Coupe du monde 2022. « Une aberration, une mascarade » : Cantona va boycotter le Mondial au Qatar
L’ancien footballeur Éric Cantona a annoncé, dans une lettre diffusée sur les réseaux sociaux, qu’il ne regarderait « pas un seul match » de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Pour lui, ce Mondial est une « aberration » ainsi qu’une « grande mascarade ».

Une lettre qui fait parler sur les réseaux sociaux : celle de l’ancien footballeur Éric Cantona, annonçant qu’il allait boycotter la Coupe du monde 2022 au Qatar (21 novembre au 18 décembre). Dans son écrit, l’ancien joueur des Bleus juge que l’organisation de ce Mondial est une « aberration » ainsi qu’une « grande mascarade ». Une façon d’imiter la prise de position d’un autre ancien footballeur, celle de l’Allemand Philipp Lahm.
« Que la France gagne ou perde, rien à carrer ! »
« Depuis que je suis gosse, c’est un événement que j’adore […], écrit Éric Cantona. Parfois dans la vie, il faut prendre des décisions, même si ça nous coûte. » Il a donc pris la décision de ne « pas regarder un seul match » de la compétition ainsi que de ne pas se soucier du sort de l’équipe de France. « Que la France gagne ou perde, rien à carrer ! », peut-on lire.
Les appels au boycott de la Coupe du monde 2022 au Qatar s’intensifient à l’approche de la compétition, qui doit se jouer en novembre prochain. Un média français, Le Quotidien de la Réunion , a d’ailleurs annoncé qu’il ne couvrirait pas l’événement.
Plusieurs griefs sont faits aux organisateurs : le non-respect des droits humains, le non-sens climatique ou encore le manque de liberté d’expression.
Texte exact de Eric Cantona :
Coupe du monde 2022. Le documentaire accablant d’Amnesty International sur les exploités du Qatar
À deux mois du coup d’envoi de la Coupe du monde au Qatar, Amnesty International France sort un documentaire réalisé par Arnaud Constant et Nicolas Thomas. Ce documentaire fait le point sur une situation dramatique où 95 % de la main-d’œuvre du pays est formée de travailleurs migrants, surexploités et réduits à l’état de quasi-servitude.
6000 morts
Au départ, ce chiffre provient d’une enquête du quotidien britannique The Guardian, publiée en février 2021. Sur la base de données en provenance d’Inde, du Bangladesh, du Népal et du Sri Lanka, ainsi que de chiffres émanant de l’ambassade du Pakistan au Qatar, le journal en arrivait à la conclusion que 5 927 ouvriers originaires des quatre premiers pays cités et 824 du dernier sont morts sur les chantiers qataris entre 2010, date d’attribution du Mondial à l’émirat, et 2020.
Le Guardian précisait en outre que le bilan total était en réalité « bien plus élevé » puisqu’il n’incluait pas les décès d’ouvriers originaires d’autres pays, « dont les Philippines ou le Kenya », également très pourvoyeurs de main-d’œuvre pour les pays du Golfe. Le Qatar emploie quelque 2 millions de travailleurs migrants, soit près de 90 % de sa population totale. « Les morts des derniers mois de 2020 ne sont pas non plus inclus », concluait l’article, tout comme ceux de 2021 et 2022 d’ailleurs, si l’on avait voulu tenir le bilan à jour à la date du début de la compétition.

