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Climat : les 12 excuses de l’inaction, et comment y répondre

social media 12 excuses

Nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir (presque) convaincu les climatosceptiques. Mis à part quelques brebis galeuses, plus personne ne nie les effets de l’activité de l’Homme sur le changement climatique. En revanche, la partie la plus difficile arrive : changer. Changer nécessite d’agir, de savoir quand, et comment. Changer n’arrange pas certaines personnes, comme ces lobbys qui dépensent des millions pour continuer leurs activités très lucratives qui détruisent la planète.

C’est ainsi qu’un papier de l’université de Cambridge a mis en exergue les 12 discours retardant l’action climatique, perçus comme les 12 excuses habituelles qui justifient l’inaction climatique. En d’autres termes, oui, le changement climatique est un problème, mais il y a toujours une bonne excuse pour ne rien faire. Cet article doit donc permettre d’identifier un discours de climate delay et d’être ensuite capable de le réfuter.

Traduction : @EmmPont & @BonPoteofficiel
Source : https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/7B11B722E3E3454BB6212378E32985A7/S2059479820000137a.pdf/discourses_of_climate_delay.pdf

Quelques points avant de passer en revue ces 12 excuses : il est nécessaire de s’attacher aux faits et de laisser le plus possible de côté les émotions. A titre d’exemple, le débat du nucléaire est par exemple beaucoup trop irrationnel en France et il n’y a au final que des perdants : les Français(es). Ensuite, la symbolique est importante. Un petit changement peut au final avoir un impact énorme. Je fais bien sûr référence au point de bascule, que j’évoquerai à plusieurs reprises en réponse ci-dessous.

PS : exceptionnellement, je mettrai à jour cet article, avec les meilleurs arguments (sourcés) que je lirai en réponses. Il me paraît très important que les lecteurs disposent des meilleurs arguments pour réfuter les vendeurs de tapis de croissance verte et autres transhumanistes.

LISTE DES 12 EXCUSES ET COMMENT Y RÉPONDRE

L’abandon

Excuse 1 : Doomisme – Catastrophisme

Argument : ‘C’est trop tard, ça sera jamais assez.’

Réponse : Même si ce discours d’effondrement a beaucoup d’écho, à l’instar d’Yves Cochet en France par exemple, il est faux. Faux de dire que nous sommes déjà condamnés. Faux de dire que des milliards d’individus vont mourir. Pourquoi ? Parce que le GIEC le dit : nous avons encore le temps de faire les changements nécessaires pour vivre dans un monde soutenable. Valérie Masson Delmotte l’a répété lors de son discours devant la Convention Citoyenne pour le climat : chaque mois compte. Mais cela ne veut en aucun cas dire que ‘c’est trop tard‘. C’est avant tout un problème d’inertie politique et sociétale (une transition abrupte aurait évidemment des conséquences), avant d’être un problème d’inertie physique.

Il est bien sûr trop tard pour empêcher qu’il y ait des dégâts (sociaux, environnementaux..). Mais rien ne sert d’avoir un discours qui exagère ce que la science nous dit sur le climat (même si cela fait vendre…). Ainsi, évitons le doomisme, ce comportement qui consiste à regarder sa cuisine s’enflammer et dire ‘on peut rien faire c’est foutu’ pendant que le feu se propage aux autres pièces.

Enfin, il n’y a pas de deadline. Oui, c’était mieux d’agir il y a 20 ou 30 ans. Mais ce n’est pas parce que nous n’avons pas agi en 2025 ni même en 2030 que tout est foutu. L’idée, c’est que plus nous agissons tard, plus cela sera catastrophique (avec de belles boucles de rétroactions qui viendront aider cela).

Excuse 2 : le changement est impossible

Argument : ‘Toute mesure prise pour réduire l’impact CO2 serait contre nature, les gens ne voudront jamais changer’. ‘En démocratie, ça ne passera jamais’

Réponse : Il est faux de dire que c’est dans la nature humaine de détruire son environnement. Très souvent, Sébastien Bohler est cité à tort et à travers avec son livre Le bug humain. Comme précisé dans cet article qui réfute complètement la thèse de S. Bohler, c’est oublier que des peuples ont vécu des siècles sans détruire leur environnement (comme nous le faisons actuellement). Ce discours est extrêmement dangereux car il reviendrait à dire ‘c’est pas de ma faute, on est fait comme ça‘ ! Et bien non. C’est faux Sébastien.

