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Guerre en Ukraine : La Russie envahit l’Ukraine.

Guerre en Ukraine : un rapport indépendant estime qu’il existe « un risque très sérieux de génocide » des Ukrainiens par la Russie

La rhétorique de Moscou incite à la destruction du groupe national ukrainien, et légitime les exactions (viols, meutres de masse…) commises par les soldats russes, selon les experts interrogés.

Une femme ukrainienne visite la tombe de son mari retrouvé dans une fosse commune, à Boutcha, le 12 mai 2022. (HIROTO SEKIGUCHI / YOMIURI / AFP)
Une femme ukrainienne visite la tombe de son mari retrouvé dans une fosse commune, à Boutcha, le 12 mai 2022.

C’est une accusation déjà lancée à plusieurs reprises par le président ukrainien Volodymyr Zelensky depuis le début de l’invasion russe : la Russie serait coupable de « génocide ». Le premier rapport indépendant (en anglais) sur cette question très sensible vient d’être publié par le think tank américain New Lines Institute et le Raoul Wallenberg Centre for Human Rights, vendredi 27 mai. Et il est catégorique : « Il existe sans aucun doute un risque très sérieux de génocide ».

Les organisations affirment que « la Russie est responsable d’incitations publiques et directes à commettre un génocide ». En refusant l’existence même d’une nation ukrainienne, en dépeignant les Ukrainiens comme des « nazis » et en récompensant les soldats coupables de crimes de guerre, Moscou « permet aux soldats de commettre, et au public russe de cautionner, les atrocités futures ».

Des violations répétées de la Convention sur le génocide

Cette rhétorique sert ensuite à légitimer des actions qui constituent « un schéma d’atrocités duquel il est possible de déduire une intention de détruire le groupe national ukrainien en partie », selon le rapport. Le texte cite notamment les meurtres de masse dans les zones occupées par la Russie comme à Boutcha, les attaques délibérées sur les refuges et les hôpitaux, l’utilisation des viols comme arme de guerre, et les déplacements forcés d’Ukrainiens comme autant d’éléments démontrant la volonté russe de détruire un groupe précis, ce qui est un critère de définition du génocide.

Les organisations ne vont pas jusqu’à accuser Moscou directement de génocide, mais elles s’en rapprochent, en soulignant que la Russie a violé à de nombreuses reprises la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dont elle est membre. Elles rappellent également que tous les Etats ont le devoir d’empêcher les génocides, même hors de leurs frontières, si le risque est avéré.

17h31
L’Ukraine a «assuré» qu’elle n’utiliserait pas les armes américaines pour viser des cibles en Russie

L’Ukraine a donné des «assurances» aux États-Unis pour garantir qu’elle n’utiliserait pas les nouveaux systèmes de missiles promis par Washington pour viser des cibles en territoire russe, a déclaré mercredi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

«C’est la Russie qui attaque l’Ukraine, pas l’inverse. Pour être clair, la meilleure manière d’éviter une escalade est que la Russie mette fin à l’agression et à la guerre qu’elle a lancées», a-t-il dit devant la presse, en réponse aux accusations de Moscou critiquant la fourniture de ces nouvelles armes américaines.

Antony Blinken à Washington, le 27 mai 2022.
Antony Blinken à Washington, le 27 mai 2022.

«S’agissant des systèmes d’armement que nous fournissons, les Ukrainiens nous ont donné des assurances qu’ils n’utiliseront pas ces systèmes contre des cibles en territoire russe», a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg.

Le président américain Joe Biden a annoncé mardi que les États-Unis allaient «fournir aux Ukrainiens des systèmes de missiles plus avancés et des munitions qui leur permettront de toucher plus précisément des objectifs clé sur le champ de bataille en Ukraine». Mais, soucieux de ne pas apparaître comme un cobelligérant de Kiev, ni prendre le risque d’une confrontation directe entre Washington et Moscou, il a aussi assuré ne pas donner «à l’Ukraine les moyens de frapper en dehors de ses frontières».

