Photo prise le 6 avril 2023 à Paris, lors d’une manifestation contre l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites.
Photo prise le 6 avril 2023 à Paris, lors d’une manifestation contre l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites.

Depuis le milieu des années 2010, la France est bousculée par un nombre impressionnant de mobilisations aux résonances sociales, économiques, climatiques : mouvement contre la loi Travail, Nuit Debout, manifestations pour le climat et contre les violences policières, vaste mobilisation syndicale et populaire contre les réformes des retraites. Ces mobilisations ont des causes différentes mais ont toutes en commun d’interroger l’état de notre régime représentatif et de rappeler le principe selon lequel « ce qui concerne tout le monde doit être discuté par tout le monde ». Derrière la multiplicité des crises se dessine en effet une crise plus large, qui engage notre capacité à faire société : une crise de la démocratie.

Une actualité chassant l’autre, cette crise de la démocratie, régulièrement réactivée, est tout aussi régulièrement escamotée. On assiste même à la résurgence assumée d’une forme de « verticalité » politique, avec par exemple l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites sans vote de l’Assemblée nationale et contre le mouvement social et syndical. Plus récemment, comme après la mort de Nahel, adolescent tué par un policier lors d’un contrôle routier, des centaines de villes ont été secouées par des émeutes.

Derrière la multiplicité des crises se dessine en effet une crise plus large, qui engage notre capacité à faire société : une crise de la démocratie.

Mais à aucun moment, après le nécessaire retour au calme, la question de la place de la jeunesse et des habitants des quartiers populaires dans la société politique n’a été posée. Bien au contraire : pour surmonter la défiance de certaines mobilisations ou catégories de la population, le recours à la répression est de plus en plus banalisé, au détriment du débat démocratique de fond sur les inégalités sociales et les enjeux environnementaux.

80 % des Français favorables à une réforme des institutions

À l’heure où le président de la République entend tracer grandes lignes de la réforme tant attendue des institutions dans le secret d’une réunion tenue à huis clos avec douze responsables de partis politiques, nous défendons l’idée qu’il est à la fois possible, souhaitable et nécessaire de créer les conditions d’une implication réelle de toutes et tous dans l’élaboration des règles communes, et que cette implication est la condition sine qua non d’une société plus juste, plus solidaire, respectueuse de la planète et soucieuse des générations à venir. Les Françaises et les Français le souhaitent massivement : ils sont huit sur dix à désirer être associés à une réforme des institutions afin d’y être mieux inclus, selon un sondage OpinionWay réalisé en janvier 2023. De fait, la hausse de l’abstention n’est pas, dans sa globalité, le symptôme d’un rejet de la démocratie : il est à maints égards le marqueur d’une aspiration à une démocratie plus respectueuse de la souveraineté populaire et plus en phase avec les enjeux du monde d’aujourd’hui.

De projet de réforme de la Constitution avorté en grand débat national sans véritable lendemain, l’histoire sociale et politique de ces dernières années nous montre que le changement ne pourra pas être décrété d’en haut. La démocratie renouvelée et approfondie que nous voulons ne pourra devenir une réalité qu’à l’initiative des citoyennes et des citoyens eux-mêmes.

C’est la raison pour laquelle, en ce 15 septembre, Journée internationale de la démocratie, nous appelons à la réunion d’une Convention Citoyenne sur la Démocratie dont la mission serait de proposer une réforme de la Constitution et des institutions dans toutes leurs composantes – politiques, mais aussi économiques, sociales et environnementales.

Composée de personnes tirées au sort, la Convention Citoyenne sur la Démocratie s’appuierait sur les contributions préalables d’Assises de la démocratie mises en œuvre sur l’ensemble du territoire national et sur le débat contradictoire entre les forces politiques et syndicales, le mouvement associatif, des juristes ou encore des universitaires. Sa proposition aurait vocation à être débattue au Parlement, puis soumise au peuple français par référendum, dans les conditions prévues par la Constitution.

Pour répondre à la crise de la démocratie, cette Convention Citoyenne sur la Démocratie offrirait ainsi plusieurs garanties essentielles : tout d’abord, être représentative de la société française dans toute sa diversité, ensuite être en prise directe avec les questions qui animent le pays, et enfin s’inscrire dans un processus légal, pacifique et organisé de réforme de la Constitution.