Concernant l’argument de la démocratie. Même si notre démocratie est imparfaite, nous avons bien vu avec la Convention Citoyenne pour le Climat que des individus non experts pouvaient monter en compétences sur le sujet et proposer. En Chine, au Vénézuela, je ne suis pas sûr que cette convention aurait vu le jour ! Alors oui, tout n’est pas parfait, mais le changement est tout de même possible.

Aussi, la démocratie peut être plus efficace au niveau local qu’au niveau national (voire international…). Les changements s’opéreront bien plus vite dans votre ville de 20000 habitants avec un maire courageux qu’avec un président menteur et un premier ministre qui pense que ‘biodiversité’ est un groupe de rock des années 70.

Enfin, en démocratie, plus que dans tout autre modèle politique, vous êtes libres d’agir et de prendre des initiatives. De manifester votre désaccord. A ma connaissance, je n’ai pas vu Greta critiquer l’inaction contre le changement climatique du président chinois sur la place Tian’anmen.

Redirection de la responsabilité

Excuse 3 : l’individualisme

Argument : ‘La responsabilité incombe à quelqu’un d’autre’. ‘Le changement viendra uniquement des individus’.

Réponse : There is no such thing as society. Merci Margaret, mais non merci. On ne peut pas demander uniquement aux individus de résoudre un problème systémique.

Ce sujet a déjà été évoqué dans la responsabilité des émissions de Total. Qui est responsable des émissions : Total, ou celui qui roule toute la nuit avec l’essence ? Si nous prenons en compte le scope 3 du Greenhouse Gas Protocol pour que les organisations puissent calculer leurs GES, le responsable est bien Total, et non le citoyen. Vous pourriez également souligner que la présence de 30000 lobbyistes représentants d’intérêt qui gravitent à Bruxelles n’est pas un hasard (tout comme les milliards investis en communication pour pousser les individus à la consommation).
Si nous devions nuancer, bien sûr que le citoyen a son rôle à jouer. Il peut voter avec son argent, boycotter certaines entreprises, faire sa part comme nous l’indique Carbone 4. Mais il ne faut surtout pas oublier que la majorité du poids de la responsabilité est bien du côté des politiques et des entreprises.

Excuse 4 : Whataboutisme

Argument : ‘Ouais mais la France c’est que 1% des émissions, alors que les chinois, hein ! Faudrait peut-être que eux ils commencent, après on verra’

Réponse : C’est l’argument le plus fréquent. Nous connaissons tous quelqu’un qui essaye toujours de trouver cette excuse pour ne rien changer. C’est surtout tristement la réponse classique du type qui ne fait pas la différence entre inventaire national et empreinte carbone. Souvent, c’est le type qui accuse les chinois de polluer, sans comprendre que les chinois polluent en fabriquant des produits de consommation… Qu’il consommera. Le Haut Conseil pour le Climat l’a d’ailleurs mis en lumière lors de son dernier rapport sur l’empreinte carbone de la France.

Vous l’entendrez aussi très souvent dans le secteur de l’aviation : ‘ouais mais l’avion c’est que que 3% des émissions alors que t’as vu la voiture et le transport maritime ?’
Mais…. TOUT LE MONDE doit se remettre en question. Vu les baisses d’émissions de CO2eq que nous devons réaliser chaque année, 1%, c’est énormissime. Il n’y aura pas de petits profits. Toute baisse d’émissions est bonne à prendre. Ce n’est pas parce que l’autre pollue plus que toi que tu ne dois pas faire d’efforts. Si je devais attendre que l’américain ait une empreinte carbone de 2T CO2eq/an pour changer, je pourrais attendre longtemps.

Enfin, non seulement l’exemplarité est très certainement le meilleur vecteur pour aboutir à des changements, mais un point de bascule peut tout à fait provenir d’un changement mineur. Inutile de rappeler que d’un point de vue éthique, que vous soyez chinois, brésilien ou français, tout le monde devrait adapter son mode vie pour qu’il soit soutenable (remarque valable pour l’employé de bureau, mais aussi pour Joaquin Phoenix et Madonna…). Enfin, le CO2 n’a pas frontière. Ce que vous émettez peut avoir des conséquences très graves ailleurs : c’est ce qu’on appelle entre autres l’injustice climatique.