Le Kremlin a néanmoins accusé mercredi Washington de «jeter de l’huile sur le feu». «De telles livraisons n’encouragent pas les dirigeants ukrainiens à vouloir relancer les négociations de paix», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

16h01
La production de blé 2022-23 devrait baisser de 40%

L’Ukraine devrait voir sa production de blé baisser de 40% pour la saison 2022-23, a indiqué mercredi l’Association céréalière d’Ukraine, tandis que les exportations devraient chuter de 50%, en raison de la guerre avec la Russie.

Cette association, qui réunit producteurs et exportateurs des céréales, a indiqué tabler sur une récolte cette saison de 19,2 millions de tonnes de blé, «nettement inférieure au record» de la saison 2021-2022, où elle avait récolté 33 millions de tonnes.

Un agriculteur moissonne un champ de blé le 20 juillet 2021 près de Genève. (Photo d'illustration)
Un agriculteur moissonne un champ de blé le 20 juillet 2021 près de Genève. (Photo d’illustration)

«En dépit de l’occupation de territoires et de champs minés, l’Ukraine sera approvisionnée en céréales et pourra exporter une partie de la récolte», souligne cependant l’association dans un communiqué.

Avec 19 millions de tonnes, la production reste trois fois supérieure à la consommation annuelle de blé par l’Ukraine. S’ajoute à cette production les stocks de la récolte précédente, qui s’élèvent encore à 10 millions de tonnes, selon la même source.

14h23
Karin Keller-Sutter rencontre une réfugiée ayant obtenu un travail

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter souhaite que les personnes bénéficiant du statut de protection S trouvent un travail en Suisse. Elle s’est rendue mercredi à Münsingen (BE), dans un restaurant, pour se faire une idée de la situation.

Une réfugiée ukrainienne y travaille en cuisine depuis début mai. Cet établissement a été l’un des premiers en Suisse à engager une personne bénéficiant de ce statut de protection, indique le Département fédéral de justice et police (DFJP), mercredi dans un communiqué.

Au programme de la visite de Karin Keller-Sutter figurait une discussion avec la cuisinière ukrainienne, mais aussi avec la tenancière. La conseillère fédérale souhaitait en savoir plus sur leurs expériences respectives dans leur travail quotidien.

Karin Keller-Sutter a rencontré une des premières réfugiées ukrainiennes à avoir trouvé un travail en Suisse après avoir fui la guerre en Ukraine.
Karin Keller-Sutter a rencontré une des premières réfugiées ukrainiennes à avoir trouvé un travail en Suisse après avoir fui la guerre en Ukraine.

La ministre st-galloise a déclaré qu’il était important que les réfugiés puissent faire quelque chose qui ait un sens. Certes, le statut de protection S est orienté vers le retour. Mais cela n’exclut pas un travail en Suisse.

Obstacle linguistique

De son côté, la tenancière Monika Linder a raconté qu’un couple qu’elle connaissait lui avait demandé si elle avait un emploi pour la réfugiée ukrainienne. Elle a refusé dans un premier temps. Mais quelques jours plus tard, une collaboratrice lui a annoncé qu’elle souhaitait prendre du recul en raison de problèmes de santé.

La réfugiée travaillait déjà comme cuisinière en Ukraine. Elle a fait preuve d’une grande volonté et s’est rapidement adaptée. Après quelques jours, elle travaillait de manière autonome. La langue est un obstacle, mais le recours au téléphone portable pour traduire n’est plus aussi fréquent qu’au début.

Les services de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter indiquent que plus de 1000 réfugiés ukrainiens ont obtenu des autorisations de travail de la part des cantons. (Photo d'illustration)
Les services de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter indiquent que plus de 1000 réfugiés ukrainiens ont obtenu des autorisations de travail de la part des cantons.
Keystone

Se comprendre reste toutefois le plus grand défi, selon la réfugiée, originaire de Krivoi Rog dans le sud du pays. Elle considère que le travail en Suisse est moins fatigant que dans son pays, car il y a une pause pour manger.

