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La Chine prépare ses armes en cas de guerre mondiale

Pékin envisage le pire scénario possible en cas de conflit sino-américain pour mieux préparer ses forces armées. Dans cette simulation de combat, la flotte chinoise joue un rôle majeur et a pour but de couler les porte-avions de l’US Navy.

Thomas Romanacce

Pékin se prépare à une guerre totale. Alors que le risque de conflit entre la Chine et les États-Unis n’a jamais été aussi élevé, le parti communiste chinois a décidé de tester la performance de ses armes dans un scénario de guerre mondiale. Le South China Morning Post a révélé qu’en cas d’affrontement avec Washington, la République populaire misera beaucoup sur sa marine militaire mais aussi sur son économie très industrialisée et sur sa population civile.

Ce scénario de l’apocalypse sobrement baptisé Z prend ses racines dans une guerre régionale causée par des revendications territoriales en mer de Chine méridionale ou encore provoquée par une invasion chinoise de Taïwan si l’île proclamait son indépendance. Dans cette simulation de combat, ces combats d’abord localisés pourraient ensuite dégénérer en guerre mondiale contre les États-Unis et peut-être même contre tout le bloc occidental.

Comme cette guerre potentielle devrait se dérouler en mer ou sur les littoraux, ce sont surtout les capacités de la flotte chinoise qui ont été scrupuleusement testées. La marine de Pékin devait notamment repousser ou détruire deux ou même plusieurs groupes de groupes aéronavals américains. Il s’agit de l’outil principal de la projection de puissance de l’US Navy sur les mers du globe. Il est composé d’un porte-avions mais aussi de plusieurs croiseurs pour contrer les missiles ennemis mais aussi frapper des cibles terrestres. Le porte-aéronef est aussi protégé par des destroyers pouvant attaquer tout type de cibles. Enfin un sous-marin nucléaire d’attaque est toujours présent pour contrer les menaces sous-marines.

Pour se défaire d’une flottille aussi puissante l’armée chinoise miserait sur ses technologies de pointe, notamment les missiles hypersoniques ou des torpilles à propulsion nucléaire capables d’éviter les défenses américaines. Pour accomplir cette mission, Pékin prévoit d’utiliser le Dongfeng-17, surnommé le cauchemar des porte-avions. Il s’agit d’un missile pouvant frapper une cible dans un rayon de 2.500 kilomètres en atteignant une vitesse de croisière qui dépasse les 7.000 kilomètres par heure. Pour détruire un objectif, le DongFeng-17 doit d’abord être lancé par un bombardier à plus de 100 kilomètres d’altitude. Une fois cette hauteur atteinte, l’appareil tombera sur sa cible avec un système de planeur. L’engin aura une trajectoire imprévisible pouvant prendre plusieurs angles ou plusieurs directions et il sera donc presque impossible de l’intercepter.

La République populaire n’a pas seulement tester ses capacités offensives mais a également voulu savoir comment ses bateaux pourraient se défendre face à l’US Navy. Dans le cadre de la simulation, un destroyer chinois a été attaqué par plus d’une douzaine de missiles et trois torpilles. Dans les conditions d’une telle attaque tous azimuts, les capacités de combat du navire chinois ont été sévèrement réduites. Le bâtiment de guerre a perdu un tiers de son potentiel de défense aérienne, tandis que seulement la moitié des missiles sol-air ont pu atteindre des cibles.

Les chercheurs chinois se sont aussi penchés sur la possibilité que le conflit dégénère en guerre nucléaire. Le constat est bref et sans surprise. Si des armes nucléaires sont utilisées, alors on constatera des effets durables et néfastes sur les écosystèmes, l’agriculture et l’environnement de la planète ce qui pourrait entraîner des pénuries alimentaires, des mutations génétiques et des taux plus élevés de cancer et d’autres maladies. Pour les stratèges chinois et le gouvernement de Xi Jinping; une guerre totale entre deux puissances nucléaires aurait des conséquences catastrophiques pour la civilisation humaine et donc n’est pas souhaitable.

