Russie, même s’il y prévoit des pertes pour 2022. «Partir serait imaginable sur le plan économique, mais pas du point de vue humain», a-t-il justifié, alors qu’Auchan est présent en Russie depuis une vingtaine d’années et y emploie 30’000 personnes.

En Russie, où Auchan réalise 10% de ses ventes mondiales, «nous avons un positionnement de discounter et nous pensons contribuer, en période de forte inflation, à protéger le pouvoir d’achat des habitants», a-t-il expliqué, précisant ne pas vouloir priver ses salariés, dont 40% sont actionnaires, de leur emploi, et ses clients de leur pain quotidien.
«Il est facile de nous critiquer, mais nous on est là, on fait face et on agit pour la population civile», a-t-il poursuivi, rappelant qu’Auchan avait suspendu ses investissements en Russie et que sa filiale (232 magasins et des activités de commerce en ligne) y fonctionnait «en autarcie».
Jusqu’à dimanche, 16’520 réfugiés en provenance d’Ukraine ont été enregistrés dans les centres d’asile fédéraux, ce qui correspond à une augmentation de 1132 personnes par rapport à la veille, a indiqué dimanche le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM).
Le statut de protection S a été accordé à 9982 réfugiés de guerre, soit 347 de plus que la veille. Jusqu’à mercredi soir, le SEM a refusé le statut de protection S à 19 personnes qui l’avaient demandé, a indiqué dimanche un porte-parole du Département fédéral de justice et police (DFJP). Il confirmait ainsi une information parue dans la SonntagsZeitung..
Les autorités considèrent qu’il y avait probablement parmi eux des personnes qui ne vivaient pas en Ukraine avant d’arriver en Suisse. La Confédération ne tient toutefois pas de statistiques sur les raisons des refus. Il n’est donc pas prouvé que ces 19 cas étaient tous des tentatives de fraude.
La chaine publique polonaise TVP a annoncé qu’elle allait diffuser dimanche un programme pour lever des fonds au bénéfice des Ukrainiens face à l’invasion russe, en anglais et dans plus de 20 pays.
Le programme intitulé «Save Ukraine #StopWar» (Sauver l’Ukraine, Arrêter la guerre) a pour objectif de collecter «des fonds pour les victimes de l’invasion russe en Ukraine», a expliqué dans un communiqué TVP World, l’antenne anglophone de la chaine polonaise.
Il s’agit «d’un projet visant à atteindre des millions de personnes dans le monde entier pour aider les Ukrainiens à vivre la guerre et à la gagner», ont souligné les organisateurs.
Il sera diffusé à partir de 17H30 pour une durée de deux heures, a précisé le communiqué. Des présentateurs polonais et ukrainiens y participeront, de même que la légende du football ukrainien Andriy Shevchenko ou encore des «représentants des clubs de football de Tottenham et du Real Madrid», a assuré TVP World.
Parmi les artistes, sont notamment attendus les Britanniques Fatboy Slim et Craig David. Les lauréats de l’Eurovision Salvador Sobral et Netta, les Ukrainiens Dakha Brakha, Ruslana, The Hardkiss, Jamala, Go_A, Monatik et Alyona Alyona participeront également à l’événement.
Depuis la menace d’invasion russe jusqu’à la guerre en Ukraine, le président français Emmanuel Macron et son homologue russe Vladimir Poutine ont multiplié les entretiens téléphoniques. Comment se déroulent ces échanges de haut niveau? Des journalistes du «Parisien» ont mené l’enquête.
Emmanuel Macron a mis en garde dimanche contre une «escalade des mots et des actions en Ukraine», après les propos du président américain Joe Biden, qui a traité le président russe Vladimir Poutine de «boucher».
«Je n’utiliserais pas ce genre de propos parce que je continue de discuter avec le président Poutine», a déclaré le candidat président sur France 3. Il était interrogé sur les fortes déclarations de Joe Biden la veille à Varsovie, qui a traité M. Poutine de «boucher» pour les crimes commis selon lui par l’armée russe en Ukraine, et qui a qualifié la guerre dans ce pays d’«échec stratégique pour la Russie».

