Guerre en Ukraine
La Russie envahit l’Ukraine.
La Suède va demander son adhésion à l’Otan, a annoncé officiellement lundi la Première ministre Magdalena Andersson, évoquant une nouvelle «ère» pour le pays scandinave.

«Le gouvernement a décidé d’informer l’Otan de la volonté de la Suède de devenir membre de l’alliance», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. «Nous quittons une ère pour entrer dans une nouvelle», selon la dirigeante suédoise.
Le ministère russe de la Défense a annoncé lundi qu’une trêve avait été instaurée à l’aciérie Azovstal, dernier bastion de résistance ukrainienne dans la ville de Marioupol, afin d’évacuer les blessés ukrainiens.

«Un régime de silence (des armes) est en vigueur actuellement et un couloir humanitaire ouvert par lequel les soldats ukrainiens blessés sont transférés vers les établissements médicaux à Novoazovsk», en territoire contrôlé par les forces russes et prorusses, a annoncé le ministère dans un communiqué.
Le président russe Vladimir Poutine a estimé lundi que les adhésions de la Finlande et de la Suède à l’Otan ne constituaient pas «une menace» en soi, mais que la Russie réagirait à des déploiements militaires.

Un tel «élargissement de l’Otan ne constitue pas une menace immédiate (…) mais le déploiement d’infrastructures militaires sur les territoires de ces pays entraînera bien sûr une réponse», a-t-il dit lors d’un sommet d’une alliance militaire régionale au Kremlin.
Le géant américain de la restauration rapide McDonald’s, qui avait fermé ses enseignes en Russie début mars, a annoncé lundi se retirer du pays et vendre toutes ses activités en réaction à l’invasion russe de l’Ukraine.
«Nous sommes engagés envers notre communauté mondiale et devons rester inflexibles quant à nos valeurs», a déclaré le PDG du groupe Chris Kempczinski, cité dans un communiqué de l’entreprise. «Le respect de nos valeurs signifie que nous ne pouvons plus conserver les Arches (le logo de McDonald’s, ndlr) » en Russie, a-t-il ajouté.
Présent en Russie depuis plus de 30 ans, McDonald’s y compte 850 restaurants et 62’000 salariés.

L’entreprise avait annoncé la fermeture temporaire de tous ses restaurants et la suspension de ses opérations dans le pays le 8 mars, emboîtant le pas à d’autres multinationales qui avaient pris leurs distances avec Moscou.
«La crise humanitaire provoquée par la guerre en Ukraine et l’environnement économique imprévisible en ayant découlé ont conduit McDonald’s à conclure que la poursuite de nos activités en Russie n’était plus tenable ni cohérente avec nos valeurs», a indiqué le géant américain.
Le groupe estime qu’il va enregistrer une charge non décaissable (ne donnant lieu à aucune sortie d’argent) comprise entre 1,2 milliard et 1,4 milliard de dollars (quasiment autant en francs) en raison de son retrait du pays.
La Russie, où McDonald’s gère directement plus de 80% des restaurants portant son nom, représente 9% du chiffre d’affaires total de l’entreprise et 3% de son bénéfice opérationnel.
Le groupe cherche à revendre l’intégralité de son portefeuille russe à un acteur local.
Jusqu’à ce qu’une transaction soit finalisée, McDonald’s s’engage à continuer de payer ses employés et veut s’assurer que ces derniers continuent d’être embauchés par le futur acquéreur.
Le Kremlin a estimé lundi qu’une adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan, en réaction à l’offensive russe en Ukraine, ne renforcerait pas la sécurité sur le continent européen.

«Nous sommes convaincus que l’entrée dans l’Otan de la Finlande et de la Suède ne va ni renforcer ni améliorer l’architecture sécuritaire de notre continent», a dit à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, faisant part de la «préoccupation» de Moscou et promettant de suivre de près «les implications que cela aura pour notre sécurité».
Les forces ukrainiennes ont repoussé les troupes russes et ont repris le contrôle d’une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv (nord-est), ont annoncé lundi les autorités ukrainiennes.
Quatre personnes ont été tuées dans des frappes de missiles au cours des dernières 24 heures, dont deux dans le bombardement d’un hôpital à Severodonetsk, dans la région de Lougansk (est), et deux à Mykolaïv (sud), selon les autorités ukrainiennes.
«Le 227e bataillon de la 127e brigade de la défense territoriale des forces armées de Kharkiv a expulsé les Russes et s’est installé à la frontière», a indiqué le ministère sur sa page Facebook. Il a publié une vidéo de soldats armés devant un poteau-frontière peint en jaune et bleu, couleurs du drapeau ukrainien, et avec un trident, le blason de l’Ukraine.