DOHA, QATAR
S’appuyant sur les témoignages de nombreuses familles dans les cinq pays cités plus haut, le Guardian évoquait par exemple un homme électrocuté dans sa chambre du fait de câbles électriques mal isolés, le suicide d’un autre qui avait dû payer lui-même plus de 1 000 euros pour être embauché comme agent d’entretien sur un chantier ou un dernier retrouvé mort dans sa chambre. Au global, le quotidien évoquait des blessures subies après des chutes, l’impact de la météo caniculaire sur les organismes, des asphyxies…
Pour étayer son enquête, le journal citait par ailleurs Nick McGeehan, directeur d’une ONG spécialisée dans les infractions au droit du travail dans les pays du Golfe. Un homme qui corroborait le fait que ces travailleurs migrants -dont le lieu de la mort n’était pas forcément précisé dans les données publiques- soient pour la plupart décédés sur des sites liés à la Coupe du monde.
Et pour cause : entre les sept stades, un aéroport, des infrastructures liés à l’hôtellerie et aux transports en commun et même la ville hôte de la finale, le Qatar a dû construire massivement en vue d’accueillir l’un des principaux événements sportifs au monde.
Morts naturelles et chiffres normaux pour le Qatar
À l’époque de l’article du Guardian, le comité d’organisation de la Coupe du monde évoquait « seulement » 37 morts parmi les ouvriers, dont 34 qui n’étaient « pas liées à leur mission ». Une qualification jugée « floue » par le journal, qui rappelait que cette formulation avait été utilisée pour décrire le décès de certains travailleurs morts alors qu’ils étaient sur leur lieu de travail, mais pas du fait d’un accident à proprement parler (crise cardiaque). Et qui servirait, selon le quotidien britannique, à dissimuler la réalité des conditions de travail sur les chantiers du Mondial.
Coupe du monde au Qatar : D’où vient le chiffre de 6 500 ouvriers morts ?
Martelé par les opposants à la tenue du Mondial, il provient pourtant de sources officielles dans les pays d’origine des travailleurs.

Qatar, Doha
FOOTBALL – C’est l’un des chiffres qui cristallisent l’opposition à la tenue de la prochaine Coupe du monde de football au Qatar : la construction des stades aurait causé la mort de 6 500 ouvriers étrangers. Une donnée martelée depuis des mois par des activistes, politiques et même quelques footballeurs qui dénoncent l’organisation du Mondial et par extension ses conséquences sociales.
Ce mardi 4 octobre, le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure a notamment dénoncé sur franceinfo une compétition « qui se jouera sur un cimetière ». Et d’ajouter, donc, qu’il « y a 6 500 ouvriers qui sont morts ces douze dernières années pour construire ces stades, dans des conditions proches de l’esclavage ».
Coupe du monde de foot au Qatar : « Il faut boycotter cette cérémonie d’ouverture », appelle Olivier Faure. Elle « se… https://t.co/ORV9HGtq1T— franceinfo (@franceinfo)
Au départ, ce chiffre provient d’une enquête du quotidien britannique The Guardian, publiée en février 2021. Sur la base de données en provenance d’Inde, du Bangladesh, du Népal et du Sri Lanka, ainsi que de chiffres émanant de l’ambassade du Pakistan au Qatar, le journal en arrivait à la conclusion que 5 927 ouvriers originaires des quatre premiers pays cités et 824 du dernier sont morts sur les chantiers qataris entre 2010, date d’attribution du Mondial à l’émirat, et 2020.
Un bilan peut-être même pire, selon le Guardian
Le Guardian précisait en outre que le bilan total était en réalité « bien plus élevé » puisqu’il n’incluait pas les décès d’ouvriers originaires d’autres pays, « dont les Philippines ou le Kenya », également très pourvoyeurs de main-d’œuvre pour les pays du Golfe. Le Qatar emploie quelque 2 millions de travailleurs migrants, soit près de 90 % de sa population totale. « Les morts des derniers mois de 2020 ne sont pas non plus inclus », concluait l’article, tout comme ceux de 2021 et 2022 d’ailleurs, si l’on avait voulu tenir le bilan à jour à la date du début de la compétition.

DOHA, QATAR
S’appuyant sur les témoignages de nombreuses familles dans les cinq pays cités plus haut, le Guardian évoquait par exemple un homme électrocuté dans sa chambre du fait de câbles électriques mal isolés, le suicide d’un autre qui avait dû payer lui-même plus de 1 000 euros pour être embauché comme agent d’entretien sur un chantier ou un dernier retrouvé mort dans sa chambre. Au global, le quotidien évoquait des blessures subies après des chutes, l’impact de la météo caniculaire sur les organismes, des asphyxies…
Pour étayer son enquête, le journal citait par ailleurs Nick McGeehan, directeur d’une ONG spécialisée dans les infractions au droit du travail dans les pays du Golfe. Un homme qui corroborait le fait que ces travailleurs migrants -dont le lieu de la mort n’était pas forcément précisé dans les données publiques- soient pour la plupart décédés sur des sites liés à la Coupe du monde.
Et pour cause : entre les sept stades, un aéroport, des infrastructures liés à l’hôtellerie et aux transports en commun et même la ville hôte de la finale, le Qatar a dû construire massivement en vue d’accueillir l’un des principaux événements sportifs au monde.