Une pétition demandant la réunion d’une Convention Citoyenne sur la Démocratie a été lancée sur la plateforme dédiée du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Si nous sommes 150 000 à la signer, le CESE devra en débattre en séance plénière et aura pour mission de l’organiser conformément à la loi organique du 15 janvier 2021, en s’appuyant sur un comité de pilotage pluraliste et indépendant. La revendication citoyenne pour plus de participation ne pourra pas être ignorée plus longtemps ; elle devra trouver une traduction concrète dans les actes.

Remettre le peuple au cœur de la Cité et de l’action publique

La crise de la démocratie n’est pas une maladie bénigne ni passagère, dont on pourrait espérer la guérison soudaine à la faveur d’une prochaine élection. C’est un mal profond qui bouscule le contrat social et abîme le corps social. Le blocage actuel de nos institutions politiques en témoigne, comme en témoigne également, pour partie au moins, la radicalisation des positions dans une société où les espaces de délibération sont trop rares et trop peu ouverts.

La crise de la démocratie n’est pas une maladie bénigne ni passagère, dont on pourrait espérer la guérison soudaine à la faveur d’une prochaine élection.

Mais la crise de la démocratie n’est pas non plus une fatalité. Elle invite à construire des réponses communes à la hauteur de la situation et, en premier lieu, à créer les conditions d’un grand moment populaire, constituant et fédérateur. De ce moment, la Convention Citoyenne sur la Démocratie peut être le catalyseur, en remettant le peuple à la place qu’il ne devrait jamais avoir quittée : au cœur de la Cité et à l’origine de toute action publique.

Nous invitons toutes les citoyennes et tous les citoyens désireux de prendre part à ce mouvement à se rassembler le samedi 16 septembre prochain, à 16h, à Paris, place de la République, à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, pour revendiquer de façon festive la mise en place de la Convention Citoyenne sur la Démocratie.

Signataires de la tribune « Appel pour une Convention citoyenne sur la Démocratie »:
1.Cyril Dion, cinéaste et écrivain 2.Loïc Blondiaux, Professeur de science politique à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, 3.Hélène Landemore, Professeure de Sciences Politiques à l’Université de Yale 4.Emmanuel Lansac, président d’Accords Citoyens et cofondateur du collectif pour une CCD 5.Jean Jouzel, paléoclimatologue 6.Audrey Fortassin, co-présidente de Démocratie Ouverte 7.Arthur Moraglia, co-président de Démocratie Ouverte 8.Pauline Véron, co-présidente de Démocratie Ouverte 9.Jean-Michel Fourniau, sociologue et président du groupement d’intérêt scientifique (GIS) Démocratie et participation 10.Alphée Roche-Noël, essayiste et chroniqueur 11.Marie Pochon, Députée écologiste de la Drôme 12.Bastien François, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne 13.Claire Nouvian, BLOOM 14.Julien Talpin, CNRS, GIS démocratie et participation 15.Aurélie Gros, cofondatrice du G500 citoyen et présidente de la France vraiment 16.Julien Roirant, AgoraLab 17.François Laslier, économiste, directeur de recherche CNRS à Paris School of Economics 18.Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à l’Université de Paris VIII, Nuffield College Oxford 19.Louis-Marie Blanchard, Les Citoyen-ne-s pour le Renouvellement de la Démocratie (Les CRD) 20.Sandra Laugier, philosophe et
membre de l’institut universitaire de France, 21.Joëlle Zask, Philosophe, Maîtresse de conférence, Aix-Marseille Université 22.Flore Blondel-Goupil, A Voté 23.Anne-Marie Begué-Simon, Sciences Citoyennes 24.Thomas PITTAU, Déb’Acteur 25.Quentin LEBRETON, Déb’Acteur 26.Antoine Bézard, Projet lesbudgetsparticipatifs.fr 27.Antoine Brachet, bluenove 28.Louis Margot-Duclot, Organigram 29.Luc Badier, consultant 30.Stéphane Béquin, Vooter 31.Laurent MELLAH, SERVICE&SENS 32.Julien Neiertz, Sphérik & co