«Nous sommes fiers de nos soldats qui ont restauré le panneau frontalier. Nous remercions tous ceux qui, au péril de leur vie, libèrent l’Ukraine des envahisseurs russes», a pour sa part écrit sur Telegram le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Sinegoubov.
Le conseiller présidentiel ukrainien Oleksiï Arestovich a pour sa part assuré dimanche soir que les Russes transféraient des troupes de la région de Kharkiv à celle de Lougansk, dans le Donbass, dans le but de prendre la ville de Severodonetsk.
La ville de Mykolaïv a été la cible d’une série de frappes de missiles qui ont fait deux morts, selon le point de la présidence ukrainienne publié lundi matin.
Les Parlements finlandais et suédois se penchent lundi sur les candidatures des deux pays nordiques à l’Otan, avec de larges majorités assurées dans les deux chambres.
L’Eduskunta, le Parlement finlandais, a entamé lundi matin une session marathon pour examiner la candidature présentée officiellement dimanche par l’exécutif, avant un vote qui interviendra au plus tôt mardi.
Selon les derniers pointages des médias finlandais, au moins 85% des 200 élus vont voter oui à la candidature à l’Otan.
La Finlande a annoncé dimanche sa candidature «historique» à l’Otan en conséquence directe de l’invasion russe de l’Ukraine, avec la Suède en passe de suivre après un feu vert décisif du parti au pouvoir
«Le seul pays qui menace la sécurité européenne, et mène ouvertement une guerre d’agression, est la Russie», a affirmé la Première ministre finlandaise Sanna Marin en ouvrant les débats.
«Notre environnement de sécurité a fondamentalement changé», a-t-elle dit.
Du fait du grand nombre d’interventions prévues – plus de 150 – le vote ne pourra avoir lieu dès ce lundi, a prévenu le président de la chambre Matti Vanhanen.
Le Parlement suédois se réunit, lui, à partir de 10H30 (08H30 GMT), avec une allocution de la Première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson suivie des chefs des partis parlementaires.
Avec la bascule historique du parti social-démocrate au pouvoir dimanche, six des huit partis au Parlement sont désormais en faveur d’une adhésion, représentant une majorité théorique de 304 députés sur un total de 349.
Mais la Première ministre a dit dimanche qu’elle voulait s’assurer d’un «large soutien» parlementaire, avant l’annonce de la décision officielle du gouvernement suédois.
Le média biélorusse Nexta a publié lundi une vidéo montrant la destruction des points ferroviaires par les forces ukrainiennes dans la région de Luhansk, selon le chef de l’administration régionale de Lougansk.
Les candidatures de la Suède et de la Finlande à l’Otan en réaction à l’offensive russe contre l’Ukraine constituent une «grave erreur», a jugé lundi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

«C’est une grave erreur supplémentaire dont les conséquences auront une portée considérable», a-t-il estimé, cité par l’agence russe Interfax.
Le groupe automobile Renault, qui a confirmé lundi la cession de sa participation dans le constructeur russe Avtovaz, fabricant des Lada, a précisé qu’il garderait l’option de racheter ses parts pendant six ans.

«Le Conseil d’administration de Renault Group a approuvé à l’unanimité la signature des accords pour céder 100 % des parts de Renault Group dans Renault Russie à la ville de Moscou et sa participation de 67,69 % dans AVTOVAZ à NAMI (l’Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs)», a-t-il indiqué dans un communiqué, sans confirmer aucun montant. «L’accord prévoit une option de rachat par Renault Group de sa participation dans AVTOVAZ, exerçable à certaines périodes au cours des 6 prochaines années», ajoute-t-il.
Une vidéo du média biélorusse Nexta montre un militaire ukrainien chanter la chanson «Stefania» de Kalush Orchestra au son des explosions. Le groupe de musique ukrainien a remporté samedi l’Eurovision.
Les actifs de Renault en Russie sont désormais propriété de l’État russe, a annoncé lundi le ministère russe de l’Industrie et du commerce, suite au retrait du constructeur automobile français consécutif à l’invasion en Ukraine.

«Des accords ont été signés pour un transfert des actifs russes du groupe Renault à la Fédération de Russie et au gouvernement de Moscou», indique le ministère dans un communiqué.
L’Ukraine se prépare à une intensification des attaques russes dans le Donbass, dans l’est du pays, objectif prioritaire de Moscou mais où ses forces sont en perte de vitesse. L’armée ukrainienne poursuit sa contre-offensive dans la région de Kharkiv.
«On se prépare à de nouvelles tentatives de la Russie d’attaquer au Donbass, pour en quelque sorte intensifier son mouvement vers le sud de l’Ukraine», a lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo publiée dimanche soir. Et pourtant selon lui, «les occupants ne veulent toujours pas admettre qu’ils sont dans une impasse».
Les Russes transfèrent des troupes de la région de Kharkiv (nord) à celle de Lougansk, dans le Donbass, dans le but de prendre Severodonetsk, a assuré de son côté dimanche soir le conseiller présidentiel ukrainien Oleksiy Arestovich. L’armée ukrainienne a également annoncé lundi matin avoir fait sauter un pont ferroviaire contrôlé par les Russes, reliant Roubijné et Severodonetsk, deux objectifs de Moscou.
Elan perdu
«On se prépare à de grandes offensives à Severodonetsk, et autour de l’axe Lyssytchansk-Bakhmout», affirmait déjà samedi Serguiï Gaïdaï, gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, qui forme avec celle de Donetsk le bassin minier du Donbass. Il décrivait aussi une situation humanitaire de plus en plus critique.
Près de trois mois de guerre ont par exemple transformé Lyssytchansk, ville minière de quelque 100’000 habitants essentiellement russophones, en une zone abandonnée, dépourvue d’eau, d’électricité ou de réseau téléphonique, a constaté un journaliste de l’AFP.