Excuse 5 : le Free-Rider

Argument : ‘Si nous baissons en premier nos émissions, d’autres pays vont profiter de nous’. Donald Trump, sur les Accords de Paris

Réponse : La situation sera catastrophique si nous ne la préparons pas. Beaucoup de politiques d’adaptation sont doublement bénéfiques puisqu’elles nous rendent plus résilients ET diminuent nos émissions de GES. A cet effet, le Sénat a sorti un rapport en 2019, avec deux phrases qui répondent à l’excuse du Free-Rider :

Si atténuation et adaptation sont aujourd’hui considérées comme complémentaires, on constate cependant, dans les esprits et dans les pratiques, que les politiques d’adaptation souffrent encore d’un déficit persistant de reconnaissance et de légitimité.”

“C’est trop souvent à travers le seul prisme de l’atténuation des émissions de GES, c’est-à-dire sous un angle préventif, que les acteurs envisagent les enjeux climatiques.

Si nous ne prenons pas les devants pour se préparer au changement climatique , nous en paierons très cher les conséquences. C’est ce que rappelle le dernier rapport de l’IPBES sur la biodiversité et les pandémies. A l’instar de la Covid-19, nous avons un aperçu de l’effet dévastateur d’une pandémie sur nos santés, nos économies et notre stabilité sociale. Aujourd’hui, ce sont les mêmes activités humaines qui provoquent :

👉 effondrement de la biodiversité
👉 changement climatique
👉 augmentation du risque de PANDEMIE.

Malheureusement, ce lien n’a pas été évoqué une seule fois par le gouvernement depuis le début de la crise en mars 2020. Que cela soit d’ailleurs par ignorance ou simple intérêt électoraliste.

Par ailleurs, le dernier rapport du GIEC 1.5 confirme qu’il y a aura des co-avantages à s’adapter :

Enfin, le coût des conséquences d’un réchauffement planétaire supérieur à 1.5°C sera supérieur au coût qu’il aurait fallu mettre en œuvre pour ne pas dépasser ces 1.5°C. Nous avons intérêt, même d’un point de vue économique, à rapidement nous adapter.

“Pas besoin d’un changement radical”

Excuse 6 : l’optimisme technologique

Argument : ‘La technologie va nous sauver ! L’avion Zéro carbone sera là en 2035 ! La fusion arrive bientôt !

Excuse 6 : la technologie va nous sauver
Source : https://twitter.com/laydgeur/status/1283503362567282688?s=20

Réponse : Après le whataboutisme, c’est l’excuse la plus répandue. Non, ne changez rien à votre mode de vie, une backstop technology va arriver et tous nous sauver. Non seulement c’est un pari extrêmement risqué, mais pour l’instant, nous n’avons pas l’ombre d’un iota qui prouverait qu’il est possible qu’une énergie propre remplace toutes les énergies existantes. L’avion Zéro Carbone en 2035, tant vanté par Elisabeth Borne, est une connerie sans nom et réfutée par nombre d’ingénieurs spécialisés. Concernant la fusion, elle ne ferait partie que d’un mix énergétique. Donc non, ce n’est pas l’énergie qui nous sauvera tous.

De plus, en moyenne, entre une publication scientifique et le dépôt d’un brevet, il faut environ 10 ans. Reste ensuite la mise sur le marché, le déploiement, etc.

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Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S2214629621002152

Pour les plus récalcitrants, voici quelques arguments de Philippe Bihouix et Françoise Laugée.

Excuse 7 : des paroles, très peu d’actes

Argument : “Nous sommes courageux et avons annoncé un plan historique, la France sera leader dans la lutte contre le changement climatique ! Entendu de la bouche de Laurent Fabius, au bord des larmes à la fin de la COP21.

Réponse : L’excuse préférée des politiques, qui annoncent des ‘mesures historiques’, sans pouvoir en apporter la preuve. C’est aussi généralement impossible de mesurer les effets de la mesure citée par un gouvernement. Cette excuse est très prisée au UK, mais la France n’est pas en reste. A titre d’exemple, alors que nous devons baisser nos émissions de 7.6% par an, Valérie Masson-Delmotte rappelle devant la CCC que nos émissions stagnent depuis quelques années… Les chiffres montrent bien l’écart entre la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), les objectifs à atteindre chaque année, et la réalité.

