« Nouvelles Vies, nouvelles villes, nouveau monde », sur France.tv : solidarité, retour à la terre, transition écologique, économie circulaire… ces Français qui ont choisi d’agir
Tour des régions en onze films d’expériences individuelles, associatives ou industrielles de citoyens qui repensent leur vie pour construire la société de demain.

Y aura-t-il un monde d’après-Covid différent de celui d’avant ? Alors que spécialistes, intellectuels et panels ergotent sur le sujet, d’autres n’ont pas attendu la réponse pour changer de vie. En onze films, dont neuf inédits, Nouvelles Vies, nouvelles villes, nouveau monde raconte leurs aventures.
Diffusés jeudi 31 mars, à 23 h 30, dans « La France en vrai », sur France 3, ils sont également disponibles sur France.tv. Onze films inégaux, à visionner à l’instinct, qui, malgré leurs imperfections, rappellent à chacun qu’il a lui aussi le pouvoir d’agir. Une ode au faire bienvenue.
Ceux qui survivront peut apparaître comme un début (ou une fin), puisqu’il suit les participants à un stage de cinq jours autour de la collapsologie. Hormis cet ovni, la programmation est plus concrète, reliée par des thématiques communes.
Relever le défi
Recréer du lien social est ainsi au cœur de Changer des vies, où l’on partage le quotidien des patients de Human Santé, un centre de santé solidaire créé par Cyril, à Montpellier ; mais aussi des Eclaireurs, à Thoré-la-Rochette (Loir-et-Cher), petit village proche de la gare TGV de Vendôme où se sont regroupés de nouveaux lieux alternatifs, ainsi que des Troisièmes Lieux.
Le titre reprend ici la notion de tiers-lieu, née aux Etats-Unis du besoin de se retrouver ailleurs qu’à la maison (premier lieu) ou au travail (deuxième lieu). Cet épisode, tourné à Nantes, permet de découvrir La Cocotte solidaire de Pauline, l’Ouvre-boîtes 44 d’Elise, Le Champignon urbain de Camille May (installé dans une chapelle)… « Prends un compliment, tu le mérites bien », peut-on lire à l’entrée des anciens bains-douches nantais, transformés en bureaux de coworking.
Le retour à la terre est abordé dans Le Projet de leurs vies et dans Le Premier Pas. Moins courant, deux films s’intéressent au secteur industriel, dont Le temps est venu, tourné dans les Hauts-de-France, région sinistrée qui a néanmoins décidé de relever le défi de la transition écologique. Un incontournable, tant l’accumulation des difficultés semble avoir démultiplié les énergies. Chez Eddy Deligne, cofondateur de Mon gobelet en lin, Majdouline Sbai, cogérante de Fashion Green Hub, qui accompagne 260 entreprises engagées dans la mode circulaire et durable ; à La Brosserie française de Beauvais, passée au manche en bois et aux poils végétaux tout en restant compétitive.
Au Touquet (Pas-de-Calais), l’ancien ministre de l’agriculture Philippe Vasseur, à la tête de la mission Rev3, pilote la troisième révolution industrielle du passage à l’économie circulaire avec optimisme. « Il y a des alternatives très belles, mais pas assez connues ni développées », regrette-t-il seulement. Cette soirée contribue grandement à leur reconnaissance. Un joli tour de France, de la France qui bouge et qui se bouge.
Nouvelles Vies, nouvelles villes, nouveau monde, dans La France en vrai (Fr., 2022, 11 × 52 min). Avec :
C’est pas parce qu’on est pauvre qu’il faut mal manger, de Thierry Kubler (Ile-de-France).
Le Manifeste de l’Arcouest, de Jean-Marie Boulet et Philippe Worms (Bretagne, Normandie).
Ma petite entreprise connaît bien la crise, de Stéphane Bonnotte et David Perrot (Bourgogne-Franche-Comté).
Etre sans avoir, de Sabine Pacini (Corse).
Le Projet de leurs vies, de Chloé Hunzinger (Grand-Est).
Le temps est venu, de Guillaume Desplanques (Hauts-de-France).
Changer des vies, de Laure Pradal (Occitanie).
Les Troisièmes Lieux, de Thierry Mercadal (Pays de la Loire).
Les Eclaireurs, photographie d’un nouveau monde, de Stéphanie Elbaz (Centre-Val de Loire).
Le Premier Pas, de Nicolas Fay (Nouvelle-Aquitaine).
Ceux qui survivront, de Zoé Cohen-Solal (Provence-Alpes-Côte d’Azur).