«Les Russes disent qu’ils sont en train de gagner et les Ukrainiens aussi», dit Natalia Gueorguievna. «Quand on avait encore internet, on pouvait regarder les infos, mais maintenant… nous n’avons pas idée de qui sont derrière ces voix ni d’où elles viennent», déplore-t-elle.
Mais pour les services de renseignements militaires britanniques, l’offensive russe dans l’est de l’Ukraine a «perdu de son élan». Les troupes de Moscou n’ont pas réussi à réaliser des gains territoriaux substantiels, mettant leur plan de bataille «considérablement en retard», selon ces sources.
«La Russie a maintenant probablement subi des pertes d’un tiers de la force de combat terrestre qu’elle a engagée en février», ont-elles ajouté. «Dans les conditions actuelles», elles jugent «peu probable» que la Russie n’»accélère considérablement son rythme de progression » au cours du prochain mois.
Contre-offensive
De leur côté, les Russes égrènent leurs succès en annonçant avoir visé par des missiles de «haute précision» deux points de commandements ukrainiens et quatre dépôts de munitions d’artillerie près de Zaporijjia, Paraskovievka, Konstantinovka et Novomikhaïlovka dans la région de Donetsk (est).
L’aviation russe a détruit deux lance-missiles et un système radar dans la région de Soumy, dans le nord-est,et les systèmes de défense anti-aérienne russes ont détruit 15 drones ukrainiens, selon Moscou.
Les forces russes font aussi désormais face au nord à la contre-offensive des forces ukrainiennes dans la région de Kharkiv, deuxième ville du pays, où ces dernières s’approchent de la frontière avec la Russie.

À Vilkhivka, village à l’est de Kharkiv repris par les Ukrainiens, les stigmates des violents combats demeurent sur les maisons éventrées par les obus, rues jonchées de débris, douilles de balles et autres restes de munitions ou encore les chars hors d’usage abandonnés sur la route.
Symboliquement, l’inscription «Azov était là», avec le symbole du régiment ukrainien ressemblant à la croix gammée nazie, a été apposée sur un des chars à côté du «Z» qui y avait été peint par les troupes russes, a constaté un journaliste de l’AFP.
Le corps d’un soldat russe gisait encore samedi dans un jardin alors que dans un gymnase, apparemment utilisé comme dortoir par les Russes, s’entassent des caisses de munitions antichar vides, des sacs de couchage, des pâtes instantanées dans un capharnaüm où figurent aussi un ballon de basket et des livres scolaires.
«Un précédent»
Sur le terrain diplomatique, Moscou voit l’Otan sur le point de se renforcer à ses frontières. Le parti social-démocrate au pouvoir en Suède a approuvé dimanche soir une candidature à l’Alliance atlantique, ce qui constitue un revirement historique pour cette formation. La Première ministre Magdalena Andersson a ensuite estimé qu’une candidature commune avec la Finlande était «le mieux pour la Suède» et sa sécurité.
Helsinki avait en effet annoncé quelques heures plus tôt qu’elle allait demander officiellement à adhérer à l’Otan, malgré les menaces de représailles de la Russie qui partage une frontière de 1300 kilomètres avec la Finlande.

Ces candidatures sont la preuve «qu’une agression ne paie pas», a jugé le secrétaire général de l’Alliance atlantique Jens Stoltenberg, en assurant que l’Otan est prête à renforcer les «garanties de sécurité» pour ces deux pays.
Il s’est aussi dit «confiant» dans la possibilité pour les pays de l’Alliance de trouver un compromis avec la Turquie, qui avait manifesté son hostilité à l’adhésion de la Suède et de la Finlande.
A l’issue d’une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l’Otan à Berlin, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a affirmé que les pays de l’Alliance, individuellement, ne relâcheraient pas leurs efforts «en particulier en matière d’assistance militaire» à l’Ukraine.
Une candidature commune à l’OTAN avec la Finlande est ce qu’il y a de «mieux» pour la Suède et sa sécurité, a affirmé dimanche la première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson après un revirement historique de son parti.
La dirigeante suédoise se rendra lundi au parlement «pour (s)’assurer d’un large soutien parlementaire pour une candidature à l’OTAN» et «ensuite nous pourrons prendre une décision du gouvernement», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Le parti social-démocrate au pouvoir en Suède a donné son feu vert dimanche à une candidature à l’OTAN, ouvrant ainsi la voie à une demande d’adhésion par le gouvernement, conjointement avec la Finlande.
Lors d’une réunion extraordinaire dimanche, la direction a décidé que le parti allait «contribuer à une candidature de la Suède à l’OTAN», indiquent les sociaux-démocrates dans un communiqué, inversant ainsi la ligne de toujours.
Le parti précise toutefois qu’il est opposé à l’installations de bases permanentes de l’OTAN et d’armes nucléaires sur le territoire suédois, ce qui n’est pas exigé pour adhérer à l’alliance.
Une consultation interne avait révélé des divisions au sein du parti, avec des voix critiques dénonçant notamment une décision trop précipitée, afin de suivre le calendrier finlandais. Mais le feu vert de la direction du parti restait attendu.
La première ministre et cheffe du parti, Magdalena Andersson, doit s’exprimer dans la foulée lors d’une conférence de presse à 18h (heure locale et suisse) à Stockholm.

Avec le changement de ligne du parti, une nette majorité en faveur de l’OTAN est désormais assurée au parlement. La droite était déjà pour rejoindre l’alliance et l’extrême-droite des Démocrates de Suède (SD) également favorable à une adhésion si elle se fait conjointement avec la Finlande.
Helsinki a annoncé dimanche sa candidature «historique» à l’OTAN, soumise au parlement finlandais lundi. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a entraîné un bond spectaculaire dans l’opinion publique en faveur de l’OTAN en Suède et en Finlande. Les deux pays étaient hors des alliances militaires depuis des décennies.
Privé de partenaires russes, le WEF accueillera le 23 mai une forte délégation de Kiev. La Suisse s’affiche résolument dans le camp de l’Ukraine. Lire notre article.

