Pinar Selek : « Ils n’ont pas réussi à me condamner »
Réfugiée en France depuis 15 ans, la sociologue a vu son procès en Turquie renvoyé au 29 septembre. La justice turque a réclamé son extradition.

« Je peux dire qu’ils voulaient clore ce dossier, avant les élections, et qu’ils n’ont pas réussi ! » Pinar Selek, quelques minutes après l’issue de son procès par contumace, qui se tenait aujourd’hui, était en visio avec la délégation des avocats et des amis qui l’ont soutenue lors de son procès à Istanbul. Sur place, comme le raconte Martin Pradel, un des principaux avocats de la sociologue, tous ont été encerclés par la police portant matraques et boucliers pour les empêcher de s’exprimer devant la presse au sortir du tribunal.
« L’acharnement continue, déclare Pinar Selek. Le caractère politique de ce procès est encore plus apparent. Mais je constate notre force dans la lutte juridique : mes avocats ont vraiment montré les vices de forme très concrets dans ce dossier, et après toute la solidarité nationale et internationale dont j’ai fait l’objet, ils n’ont pas pris de décision aujourd’hui. Ils n’ont pas réussi à me condamner. Le report est demandé au motif qu’ils veulent m’entendre, après mon extradition qu’ils demandent à la France et à Interpol. L’urgence, c’est maintenant que la France se prononce, et les organisations de droits humains doivent prendre une position très ferme sans attendre que les choses s’aggravent. C’est maintenant sur les épaules des autorités de la France et de l’Europe que tout repose. »
Un de ses principaux avocats, Martin Pradel, a précisé au cours de la même visioconférence : « Nous avons craint que la cour d’Istanbul considère que la peine qui devait être confirmée soit automatique. La cour n’a pas pu aujourd’hui te condamner. Tu as été acquittée à 4 reprises. Aujourd’hui, on doit en rester là. Ta liberté ne peut pas donner lieu à cette revanche attendue par les autorités turques. »
L’audience de son nouveau procès s’est bien tenue donc ce 31 mars à Istanbul, mais Pinar Selek ne s’y est pas rendue. Outre cette délégation européenne, des amis et un comité de soutiens turcs, étaient sur place son père, avocat de 93 ans, qui a connu la prison après le coup d’État de 1980, et sa sœur, devenue avocate pour la défendre. Un travail quasi à temps plein, comme nous le confiait la sociologue et écrivaine dont le parcours confine à la torture. Une torture qui n’est pas près de se terminer, puisque son procès a été renvoyé au 29 septembre prochain.
Il s’agit aujourd’hui de renforcer la protection autour de la sociologue turque, les demandes sont en cours, car, comme elle l’a dit au final de cet échange entre elle en France et ses amis de Turquie : « Ils me veulent ! »
Réfugiée politique en France depuis 2011, devenue française en 2017, elle est dans le radar du gouvernement turc depuis 25 ans. Bien qu’acquittée à quatre reprises, elle se retrouve de nouveau sur la sellette puisque le parquet n’a de cesse de faire appel. Et à chaque fois, la Cour de cassation annule l’acquittement. Pire, en juin 2022, la Cour suprême annule la totalité des acquittements : un mandat d’arrêt international est lancé, assorti d’un mandat d’emprisonnement immédiat…
Accusée d’avoir commis un attentat
Il y a dix ans, face à sa condamnation à perpétuité par un tribunal d’Istanbul pour terrorisme, elle a demandé l’asile politique en France où elle enseigne à l’université de Nice depuis 2016. « Une partie de l’État veut me condamner à perpétuité au motif d’avoir tué des gens, mais plus personne ne croit à cet attentat, qui était en fait une explosion sur un marché aux épices d’Istanbul », précisait Pinar Selek. Le contexte était alors particulièrement tendu entre le régime et le parti kurde, le PKK.