«Nous voulons arrêter la guerre que la Russie a lancée en Ukraine sans faire la guerre. C’est l’objectif» et «si on veut faire cela, il ne faut pas être dans l’escalade ni des mots ni des actions», a estimé Emmanuel Macron. «Nous ne devons pas, nous Européens, céder à quelque escalade. Nous ne devons pas, nous Européens, oublier notre géographie et notre histoire. Nous ne sommes pas en guerre avec le peuple russe», a-t-il insisté, en soulignant que l’Europe n’était plus dans le contexte de «la Guerre froide» entre Moscou et Washington.
Le candidat président a par ailleurs indiqué qu’il parlerait au président russe «demain (lundi) ou après-demain (mardi) » pour organiser une opération d’évacuation d’habitants de la ville de Marioupol, dans l’est de l’Ukraine, soumis à un siège et à des bombardements depuis des semaines.

Cette opération, qu’il avait annoncée vendredi à la suite des sommets de l’Otan et du G7 à Bruxelles, doit se faire «dans un délai rapide, absolument dans les tout prochains jours», avec la Turquie, la Grèce et les organisations humanitaires, en collaboration avec les autorités ukrainiennes et le maire de Marioupol, dont il a salué «l’héroïsme».
Mettant en garde contre «le cynisme de la partie russe» sur le sujet, Emmanuel Macron a souligné qu’il y avait «un droit humanitaire international», que «nous entendons faire respecter». «Cela ne doit pas être une opération humanitaire à la main de la Russie», a-t-il averti. Plus de 2000 civils ont été tués à Marioupol, d’après un récent bilan communiqué par la mairie. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, quelque 100’000 personnes sont toujours bloquées dans ce port stratégique de la mer d’Azov.
Le pape François a dénoncé dimanche «le martyre» de l’Ukraine et «l’agression» «barbare et sacrilège» du pays par la Russie.
«Plus d’un mois est passé depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, depuis le début de cette guerre cruelle et insensée, qui comme chaque guerre représente un échec pour tous, pour nous tous», a déclaré le souverain pontife à l’issue de la prière de l’Angélus.
«La guerre ne dévaste pas seulement le présent, mais aussi l’avenir d’une société. J’ai lu que depuis le début de l’agression de l’Ukraine, un enfant sur deux avait quitté le pays. Cela détruit le futur, provoque des traumatismes dramatiques pour les plus jeunes et les plus innocents d’entre nous. Voilà la bestialité de la guerre. Un acte barbare et sacrilège», a-t-il dit.
«Je prie pour que chaque dirigeant politique réfléchisse à cela, s’engage, et comprenne, en contemplant l’Ukraine martyrisée, comment chaque jour de guerre empire la situation pour tous. C’est pourquoi je renouvelle mon appel: ça suffit», a ajouté le pape argentin qui s’adressait depuis sa résidence aux pélerins réunis sur la place Saint-Pierre, dont certains agitaient des drapeaux ukrainiens.

Ces dernières semaines, le pape – qui s’est entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky mais aussi avec le patriarche orthodoxe de Moscou Kirill – a multiplié les appels à la paix en Ukraine, dénonçant un «massacre» dans ce pays où «coulent des fleuves de larmes et de sang».
Pays majoritairement orthodoxe, l’Ukraine compte une importante minorité gréco-catholique rattachée au Vatican, qui se concentre dans l’ouest du pays.
«Plus d’un mois est passé depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, depuis le début de cette guerre cruelle et insensée», a déclaré le souverain pontife à l’issue de la prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre au Vatican, évoquant «un acte barbare et sacrilège» contre une «Ukraine martyrisée».
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)a formellement démenti avoir facilité des évacuations forcées de civils ukrainiens vers la Russie.
«Le CICR n’aide jamais à organiser ou exécuter des évacuations forcées. Cela s’applique partout où nous travaillons. Nous n’apporterions jamais notre soutien à une opération allant contre la volonté des gens ou nos principes», indique le CICR dans un communiqué publié samedi soir, qui ne précise pas ce qui a donné lieu à ce démenti très ferme.
Le Comité semble répondre aux accusations de Roman Rukomeda, un analyste politique ukrainien qui s’exprimait dans le média en ligne Euractiv, samedi. Dans ce qui est présenté sur ce site comme une tribune, Roman Rukomeda dénonce «l’étrange comportement du Comité de la Croix Rouge et de son président, qui a annoncé la décision d’ouvrir un bureau à Rostov pour aider les terroristes russes à déporter illégalement des citoyens ukrainiens».