Les États-Unis «soutiennent fortement» les demandes d’adhésion à l’OTAN de la Suède et de la Finlande, a assuré dimanche à Berlin le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.
«Les États-Unis soutiendraient fortement la candidature à l’OTAN de la Suède ou de la Finlande si elles choisissaient de poser officiellement leur candidature à l’Alliance», a déclaré Antony Blinken après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance à Berlin. Il s’est dit «confiant dans un consensus» prochain entre les 30 membres en vue d’une adhésion des deux pays.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est dit «confiant», dimanche, dans la possibilité pour les pays membres de l’Alliance de trouver un compromis avec la Turquie qui n’a pas l’intention, selon lui, de bloquer l’adhésion de la Finlande et de la Suède.

«Je suis confiant dans le fait que nous serons en mesure de trouver un terrain d’entente, un consensus sur la manière d’avancer sur les questions d’appartenance» à l’Alliance, a-t-il assuré à l’issue d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin. Il a ajouté que la Turquie, qui avait manifesté son hostilité à une telle adhésion, avait «clairement indiqué son intention de ne pas bloquer» l’entrée des deux pays nordiques.
La pression russe reste forte dimanche dans l’est de l’Ukraine, visé par plusieurs frappes de missiles. La Finlande a elle annoncé une candidature historique à l’OTAN, une «erreur» selon Moscou qui a menacé de représailles.
Des missiles russes de «haute précision» ont visé dans la nuit deux points de commandement ukrainiens et quatre dépôts de munitions d’artillerie près de Zaporijjia, Paraskovievka, Konstantinovka et Novomikhaïlovka dans la République populaire de Donetsk, selon le ministère russe de la Défense dimanche.
L’aviation russe a elle détruit deux lance-missiles des systèmes S-300 et un système radar dans la région de Soumy. Les systèmes de défense anti-aérienne russes ont détruit eux 15 drones ukrainiens dans les régions de Donetsk et de Lougansk, a-t-il ajouté.

De leur côté, les services de renseignement militaires britanniques ont affirmé dimanche que la Russie avait subi d’énormes pertes. Prédisant qu’elle allait s’enliser dans sa tentative de conquête de l’est du pays face à la forte résistance ukrainienne, ils ont estimé que l’offensive russe dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, a «perdu de son élan».
Les troupes de Moscou n’ont pas réussi à réaliser des gains territoriaux substantiels, mettant leur plan de bataille «considérablement en retard», selon ces sources. «La Russie a maintenant probablement subi des pertes d’un tiers de la force de combat terrestre qu’elle a engagée en février», ont-elles ajouté. «Dans les conditions actuelles, il est peu probable que la Russie accélère considérablement son rythme de progression au cours des 30 prochains jours».
La rock star irlandaise Bono a fait l’éloge du combat de l’Ukraine pour la «liberté» lors d’un spectacle dans une station de métro du centre de Kiev, dimanche, où le leader de U2 a aussi prononcé sa propre prière «pour la paix».
Depuis le quai d’une station de métro de Kiev, l’icône du rock, âgée de 61 ans, a entonné les classiques de U2 «Sunday Bloody Sunday», «Desire» et «With or without you».

«Les gens en Ukraine ne se battent pas seulement pour votre propre liberté, vous vous battez pour nous tous qui aimons la liberté», a déclaré Bono pendant une pause. Le chanteur a aussi fait référence aux conflits passés dans l’Irlande natale du groupe et aux troubles qu’elle a connus avec un voisin plus puissant. «Nous prions pour que vous puissiez bientôt jouir d’une partie de cette paix», a déclaré Bono.
La Première dame des États-Unis, Jill Biden, s’est rendue en Ukraine dimanche à l’occasion d’une visite surprise, a annoncé son porte-parole, et a rencontré son homologue ukrainienne Olena Zelenska dans une école proche de la frontière slovaque.
«Je voulais venir pour la fête des mères. Je pensais qu’il était important de montrer au peuple ukrainien que cette guerre doit s’arrêter», a-t-elle déclaré devant des journalistes, affirmant que «le peuple américain se tient aux côtés du peuple ukrainien».

Jill Biden se trouvait en Slovaquie cette semaine, notamment pour rencontrer des familles de réfugiés ukrainiens.
Le célèbre groupe de musique U2 a joué ce dimanche une reprise du tube «Stand by me» de Ben E. King en adaptant légèrement les paroles, qui sont ainsi devenues «Stand by Ukraine» (soutenez l’Ukraine).
Le chanteur Taras Topolia du groupe de pop-rock ukrainien Antytila a participé au concert, a indiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un tweet
Les militaires ukrainiens retranchés depuis de nombreuses semaines dans les galeries souterraines de l’immense aciérie Azovstal, dernier bastion de résistance face à l’armée russe dans le port dévasté de Marioupol (sud-est) ont annoncé dimanche qu’ils excluaient de se rendre.
«Capituler n’est pas une option car notre vie n’intéresse pas la Russie. Nous laisser en vie ne leur importe pas», a déclaré Ilya Samoïlenko, officier du rensignement ukrainien au cours d’une conférence de presse diffusée par vidéo.
«Tous nos vivres sont limités. Il nous reste de l’eau. Il nous reste des munitions. Nous aurons nos armes sur nous. Nous nous battrons jusqu’à la meilleure issue de cette situation», a-t-il ajouté depuis les sous-sols du site industriel.
«Nous, personnel militaire de la garnison de Marioupol, avons été témoins des crimes de guerre commis par la Russie, par l’armée russe. Nous en sommes les témoins», a ajouté Ilya Samoïlenko, qui parlait tantôt ukrainien tantôt anglais pendant la conférence.