POUR UNE CONVENTION CITOYENNE SUR LA DÉMOCRATIE

Pétitions citoyennes

Période de collecte des signatures 12/05/2023 – 12/05/2024
541/150000 Signatures
Besoin de plus de signatures
Référence : cese-INIT-2023-05-2
Numéro de version 21 (sur 21) voir les autres versions

POUR UNE CONVENTION CITOYENNE SUR LA DÉMOCRATIE

Avatar: Collectif Citoyen pour la Démocratie
Collectif Citoyen pour la Démocratie
12/05/2023 18:02

Aucun 49.3, aucun président, aucun gouvernement, aucune assemblée élue ne peut prétendre respecter la souveraineté du peuple si celui-ci ne participe pas directement à l’élaboration des décisions qui le concernent.

Une volonté largement majoritaire 

L’abstention ne cesse de croître dans notre pays. Cependant, nous sommes huit Français·es sur dix à réclamer plus de participation à la vie démocratique*. 

Soyons actrices et acteurs du changement démocratique 

Puisque nous voulons que cela change, soyons actrices et acteurs de la réforme de notre Constitution et de nos institutions. C’est nécessaire pour résoudre la question sociale, sociétale et écologique.

Pour engager la réforme de notre Constitution et de nos institutions, demandons au Conseil économique, social et environnemental la réunion d’une CONVENTION CITOYENNE SUR LA DÉMOCRATIE.

Plus largement, le processus de réforme de notre Constitution et de nos institutions pourra se dérouler en 3 étapes, sur 12 à 18 mois : 

1. Des assises de la démocratie, organisées sur l’ensemble du territoire sous forme de débats en présence et à distance. Ces assises permettront à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de contribuer. Un comité de pilotage pluraliste et indépendant sera chargé du recueil et de la synthèse des propositions. 

2. Une convention de citoyennes et de citoyens tiré·e·s au sort, représentative de la société française dans toute sa diversité, dénommée Convention Citoyenne sur la Démocratie (CCD). Cette CCD aura pour mission de formuler une proposition de réforme de la Constitution et des institutions dans toutes leurs composantes, y compris dans leurs dimensions économique (démocratie dans l’entreprise), sociale (démocratie sociale telle qu’elle figure à l’article L.1 du code du travail) et environnementale (telle qu’elle est garantie par la Charte de l’environnement).

Elle s’appuiera sur les contributions des assises et sur le débat contradictoire entre les forces politiques et syndicales, le mouvement associatif, des juristes, des universitaires… : tous auront un rôle à jouer.

Elle devra être organisée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui en a la mission en application de la loi organique qui le régit. Elle disposera d’un comité de pilotage pluraliste et indépendant et d’une animation professionnelle. La qualité du dispositif pourra être garantie par la Commission nationale du débat public. 

3. Au terme de ses délibérations, la CCD présentera publiquement une proposition de réforme de la Constitution et des institutions ayant vocation à être délibérée par le Parlement puis soumise au référendum dans les conditions prévues par la Constitution.

Créons un moment populaire constituant fédérateur

Le renouveau de la démocratie ne peut pas se décréter d’en haut. Il doit venir des citoyennes et des citoyens, avec l’implication possible de toutes et tous dans un moment populaire constituant fédérateur. En plaçant le peuple au cœur de la décision politique, la Convention Citoyenne sur la Démocratie permettra de construire une société plus juste, plus solidaire, respectueuse de la planète et soucieuse des générations à venir.

Si nous atteignons 150 000 signatures de personnes de seize ans et plus, ayant la nationalité française ou résidant régulièrement en France, le CESE devra se prononcer sur la réalisation de cette Convention Citoyenne sur la Démocratie en séance plénière et aura la compétence pour l’organiser conformément à la loi organique du 15 janvier 2021.

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* sondage opinionway 2021 et 2023 (OpinionWay pour AgoraLab et Démocratie Ouverte – Les Français et le jugement majoritaire sur l’association des citoyen(nes) à la réforme des institutions – Janvier 2023 (opinion-way.com) (Lien externe)
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Association Écologie au Quotidien
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