Tout commence en 1998, avant l’arrivée d’Erdogan : en 1998, elle a 27 ans. Ses recherches sur les minorités l’amènent à interroger des Kurdes et elle se retrouve alors dans le viseur des autorités, qui veulent des noms. Elle est emprisonnée. Torturée. Entre 2006 et 2014, elle sera quatre fois acquittée.
Que signifie ce nouveau procès demandé par de nouveaux juges à la veille des élections présidentielles en Turquie ? « La plupart des personnes en Turquie, qui réfléchissent, ont tout de suite compris que le travail avant les élections avait commencé. Je crois que l’on peut s’attendre à d’autres événements de la sorte jusqu’aux élections, peut-être d’autres attentats ou d’autres accusations, d’autres criminalisations. C’est une stratégie du chaos et de la terreur », confiait-elle le 17 janvier à nos confrères de RFI. Les élections auront lieu à la mi-mai.
N’oublions pas que Pinar Selek est aussi écrivaine et notamment l’autrice de La Maison du Bosphore (Liana Levi, 2013), d’un livre sur le génocide arménien qui a n’a fait qu’empirer sa situation, Parce qu’ils sont arméniens (Liana Levi, 2015). L’an dernier elle publiait aux éditions des femmes Azucena ou Les fourmis zinzines où elle montre Nice à travers le regard des étrangers de sa ville d’adoption.
Valérie Marin La Meslée
Tribune collective « Face à l’acharnement du pouvoir turc contre la sociologue Pinar Selek, les pays européens doivent cesser de regarder ailleurs » publiée dans Le Monde
Tribune collective à l’initiative de la LDH et de l’Acort et signée par des personnalités
Justice pour Pinar Selek
Alors que va s’ouvrir en Turquie un nouveau procès contre la franco-turque résidant en France, des personnalités parmi lesquelles les Nobel Shirin Ebadi et Annie Ernaux et l’ancien garde des sceaux Robert Badinter appellent, dans une tribune au « Monde », le gouvernement à protester officiellement auprès des autorités turques.
Le 31 mars 2023, un procès va s’ouvrir à Istanbul à la demande de la Cour suprême de Turquie. Ce sera la mise en accusation d’une parole libre, de l’intelligence critique, de la démocratie. Ce procès sera le dernier d’une longue série qui s’étend sur vingt-cinq années à l’initiative du pouvoir turc et dont la sociologue Pinar Selek est la cible.
Que reproche le pouvoir turc à Pinar Selek ? Tout. Qu’a-t-elle fait ? Rien. Rien de répréhensible, rien d’illégal, rien de scandaleux. N’empêche : ce rien est en trop, il dérange. C’est un rien qui parle de sujets dérangeants dont la seule évocation vaut blasphème pour le pouvoir.
En démocratie, ce rien-là s’appellerait liberté de conscience ou encore liberté de la recherche, voire liberté, tout court. En Turquie, il expose à la vindicte cruelle d’un gouvernement pour qui ces libertés ne sont que désordre, qui en bannit la mémoire et réprime sauvagement ceux – et plus encore celles – qui auraient l’audace de s’en réclamer, publiquement ou non. Pinar Selek en a fait l’expérience douloureuse.
Quatre verdicts d’innocence !
A la fin des années 1990, elle est étudiante à l’université d’Istanbul, où elle travaille sur le traitement des minorités en Turquie. Cela déplaît. Arrêtée en juillet 1998, elle se voit sommée de livrer les noms des militants kurdes interviewés dans le cadre de ses recherches. Son refus lui vaut d’être torturée et de rester emprisonnée plus de deux années. Sur ces entrefaites, une bonbonne de gaz explose sur le marché des épices d’Istanbul. Le gouvernement se saisit immédiatement de cet « attentat » pour promouvoir Pinar Selek au rang infâmant de terroriste.
