En Birmanie, l’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi « partiellement » graciée par la junte de Myanmar, mais…
Daw Aung San Suu Kyi née le 19 juin 1945 à Rangoun, est une femme d’État birmane. Figure de l’opposition non violente à la dictature militaire de son pays, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, elle est de facto chef du gouvernement de 2016 à 2021.
La grâce concerne 5 des 19 condamnations contre la prix Nobel de la paix, et la junte n’a pas précisé si elle serait libérée ou non de son assignation à résidence.
La junte birmane libère 6000 prisonniers, dont 600 femmes
Cette décision est un rare signe des militaires depuis leur arrivée au pouvoir lors du coup d’État du 1er février 2021.
La junte au pouvoir en Birmanie a annoncé ce jeudi 17 novembre la libération de près de 6000 prisonniers, dont une ancienne ambassadrice britannique, un journaliste japonais et un conseiller australien du gouvernement déchu d’Aung San Suu Kyi.
Ces trois ressortissants étrangers « sont graciés et expulsés », a indiqué la junte dans un communiqué, sans préciser quand cette expulsion aurait lieu. L’ex-diplomate Vicky Bowman, le conseiller économique australien Sean Turnell et le journaliste japonais Toru Kubota « seront libérés pour marquer la fête nationale » (jeudi), a déclaré un officier supérieur.

La clémence de la junte birmane ne sera pas totale. L’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d’État militaire de 2021 en Birmanie, a bénéficié d’une grâce partielle dans le cadre d’une amnistie de la junte concernant plus de 7 000 prisonniers, à l’occasion du carême bouddhiste, ont annoncé ce mardi 1er août les médias d’État.
Cette grâce concerne cinq des 19 condamnations contre elle et « sa peine a été réduite de six ans », a déclaré le porte-parole de la junte, sans préciser si cela permettrait sa libération.
« Le président du Conseil d’administration de l’État a gracié Daw Aung San Suu Kyi, qui a été condamnée par les tribunaux compétents, en vertu de la loi sur les droits de l’homme », a annoncé le journal télévisé.
Amnistie fréquente lors des fêtes bouddhistes
Aung San Suu Kyi a été condamnée à 33 ans de prison pour une série de chefs d’accusation, dont la corruption, la possession de talkies-walkies illégaux et le non-respect des restrictions relatives au Covid.
Une source a déclaré à l’agence Reuters que Aung Suu Kyi, ainsi que l’ancien président Win Myint aussi gracié, resteraient tous deux en détention. « Elle ne sera pas libérée de son assignation à résidence », a affirmé cette source qui a refusé d’être identifiée en raison du caractère sensible de la question.
La fille du héros de l’indépendance du Myanmar, a été assignée à résidence pour la première fois en 1989, après d’immenses manifestations contre des décennies de régime militaire.
En 1991, elle a reçu le prix Nobel de la paix pour sa campagne en faveur de la démocratie, mais n’a été totalement libérée de son assignation à résidence qu’en 2010. Elle a remporté les élections de 2015, organisées dans le cadre de réformes militaires provisoires, et son parti a remporté les prochaines élections en novembre 2020.
Elle n’a été vue qu’une seule fois depuis qu’elle a été arrêtée après le putsch du 1er février 2021, sur des photos de mauvaise qualité prises par les médias d’Etat dans une salle d’audience d’un tribunal de Naypyidaw, la capitale construite dans la jungle par l’armée.
Le coup d’État a plongé ce pays d’Asie du Sud-Est dans un conflit qui a entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes, selon les Nations unies.
La semaine dernière, Aung San Suu Kyi a été transférée de sa cellule de prison à un bâtiment gouvernemental, selon un représentant de son parti politique. La Birmanie accorde fréquemment l’amnistie à des milliers de prisonniers pour célébrer des fêtes bouddhistes.
70 journalistes encore en prison
Une source diplomatique japonaise a confirmé à l’AFP qu’il « serait libéré aujourd’hui » jeudi et quitterait la Birmanie pour le Japon ce même jour. C’était le cinquième journaliste étranger depuis le coup d’État à avoir été arrêté par la junte, après les Américains Danny Fenster et Nathan Maung, le Polonais Robert Bociaga et le Japonais Yuki Kitazumi, qui ont tous fini par être libérés et expulsés.
Selon l’Unesco, au moins 170 journalistes ont été arrêtés depuis le coup d’État, et près de 70 d’entre eux sont encore en prison. Le quatrième étranger libéré, Kyaw Htay Oo, est un Birman détenant un passeport américain, selon une source officielle. Des familles s’étaient rassemblées devant la prison dès l’annonce de la junte.![]()
San San Aye a expliqué attendre la libération de ses frères et sœurs. « Trois d’entre eux ont été condamnés à trois ans chacun il y a huit mois », a-t-elle affirmé à l’AFP. « Leurs enfants attendent à la maison. Nous serons plus qu’heureux s’ils sont libérés ».
De son côté, Kyaw Htay, dont le fils a été condamné à trois ans de prison pour avoir partagé des messages anti-coup d’État sur les réseaux sociaux a dit espérer qu’il « soit libéré aujourd’hui ».
Depuis le coup d’État, plus de 2300 civils ont été tués par les forces de sécurité, selon le décompte d’une ONG locale.
Le HuffPost et MCD