Macron depuis le Champ-de-Mars : « Ce vote m’oblige pour les années à venir »
Emmanuel Macron a été réélu président de la République ce dimanche 24 avril. Il recueille au second tour 58,6% des voix, contre 41,4% pour Marine Le Pen.

Emmanuel Macron au Champ-de-Mars à Paris, le 24 avril 2022.
Emmanuel Macron a été réélu président de la République avec 58,6% des suffrages, selon les estimations de l’institut Elabe. Marine Le Pen obtient 41,4% des voix. L’abstention atteint elle 28%. Ce vote « m’oblige pour les années à venir », a déclaré le chef de l’Etat dans son discours depuis le Champ-de-Mars.
La défaite de Marine Le Pen « est une très bonne nouvelle pour l’unité de notre peuple », a pour sa part estimé l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon.
Ce vote « m’oblige pour les années à venir », déclare Emmanuel Macron
Après avoir remercié ses militants et sympathisants au début de son discours de victoire au Champ-de-Mars, Emmanuel Macron s’est adressé à tous les électeurs. Ceux qui ont voté pour lui, et ceux qui ne l’ont pas fait. « Je sais que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Je veux ici les remercier et leur dire que j’ai conscience que leur vote m’oblige pour les années à venir ».
MUSIQUE – Après “Et un et deux, et cinq ans de plus”, place à “One More Time”. La réélection d’Emmanuel Macron en tant que président de la République ce dimanche 24 avril, a été fêtée par ses soutiens sur le Champ de Mars au rythme du tube du célèbre duo casqué.
Après 20 heures pile et l’annonce des résultats qui ont donné le président sortant gagnant avec 58,5% des voix, les sonos installées sur le Champ de Mars ont diffusé le tube “One More Time” de Daft Punk, provoquant des scènes de liesse et de danse sur l’espace dédié, au pied de la Tour Eiffel.
Il est à peine 21h30 quand Emmanuel Macron entame sa longue marche sur le Champ-de-Mars. À ses côtés, son épouse Brigitte Macron et une ribambelle d’enfants l’accompagnent, les chérubins de membres de l’équipe de sa campagne triés sur le volet. Au-dessus de lui, la tour Eiffel, illuminée. En 2017, il choisit de tenir son discours devant la pyramide du Louvre, tétraèdre de verre symbole de modernité pour lui l’alors si jeune président, chantre d’une « révolution ». Un quinquennat plus tard, marqué par deux crises, l’une sociale et l’autre sanitaire, et une guerre en Europe, il s’installe devant la Dame de fer, le symbole de la modernité qui a résisté aux vents du temps.
Qu’on ne s’y trompe pas, le message d’Emmanuel Macron tient en un mot : la résilience. Il se veut résilient et entend s’ériger, plus que jamais, en père de la nation. Combien de fois a-t-il évoqué les grandes transformations qui traversent le monde, celles qui inquiètent les Français car ils n’ont aucunes prises sur elles. Ce dimanche soir, quand il monte au pupitre bleu-blanc-rouge, au milieu de ses sympathisants, ses militants, des ministres, il veut se faire, encore une fois, plus encore qu’en 2017, président protecteur et président des grandes transitions.
« J’ai conscience que ce vote m’oblige »
« Les années à venir à coup sûr ne seront pas tranquilles mais elles seront historiques et ensemble nous aurons à les écrire pour nos générations », lance-t-il devant la foule, qui ne cesse de l’interrompre pour chanter : »Et un, et deux, et cinq ans de plus ! » Lui répète, assène même : « Merci ! Merci ! Aujourd’hui, vous avez fait le choix d’un projet humaniste (…), républicain dans ses valeurs, social et écologique, fondé sur le travail et la création. »
Mais il a vu combien, aussi, ces si nombreux électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Yannick Jadot et d’autres horizons de gauche comme de droite, qui ont fait barrage. Il dit penser à eux. « J’ai conscience que ce vote m’oblige. Je suis dépositaire de leur sens du devoir et de leur attachement à la République », pose-t-il devant les siens.
« Nul ne sera laissé au bord du chemin »
Il a aussi vu les millions de Français qui ont fait le choix de Marine Le Pen, et les millions d’autres qui se sont abstenus. De ces derniers, il dit : « Leur silence a signifié un refus de choisir auquel nous nous devrons de répondre (…). Ils doivent aussi trouver une réponse. Ce sera ma responsabilité. Dès à présent, je ne suis plus le candidat d’un camp mais le président de toutes et tous. » Emmanuel Macron promet une nouvelle façon d’exercer le pouvoir, dit « qu’une nouvelle ère » s’ouvre « qui ne sera pas la continuité » des cinq ans qui viennent de s’écouler. Un peu plus tôt, l’un de ses intimes confiait : « C’est à lui, sur les recrutements, sur les institutions, de montrer de nouvelles choses. »
Il sait que le pays n’a jamais été autant fracturé, autant en colère aussi. Il sait également que le quinquennat qui s’ouvre sera ô combien plus difficile que l’élection qu’il vient de remporter. Lui qui a l’obsession – comme ses prédécesseurs si ce n’est plus encore – de laisser une trace dans l’histoire du pays sait donc qu’aucune erreur ne lui sera pardonnée. « Nul ne sera laissé au bord du chemin », promet-il dans un discours inhabituellement bref (d’une dizaine de minutes à peine) et sans lyrisme aucun. Il est 21h50, la musique s’est tue, les lumières s’éteignent, les militants quittent le Champ-de-Mars et Emmanuel Macron retournera demain à l’Elysée. « Une nouvelle ère commence ? « .
MCD
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