Cependant, il n’est pas rare que les chercheurs militaires chinois envisagent les pires scénarios possibles pour mieux évaluer les capacités de leurs équipements dans de telles situations. “Cela peut aider notre armée à mieux comprendre ses forces, ses faiblesses et ses limites”, a conclu un chercheur au South China Morning Post, qui a demandé à ne pas être nommé en raison du caractère sensible de la question.

Thomas Romanacce

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L’Australie se prépare à une guerre potentielle avec la Chine

Pékin pourrait construire une base militaire sur les îles Salomon, un archipel situé à 1.500 kilomètres des côtes australiennes. En réponse, Canberra renforce son armée mais également ses liens avec les États-Unis.

“Seule une Australie forte nous préservera de la guerre. Pour maintenir la paix, il faut que notre pays ne soit ni faible, ni lâche”. Ces mots forts ont été prononcés le 25 avril dernier par le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, lors de la fête patriotique de l’Anzac Day. Il s’agit d’une célébration qui commémore l’engagement des troupes australiennes et néo-zélandaises contre l’Allemagne et la Turquie lors de la Première Guerre mondiale. L’homme politique ne s’est pas arrêté là puisqu’il a comparé la Chine et la Russie actuelles à l’Allemagne nazie.

L’influence politique, économique et surtout militaire, toujours grandissante, de la Chine près des frontières de l’Australie explique en partie la rhétorique guerrière de Peter Dutton. En effet, le 19 avril dernier, Pékin a signé un pacte de sécurité avec les îles Salomon, un archipel situé à 1.500 kilomètres des côtes de l’île-continent. Un coup dur pour Canberra qui était l’allié principal de cet état insulaire. Ce pacte permettrait à Xi Jinping d’y construire une base navale militaire permanente et d’y envoyer ses troupes. Devant les craintes australiennes, les autorités des îles Salomon ont insisté sur le fait que la Chine ne serait pour autant pas autorisée à établir une base militaire permanente sur leur territoire.

Scott Morrison, le premier ministre australien, a déclaré à ABC News que la construction d’une telle base “serait une ligne rouge que Pékin ne doit pas franchir”. Le chef d’État a soutenu le discours de son ministre de la Défense et a affirmé que “l’Australie se préparait à un conflit militaire même si le risque d’un tel événement restait faible pour l’instant”. L’île-continent a même dépensé près de 1,4 milliard d’euros pour renforcer sa puissance militaire. Selon un communiqué gouvernemental, le premier ministre a autorisé l’achat de centaines de véhicules blindés à des entreprises américaines. Parmi les nombreux engins commandés par l’armée australienne, on trouve notamment une liste de 75 tanks M1A2 SEPv3 Abrams.

Derrière ce nom barbare se cache une version modernisée du principal char de combat de l’US Army. Dans cette nouvelle version, le M1A2 SEPv3 Abrams profite de certaines améliorations qui lui permettent essentiellement de mieux viser ses cibles mais aussi de les détruire plus vite. Au total, le gouvernement de Scott Morrison a donc approuvé la commande de 132 engins de combat. Mais ce n’est pas tout. L’Australie veut aussi se doter d’hélicoptères d’assaut lourds Chinook. Cet appareil constamment modernisé détient un record de longévité puisqu’il a été engagé massivement pendant les guerres Vietnam et du Golfe.

Enfin, Scott Morrison a aussi affirmé vouloir renforcer l’Aukus : il s’agit de l’alliance militaire entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni. Washington partage les mêmes craintes que Canberra concernant le pacte de sécurité entre la Chine et les îles Salomon. Daniel Kritenbrink, le Secrétaire d’État pour l’Asie de l’Est et le Pacifique, a déclaré au Guardian que les États-Unis “seraient forcés d’intervenir si Pékin venait à construire une base militaire sur le territoire des îles Salomon”. L’homme politique américain n’a toutefois pas précisé la nature d’une telle intervention.

Thomas Romanacce

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