Pour le CICR, ces fausses informations «pourraient avoir un impact majeur sur les gens touchés par le conflit en Ukraine. Ces fausses informations mettent aussi en danger les équipes de la Croix Rouge et les bénévoles sur le terrain et pourrait menacer notre accès à des personnes qui ont besoin d’une aide urgent».
Le CICR souligne avoir été impliqué dans deux «évacuations de personnes en Ukraine,qui ont pris place à Soumy le 15 et le 18 mars quand nous avons facilité la sortie volontaire de civils de la ville». «Dans les deux cas, les gens ont pris volontairement des bus qui les ont mené dans une autre ville en Ukraine Loubny», souligne le communiqué du CICR.
Cette ville se trouve à l’ouest de Soumy, plus loin de la frontière russe. L’armée russe a été accusée d’avoir forcé des milliers de civils ukrainiens fuyant en particulier la ville de Marioupol, assiégée et bombardée sans répit depuis plusieurs semaines, à se rendre en Russie. Vendredi, Matilda Bogner, qui est la représentante du Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies en Ukraine avait indiqué n’avoir pas encore été en mesure de vérifier ces accusations.
«Nous examinons ces accusations très attentivement. Clairement, des civils sont partis de Marioupol (…) et d’autres endroits dans les zones contrôlée par des groupes armés pro-russes et un certain nombre d’entre eux poursuivent leur route vers la Russie, mais nous n’avons pas été en mesure de vérifier s’il s’agit de mouvements forcés ou pas», a-t-elle déclaré vendredi lors d’un point de presse par visioconférence avec Genève.
Le président du CICR Peter Maurer s’est rendu en Ukraine et en Russie récemment pour tenter de faciliter l’action de son organisation sur le terrain.
Un grand reporter de TF1 raconte sur son compte twitter l’ambiance dans laquelle s’est déroulé le culte ce dimanche au monastère Saint-Michel à Kiev. Civils et soldats sont venus prier dans un monastère dont l’entrée est soumise à un contrôle.
Le gouvernement allemand, que l’invasion russe de l’Ukraine a convaincu d’investir massivement dans la défense, envisage l’acquisition d’un système de protection antimissiles israélien, affirme dimanche le quotidien Bild.
La décision n’a pas encore été prise formellement mais le parti social-démocrate du chancelier Olaf Scholz, la principale formation de la coalition au pouvoir, y est favorable, précise le quotidien le plus lu d’Allemagne.

«Nous devons mieux nous protéger contre la menace russe. Pour cela, nous avons besoin rapidement d’un bouclier antimissiles à l’échelle de l’Allemagne», explique dans Bild le rapporteur au Bundestag pour le budget de la défense, Andreas Schwarz.
«Le système israélien Arrow 3 est une bonne solution», ajoute-t-il au sujet de ce dispositif antimissiles israélien destiné à contrer des missiles de longue portée. Selon Bild, le système, inspiré du «Dôme de fer» israélien, coûterait environ 2 milliards d’euros et pourrait être opérationnel dès 2025 depuis trois sites en Allemagne.

