Élections législatives ( dans 17 jours ), Célia de Lavergne, candidate de la majorité présidentielle sur la 3ème circonscription de la Drôme…

2 avril 2019 : Séance publique
Célia de Lavergne est à Die.



Dossier : TrajectoiresMagazine N°729

Après un parcours diversifié dans le domaine associatif ou au cabinet d’un élu, elle a profité de l’opportunité ouverte par « En marche » permettant à des membres de la société civile de s’engager dans la transformation du pays pour se faire élire dans la circonscription de Hervé Mariton (77) qui ne se représentait pas.
Célia de Lavergne nous reçoit dans son pied-à-terre exigu de l’Assemblée nationale, au 101, rue de l’Université : » Mon engagement récent en politique est l’aboutissement d’une curiosité insatiable, naturelle et cultivée à l’X, puis pendant mon parcours professionnel d’aller, toujours plus loin, vers de nouveaux sujets « .
Mon passage au cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint de la maire de Paris, personnalité d’ouverture non encartée politiquement, m’a donné l’envie de pratiquer la politique “ autrement ”.
En effet, c’est un engagement un peu impromptu, que rien ne laissait présager dans votre parcours ?
En vérité, il y a eu quand même quelques prémices. Ainsi, la diversité de mon parcours, avec des responsabilités successives dans le domaine associatif, en entreprise, ou comme conseillère technique au cabinet d’un élu, m’a donné envie de m’engager en faveur de l’intérêt général.
Et la fibre sensible pour la politique que j’avais bel et bien en moi depuis toujours s’est brusquement révélée au travers de mon passage au cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint de la maire de Paris, personnalité d’ouverture non encartée politiquement, auprès de qui j’ai découvert l’envie de pratiquer la politique « autrement » et qui m’a transmis une vision de la politique transpartisane au profit de décisions engagées, visionnaires et ambitieuses.
Et, bien sûr, il y a eu pour finir cette extraordinaire opportunité ouverte par la démarche inédite d’« En marche » de permettre à des membres de la « société civile » de s’engager pour la transformation du pays.
En fait, je n’ai pas réagi tout de suite. C’est quand j’ai vu que, le premier appel n’ayant amené que 15 % seulement de candidats femmes, le mouvement relançait un deuxième appel plus spécifiquement adressé aux femmes, que je me suis décidée. Ça a été le déclic !
Ensuite tout s’est très vite enchaîné. Nous sommes à un tournant pour notre pays : il y a un vrai besoin d’un leadership politique attentif à de nouvelles dimensions, comme la transformation numérique, l’écologie ou la construction d’une Europe plus ambitieuse, en rupture avec les anciennes conceptions de notre monde, que j’ai pleinement retrouvé dans le projet du Président.
Pourquoi la Drôme ?
Ça va paraître un peu incroyable, mais c’est vraiment un coup de foudre pour cette région, durant notre lune de miel passée avec mon mari sur les chemins de la Drôme il y a quelques années.
Et après avoir eu une activité « territoriale » à Paris, j’ai eu envie de m’investir dans un territoire différent, cette fois très rural, où nous nous sommes installés avec mon mari et mes enfants par conviction et choix de vie. La circonscription sur laquelle je suis élue est passionnante.
Le territoire est vaste et très divers : on y trouve un éventail d’activités très étendu, qui va du monde agricole aux zones montagnardes, en passant par les problématiques liées au nucléaire avec Tricastin !
Vous êtes un X en politique, ce qui n’est pas fréquent, une femme X en politique ce qui est encore plus rare, et en plus vous succédez dans votre circonscription à un autre X (Hervé Mariton, de la 77), ce qui est – pour le coup – absolument exceptionnel. C’était un plan prémédité ?
Absolument pas ! C’est le hasard le plus complet qui m’a fait succéder à un camarade, dont je n’étais nullement la dauphine, et dont je ne partage d’ailleurs pas les options politiques, en particulier sur les questions sociétales.
Vous n’êtes pas une élue « à l’ancienne », habituée des marchés et rompue aux comices agricoles. Cependant, il vous faut bien maintenant vous enraciner dans ce territoire.
Comment vous y prenez-vous ?
Oui, c’est le revers d’être une personne nouvelle en politique. Il faut se faire connaître. Je suis issue de la partie nord de ma circonscription, qui est l’une des plus étendues, des plus diverses et en même temps des plus complètes de France : 241 communes à connaître, trois heures de voiture pour la traverser !