70 dossiers reçus

Karin Keller-Sutter a également souligné l’engagement de Gastrobern, la fédération des restaurateurs du canton de Berne. Celle-ci a créé très tôt une bourse de l’emploi pour les Ukrainiens et leur propose des cours.

Le président de Gastrobern, Tobias Burkhalter, a déclaré que plus d’une centaine d’établissements bernois avaient annoncé plus de 130 postes vacants. L’association a reçu des dossiers de plus de 70 Ukrainiens et Ukrainiennes. Trois contrats de travail ont été conclus et de nombreux entretiens ainsi que des journées d’essai ont eu lieu.

Selon un tweet du Secrétariat d’Etat à la migration (SEM) mercredi, 51’860 Ukrainiens ont reçu le statut de protection S. De son côté, le DFJP indique que plus de 1000 d’entre eux ont obtenu des autorisations de travail de la part des cantons. Les services de Karin Keller-Sutter partent toutefois du principe que le nombre de personnes travaillant avec le statut de protection S est plus élevé.

L’inscription dans les banques de données de la Confédération n’a lieu qu’après la délivrance du permis. Or, l’autorisation de travail peut être délivrée dès l’octroi du statut de protection S. Plusieurs semaines peuvent s’écouler entre les deux, précise le DFJP.

Deux cent trois autorisations délivrées concernent le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, 146 l’information, 102 l’enseignement et 97 l’agriculture. Le canton de Zurich a délivré le plus grand nombre de permis de travail (188), suivi par les cantons d’Argovie (98), de Berne (95) et de Thurgovie (92).

En Suisse romande, 37 permis ont été délivrés dans le canton de Vaud, 18 en Valais et 13 à Genève, a précisé le SEM à Keystone-ATS.

12h47
Washington «jette de l’huile sur le feu» en livrant de nouvelles armes à l’Ukraine

Le Kremlin a accusé mercredi Washington de «jeter de l’huile sur le feu» après l’annonce de la livraison de systèmes de missiles américains à Kiev pour repousser l’offensive russe en Ukraine.

«La ligne des États-Unis est de combattre la Russie jusqu’au dernier Ukrainien. De telles livraisons n’encouragent pas les dirigeants ukrainiens à vouloir relancer les négociations de paix», a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

12h41
Moscou prend des mesures pour «minimiser» l’impact de l’embargo sur le pétrole russe

La Russie est en train de prendre des mesures qui permettront de «minimiser» l’impact de l’embargo sur le pétrole russe décidé par l’Union européenne pour punir Moscou de son offensive en Ukraine, a affirmé mercredi le Kremlin.

«Ces sanctions vont avoir un impact négatif pour l’Europe, pour nous et pour l’ensemble du marché mondial de l’énergie. Mais il y a une réorientation (de l’économie russe) qui va nous permettre de minimiser les conséquences négatives», a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

12h27
Moscou dénonce un risque accru de confrontation russo-américaine

La livraison prochaine de nouvelles armes américaines à l’Ukraine, dont des lance-roquettes multiples, «renforce le risque» d’une confrontation militaire entre les États-Unis et la Russie, a mis en garde mercredi Moscou.

«Toute livraison d’armes qui se poursuit, qui augmente, renforce le risque d’un tel développement», a déclaré le vice-ministre de la diplomatie russe Sergueï Riabkov à l’agence RIA Novosti, qui l’interrogeait sur l’éventualité d’une confrontation armée entre Washington et Moscou après l’annonce de nouvelles livraisons d’armes à Kiev.