Si vous aviez écouté attentivement Elisabeth Borne il y a un peu plus d’un mois, elle qui souhaitait la France pionnière en baisse d’émissions en mettant le paquet sur le vélo ! Enfin, le paquet, 20 millions quoi.

Autre exemple concret, l’annonce par le Parlement Européen d’une baisse des émissions de 60% d’ici 2030. Non seulement leur projet n’est absolument pas viable (en témoigne leur joli graphique de croissance verte que j’ai réfuté sur Twitter), mais si la France devait respecter cela, et fonction de la SNBC, voyez ce que cela donnerait : -15% d’émission les années précédents 2030.

Source https://twitter.com/bonpoteofficiel/status/1313893748858912770?s=20

Excuse 8 : l’efficacité énergétique

Argument : ‘Tu vois bien que les voitures consomment de moins en moins de pétrole, bientôt ça consommera plus rien du tout !’

Réponse : C’est une excuse courante, bien aidée par les millions dépensés par les lobbys pétroliers. Facilement réfutable grâce au paradoxe de Jevons et aux différents rebonds. De plus, tous les vendeurs de ‘transition énergétique’, à l’instar de la voiture électrique notamment, ne semblent pas comprendre qu’il faut des matières premières qui n’ont pas des réserves infinies…

Si jamais une personne vous dit ‘mais la voiture électrique va remplacer la voiture thermique et tout va bien se passer !’, demandez-lui quelles matières premières il faut, où sont les réserves, où en sommes nous des réserves, et combien d’années disposons-nous de ces matières premières avec demande constante et demande exponentielle.

Aussi, compte tenu de l’urgence pour agir, l’efficacité énergétique ne saurait répondre aux objectifs climatiques de l’Accord de Paris, sans y associer la sobriété.

Excuse 9 : Il faut compter sur le volontariat, ne pas restreindre/interdire

Argument : ‘Taxer ou interdire les citoyens de faire x ou y serait contreproductif, ils changeront grâce au bon sens, sur la base du volontariat’

Réponse : Dois-je rappeler la levée de boucliers et les remarques balancées par une grande majorité de la presse lors de la publication de la Convention Citoyenne du Climat ? Ces citoyens proposant des solutions pour baisser nos émissions, comparés à des khmers verts ? Les remarques quand on propose de mettre des quotas pour limiter les déplacements de loisir en avion, pourtant indispensable dans la lutte contre le changement climatique ?

Source : https://twitter.com/ilies75vsp/status/1280569850356805636?s=20

Croire que tous les français vont tendre vers une empreinte carbone exemplaire sans contraintes réglementaires est tellement faux que cet argument est facilement réfutable. Allez dire à Bernard Arnaud qu’il doit passer à 2t CO2eq/an. Nabilla va-t-elle arrêter de prendre l’avion sur la base du volontariat ?

Insister sur les bons et mauvais côtés, appuyant l’inaction

Excuse 10 : le perfectionnisme réglementaire

Argument : ‘Cela ne vaut pas le coup’. ‘Si on demande à faire passer cette mesure maintenant, il y aura des grèves qui vont paralyser le pays’ ‘Attention aux gilets jaunes’

Réponse : Cette excuse est un des leviers préférés de nos chers politiques sans courage qui vont user de rhétorique. ‘Prendre x ou y mesure, cela provoquera des grèves, des émeutes, et le pays sera paralysé‘. Tout d’abord, si une mesure pour faire en sorte que nous vivions dans un monde soutenable n’est pas acceptée par l’opinion publique, c’est que votre travail de communication politique n’a pas été bon.

Attendre de trouver la perfection pour proposer une mesure est une erreur et encourage l’inaction. C’est en dialoguant, présentant un rationnel que les parties concernées se mettront d’accord. Encore une fois, prendre une décision politique c’est un arbitrage, il y aura forcément des déçus. Ce n’est pas une excuse pour ne rien faire, surtout par clientélisme électoral.

Excuse 11 : Abandonner les énergies fossiles, c’est abandonner les pauvres

Argument : ‘Ah oui, et sans pétrole, c’est le retour à l’âge de pierre ! Et les sociétés en voie de développement on les laisse tomber ?