Depuis plusieurs semaines, Marioupol est presque entièrement sous contrôle des Russes. Seule lui échappe l’immense aciérie Azovstal que l’armée russe pilonne sans relâche, en plus d’attaques importantes au sol à l’origine de violents combats.
De nombreux civils s’y trouvaient avec les combattants ukrainiens dans des conditions extrêmes, jusque l’évacuation des dernières femmes, des derniers enfants et personnes âgées samedi, selon Kiev.
La prise d’Azovstal permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de Marioupol, port stratégique à la pointe sud du Donbass qui comptait près d’un demi-million d’habitants avant la guerre mais a été quasiment entièrement détruite par deux mois de siège et de bombardements russes.
Des dizaines de personnes étaient portées disparues dimanche à la suite d’un bombardement dans l’est de l’Ukraine, où se concentre l’offensive russe, à la veille des célébrations de la victoire sur l’Allemagne nazie.
Le président russe Vladimir Poutine a promis dimanche à ses militaires la victoire finale «comme en 1945», multipliant les comparaisons avec la Deuxième Guerre mondiale.
Vladimir Poutine, qui pense ne pouvoir «se permettre de perdre» compte tenu des efforts engagés en Ukraine, est «convaincu que redoubler d’efforts lui permettra de progresser», a indiqué samedi Bill Burns, directeur de l’agence de renseignement américaine CIA.
Sur l’ensemble du front au 74e jour de la guerre, les efforts russes pour arracher des succès de prestige avant la date symbolique du 9 mai semblaient infructueux, selon des experts.
Voici un point de la situation à partir d’informations des journalistes de l’AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d’analystes et d’organisations internationales.
Le sud
Les derniers combattants ukrainiens étaient retranchés dimanche dans l’aciérie Azovstal, à Marioupol, l’ultime poche de résistance dans ce port stratégique sur la mer d’Azov, après l’évacuation de centaines de civils réfugiés avec eux depuis des semaines dans d’immenses galeries souterraines.
«Nous avons évacué les civils d’Azovstal», a lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky samedi soir, citant le nombre de 300 personnes exfiltrées.
L’état-major ukrainien a fait état dimanche d’«opérations d’assaut russes» contre le site, avec «le soutien de l’artillerie et des tirs de chars».

L’est
Dans le bassin houiller du Donbass, 60 personnes sont portées disparues après le bombardement aérien samedi d’une école où elles se réfugiaient dans le village de Bilogorivka, dans la région de Lougansk, a indiqué le gouverneur régional, Serguiï Gaïdaï, affirmant qu’elles étaient «très probablement mortes».
Des frappes avaient été signalées samedi autour de Donetsk où quatre personnes ont été tuées et neuf blessées, selon le gouverneur régional, Pavlo Kyrylenko.
«L’ennemi ne cesse pas ses opérations offensives dans la zone opérationnelle orientale afin d’établir un contrôle total sur le territoire des régions de Donetsk, Lougansk et Kherson (sud, NDLR), et de maintenir le couloir terrestre entre ces territoires et la Crimée occupée» (sud) depuis 2014, a indiqué l’état-major ukrainien dimanche.
L’état-major a précisé que dans la région de Donetsk, les troupes russes avaient poursuivi leurs opérations offensives autour de Lyman, Popasnyansky, Severodonetsk et Avdiivka.
«Les forces russes ont revendiqué la prise de Popasna le 7 mai, mais restent largement bloquées dans l’est de l’Ukraine», affirme l’Institut américain d’étude de la guerre (ISW).
Le nord
En revanche, à Kharkiv, la contre-offensive ukrainienne pour mettre la deuxième ville d’Ukraine hors de portée de l’artillerie ennemie continuait à se développer: elle «fait des progrès significatifs et avancera probablement jusqu’à la frontière russe dans les jours ou semaines à venir», selon l’ISW.
«La contre-offensive ukrainienne oblige des unités russes prévues pour un déploiement ailleurs à se redéployer sur le front de Kharkiv pour arrêter les attaques ukrainiennes», ajoute-t-il.
L’armée russe a détruit trois ponts routiers «pour ralentir la contre-offensive» dans la région, a affirmé samedi le ministère ukrainien de la Défense.

Bilan humain
Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu’à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20’000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié «plus de 8000 cas» présumés de crimes de guerre.
Sur le plan militaire, le ministère ukrainien de la Défense évalue les pertes russes à plus de 25’000 hommes, 199 avions et 1130 chars depuis le début de l’invasion le 24 février.
Le Kremlin a récemment admis des «pertes importantes». Certaines sources occidentales évoquent jusqu’à 12’000 soldats russes tués.
Le président Zelensky a déclaré qu’environ 2500 à 3000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10’000 blessés.
Aucune statistique indépendante n’est disponible.
Déplacés et réfugiés
Selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR), plus de 5,4 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays. Parmi eux, 90% de femmes et d’enfants, les hommes de 18 à 60 ans, susceptibles d’être mobilisés, n’ayant pas le droit de partir.
Plus de 7,7 millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le président russe Vladimir Poutine a assuré que «comme en 1945, la victoire sera à nous», multipliant les comparaisons entre la Seconde Guerre mondiale et le conflit en Ukraine dans ses voeux du 8 mai.
«Aujourd’hui nos militaires, comme leurs ancêtres, se battent au coude à coude pour la libération de leur terre natale de la crasse nazie, avec la confiance que, comme en 1945, la victoire sera à nous», a affirmé Vladimir Poutine dans ses voeux adressés dimanche aux pays de l’ancien bloc soviétique ainsi qu’aux régions séparatistes de l’est de l’Ukraine.