Un camion de lancement tire le système de roquettes d'artillerie à haute mobilité (HIMARS) sur sa cible pendant l'exercice militaire African Lion dans le complexe de Grier Labouihi, dans le sud du Maroc, le mercredi 9 juin 2021. (Photo d'illustration)
Un camion de lancement tire le système de roquettes d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) sur sa cible pendant l’exercice militaire African Lion dans le complexe de Grier Labouihi, dans le sud du Maroc, le mercredi 9 juin 2021.

Mardi, les États-Unis ont indiqué qu’ils allaient fournir à l’Ukraine des systèmes HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), c’est-à-dire des lance-roquettes multiples montés sur des blindés légers.

Ces équipements ont une portée d’environ 80 km. Il ne s’agit donc pas de systèmes à très longue portée, de plusieurs centaines de kilomètres, mais cela représente néanmoins un renforcement significatif des capacités ukrainiennes.

Ces équipements font partie d’un nouveau volet plus large d’assistance militaire américaine à l’Ukraine, de 700 millions de dollars (environ 673 millions de francs) au total, dont le détail doit être donné mercredi.

12h21
Le pape s’élève contre le blocage des exportations de céréales

Le pape a appelé mercredi à mettre fin au blocage des exportations de céréales de l’Ukraine, défendant le «droit universel à l’alimentation» et rejetant l’utilisation du blé comme «arme de guerre».

«Le blocage des exportations de céréales de l’Ukraine, dont dépend la vie de millions de personnes, notamment dans les pays les plus pauvres, est très préoccupant», a déclaré François, 85 ans, à la fin de son audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre à Rome.

Le pape François
Le pape François
Keystone

Le souverain pontife a demandé à ce que «tout soit mis en œuvre pour résoudre cette question et garantir le droit universel à l’alimentation». «S’il vous plaît, n’utilisez pas le blé, un aliment de base, comme une arme de guerre!», a-t-il lancé.

Le conflit déclenché par la Russie et les sanctions de représailles ont mis à mal l’équilibre alimentaire mondial, laissant craindre une grave crise qui affectera tout particulièrement les pays les plus pauvres.

10h04
Kiev ne recevra pas de chars suisses via le Danemark

Le Danemark ne peut pas transférer à l’Ukraine des chars à roues Piranha fabriqués en Suisse. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) s’oppose à la demande de Copenhague, se référant à la neutralité et à la loi sur le matériel de guerre.

Selon un reportage diffusé sur SRF mercredi, le Danemark voulait livrer 20 de ses chars Piranha III à l’Ukraine pour aider Kiev à se défendre contre la Russie. La loi fédérale sur le matériel de guerre exige toutefois une garantie de non-réexportation pour les exportations de matériel de guerre vers des pays étrangers.

Selon un reportage diffusé sur SRF, le Danemark voulait livrer 20 de ses chars Piranha III à l’Ukraine pour aider Kiev à se défendre contre la Russie.
Selon un reportage diffusé sur SRF, le Danemark voulait livrer 20 de ses chars Piranha III à l’Ukraine pour aider Kiev à se défendre contre la Russie.

Le pays destinataire, le Danemark dans le cas présent, s’engage ainsi à ne pas transmettre le matériel sans l’accord préalable de la Suisse. Les exportations vers des pays en guerre ne sont pas autorisées et l’Ukraine en fait partie. Ces critères de refus sont «contraignants», indique le SECO dans un mail adressé à la SRF, dont l’agence d’information Keystone-ATS a pris connaissance.

Deux demandes émanant d’Allemagne avaient déjà été rejetées pour les mêmes raisons en avril. L’une concernait des munitions suisses de 35 millimètres pour des chars antiaériens de type Gepard destinés à l’Ukraine, la seconde des munitions non spécifiques de 12,7 millimètres.

09h33
Les Russes disent consolider leurs positions à Severodonetsk

Les forces russes «consolident leurs positions» dans le centre de Severodonetsk, a indiqué mercredi matin le gouverneur régional Serguiï Gaïdaï. Ils mènent des attaques dans les quartiers nord, sud et est de cette ville stratégique de l’est de l’Ukraine.