Depuis, sur la base de ces charges, Pinar Selek a été jugée à quatre reprises : en 2006, en 2008, en 2011 et finalement en 2014. A chaque fois, la justice turque, peu réputée pour sa mansuétude, l’a acquittée. Pinar Selek ? Innocente, une fois. Innocente, deux fois. Innocente, trois fois et, pour une dernière fois le 19 décembre 2014, innocente. Quatre verdicts d’innocence ! Cela suffirait à n’importe qui, n’importe où.
La Cour suprême de Turquie, elle, n’entend pourtant pas en rester là. Le 21 juin 2022, elle a annulé le dernier acquittement de Pinar Selek. Cela pourrait n’être qu’ubuesque, n’était que, de ce fait, elle se retrouve sous le coup d’une condamnation à la prison à perpétuité et d’un mandat d’arrêt international délivré à son encontre.
Pour un coup d’arrêt à cet acharnement liberticide
Il est plus que temps de porter un coup d’arrêt à cet acharnement liberticide ; les pays européens doivent cesser de regarder ailleurs et la France, pays d’adoption de Pinar Selek, devrait mettre un point d’honneur à peser de tout son poids pour défendre, au-delà de Pinar Selek, les principes qu’elle affiche.
Un proverbe turc affirme : « Mille amis, ce n’est pas trop ; un ennemi, c’est beaucoup. » L’ennemi de Pinar Selek est puissant. Pour l’affronter, elle n’aura pas trop de mille amis. C’est pourquoi nous nous tenons à ses côtés, dans son combat pour la justice, la démocratie, la liberté.
C’est pourquoi nous appelons le gouvernement français à prendre toutes les mesures de protection et de sécurité pour Pinar Selek, citoyenne franco-turque, et à adresser une protestation officielle auprès des autorités turques.
C’est pourquoi nous exigeons des autorités turques qu’elles annulent immédiatement et sans condition la condamnation à perpétuité de Pinar Selek, qu’elles mettent fin au harcèlement judiciaire ininterrompu dont elle est victime.
Premiers signataires : Etienne Balibar, philosophe ; Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux ; Patrick Baudouin, président de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Gérard Chaliand, écrivain ; Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix ; Annie Ernaux, prix Nobel de littérature ; Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du soleil, Jean-Claude Samouiller, président d’Amnesty International France ; Leila Shahid, ancienne ambassadrice de la Palestine ; Françoise Vergès, politologue et féministe antiraciste.
Autres signataires : Gilbert Achcar, professeur, SOAS ; Florence Alligier, avocate ; Patricia Allio, metteuse en scène, réalisatrice ; Irène Ansari, LFID ; Marie-Elisabeth Ardoin, chanteuse traditionnelle ; Gérard Aschieri, rédacteur en chef Droits & Libertés ; Claudine Avram, co-présidente Roya Citoyenne ; Leïla Bahsaïn, écrivaine ; Katy Barasc, philosophe ; Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg ; Léa Basso, orthophoniste ; Viviane Baudry, co-présidente Couserans Palestine ; Jean-François Bayart, professeur ; Mohamed Ben Said, J’y suis j’y vote ; Ingeborg Beugel, journaliste ; Michel Blay, directeur de recherche honoraire CNRS ; Françoise Bloch, socio-anthropologue ; Nohra Boukara, avocat ; Danielle Bousquet, ancienne députée et présidente du HCE ; Michela Bovolenta, Syndicat des services publics (CH) ; Olivier Brachet, ancien juge HCR à la CNDA ; Pascal Brice, ancien