«Aujourd’hui, le devoir commun est d’empêcher la renaissance du nazisme, qui a causé tant de souffrances aux peuples de différents pays», a-t-il ajouté, souhaitant «que les nouvelles générations soient dignes de la mémoire de leurs pères et grands-pères».
Dans ses voeux, Vladimir Poutine a par ailleurs multiplié les références non seulement aux soldats, mais également aux civils du «front intérieur», «qui ont écrasé le nazisme au prix d’innombrables sacrifices»
«Malheureusement, aujourd’hui, le nazisme relève à nouveau la tête», a déclaré le président russe, dans un passage destiné aux Ukrainiens. «Notre devoir sacré est d’empêcher les héritiers idéologiques de ceux qui ont été vaincus» dans ce que Moscou nomme la «Grande Guerre patriotique», de «prendre leur revanche».
Le président a souhaité «à tous les habitants de l’Ukraine – un avenir pacifique et juste».
Lundi, Moscou va commémorer par une parade militaire la victoire contre l’Allemagne nazie. La Russie justifie l’offensive lancée en Ukraine le 24 février par la volonté de «démilitariser» et «dénazifier» l’Ukraine.
Des négociations difficiles se poursuivent dimanche entre les 27 États membres de l’UE pour lever les obstacles au projet d’embargo européen sur le pétrole russe freiné par plusieurs États membres, notamment la Hongrie.
Les ambassadeurs des Vingt-Sept à Bruxelles doivent se réunir «à midi», a indiqué un diplomate européen à l’AFP.
Vendredi, ils avaient échoué à trouver un accord sur la mise en oeuvre du 6ème paquet de sanctions contre Moscou présenté mercredi par la Commission européenne. Ce projet prévoit un embargo sur le pétrole russe d’ici à la fin de l’année dont la réalisation soulève des problèmes importants pour certains pays membres.

Le premier ministre hongrois Viktor Orban, dont le pays dépend fortement de la Russie pour son approvisionnement énergétique, avait durci le ton vendredi matin, estimant que la proposition de Bruxelles portait «atteinte» à l’unité de l’Union européenne.
L’unanimité des Vingt-Sept est requise pour l’adoption des sanctions.
«Il n’y a pas de blocage politique, mais la nécessité de garantir des sources alternatives d’approvisionnement aux pays enclavés dépendant du pétrole russe par oléoduc. Et ce n’est pas chose facile», a assuré un diplomate européen.
«Il s’agit de nouvelles infrastructures et de changements de technologies, qui supposent non seulement des financements européens, mais des accords entre plusieurs États membres. On avance mais ça prend mécaniquement un peu de temps», a-t-il ajouté.
La proposition soumise mercredi aux États membres prévoit un arrêt des importations de pétrole brut russe dans les six mois et des produits raffinés d’ici à fin 2022.
Une dérogation d’une année jusqu’à la fin 2023 était prévue pour la Hongrie et la Slovaquie, mais elle a été jugée insuffisante. Elle a été portée jusqu’à fin 2024 dans une nouvelle mouture du projet discutée vendredi et la République tchèque se voit également accorder cette possibilité, selon des sources concordantes.
Le travail continue «pour répondre aux inquiétudes en matière de sécurité d’approvisionnement de certains États», il s’agit de trouver «des mécanismes de solidarité, des solutions et alternatives pragmatiques, ce n’est pas un problème politique», confirme un autre diplomate.
Le conseiller national Pierre-Alain Fridez (PS/JU) est revenu samedi d’un voyage en Ukraine, qui l’a également conduit en Slovaquie et en Roumanie. Il s’est rendu sur place pour le compte du Conseil de l’Europe, où le Jurassien représente la commission des migrations.
Le but du voyage, qu’il a effectué en compagnie d’une secrétaire du Conseil, était humanitaire, a expliqué Pierre-Alain Fridez dimanche à Keystone-ATS: il s’agit d’établir une liste des besoins des populations déplacées en raison de la guerre en Ukraine, de définir les besoins de l’Ukraine elle-même et des pays voisins.
Au final, des recommandations seront faites aux pays membres du Conseil de l’Europe. Le rapport doit être présenté au plénum en juin.
La situation des millions de réfugiés est très différente selon le pays d’accueil, souligne Pierre-Alain Fridez. Une mère et ses enfants réfugiés en Suisse ne vivent pas la même chose que des Ukrainiens hébergés en Roumanie ou qu’une retraitée déplacée à l’intérieur du pays.
À cela s’ajoute par exemple le problème de Roms ukrainiens qui se retrouvent à la frontière dépourvus de papiers d’identité, ou des personnes LGBT et d’étudiants, notamment africains. Entre 7 et 9 millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur du pays.
Besoins énormes
Les besoins de soutien externe sont énormes, car les ressources manquent et les moyens sur place sont limités. Des soupes populaires sont organisées par endroits, mais il y a aussi le défi des hôpitaux surchargés, du soutien psychologique aux personnes déplacées ou la scolarisation des enfants. «On est dans l’urgence», résume Pierre-Alain Fridez, mais l’agression de l’armée russe aura des portées à long terme.
Concernant les velléités de réarmement souhaité par la droite, Pierre-Alain Fridez estime que, paradoxalement, la Suisse est plus protégée actuellement que jamais. La puissante OTAN s’est réveillée et la Suisse est le «passager clandestin» de l’organisation de défense.
Le danger que représentent les cyberattaques, les missiles ou une arme atomique est bien plus grand que le risque de voir un char russe en Suisse, constate le conseiller national.
L’ambassadrice d’Ukraine en Estonie Mariana Betsa a relayé sur Twitter une photo de l’école à Bilogorivka qui a été bombardée samedi.
Soixante personnes sont portées disparues après le bombardement samedi d’une école où elles se réfugiaient dans la région de Lougansk dans l’est de l’Ukraine, a indiqué dimanche le gouverneur régional Serguiï Gaïdaï.
Le village de «Bilogorivka a subi une frappe aérienne. Les bombes ont atteint l’école et, malheureusement, elle a été complètement détruite», a déclaré le gouverneur sur son compte Telegram. «Il y avait au total 90 personnes. 27 ont été sauvées», a-t-il ajouté
«Soixante personnes qui se trouvaient dans l’école sont très probablement mortes», a-t-il encore dit, précisant que la température avait été très élevée sur le site après l’explosion provoquée par la bombe.
«Il a été impossible pendant la nuit aux services de secours de travailler là-bas en raison de frappes. Il leur aurait fallu éclairer le site, ce qui aurait attiré de nouveaux bombardements», a expliqué le responsable.
«A présent les services de secours travaillent et se sont également rendus dans le village voisin de Chepilivka où un obus a atteint une maison dans laquelle se trouvaient 11 personnes.Il y a là plus de chances que les gens aient survécu», a indiqué le gouverneur, expliquant que les gens se trouvaient dans un sous-sol et qu’il s’agissait d’un tir d’artillerie et non d’une bombe larguée par un avion.
Les mesures prises contre le Kremlin enflamment le débat sur la neutralité. Pourtant, dans la pratique, Berne s’aligne presque toujours sur Bruxelles.

