
La science révèle le potentiel de la forêt face aux changements climatiques
Nous savons à peine comment la forêt peut réagir aux changements climatiques, comment les sécheresses l’affectent, leur impact sur la rétention du carbone et les perturbations des services écosystémiques qui en découlent. Aujourd’hui, la recherche forestière devient une priorité à mener, afin de mieux comprendre les enjeux globaux et saisir le potentiel dont disposent nos forêts pour lutter contre les changements climatiques.
Le développement de modèles de simulation permet de mieux appréhender l’évolution de la forêt selon différentes conditions climatiques, si l’on modifie le cycle de l’eau ou du carbone, et l’intervention de facteurs extérieurs : la température, l’humidité, les incendies et autres substances nutritives.
Si les arbres sont déjà considérés comme une source de rétention du carbone, il reste par exemple à déterminer précisément comment l’absorption du CO2 varie. Une étude brésilienne en forêt amazonienne a déjà pu déterminer l’impact du phosphore dans ce processus, limitant la fertilisation du carbone.
La science forestière dépend de données sur le long terme, rapportées par les scientifiques forestiers depuis plusieurs décennies, afin d’alimenter ces modèles de simulation. Ces apports ne peuvent rester constants qu’avec des financements dans la durée, afin d’assurer une continuité à la recherche. Pour certaines études, il est nécessaire d’utiliser des données sur une période de plus de 20 ans. Si nos chances d’endiguer les changements climatiques s’amenuisent de jours en jours, la cause n’est pas encore veine. Investissons dans la recherche forestière tant qu’il est encore temps.
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- Nature (2022). We must get a grip on forest science — before it’s too late. nature.com, 16.08.2022.

Les sols forestiers et les changements climatiques, ce que nous savons, ce que ça implique
Pour atteindre les objectifs de neutralité carbone de 2050 de l’Union Européenne, les stocks de carbone des sols forestiers sont d’une importance cruciale. Pourtant, l’une et l’autre opérations de gestion peuvent avoir des impacts positifs ou négatifs à plusieurs niveaux.
Ce que nous savons déjà :
– L’azote et les cendres peuvent augmenter les stocks de carbone (par plus de litière et une meilleure production).
– L’adaptation station/essence permet une meilleure accumulation de carbone, les coupes intenses et coupes rases provoquent de plus grosses émissions de CO2 et de gaz à effet de serre.
– Exporter les rémanents d’exploitation réduit les stocks de carbone, les préparations de terrain ont des impacts variables.
– La gestion des tourbières en maintenant le couvert et en évitant le drainage peut limiter leurs émissions.
– Le maintien et la protection des zones de haut intérêt biologique sauvegardent des puits de carbone
Ce que nous devons améliorer et les implications dans les législations :
– Les méthodes de gestion et leurs impacts sur les sols doivent être mieux étudiés pour les implémenter dans les législations.
– Les connaissances sont très lacunaires.
– Les méthodes et l’intensité de gestion doivent s’adapter à la station.
– Les outils de modélisation qui mènent à des décisions politiques ne prennent pas assez en compte les différentes gestions.
– Des suivis de longue durée doivent être mis en place pour évaluer l’évolution et si les objectifs sont atteints.
- Crédit photo. HoliSoils
- Mäkipää R. et al. (2023). How does management affect soil C sequestration and greenhouse gas fluxes in boreal and temperate forests? – A review. Policy Brief 7. European Forest Institute