directeur général de l’Ofpra ; Claire-Akiko Brisset, enseignante-chercheuse ; Eva Bronnenkant, présidente Solidarité Femmes 25 ; Sophie Bussière, porte-parole EELV ; Claude Calame, EHESS Paris ; Charlotte Cambon, avocat ; Marie-Alix Canu-Bernard, avocat ; Damien Carême, député européen ; Anaïs Carton, réalisatrice ; Orélie Chen Fuchs, artiste ; Nara Cladera, SUD Education ; Dominique Clemang, avocate ; Valérie Clivet, GAF ; Solange Combes, La Ribambelle ; Benjamin Coriat, professeur émérite ; Isabelle Côte Colisson, GAF ; Françoise Cotta, avocat, Défense sans frontières – Avocats solidaires ; Jacques Cotta, journaliste, réalisateur ; Marie-Laure Coulmin, essayiste, traductrice ; Geneviève Couraud, ECVF et ADF ; Sylvain Crépon, maître de conférences en science politique ; Sophie Crozier, médecin hospitalier ; Marina Da Silva, journaliste ; Didier Daenkinckx, romancier ; Mireille Damiano, prix des droits de l’Homme 2020 du CNB ; Cybèle David, Solidaires ; Claire Davignon, professeur ; Denise Desautels, écrivaine ; Denis Desbonnet, journaliste ; Christine Détrez, directrice centre Max Weber ; Claudette Dhelens, professeur ; Catherine Sophie Dimitroulias, présidente Afem ; Antonio Dores, professeur ; Marie Dosé, avocat ; Bernard Dreano, président Cedetim ; Alain Dru, conseiller CGT au Cese ; Jean-Pierre Dubois, président d’honneur LDH ; Nathalie Duclos, AFSP ; Françoise Dumont, présidente d’honneur de la LDH ; Thomas Durand, journaliste ; Marianne Ebel, vice-présidente MMF/Suisse ; Ivan Ebel, artiste, graphiste ; Didier Epsztajn, animateur blog « Entre les lignes entre les mots » ; Julia Erazo, comité international péruvien ; Anne Eydoux, économiste ; Eric Fassin, professeur de sociologie ; Didier Fassin, professeur au Collège de France ; Nina Faure, réalisatrice ; Isabelle Faure Cromarias, avocat ; Sonia Fayman, sociologue ; Laurence Fleury, ingénieure de recherche ; Claire Fougerol, comité de soutien Paris ; Claude Fourcade, médecin ; Laurent Frajerman, sociologue, historien ; Patrice Franceschi, écrivain ; Gabriella Gagliardo, présidente Cisda ; Ursula Gaillard, traductrice littéraire ; Stéphane Gaillard, SOS Asile Vaud (CH) ; Anne Gainet, Solidarité Femmes ; Pierre Galand, sénateur honoraire (Belgique) ; Jean-Jacques Gandini, ancien président Saf ; Antoine Garcia Sanchez, avocat honoraire ; Xavière Gauthier, universitaire, autrice ; Chantal Girard, co-président Cel Marseille ; Hélène Gispert, professeure émérite Université Paris Saclay ; Susy Greuter, Afrika Bulletin ; Nilufer Gros, artiste de théâtre ; Janique Guiramand, SUD Recherche ; Agathe Hamel, conseillère Cese ; Benoît Hamon, ancien ministre ; Jacqueline Heinen, professeure émérite de sociologie ; François Héran, professeur au Collège de France ; Hélène Hernandez, Femmes libres (Radio Libertaire) ; Cédric Herrou, paysan ; Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS ; Béat Hirsbrunner, professeur émérite Université de Fribourg ; Natalia Hirtz, sociologue ; Maryvonne Holzem, maître de conférences ; Ana Hopfer, artiste ; Sylvestre Huet, journaliste ; Sabina Issehnane, économiste ; Slobodan Ivicevic, artiste peintre ; Corinne Jacquet Garcia, CGT Ain ; Martine Jacquin, Défense sans frontières – Avocats Solidaires ; Christophe Jaffrelot, Association française de Science Politique ; Mohamed