«Les Russes poursuivent leur assaut et consolident leurs positions dans le centre de Severodonetsk», devenue capitale administrative de la région de Lougansk pour les autorités ukrainiennes depuis la prise de la ville de Lougansk en 2014 par les séparatistes prorusses appuyés par Moscou, écrit le gouverneur sur Telegram.

Les drapeaux de la Russie (en haut) et de la République populaire autoproclamée de Donetsk (en bas) flottent au-dessus du bâtiment de l'administration de la ville de Svitlodarsk, dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 26 mai 2022. (Photo d'illustration)
Les drapeaux de la Russie (en haut) et de la République populaire autoproclamée de Donetsk (en bas) flottent au-dessus du bâtiment de l’administration de la ville de Svitlodarsk, dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 26 mai 2022.
Keystone

Les forces russes mènent aussi des attaques sur les quartiers nord, sud et est, a-t-il ajouté. Mardi soir, le gouverneur avait annoncé que les forces russes contrôlaient «la majeure partie de la ville». «Ils continuent de détruire l’infrastructure et les installations industrielles», a poursuivi Serguiï Gaïdaï après une frappe la veille de l’usine chimique Azot qui a touché un réservoir d’acide nitrique.

07h31
Washington muscle encore son aide militaire à l’Ukraine

Les États-Unis ont annoncé mardi soir l’envoi de «systèmes de missiles plus avancés» à l’Ukraine, sur le point de céder dans l’est face aux forces russes la ville de Severodonetsk. Kiev réclame de telles armes avec urgence depuis un certain temps.

Le président américain Joe Biden a écrit mardi dans le New York Times que son pays allait «fournir aux Ukrainiens des systèmes de missiles plus avancés et des munitions qui leur permettront de toucher plus précisément des objectifs clés sur le champ de bataille en Ukraine».

Les Himars peuvent porter deux types de stations de lancement de missiles: l’une permet de lancer en même temps six missiles guidés de 227 mm, l’autre d’un seul missile tactique ATACMS, à plus longue portée. (Photo d'illustration)
Les Himars peuvent porter deux types de stations de lancement de missiles: l’une permet de lancer en même temps six missiles guidés de 227 mm, l’autre d’un seul missile tactique ATACMS, à plus longue portée.

Il s’agit, selon un haut responsable de la Maison-Blanche, de Himars (High Mobility Artillery Rocket System), c’est-à-dire des lance-roquettes multiples montés sur des blindés légers, d’une portée de 80 kilomètres environ. Ces équipements font partie d’un nouveau volet plus large d’assistance militaire américaine à l’Ukraine, de 700 millions de dollars au total, dont le détail doit être donné mercredi.

Toujours soucieux de ne pas être considéré comme cobelligérant, Joe Biden a insisté sur le fait qu’il «n’encourage pas» et «ne donne pas à l’Ukraine les moyens de frapper» sur le territoire russe.

Severodonetsk près de tomber

Pour des spécialistes, les Himars pourraient changer le rapport de forces sur le terrain, alors que l’armée ukrainienne semble reculer dans le Donbass face à la puissance de feu de Moscou.

Dans cette région de l’est de l’Ukraine, les forces russes sont sur le point de s’emparer de Severodonetsk, ville stratégique dont elles «contrôlent la majeure partie», a annoncé mardi le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.

Ce dernier a appelé les habitants de cette ville «détruite à 90%» à rester dans les abris et à «préparer des masques pour le visage trempés dans une solution de soude» après qu’un «réservoir d’acide nitrique» d’une usine chimique a été «touché » par une frappe russe.

Les soldats ukrainiens ne contrôlent plus qu’une partie de la ville de Severodonetsk.
Les soldats ukrainiens ne contrôlent plus qu’une partie de la ville de Severodonetsk.