DOHA, QATAR
De leur côté, les autorités gouvernementales du Qatar relativisaient l’ampleur du phénomène en assurant que seule une minorité des travailleurs originaires des pays cités travaillaient dans le BTP, que les morts naturelles étaient extrêmement majoritaires et qu’en fin de compte, ces chiffres n’étaient aucunement supérieurs à ceux de la moyenne au sein de la population « normale ».
Une affirmation contredite par l’ONG Amnesty International, qui a maintes fois rappelé que le Qatar n’enquête que très rarement sur les décès de travailleurs migrants, et qu’il est bien souvent fréquent d’attribuer à des maladies respiratoires ou à des accidents cardiovasculaires ces décès.
Comme le rappelle le média public australien SBS, si l’on se fie aux données officielles qataries, les morts liées à des maladies cardiovasculaires chez les Népalais de 25 à 35 ans travaillant au Qatar représentent 58% du total des décès. Un chiffre qui n’est que de 15% pour ceux qui travaillent au Népal. De quoi douter donc de la véracité des chiffres officiels et des conditions dans lesquelles travaillent les étrangers dans l’émirat.
La Fifa reconnaît 3 morts sur les chantiers sur les 6500.
Depuis la publication des chiffres du Guardian, la Fifa (l’instance qui régit le football mondial) comme le Qatar ont continuellement minimisé le bilan. Pas plus tard qu’en janvier 2022, Gianni Infantino, le patron de la Fifa, expliquait ainsi devant le Conseil de l’Europe que ce chiffre de 6 500 morts « était simplement faux ». Et d’assurer que seules trois personnes avaient perdu la vie sur les chantiers qataris. Un chiffre qui se recoupe avec la communication des autorités locales sur les 37 morts dont 34 non liées au travail.
Gianni Infantino today told the European Parliament that there have been 3 worker deaths in Qatar 2022 preparations… https://t.co/64gEzjqfSS
— Nicholas McGeehan (@NcGeehan)Voir le tweet
Quelques mois plus tard, il avait ajouté que « donner du travail à quelqu’un, même dans des conditions difficiles, lui donne de la dignité et de la fierté ». Avant d’en revenir au chiffre pour assurer que 6 000 personnes sont peut-être mortes en travaillant ailleurs (que sur les chantiers, ndlr) » et que « la Fifa n’est pas responsable de tout ce qui se passe dans le monde ».

Climatisation outrancière
De leur côté, les autorités gouvernementales du Qatar relativisaient l’ampleur du phénomène en assurant que seule une minorité des travailleurs originaires des pays cités travaillaient dans le BTP, que les morts naturelles étaient extrêmement majoritaires et qu’en fin de compte, ces chiffres n’étaient aucunement supérieurs à ceux de la moyenne au sein de la population « normale ».
Une affirmation contredite par l’ONG Amnesty International, qui a maintes fois rappelé que le Qatar n’enquête que très rarement sur les décès de travailleurs migrants, et qu’il est bien souvent fréquent d’attribuer à des maladies respiratoires ou à des accidents cardiovasculaires ces décès.
Comme le rappelle le média public australien SBS, si l’on se fie aux données officielles qataries, les morts liées à des maladies cardiovasculaires chez les Népalais de 25 à 35 ans travaillant au Qatar représentent 58% du total des décès. Un chiffre qui n’est que de 15% pour ceux qui travaillent au Népal. De quoi douter donc de la véracité des chiffres officiels et des conditions dans lesquelles travaillent les étrangers dans l’émirat.
À l’heure où les stars du monde sportif du web rémunérés vantent tous les atouts du Qatar, Amnesty International France a décidé de dévoiler la face sombre du pays du Moyen-Orient.
Arnaud Constant et Nicolas Thomas ont réalisé un documentaire (disponible sur Youtube) pour montrer que rien ou presque rien n’a évolué à Doha et cela malgré la mise en place de réformes depuis 2018. La main-d’œuvre qui se compte en millions de personnes venues notamment d’Asie du Sud Est, travaille et vit dans des conditions de quasi-servitude.
Amnesty International souhaite que la FIFA (qui devrait générer 6 milliards de bénéfices) agisse notamment en reversant 400 millions de dollars pour initier un programme d’indemnisation des victimes depuis 2010.
Coupe du monde de football au Qatar : les villes de la région qui boycottent et celles qui ne boycottent pas