Jaite, avocat, AMDH ; Julia Jan, juriste ; Fanny Jedlicki, Ases ; Aurélie Journée-Duez, anthropologue ; François Journet, psychiatre ; Jacqueline Julien, Bagdam Espace lesbien ; Karolina Katsika, groupe Proudhon ; Jean Kehayan, journaliste, essayiste ; Nelly Kehayan, professeur ; Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale Les Vert-e-s (CH) ; Bernard Kouchner, ancien ministre ; Eugénie Kuffler, compositrice-interprète ; Smaïn Laacher, sociologue ; Souad Labbize, autrice ; Pascale Laborier, professeure ; Bernard Lahire, sociologue ; Myriam Laïdouni-Denis, conseillère régionale EELV ; Thierry Lamberthod, Amitiés kurdes Lyon ; Louise Lambrichs, écrivain ; Denis Langlois, avocat ; Eric Laugerotte, CGT Ferc Sup ; Michèle Le Doeuff, philosophe ; Kévin Le Détour, SUD Education ; Renée Le Mignot, présidente honoraire Mrap ; Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH ; Annalisa Lendaro, chargée de recherches CNRS ; Alice Lenormand, avocate ; Inès Leraud, journaliste ; Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien ; Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS ; Yannick Luce, avocate ; Maryam Madjidi, écrivaine ; Maïté Maillet, présidente CNDF 84 ; Georgia Makhlouf, écrivaine, journaliste ; Nelly Martin, MMF/France ; Yves Martin Sisteron, CGT ; Marie-Thérèse Martinelli, MMF Occitanie ; Gustave Massiah, Forum social mondial ; Christian Masson, Mrap 06 ; Henry Masson, président La Cimade ; Antoine Math, chercheur Ires ; Nonna Mayer, directrice de recherche émérite ; Philippe Meirieu, professeur d’université, président Cemea ; Umit Metin, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (L’Acort) ; Lilia Meunier-Mili, avocate ; Jean-Marie Michel, économiste ; Yorgos Mitralias, journaliste ; Catherine Nave-Bekhti, Sgen-CFDT ; Christine Nedelec, FNE Paris ; Camille Neve, avocate ; Aminata Niakate, porte-parole EELV ; Elisabeth Nicoli, avocate, AFD ; Vladimir Nieddu, People’s Health Movement France ; Rina Nissim, auteure ; Mel Noat, Planning familial ; Jean-Paul Oddos, Les Nuits & les Jours de Querbes ; Fabienne Orsi, économiste ; Danielle Othenin-Girard, psychologue ; Mathieu Oudin, avocat ; Dimitri Paratte, juriste ; Olivier Parriaux, professeur émérite ; Jacques Perreux, président Ami.e.s de la Roya ; Alexandra Picheta, doctorante études de genre ; Gilles Piquois, avocat ; Myriam Plet, Château de Goutelas ; Marie Pochon, députée EELV ; Stéfanie Prezioso, députée (CH) ; Suzel Prio, co-présidente Roya citoyenne ; Juan Prosper, avocat ; Dominique Quiroga, co-présidente Recif ; Elisa Ralle, avocate ; Isabelle Rhégi, présidente AFJD ; Diane Régimbald, Académie des lettres du Québec ; Catherine Renaux-Hemet, avocate ; Sandra Renda, avocate ; Marjolaine Renversez, avocate ; Marie Pilar Ric, Apiaf ; Julie Richard, psychologue ; Riki Van Boeschoten, professeur d’université ; Irinda Riquelme, JRS France ; Anne Rochette, sculpteure ; Anne Roger, Snesup-FSU ; Laurence Rossignol, vice-présidente du Sénat ; Gilles Rotillon, professeur émérite ; Josiane Rouiller, Migration Conseils Valais (CH) ; Constance Rudloff, avocate ; Hélène Saulou, Comité de soutien Hautes- Pyrénées ; François Sauterey, co-président Mrap ; Nicole Scheck, Habitat & Citoyenneté ; Anne-Françoise Schmid, professeur ; Camille Schmoll, professeur ; Patricia Schulz, ex-rapporteure du