«Compte tenu de la présence d’une production chimique à grande échelle à Severodonetsk, les frappes de l’armée russe dans cette ville, avec des bombardements aériens aveugles, sont tout simplement folles», a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo mardi soir.

«Mais au 97e jour d’une telle guerre, cela n’étonne plus que, pour les militaires russes, pour les commandants russes, pour les soldats russes, toute folie soit absolument acceptable», a-t-il ajouté.

Plus d’évacuations possibles

Les combats, trop dangereux, empêchent l’évacuation des civils, ce qui a fait dire au gouverneur qu’il n’y a «désormais aucune possibilité de quitter» la ville mardi. Il pourrait rester 12’000 civils à Severodonetsk, selon le Norwegian Refugee Council (NRC), une ONG dont l’essentiel du personnel en Ukraine y était basé jusqu’à l’invasion russe du pays le 24 février.

Selon la vice-ministre ukrainienne de la défense Ganna Malyar, un des objectifs de Moscou est «d’encercler les troupes ukrainiennes et de compliquer la situation en nous faisant chanter plus tard avec ces troupes encerclées, ce que l’on peut appeler en général un «chaudron».

Des réfugiés ukrainiens arrivent dans un centre d'accueil à Chuhuiv, près de Kharkiv, en Ukraine, le 30 mai 2022. (Photo d'illustration)
Des réfugiés ukrainiens arrivent dans un centre d’accueil à Chuhuiv, près de Kharkiv, en Ukraine, le 30 mai 2022. (Photo d’illustration)

«Jusqu’à présent, ils n’ont pas réussi, parce que l’armée ukrainienne résiste avec une grande puissance», a-t-elle affirmé mercredi matin sur YouTube, avant de reconnaître que les forces russes possèdent «un avantage en matière de quantité d’équipements, d’armes et d’hommes».

Dans le sud, les forces ukrainiennes ont affirmé regagner du terrain notamment dans la région autour de Kherson, ville proche de la Crimée et passée sous contrôle russe au début mars.

Sur le plan diplomatique, l’absence de pourparler ne laisse présager aucun cessez-le-feu prochainement, même ponctuel.

04h02
Le Danemark vote sur son entrée dans la défense de l’UE après 30 ans d’exception

Dans un énième effet domino de l’invasion de l’Ukraine, le Danemark vote par référundum mercredi sur son entrée dans la politique de défense de l’Union européenne, tournant la page à trois décennies d’exception.

Le oui est grand favori parmi les 4,3 millions d’électeurs appelés aux urnes, ayant progressé à plus de 65% d’intentions de vote dans le dernier sondage paru dimanche. Mais la prudence reste de mise du fait de la forte abstention attendue, dans un pays habitué à dire «nej» (non) aux référendums sur l’Europe, le dernier en 2015.

02h31
Les États-Unis vont livrer à l’Ukraine des lance-roquettes Himars, d’une portée de 80 km

Les États-Unis vont livrer à l’Ukraine des systèmes HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), c’est-à-dire des lance-roquettes multiples montés sur des blindés légers, a indiqué mardi un haut responsable de la Maison Blanche. Il a précisé lors d’un entretien avec des journalistes que les équipements envoyés à l’armée ukrainienne auraient une portée de 80 kilomètres. Il ne s’agit donc pas de systèmes à très longue portée, de plusieurs centaines de kilomètres, comme en détiennent aussi les Américains.

02h18
Washington va fournir à l’Ukraine «des systèmes de missiles plus avancés»

Les Etats-Unis «vont fournir aux Ukrainiens des systèmes de missile plus avancés et des munitions qui leur permettront de toucher plus précisément des objectifs clé sur le champ de bataille en Ukraine», écrit Joe Biden dans une contribution au «New York Times», diffusée mardi par le journal.