Depuis quelques semaines, un vent de contestation souffle sur la coupe du Monde au Qatar et de nombreuses villes derrière Paris ont décidé de ne pas diffuser les matchs. La folle ambiance, en 2022, c’est pas gagné.
Que se passera t-il près de chez vous en cas de bons résultats des Bleus à la Coupe du Monde de football 2022 ? Sera t-il possible de se réunir entre supporters à l’initiative de votre commune ?
La 22 ème coupe du monde de football au Qatar se tiendra dans un mois, du 20 novembre 2022 au 18 décembre. Mais où est la ferveur du mis de juin 2018 ? Pour le moment, les chances de l’équipe de Didier Deschamps ne sont pas trop au centre des discussions. C’est le Qatar qui est au centre des critiques, pas le volet sportif. On ne parie pas sur les performances mais sur le qui regardera ou qui ne regardera pas. « La fête est gâchée », c’est l’idée générale.
Les villes de Lyon et de Grenoble, comme d’autres importantes municipalités dont Paris, Lille, Bordeaux et Toulouse, ne diffuseront pas sur écrans géants le Mondial de football au Qatar.
Découvrez ci-dessous les municipalités de la région Auvergne-Rhône Alpes qui boycotteront les diffusions quelques soient les résultats de l’Equipe de France :
Cet évènement est une « abomination sur le plan des droits humains » et une « aberration écologique« , a déclaré le maire de Lyon Grégory Doucet, en annonçant sa décision.
Celui de Grenoble, Éric Piolle, regrette « de devoir en arriver là pour marquer notre opposition à cet évènement désastreux sur le plan humain, avec 6 500 personnes tuées pour créer des stades, et sur le plan écologique« .

Je suis pour le boycott, parce que c’est ça qui permettra de faire bouger les choses. Eric Piolle, maire de Grenoble. Emission C à Vous sur France 5, mars 2021« Ce sont des vies qui ont été saccagées, qui ont été sacrifiées pour cette coupe du monde, et c’est une aberration sur le plan écologique puisqu’on va essayer de refroidir l’atmosphère qui par ailleurs se réchauffe« , ajoute le maire de Lyon, évoquant les décès de travailleurs immigrés dans la construction des huit stades de la compétition dont sept climatisés.
Un choix individuel « en âme et conscience«
« Il y a une chose qui est certaine: je ne vais pas engager un seul euro d’argent public pour cette coupe du monde. Il n’y aura pas de retransmissions dans l’espace public à l’initiative de Lyon (…) pas de fan-zones« , a ajouté l’élu lyonnais, laissant à chacun le choix de regarder ou non les matches « en son âme et conscience« .
Avant de prendre officiellement position, Éric Piolle avait déjà appelé à boycotter la compétition internationale.
Des villes qui se décideront selon les résultats des Bleus
Depuis une quinzaine de jours, pour des raisons similaires, plusieurs maires de grandes villes, toutes couleurs politiques confondues, comme Lille, Paris, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Reims, Nancy, Saint-Étienne, Rodez ou encore Toulouse ont déjà annoncé renoncer aux festivités de ce Mondial et ce quelles que soient les performances des Bleus.
Nice, Cannes et Perpignan se décideront en fonction des résultats de l’équipe de France. « La coupe du monde, c’est censé être un évènement festif. Donc ça nous coûte, ce conflit de conscience dans lequel on est plongé. Il est quand même terrible« , a conclu le maire de Lyon lors de l’annonce.
L’Organisation internationale du travail (OIT) a fait état dans un rapport de 50 travailleurs décédés, principalement immigrés, dans des accidents du travail au Qatar en 2020 et 500 blessés gravement, un chiffre qui pourrait être plus élevé, selon elle, en raison de lacunes dans le système de recensement des accidents.