Le parti socialiste exige que la Suisse non seulement gèle les avoirs des personnes et entreprises sanctionnées suite à l’assaut de la Russie en Ukraine, mais les exproprie aussi et remette leurs avoirs à l’Ukraine pour la reconstruction du pays, relate la «SonntagsZeitung».
Une intervention parlementaire allant dans ce sens a été déposée. «La Suisse abrite un nombre supérieur à la moyenne de fortunes d’oligarques russes sanctionnés. Il est juste qu’elles profitent au pays qui est actuellement détruit par [le président russe Vladimir, ndlr] Poutine», déclare dans le journal la coprésidente du PS Mattea Meyer.

Le vice-président du PLR Andrea Caroni soutient l’idée. «Du point de vue du droit international, il est clair pour moi que la Russie doit des dommages et intérêts à l’Ukraine en raison de son agression contraire au droit international».
Selon des estimations, les avoirs russes en Suisse s’élèveraient à 200 milliards de francs. Depuis l’attaque russe contre l’Ukraine, les autorités suisses ont bloqué 7,5 milliards de fonds russes.
Le chef du groupe parlementaire du PLR Damien Cottier va enquêter sur des crimes de guerre en Ukraine, indique le «SonntagsBlick». Le conseiller national neuchâtelois doit mener pour le Conseil de l’Europe une enquête sur des accusations de violations des droits fondamentaux à Kiev et dans ses environs.
Il dirige à Strasbourg la délégation suisse à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, l’organe législatif de la Convention européenne des droits de l’homme, et il préside la commission des questions juridiques et des droits de l’homme.
Son mandat d’enquête porte sur la collecte d’informations sur des accusations d’atrocités commises par les forces russes et leur documentation, explique au journal Damien Cottier. Cette mission comprend des entretiens avec les victimes et les autorités locales. Les conclusions devront être consignées dans un rapport.
Des politiciens veulent remettre en service une partie des 96 chars Léopard entreposés depuis des années par l’armée suisse, selon la «NZZ am Sonntag».

«La guerre en Ukraine montre que nous ne pouvons pas nous passer des chars de combat», déclare dans le journal Werner Salzmann, sénateur UDC bernois et président de la commission de la politique de sécurité du Conseil des États.
La conseillère nationale Ida Glanzmann-Hunkeler (Centre/LU) est du même avis: «Je soutiendrais le fait que le DDPS examine sérieusement la possibilité de remettre ces chars en service.»

Ces 96 Léopard ont été mis hors-service à la fin de la guerre froide. Leur remise en service et leur modernisation devraient coûter entre 350 et 450 millions de francs, selon l’armée.
Le Conseil national doit débattre lundi d’une augmentation massive des moyens pour l’armée, avec un budget qui pourrait passer de 5 à 7 milliards de francs par an.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit participer dimanche à une réunion par visioconférence des dirigeants du G7, au moment où Kiev redoute un assaut final russe contre les derniers combattants assiégés à Marioupol et avant la commémoration lundi à Moscou de la victoire contre l’Allemagne nazie.

«Le 8 mai est une date historique marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe qui a occasionné la terreur, la destruction et la mort en Europe», a déclaré vendredi la porte-parole du chancelier allemand Olaf Scholz, estimant que la guerre en Ukraine rendait «la cohésion du G7 (…) plus importante que jamais». Cette troisième réunion depuis le début de l’année sera consacrée «en particulier à la situation en Ukraine», a-t-elle indiqué, sans plus de détails.
L’Allemagne assure cette année la présidence du G7, qui rassemble également le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.
Le président américain Joe Biden avait évoqué cette réunion quelques jours plus tôt, à propos de possibles sanctions supplémentaires contre la Russie. «Nous sommes toujours ouverts à des sanctions supplémentaires», avait-il déclaré mercredi, ajoutant qu’il discuterait avec les membres du G7 de «ce que nous ferons et ne ferons pas».