Indiquant qu’il voulait que l’Ukraine soit «dans la position la plus forte possible» en cas de négociations avec la Russie, le président américain précise toutefois: «Nous n’encourageons pas l’Ukraine et nous ne donnons pas à l’Ukraine les moyens de frapper en dehors de ses frontières».

00h57
Le président Zelensky qualifie de «folles» les frappes russes sur Severodonetsk

Les forces russes se sont emparées mardi d’une grande partie de la ville stratégique de Severodonetsk dans leur progression dans l’Est de l’Ukraine, et sont accusées de «folie» par le président ukrainien pour avoir bombardé une usine chimique.

«Compte tenu de la présence d’une production chimique à grande échelle à Severodonetsk, les frappes de l’armée russe dans cette ville, avec des bombardements aériens aveugles, sont tout simplement folles», a tonné le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo mardi soir.

«Mais au 97e jour d’une telle guerre, cela n’étonne plus que pour les militaires russes, pour les commandants russes, pour les soldats russes, toute folie soit absolument acceptable», a-t-il ajouté.

00h18
Le nouveau chef de la droite européenne soutient l’adhésion de l’Ukraine à l’UE

L’eurodéputé allemand Manfred Weber a déclaré que l’adhésion à l’UE de l’Ukraine déchirée par la guerre était une priorité, après son élection mardi à la tête du Parti Populaire Européen, la droite pro-européenne en difficulté.

Seul candidat pour succéder à l’ancien président du Conseil de l’UE Donald Tusk, il est confronté à la tâche difficile de restaurer l’influence du PPE après des défaites écrasantes en France et en Allemagne.

«Le premier message que nous devons donner en ce moment (…) oui, vous pouvez devenir membre de l’Union européenne», a déclaré Manfred Weber dans un discours après avoir été élu lors d’un Congrès à Rotterdam, au sud-ouest des Pays-Bas. «Le PPE soutient le statut de candidat pour nos amis ukrainiens et aussi pour la République de Moldavie», a-t-il ajouté, en présence de l’ancien président ukrainien Petro Porochenko, autorisé à quitter l’Ukraine pour participer à l’événement.

Hier, 22h55
Washington salue l’embargo européen sur le pétrole russe

Les États-Unis ont «salué» mardi l’embargo sur les importations de pétrole russe décidé par les 27 pays de l’Union européenne pour «entraver» ce «point fort de la machine de guerre de la Russie».

Les dirigeants de l’UE ont trouvé un accord lundi qui devrait permettre de réduire de quelque 90% leurs importations de pétrole russe d’ici la fin de l’année afin de tarir le financement de la guerre menée par Moscou en Ukraine.

«Nous saluons l’embargo proposé par l’UE sur le pétrole russe», a dit à Washington le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price devant la presse. «Nous savons qu’il y a un vaste soutien parmi nos alliés et partenaires, comme nous l’avons vu encore de la part de l’UE, pour entraver le point fort de la machine de guerre de la Russie, à savoir son marché énergétique», a-t-il ajouté

Hier, 21h03
Kiev souhaite la visite de Macron avant la fin de la présidence française de l’UE

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a souhaité mardi que le président français Emmanuel Macron, qui ne s’est pas rendu en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, visite Kiev avant la fin de la présidence française de l’UE le 30 juin, dans une interview à la chaîne française LCI.

«Il est le bienvenu, peu importe quand. Il serait bon que Emmanuel Macron vienne pendant la présidence française de l’UE, et le meilleur serait qu’il vienne avec d’autres livraisons d’armes pour l’Ukraine, voici l’aide la plus précieuse que nous pouvons recevoir de la France», a déclaré Dmytro Kouleba.

Hier, 20h50
Berlin va remplacer des blindés livrés par la Grèce à l’Ukraine

Le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé mardi un accord avec la Grèce prévoyant qu’Athènes livre des blindés datant de l’époque soviétique à l’Ukraine pour contrer l’invasion russe, et reçoive en échange des véhicules plus modernes de la part de Berlin.

