SOLIDIFIER L’EUROPE
Pour une adaptation utile à une puissance d’équilibre dans le monde
Envoyer une force d’interposition en Ukraine
Combien faudra-t ’il encore de morts pour que les Occidentaux interviennent ? Va-t-on encore longtemps accepter la destruction d’un peuple qui n’aspire qu’à vivre libre et démocratiquement ? Va-t-on encore longtemps continuer à dialoguer avec Vladimir Poutine, criminel de guerre, voire génocidaire ?
Il en est assez de craindre d’utiliser la force face à une agression sauvage et sans justification ! Les Européens doivent réagir. Ils doivent avoir le courage d’intervenir vite et de manière déterminée. Ils disposent de forces utiles et mobilisables pour s’opposer à l’injustifiable, à l’horreur que subissent, tous les jours, les populations civiles.
Intervenir militairement n’est pas déclarer la guerre à la Russie, cela n’aurait pas de sens. Intervenir, c’est protéger les habitants, c’est protéger les sites nucléaires de l’Ukraine, c’est permettre aux agriculteurs de cultiver leur terre et produire les céréales dont le monde a besoin. En disant le monde, je pense plus particulièrement aux populations les plus déshéritées, notamment celles qui, au Sahel, subissent famine, guerre (là aussi !) et insécurité.
Le président russe n’est pas la Russie. Aussi, pour éclairer les populations de ce grand pays, il faut déployer des moyens de communication sans commune mesure avec ce qui existe. Les occidentaux, les Européens particulièrement disposent d’entreprises nombreuses employant une masse conséquente d’ouvriers, d’employés, d’ingénieurs, de cadres. Osons utiliser ces réseaux pour diffuser l’information sur la réalité de cette guerre ! Montrons les exactions commises ! Ouvrons les yeux à un peuple aveuglé par une propagande ignoble. Soutenons les démocrates là où ils sont. Faisons appel aux Russes exilés pour qu’ils parlent à leurs compatriotes et les convainquent de se retourner contre Poutine. Si le peuple bouge, la Russie peut trouver les ressorts nécessaires à la chute du régime.
Il faut donc travailler sur deux fronts à la fois. Celui du champ de bataille qu’est l’Ukraine en utilisant une force d’interposition efficace et ne craignant pas l’affrontement si besoin, la vie de milliers de gens en dépend ! Investir massivement dans tous les moyens favorisant la juste information du peuple russe.
Concernant nos usines et commerces installés en Russie, il ne faut pas les fermer. C’est la meilleure façon d’enrichir un peu plus les oligarques qui en prendront possession, à moins qu’il ne s’agisse d’une appropriation par des sociétés chinoises. S’il en était ainsi, alors ce serait le pire des scénarii car cela couperait la Russie de l’Europe, ce qu’il faut éviter à tout prix !
Certes, rester et combattre l’ignorance de l’intérieur peut avoir des conséquences pour les dirigeants de ces entreprises, pour un certain nombre de leurs cadres. Ce risque est celui de toute opposition à un régime fasciste car c’est cela qui caractérise aujourd’hui le pouvoir du Kremlin. La liberté, la démocratie et la paix ne s’acquièrent pas sans risque !
Quant à la guerre nucléaire dont Poutine menace, il ne faut rien en croire. S’il est mégalomane, s’il est Jusqu’au-boutiste, il n’est pas fou au point de mettre les siens proches en danger, ni se mettre en danger lui-même. Cette menace doit cependant nous éclairer d’une perspective oubliée : celle de la dénucléarisation du monde. Ce danger est aussi grand que le changement climatique. Pire, il peut être soudain et irrémédiable, le climat alors ne sera plus la préoccupation de personne !
Cette guerre nous conduit à plusieurs obligations dont nous avions oublié la nécessité.
La première est de veiller à sauvegarder les organisations européennes existantes qui nous préservent depuis 77 ans maintenant de la guerre. C’est sans doute cela qui nous a sidéré de voir celle de l’Ukraine s’installer à nos portes ; nous ne pensions plus jamais connaître un tel drame. Comme quoi, toute paix est fragile !
Qu’il s’agisse du Conseil de l’Europe ou de l’Union européenne, il faut sérieusement engager une réflexion approfondie pour solidifier ces organisations, les rapprocher et les utiliser pour une intégration européenne progressive qui garantisse plus de démocratie en respectant l’histoire, la culture et l’identité des pays qui en sont membres, et de ceux qui viendront prochainement les rejoindre.
La deuxième est de se préoccuper de son voisinage, notamment au Sud en Afrique et au Sud-Est au Proche et au Moyen Orient. Ces territoires doivent retenir toute notre attention et nous devons, là encore, intervenir pour soulager la souffrance de populations qui subissent dictature, guérilla, sécheresse, famine et influence d’extrémistes religieux, voire de mafias. La prospérité de l’Europe est liée au développement de ces territoires, à l’éducation de leurs peuples, à leur liberté. A moyen terme, une confédération Europe-Afrique ne me parait pas utopique !
Enfin, la troisième est de trouver un équilibre du monde qui repose sur la réciprocité des échanges sans domination de quiconque, sur le respect des identités, des cultures et des croyances sans contrainte et sans haine. La planète est un bien fragile que nous dévons préserver et sur laquelle nous devons vivre en harmonie en n’oubliant pas que nul n’a droit au superflu tant que chacun n’a pas le nécessaire !
De ces trois concepts peut émerger un autre monde ou la paix, la prospérité et le partage deviendront règles de vie !
Mais, n’oublions pas l’urgence : installer une force d’interposition en Ukraine !
Lyon, le 20 avril 2022
Alain REGUILLON, 23, passage des Alouettes – 69008 LYON
Contact : alain.reguillon@gmail.com