Célia de Lavergne rencontre aussi bien les acteurs institutionnels que la population.
J’ai parcouru des milliers de kilomètres pendant la campagne. Maintenant, je rencontre aussi bien les acteurs institutionnels (j’ai entrepris notamment de rencontrer tous les maires et les élus d’ici Noël) que la population au travers de rencontres sur les marchés, d’organisation de cafés citoyens, de réunions publiques et de rendez-vous à ma permanence, pour prendre contact avec ce territoire et ses habitants dans toute sa diversité.
Quels sont vos projets comme députée ?
J’ai la chance d’avoir été désignée coordinatrice des États généraux de l’alimentation, ce qui cadre bien avec le caractère très rural de ma circonscription. Je m’investis aussi dans le domaine de l’énergie, puisque j’ai été nommée rapporteure pour avis de la loi Hulot.
Et, bien sûr, je reste très attachée à la dimension scientifique et technique, en participant aux audits de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), dont Cédric Villani vient de prendre la présidence.
Je suis enthousiaste à l’idée de travailler avec lui sur des sujets qui seront déterminants pour notre société, comme l’arrivée des véhicules autonomes, la transformation que l’impression 3D va induire dans le monde de l’entreprise, ou l’avènement de l’intelligence artificielle.
Dossier : TrajectoiresMagazine N°729
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Rappel : Loi « Climat et résilience » : vers le « moins mais mieux » dans l’alimentation
Célia de Lavergne, députée LREM de la troisième circonscription de la Drôme, est rapporteure du volet « Se nourrir » du projet de loi « Climat et résilience ». Elle détaille les mesures qui vont directement concerner l’agriculture.

Vous avez été nommée rapporteure du titre V, « Se nourrir », du projet de loi « Climat et résilience ». Quelle est votre mission ?
Le rapporteur d’un projet de loi est la cheville ouvrière de l’écriture légistique des idées et des ambitions d’un texte. Mon rôle est d’entrer dans le détail de la rédaction du texte proposé par le gouvernement. Je dois d’abord m’assurer de la cohérence avec les autres textes. Ensuite, après avoir auditionné les syndicats agricoles, la filière agroalimentaire, les associations de consommateurs, les associations environnementales, j’améliore l’écriture du projet de loi en y intégrant des idées qui me semblent clés au vu de ce que j’ai entendu et de la recherche de l’intérêt général. Enfin, je vais examiner les amendements portés par mes collègues de tous partis confondus et émettre un avis favorable ou non.
Que contient ce titre V du projet de loi ? Comment impacte-t-il l’agriculture ?
Il faut rappeler que ce projet de loi est guidé par la nécessité de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 1990. Les citoyens de la convention climat ont fait énormément de propositions, qui ne sont pas parole divine mais des leviers que nous pouvons actionner. Dans les sept mesures qui arrivent sur la partie « Se nourrir », certaines peuvent intéresser les agriculteurs, d’autres peuvent les heurter. La mesure sur le repas végétarien ouvre, nous l’avons vu, un débat assez éruptif, et sur lequel je défends une position d’équilibre : ce n’est pas végétarien ou viande, c’est l’un et l’autre. Le végétarien est un régime alimentaire de 5 % de nos concitoyens et de 12 % des jeunes aujourd’hui. Il a des vertus environnementales et on est capable aujourd’hui de faire des assiettes équilibrées végétariennes. Mais on peut continuer, et moi j’adore ça, à manger de la viande, si elle est de qualité et justement rémunérée au producteur. Il faut qu’on arrête de mettre de la viande de mauvaise qualité, parfois broyée avec des additifs alimentaires, dans nos cantines et qu’on privilégie des produits de qualité, qu’ils soient viande ou protéines végétales. Mon rôle de rapporteur sera d’avoir cette position d’équilibre, où on ne stigmatise personne et où on accompagne les changements sociétaux et les prises de conscience sur le « moins mais mieux ». Aujourd’hui, ce à quoi aspirent au fond la plupart des gens, c’est être flexitarien avec de la qualité. Nous aurons un second débat sur la restauration collective privée, à qui on a demandé d’atteindre les mêmes objectifs que la restauration collective publique [fixés dans la loi Égalim, NDLR], avec l’idée de tirer tous les produits locaux, tous les signes de qualité, tous les HVE3* qui peuvent entrer dans la commande publique. C’est un levier supplémentaire pour la transformation de l’agriculture.