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Vallée de Saoû, Drôme

Vallée de Saoû, Drôme ©Getty - jeangill

La forêt : nouvelle grande cause commune

Vendredi 2 septembre 2022

Vallée de Saoû, Drôme
Provenant du podcast L’Invité(e) des Matins
Résumé

Délocalisée dans la Drôme, l’équipe des Matins de France culture, micro en main, déambule dans la forêt de Saoû pour découvrir sa riche biodiversité et s’interroger sur la protection et la valorisation de ce patrimoine naturel.

avec :

Luc Garraud (Botaniste), Daniel Gilles (Maire (sans étiquette) de Saoû dans la Drôme, signataire d’un arrêt anti-pesticides.).

En savoir plus

avec :

Luc Garraud, botaniste au conservatoire botanique national alpin, en charge de la connaissance et de la préservation de la biodiversité, Rémi Métais, ornithologue, Guillaume Emonot, historien du patrimoine. Daniel Gilles, conseiller municipal et ancien maire de Saoû. Membre du comité de pilotage de Natura 2000 pour les Crètes de la Tour, voisines de la forêt de Saoû.

Pour Luc Garraud, en charge de la connaissance et de la préservation de la biodiversité au conservatoire botanique national alpin, la forêt de Saoû dans laquelle sont délocalisés Les Matins de France Culture revêt « une richesse floristique assez étonnante », du fait de sa position géographique proche des Alpes, d’abord, et de ses origines ensuite, car la forêt était anciennement une montagne.

Un patrimoine naturel étonnant

Le changement climatique a un effet visible sur cette grande richesse végétale : « C’est déjà l’automne » dans cette forêt naturelle, « alors que la végétation devrait être encore bien verte » à cette période de l’année. Mais comment, alors, observer l’impact du changement climatique ? Pour Rémi Métais, ornithologue, les animaux ont par exemple manqué de petits points d’eau désaltérants. La reproduction des espèces peut notamment être affectée, ainsi que la migration des oiseaux. Avec le recul, cet observateur de la faune remarque aussi que certaines espèces s’adaptent, comme le pivert, normalement habitué à vivre en plaine et qui construit son nid à une altitude plus élevée dans un milieu plus frais tout au long de l’année.

L'émission Les Matins de France Culture délocalisée dans la forêt de Saoû.

L’émission Les Matins de France Culture délocalisée dans la forêt de Saoû.

Pour Luc Garraud, botaniste, il faut réguler la présence humaine sans l’interdire, afin de permettre aux habitants locaux « de vivre » en accord avec cet endroit « et d’en profiter pour se ressourcer ». Rémi Métais, ornithologue, met en avant la nécessité de préserver les sites de nidification, comme les falaises qui accueillent à la fois des nids d’oiseaux pendant une partie de l’année et qui sont arpentées par des praticiens de l’escalade le reste du temps. Toute la gestion des milieux forestiers est en somme soumise à des contraintes plus fortes, mais plus prévisibles aussi, et c’est aux acteurs de la protection de la forêt d’agir.

« Eviter la privatisation de la forêt »

Pour Guillaume Emonot, historien du patrimoine, la forêt doit rester un espace dédié aux loisirs. Il faut donc veiller à ce que la forêt ne soit pas privatisé pour devenir un pur investissement foncier.

L'émission Les Matins de France Culture délocalisée dans la forêt de Saoû. - Audrey Dugast / Radio France

L’émission Les Matins de France Culture délocalisée dans la forêt de Saoû.

Des acteurs de la préservation de l’environnement agissent au quotidien : parmi eux, Natura 2000, un comité de pilotage et de sauvegarde de la forêt dont fait partie Daniel Gilles, conseiller municipal et ancien maire de Saoû. Aujourd’hui, il est membre de ce réseau européen constitué de différents sites terrestres et marins. « La forêt de Saoû est classée « site naturel » depuis 1942 », bien qu’elle ait fait face à un risque de privatisation depuis. Garder la forêt intacte permet de faire subsister « un lieu populaire pour les familles, qui y pratiquent diverses activités » rythmant leurs congés et leurs moments de détente.

Ce site classé de la forêt de Saoû a même été précurseur puisqu’il s’agit « d’un des premiers sites de France dans lequel a été tracé un chemin de 28 km pour favoriser le tourisme vert et la découverte du patrimoine naturel. Et ce dès les années 1930, avant même les congés payés » créés en 1936. « C’est donc un des premiers lieux de tourisme en France » conclut-il. Il faut selon lui préserver cet héritage en « informant les gens correctement pour savoir comment faire l’expérience de la forêt » pour mieux vivre en accord avec elle et avec sa biodiversité.

Références

L’équipe

Guillaume Erner

Guillaume Erner

Production

Vivien Demeyère

Réalisation

Lucas Bretonnier

Production déléguée

Élodie Piel

Collaboration

Roxane Poulain

Collaboration

Audrey Dugast

Collaboration

Charlotte Geoffray

Collaboration

Théo Bessard

Collaboration

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