La réunion du G7 va se dérouler à la veille de la parade militaire du 9 mai en Russie, qui marque la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie lors de la Seconde Guerre mondiale.
L’armée russe a effectué samedi sur la Place Rouge à Moscou les dernières répétitions pour le traditionnel défilé militaire prévu de jour-là, en présence de soldats ayant participé à l’offensive en Ukraine
Les autorités ukrainiennes mettent en garde depuis plusieurs jours contre une intensification possible des attaques russes à l’approche de cette commémoration. «L’ennemi cherche à achever les défenseurs d’Azovstal, il essaie de faire cela avant le 9 mai pour faire un cadeau (au président russe) Vladimir Poutine», a mis en garde vendredi Oleksiï Arestovytch, un conseiller du président ukrainien.
«Nos unités dans la zone de l’usine d’Azovstal continuent d’être bloquées», a relevé l’état-major ukrainien dans son bulletin matinal dimanche, évoquant des «opérations d’assaut russes» avec «le soutien de l’artillerie et des tirs de chars».
L’aciérie d’Azovstal abrite les derniers défenseurs de Marioupol. Des centaines de civils avaient également trouvé refuge dans ses galeries souterraines très étendues après le lancement de l’invasion russe le 24 février.
Avec toujours moins de munitions et de nourriture, les derniers combattants ukrainiens retranchés dans l’usine Azovstal à Marioupol luttaient toujours dimanche contre l’armée russe. Selon Kiev, tous les civils qui se terraient avec les soldats ont été évacués.
Le président ukrainien Volodimyr Zelensky a indiqué samedi soir que 300 civils avaient été exfiltrés de l’aciérie. «Nous préparons désormais la seconde phase […] les blessés et le personnel médical».
Et, «bien sûr, nous oeuvrons aussi à évacuer nos militaires. Tous ces héros défendant Marioupol», a-t-il poursuivi, sans donner de chiffre. «C’est extrêmement difficile. Mais c’est très important».

«De nombreux soldats se trouvent dans un état grave. Ils sont blessés et n’ont pas de médicaments», a expliqué Ievguenia Tytarenko, infirmière militaire, dont le mari, infirmier et membre du régiment Azov, et ses collègues sont toujours dans l’usine. «La nourriture et l’eau manquent aussi», a-t-elle dit.
«Je me battrai jusqu’au bout», lui a écrit son mari Mykhaïlo, dans un SMS que l’AFP a pu consulter. Ils se sont mariés deux jours avant l’invasion russe.

«L’ordre du président [ukrainien] a été exécuté: toutes les femmes, tous les enfants et toutes les personnes âgées ont été évacués d’Azovstal. Cette partie de la mission humanitaire à Marioupol est accomplie», avait annoncé plus tôt samedi la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. Selon Kiev, ces opérations ont permis au total à près de 500 personnes de fuir en une semaine, sous l’égide de l’ONU et du Comité international de la Croix-Rouge.
L’Ukraine a demandé samedi soir à Médecins sans frontières (MSF) d’organiser une mission pour évacuer et soigner les soldats retranchés dans l’aciérie.
En coordination avec l’ambassade d’Ukraine, casques, équipements, appareils respiratoires et véhicules quittent régulièrement la Suisse. Lire notre article.

L’Ukraine a demandé samedi à Médecins sans frontières (MSF) d’organiser une mission pour évacuer et soigner les soldats retranchés dans l’aciérie Azovstal de Marioupol, dans un communiqué diffusé quelques heures après l’annonce de l’évacuation des civils.

La vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a écrit une lettre à Michel-Olivier Lacharité, responsable des programmes d’urgence de l’organisation humanitaire et chef de mission MSF en Ukraine, indique un communiqué du ministère de la Réintégration des territoires temporairement occupés d’Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine est déterminé à poursuivre la guerre en Ukraine mais la CIA, principale agence de renseignement américaine, ne perçoit aucune indication que la Russie se prépare à utiliser des armes nucléaires tactiques dans ce conflit, a déclaré son directeur Bill Burns samedi.
Le président Poutine est «dans un état d’esprit tel qu’il ne pense pas pouvoir se permettre de perdre» et pense «que redoubler d’efforts lui permettra de progresser», a-t-il affirmé lors d’une conférence organisée par le journal «Financial Times» à Washington.
La résistance des Ukrainiens ne l’a pour l’instant pas découragé, «parce qu’il a tellement misé sur les choix qu’il a faits pour lancer cette invasion», a poursuivi Bill Burns.

Néanmoins la CIA ne voit à ce stade pas «de preuve concrète montrant que la Russie prépare le déploiement ou même l’utilisation potentielle d’armes nucléaires tactiques», selon lui.
«Étant donné les déclarations va-t-en-guerre que (…) nous avons entendues de la part des dirigeants russes, nous ne pouvons pas prendre ces possibilités à la légère», a-t-il ajouté, précisant que son agence restait «très concentrée» sur cette question.
La Russie avait placé en état d’alerte ses forces de dissuasion, y compris les armes nucléaires, peu après le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février. Vladimir Poutine a aussi formulé des menaces à peine voilées, laissant entendre qu’il était prêt à déployer ces armes nucléaires tactiques.
Le maître du Kremlin a promis une réponse «rapide et foudroyante» en cas d’intervention extérieure dans le conflit.
La Russie dispose de nombreuses armes nucléaires tactiques, d’une puissance inférieure à la bombe d’Hiroshima, conformément à sa doctrine «escalade-désescalade» qui consisterait à faire usage en premier lieu d’une arme nucléaire de faible puissance pour reprendre l’avantage en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux.
Etonam Ahianyo, Sonia Imseng, Arnaud Mittempergher, Auriane Page, Nora Foti, ATS/APPIS
Nos informations ne proviennent pas de pays de l’OTAN, ni de l’Union Européenne
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