Cedef ; Véronique Sehier, Planning familial ; Linda Sherwood, Femmes solidaires 26 ; Dominique Sopo, président SOS Racisme ; Anne Souyris, adjointe EELV Paris ; Patricia Staine, Solidarité Femmes ; Mylène Stambouli, avocate ; Flor Tercero, avocate ; Benoît Teste, secrétaire général FSU ; Nicole Thuet, MMF Paca ; Michael Tolley, professeur honoraire ; Maryse Tripier, sociologue de l’immigration ; Aurélie Trouvé, députée ; André Ughetto, écrivain ; Miguel Urban Crespo, député européen ; Sixtine Van Outryve, doctorante en droit ; Nena Venetsanou, autrice-compositrice ; Marie-Christine Vergiat, vice-présidente LDH ; Patrice Vermeren, professeur de philosophie ; Nicolas Viano, éducateur ; Christine Villeneuve, co-directrice Editions des femmes ; Emmanuel Vire, SNJ-CGT ; Michèle Vitrac, présidente ECVF ; Christine Wyss, MMF Suisse ; Edmond Yanekian, président UCFAF ; Jean-Jacques Yvorel, historien ; Valentine Zuber, directrice d’études
Paris, le 25 mars 2023
Pinar Selek était invitée à Die aux dernères « Rencontres de Die et de la Biovallée » en Janvier 2023.
Appel à soutien et solidarité avec Pinar Selek, victime de harcèlement judiciaire en Turquie
Mandat d’arrêt international et nouvelle annulation de son acquittement, solidarité avec Pinar Selek
Communiqué commun à l’initiative de la LDH et de l’Acort
Le 21 juin dernier, l’agence de presse officielle turque a annoncé l’annulation, par la Cour Suprême de Turquie, du quatrième acquittement de Pinar Selek qui avait été prononcé le 19 décembre 2014. Pinar a été condamnée à la prison à perpétuité et un mandat d’arrêt international a été délivré à son encontre. Avant ce dernier rebond judiciaire, Pinar a comparu dans le cadre de trois procédures, qui ont toutes constaté son innocence.
Emprisonnée et torturée pour ses recherches sociologiques sur les Kurdes, les trans, les objecteurs de conscience, les enfants à la rue, les prostituées… qui gênaient le pouvoir turc, celui-ci a décidé de faire d’elle une « terroriste ».
En 1998, à la suite de l’explosion d’une bonbonne de gaz au marché aux épices (« le marché égyptien ») d’Istanbul, l’écrivaine est accusée d’avoir posé cette bombe et elle a été emprisonnée pendant deux ans et demi.
Cet acharnement politico-judiciaire du pouvoir turc, qui dure depuis 25 ans, s’inscrit dans un contexte de répression inouïe visant toutes les personnes qui défendent la démocratie et l’Etat de droit. A quelques mois d’élections cruciales pour le régime, les plus hautes instances judiciaires aux ordres du pouvoir veulent faire taire toute velléité de contestation.
Nous le refusons comme nous refusons que l’écrivaine et sociologue soit une fois de plus victime d’un pouvoir autoritaire et liberticide.
Nous refusons qu’elle soit la victime collatérale d’une politique de complaisance des pays européens à l’égard d’un tel régime qui sévit en Turquie.
Nous affirmons notre solidarité non seulement avec Pinar mais également avec l’ensemble des minorités et des démocrates de Turquie.
Défendre Pinar Selek, c’est se tenir aux côtés de toutes celles et tous ceux qui sont victimes d’abus, de répression, de terreur… Nous exprimons notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui se sont engagés pour les droits des femmes, des LGBTQI, des minorités (Alévis, Arméniens, Kurdes…) persécutées en Turquie.