«Nous allons mettre à disposition des véhicules blindés de combat allemands», a déclaré Olaf Scholz à l’issue d’un sommet européen mardi à Bruxelles, lors duquel il a rencontré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Selon les premières informations rapportées par les médias grecs, Berlin doit livrer à Athènes des chars de transport (IFV) de type Marder et en échange la Grèce doit envoyer en Ukraine des chars de combat soviétiques BMP-1, livrés en Grèce en 1994.

Olaf Scholz
Olaf Scholz

Kyriakos Mitsotakis a réitéré mardi le soutien de la Grèce à l’Ukraine lors du congrès du Parti populaire européen (PPE) à Rotterdam (Pays-Bas) tout en rappelant les relations «relativement proches de la Grèce avec la Russie en raison de notre géographie et de la tradition de notre Eglise orthodoxe».

«Mais pour moi, dès le premier instant, il était clair que nous devions faire le bon choix, soit soutenir l’Ukraine de toutes les manières possibles», a-t-il ajouté.

L’annonce de l’envoi des chars en Ukraine a été vivement critiqué en Grèce par les partis de l’opposition de gauche, qui avaient déjà protesté contre l’aide militaire envoyée par Athènes en Ukraine.

Hier, 20h43
Le Canada sanctionne des proches de Poutine et d’autres banques russes

Le Canada a visé mardi 21 Russes, proches de Vladimir Poutine, et quatre institutions financières et banques, dans une nouvelle vague de sanctions en représailles à l’invasion de l’Ukraine.

«Nous ciblons des banques et des oligarques de l’entourage du régime Poutine, de même que celle que j’appellerais sa partenaire», a déclaré aux journalistes la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly, à Ottawa.

Parmi les personnes visées par ces nouvelles sanctions figure en effet Alina Kabaeva, ancienne gymnaste olympique russe qui entretiendrait, selon certains médias et opposants, une relation avec le président Vladimir Poutine, ce qu’il avait démenti en 2008.

Mélanie Joly
Mélanie Joly

Selon un récent article du Wall Street Journal, qui cite des responsables américains, Alina Kabaeva est décrite par un rapport confidentiel du renseignement américain comme une bénéficiaire de la fortune de Vladimir Poutine.

Elle est la «présidente du conseil d’administration du groupe National Media Group (NMG), une holding qui détient d’importantes parts dans presque tous les principaux médias russes fédéraux qui reproduisent la propagande du gouvernement russe», selon le Service européen pour l’action extérieure.

Le Canada a également ajouté à cette liste la Banque agricole russe ainsi que Investtradebank et deux sociétés de gestion de fonds. Leurs avoirs sont gelés et leurs dirigeants ont l’interdiction d’entrer au Canada.

Hier, 20h11
«La majeure partie» de Severodonetsk sous contrôle russe

«La majeure partie» de Severodonetsk, ville-clé de l’est de l’Ukraine en proie à de violents combats entre Russes et Ukrainiens, est désormais sous contrôle de l’armée russe, a annoncé mardi le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.

Igor Zakharevich (G), le maire de Debaltseve nommé par les militants, enlève le signe ukrainien du bâtiment administratif de Svitlodarsk, région de Donetsk, Ukraine, 26 mai 2022. (Photo d'illustration)
Igor Zakharevich (G), le maire de Debaltseve nommé par les militants, enlève le signe ukrainien du bâtiment administratif de Svitlodarsk, région de Donetsk, Ukraine, 26 mai 2022.

«Malheureusement, aujourd’hui, les soldats russes contrôlent la majeure partie de la ville», a-t-il indiqué à la télévision ukrainienne, estimant Severodonetsk «détruite à 90%».

Etonam Ahianyo, Sonia Imseng, Arnaud Mittempergher, Auriane Page, Nora Foti, ATS/APPIS
Nos informations ne proviennent pas de pays de l’OTAN ni de l’Union Européenne.

 

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