Le bouclier serait même suffisamment puissant pour couvrir également la Pologne, la Roumanie et les pays baltes. «Nous pouvons tendre le Dôme de fer au-dessus de nos pays voisins. Nous jouerions ainsi un rôle clé pour la sécurité de l’Europe», abonde Andreas Schwarz.
Après des années de sous-investissement, l’Allemagne a effectué fin février une volte-face historique, en raison de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe qui a fait figure d’électrochoc. Olaf Scholz avait annoncé le 27 février, quelques jours après l’offensive russe, une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros pour moderniser l’armée, et l’objectif de dépasser les 2% de dépenses militaires dans le PIB.
Les autorités russes ont fait confisquer à Moscou des montres du fabricant suisse Audemars Piguet d’une valeur de plusieurs millions de francs, assure la NZZ am Sonntag, qui cite une note confidentielle adressée mercredi soir par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) aux membres de plusieurs commissions du Parlement.
Des agents des services secrets russes du FSB auraient perquisitionné mardi les locaux de la filiale locale de l’horloger de luxe et confisqué les montres. Pour justifier leur action, les autorités russes auraient invoqué de prétendues infractions douanières, selon la note du DFAE.

Mais il s’agissait «très probablement d’une mesure de répression arbitraire en réaction aux sanctions», ajoute le département. Quatre jours plus tôt, le Conseil fédéral avait renforcé les sanctions contre Moscou pour avoir attaqué l’Ukraine et interdit l’exportation de produits de luxe vers la Russie, dont les montre
Depuis le début de la guerre, la vice-première ministre ukrainienne s’impose comme le bras droit du président Volodymyr Zelensky. Portrait de l’un des rares visages féminins de ce conflit. Lire notre article.

Dans la ville ukrainienne de Lviv, les pompiers ont été, toute la nuit, aux prises avec un violent incendie provoqué par le bombardement russe d’une entreprise de stockage de carburant.
La vice-premier ministre ukrainienne Iryna Vereshchuk a accusé dimanche la Russie d’avoir déplacé de force 40’000 Ukrainiens «dans une direction inconnue» par des «couloirs quasi-humanitaires».
Ce déplacement de personnes n’a pas été coordonné avec les autorités ukrainiennes, a déclaré Iryna Vereshchuk.
Un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle la Suisse à rechercher plus activement les fonds russes. Il est «vital» pour l’Ukraine que la Suisse soutienne la pression globale sur la Russie pour mettre fin rapidement à la guerre, ajoute-t-il.
«Nous savons tous qu’une énorme quantité d’argent de l’élite russe se trouve dans les banques suisses», déclare Alexander Rodnyansky dans un entretien diffusé dimanche par le SonntagsBlick. La procédure actuelle avec l’obligation de déclaration ne suffit pas, estime-t-il.
La Suisse a bloqué des fonds et des valeurs patrimoniales russes pour un montant de 5,75 milliards de francs depuis le début de la guerre en Ukraine, avait indiqué jeudi Erwin Bollinger du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO).

Il avait expliqué que le montant des biens gelés était beaucoup moins élevé que le total des fonds russes présents en Suisse avancé par différentes parties, car toutes les personnes sanctionnées n’ont pas forcément d’argent en Suisse et toutes celles qui en ont ne se trouvent pas forcément sur la liste.
Le SECO attend des banques qu’elles déclarent les fonds russes situés sur des comptes bancaires au-delà de 100’000 francs. C’est un devoir d’annonce, qui n’entraîne aucun gel dès lors que les titulaires ne figurent pas sur la liste des personnes sanctionnées, avait précisé M. Bollinger.
Pour le conseiller du président ukrainien, l’obligation de déclaration ne suffit pas. Une grande partie des élites russes continue d’agir dans l’ombre, estime-t-il.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a réitéré son inquiétude samedi à propos de la centrale de Tchernobyl, prise par l’armée russe le 24 février, au premier jour de l’invasion de l’Ukraine. «Il n’y a pas eu de rotation des employés depuis près d’une semaine», soit depuis le 20 mars, sur le site de Tchernobyl, s’inquiète l’AIEA dans un communiqué.
L’agence s’inquiète de la capacité des employés qui gèrent les opérations quotidiennes sur le site de déchets radioactifs de rentrer chez eux se reposer. Pendant près de quatre semaines, une centaine de techniciens ukrainiens avaient dû gérer les opérations quotidiennes sur le site de déchets radioactifs sans être relayés.