Réponse : Ce type d’argument est souvent avancé par les adorateurs de la croissance verte. L’argument du fameux ‘et la croissance a sorti des milliards d’individus de la pauvreté ! Renvoyez votre interlocuteur vers les travaux de Thomas Piketty, qui a tordu cet argument sur 1000 pages dans le Capital au XXIème siècle. Non, la croissance (via les énergies fossiles) ne permet pas de faire systématiquement baisser la pauvreté : ce n’est plus le cas en France depuis 25 ans. Si vous voulez gagner du temps, envoyer lui ce tweet :

Excuse 11 : Abandonner les énergies fossiles, c'est abandonner les pauvres
https://twitter.com/PhilipGAlston/status/1280008861441765376?s=20

De plus, non seulement nous parlons de transition, d’une société décroissante, pas de dépression ou d’effondrement. Nous n’allons pas passer de notre société actuelle à l’âge de pierre en un claquement de doigt. Ce discours alarmiste tend à faire peur et bloque toute prise d’initiative. A titre d’exemple, nous avons entendu plusieurs fois cet argument pendant la crise du Covid-19 : “et bah voilà, vous l’avez voulue la décroissance, voyez le résultat !’. Sauf qu’assimiler une pandémie à la décroissance juste parce qu’elle provoque une baisse du PIB est aussi absurde que de décrire une amputation comme un régime juste parce qu’elle engendre une perte de poids. Pour plus d’infos sur la décroissance, relisez notre interview avec Timothée Parrique.

Excuse 12 : le coût des mesures pour le climat va réduire la justice sociale

Argument : ‘Des mesures contraignantes vont d’abord toucher les plus précaires et c’est injuste’

Réponse : Cette excuse est peut-être la plus difficile à réfuter. Tout d’abord, rappelons que les mesures contraignantes vont affecter les plus riches, car ce sont eux qui polluent le plus. Le détail dans ce graphique est sans appel :

Excuse 12 : Des mesures contraignantes vont d'abord toucher les plus précaires et c'est injuste'
Source : https://twitter.com/bonpoteofficiel/status/1280491290275254272?s=20

Ensuite, nous nous dirigerions vers une économie décroissante. Premièrement, la décroissance – comme le mot l’indique – veut dire réduire la production et la consommation pour limiter les dégâts sociaux et environnementaux. Plus précisément : c’est un ralentissement et un rétrécissement de la vie économique au nom de la soutenabilité, de la justice sociale, et du bien-être.

Deuxièmement, la décroissance peut se définir en trois valeurs : l’autonomie, la suffisance, et le care. L’autonomie est un principe de liberté qui promeut la tempérance, l’autogestion, et la démocratie directe. La suffisance est un principe de justice distributive qui affirme que tous, aujourd’hui et demain, devraient posséder assez pour satisfaire leurs besoins, et que personne ne devrait posséder trop en vue des limites écologiques. Le care est un principe de non-exploitation et de non-violence qui promeut la solidarité envers les humains et les animaux.

PS : sujet d’actualité, en termes de justice sociale, la mise en place de quotas pour le trafic aérien est une meilleure solution que des taxes. Cela évite ainsi qu’une personne puisse polluer juste en compensant avec de l’argent, et que les plus petits revenus soient plus touchés par la mesure.

Le mot de la fin

Les excuses explicitées ci-dessus ne sont pas nouvelles et nous continuerons de les entendre encore une bonne décennie. Elles sont tout aussi dangereuses que le climato-scepticisme pour la simple et bonne raison qu’elles mènent au même résultat : l’inaction.

Ces excuses, vous les entendrez au quotidien. Soit parce que certaines personnes auront été mal informées, soit par malhonnêteté intellectuelle, ou tout simplement parce que l’immensité du défi, par son caractère complexe, pousse à l’inaction. C’est un sentiment tout à fait compréhensible. Bien souvent, lorsque vous sortez du déni, des sentiments très fort arrivent et vous marquent à vie. Mais c’est bien par l’action que l’optimisme trouve sa genèse.

J’aimerais conclure sur l’importance du point de bascule : gardez en tête qu’un homme averti/convaincu en vaut deux. Sans aucun doute, la route sera longue, exigeante, dure et épuisante. Mais si vous avez la conviction qu’on fonce dans le mur si rien ne change, ne baissez pas les bras, pensez à l’équation du nénuphar.

https://bonpote.com/climat-les-12-excuses-de-linaction-et-comment-y-repondre/

 

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