Une délégation assistera, au nom des signataires, au procès du 31 mars 2023, à Istanbul, et d’ici là nous demandons :
au gouvernement français de prendre toutes les mesures de protection et de sécurité pour Pinar Selek, citoyenne franco-turque, et d’adresser une protestation officielle auprès des autorités turques ;
aux autorités turques, d’annuler immédiatement et sans condition la condamnation à perpétuité de Pinar Selek et de mettre fin au harcèlement judiciaire ininterrompu dont elle est victime.
Nous invitons l’ensemble des démocrates et progressistes à participer à la conférence de soutien à Pinar Selek qui aura lieu le mercredi 29 mars 2023, à l’auditorium de l’Hôtel de ville de Paris.
Premiers signataires :
L’Acort (L’Assemblée citoyenne des originaires de Turquie), Alliance des femmes pour la Démocratie, Amnesty International France, Association française de sociologie, Association des sociologues enseignant-e-s du Supérieur (ASES), Collectif d’organisations de solidarité internationale et de mobilisation citoyenne (Crid), Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), La Cimade, Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Editions des femmes-Antoinette Fouque, Editions iXe, Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération syndicale unitaire (FSU), Le Planning Familial, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie, Marche mondiale des femmes France, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Osez le féminisme, Réseau EuroMed France, Snesup-FSU, Sud Education, Union syndicale Solidaires.
Autres signataires :
Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA), Amitiés Kurdes de Lyon-Auvergne-Rhône Alpes, Anafé, APEL Egalité, Arts et Cultures des Deux Rives (ACDR), Association d’éducation populaire Virus 36, Assemblée européenne des citoyens AEC/Hca-France, Association France-Kurdistan, Association pour la démocratie à Nice (ADN), Association Femmes plurielles, Association Lettres du monde, Association She’lter terre à elles, Association Transparence, Association Vivre Ensemble, Associazione ICS-Ufficio-Rifugiati Onlus di Trieste (Italie), Attac France, Attac Paris centre, Bibliothèque-Librairie-Café Antigone Grenoble, Centre Librex (Centre régional du libre examen), Château de Goutelas Centre culturel de rencontre (Loire 42), Collectif Casse-rôles, Collectif féministe « Agate, armoise et salamandre – corps et politique » (Forcalquier 04), Collectif pour le rêve commun, Confédération CFDT, Confédération CGT, Union départementale CGT de l’Ain, Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), Emission Femmes libres (Radio libertaire), Fédération anarchiste, Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s (Fasti), Feminist Asylum, Femmes solidaires de la Drôme, Filactions, Fondation Danielle Mitterrand – France Libertés, Forum marocain des femmes au Maroc, Graswurzelrevolution revue libertaire et non-violente allemande, Groupe d’actions féministes (GAF) de Besançon, Habitat & Citoyenneté, Maison de la poésie Rhône-Alpes, Marche mondiale des femmes France, Marche mondiale des femmes Suisse, Mouvement Charjoum, Mouvement de la paix, Les Nuits & les jours de Querbes, Organisation Terre et Culture, People’s Health Movement France, Popoli in Arte Association – Sanremo Italie, Réseau éducation sans frontières (RESF) 06, Réseau éducation sans frontières (RESF) 11, Roya Citoyenne, Sgen-CFDT, Solidarité avec les universitaires pour la paix et la défense des droits humains en Turquie (SUP-DDHT), Solidarité Tattes (Genève), Somico 06 (SOutien MIgrants COllectif 06), Sud Recherche EPST, Syndicat de la Magistrature, Revue Silence, Tous citoyens, Tous Migrants, Union culturelle française des Arméniens de France (UCFAF).
En soutien :
Ensemble ! (Mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire) ; Europe Ecologie Les Verts (EELV) ; La France Insoumise ; Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Le Parti communiste français (PCF), Le Parti de gauche, Le Parti Socialiste (PS) ; Les Vert-e-s genevois-es.
Signature de votre organisation à envoyer au mail direction@ldh-france.org
Paris, le 3 février 2023
Pinar Selek était invitée à Die aux dernères « Rencontres de Die et de la Biovallée » en Janvier 2023.